Un grand merci à vianaha pour ta fidélité depuis le début! Désolée, mais la proposition d'Arthur de se cacher restera en tout bien tout honneur (juste pour l'instant).

Merci à Morenas et pour vos reviews. J'espère que ce chapitre vous plaira!


Comme prévu, Uther se mit dans une rage folle lorsque Léodagan lui fit part de ses craintes que Merlin soit un adepte de la magie. Il ordonna à son fils de le retrouver et de le faire enfermer. Celui-ci eut droit à des remontrances lorsque, quelques heures plus tard, il lui fit son rapport, lui indiquant que le jeune sorcier avait dû s'échapper hors du palais, que les gardes n'étaient pas parvenus à l'arrêter malgré leurs efforts. Il poussa le vice jusqu'à prétendre que certains l'avait vu s'enfoncer dans les bois.


Léodagan jubilait.

Tout se passait comme prévu, le chevalier avait réussi à éloigner Arthur de son protecteur.

Dans un premier temps, il avait pensé le dénoncer au roi pour que celui-ci le mette à mort. Mais Morgane connaissait bien son demi-frère, elle savait qu'il aurait défendu son valet, même s'il fallait pour cela s'opposer à son père. Cela aurait risqué de renforcer leur lien et surtout Emrys aurait eu toute latitude pour agir en plein jour. Jusqu'ici il avait déjà réussi à contrer ses plans alors qu'il devait rester sur ses gardes pour ne pas se faire découvrir. Il serait encore plus dangereux une fois qu'il n'aurait plus à perdre son temps et à gâcher ses forces pour rester dans l'ombre.

Non, Morgane avait œuvrer de manière plus subtile, il valait mieux qu'il soit en fuite, Arthur serait alors sans défense magique, donc à sa merci.


Assez tard dans la soirée, une fois la tension retombée, Arthur était retourné dans ses appartements. Puisque les gardes ne le cherchaient plus, il avait tenté de faire partir Merlin de la citadelle mais celui-ci s'obstinait à rester près de lui. Il avait un « mauvais pressentiment » et voulait garder un œil sur le prince, donc il été hors de question d'aller se terrer comme un lapin loin de lui. Il ne voulait en plus pas quitter le prince sans savoir quel était son état d'esprit à son égard. S'il partait maintenant qui sait quand il pourrait revenir à Camelote, hors de question de prendre ce risque. A quoi bon être libre si c'était pour vivre sans le voir et sans savoir s'il lui avait pardonné.

De fait, ils étaient obligés de cohabiter étroitement. Arthur avait reculé le moment de le retrouver au maximum mais il ne pouvait pas errer en vain dans le château toute la nuit. Il n'avait aucune envie de se retrouver en tête avec son serviteur. La situation aurait pourtant pu être agréable quelques jours plus tôt; Arthur revit un instant ses mains se promenant sur le torse du sorcier et eu un sourire en repensant à ses doux gémissements. Il se secoua pour revenir à la dure réalité, il l'avait trahi, s'était moqué de lui! Pour l'instant le blond lui en voulait toujours et il ne savait pas comment se comporter avec lui.

En entrant, il le vit, légèrement assoupi, confortablement installé dans un fauteuil près du feu. Il avait un air détendu et presque heureux qu'il ne lui avait pas vu depuis longtemps. Il le regarda un moment avant de reprendre son rôle.

- Merlin, ne te gêne surtout pas ! tu veux bien virer tes fesses de mon fauteuil !

- C'est celui qui est le plus près du feu, je suis mort de froid ! se plaignit ce dernier. vous ne m'avez pas laissé le temps de prendre des affaires plus chaudes quand vous m'avez sorti de mon lit, donc à moins que vous ne me prêtiez un de vos royales pulls, moi je ne bouge pas d'ici ! En plus avec votre embonpoint, vous êtes protégé…

- Qu'est ce que tu as dit ?

- Je disais que je sais à quel point j'ai de la chance que vous me protégiez

Le prince lui jeta un regard suspicieux

- Je te rappelle que si je t'ai fait sortir du lit dans lequel tu te prélassais une fois de plus , c'est pour te sauver la vie! Si tu ne te mettais pas dans des situations impossibles, je n'aurai pas à me démener pour toi.

Ils gardèrent un instant le silence, leurs joutes verbales leurs avaient manqué, ils se disputaient pour des enfantillages… c'était un peu comme avant, le prince fut un instant nostalgique avant de se rappeler les causes de sa colère.

On frappa à la porte, sir Leon leur apportait de quoi diner. Arthur avait mis dans la confidence ses plus fidèles chevaliers. Gauvain et Lancelot savaient déjà pour les pouvoirs de Merlin, et il savait que Leon, Perceval et Elyan sauraient garder le secret. Il avait donc interdit à toute autre personne que ses chevaliers de venir dans ses appartements et il leur avait demandé de monter la garde à tour de rôle pour le prévenir si quiconque approchait de ses appartements.

Arthur et Merlin profitèrent de ce repas pour discuter de choses et d'autres, retrouvant vite leurs vieilles habitudes, même si l'on pouvait sentir une certaine retenue. Arthur ne mettait pas tout son cœur dans les piques qu'il envoyait au jeune sorcier et ce dernier semblait prendre mille précautions pour ne pas lui déplaire, comme pour se faire pardonner.

Merlin réintégra vite sa place près du feu, il ne semblait toujours pas au mieux de sa forme. Gaius l'avait soigné dès leur retour au château mais il n'avait eu que très peu de temps pour dormir avant que léodagan le dénonce, il semblait presque sur le point de s'assoupir mais Arthur choisi ce moment pour aborder le sujet qui le tourmentait

- Puisque nous sommes bloqués, pourquoi ne pas me faire une liste exhaustive de tout ce que tu m'as caché ces dernières années ?

Le jeune sorcier blêmit, il n'avait plus abordé le sujet depuis qu'ils étaient revenus au château. Il se demanda ce qu'il était bon de dire au prince, il y avait encore un certain nombre de sujets sensibles qu'il n'allait certainement apprécier.

- Oh le récit de mes exploits pour sauver vos royales fesses risque de vous ennuyer..

- Ce n'est pas parce que tu peux faire quelques tours de passe-passe que tu vas me faire croire que tu as tant de faits héroïques à ton actif ! le provoqua-t-il avec son habituel sourire moqueur

Merlin, avait toujours eu envie de pouvoir tout dire et montrer à son prince qu'il n'était pas aussi incompétent, inutile et idiot qu'il pouvait le penser. Il commença à lui raconter les principaux épisodes. Arthur l'écouta sans intervenir.

Cela faisait bien Longtemps qu'il s'était rendu compte de la valeur et du courage de son valet, même s'il ne lui avouerait jamais. Il était resté fidèlement à côté de lui, sans jamais chercher à se protéger durant toutes leurs batailles, là où certains chevaliers auraient fui. Il savait que, par ses conseils et sa foi en lui, il lui avait permis à plusieurs reprises d'être victorieux. Mais en fait, il avait participé bien plus activement à toutes ces batailles qu'il ne l'avait cru. Et lui, c'était toujours octroyé les mérites de ces victoires.

Cela n'avait pas dû être facile de rester toujours humblement dans l'ombre, dans son ombre plus précisément, puisque d'après lui, il n'était né que pour le servir lui, le futur roi qui unifierait Albion. Quel poids sur leurs deux jeunes épaules !

Arthur avait déjà accepté la magie, il commençait à comprendre les motivations de Merlin et, bien que, toujours vexé d'avoir été dupé si longtemps, ne pouvait contester sa loyauté envers lui et Camelote.

Alors, pourquoi sentait-il son cœur se serrer et cette tristesse l'envahir. Il avait un puissant sorcier dévoué à son service, son ami était sauf pour le moment et de retour auprès de lui, donc tout allait bien.

Oui mais cette amitié n'était que mensonge, le sorcier n'était là que par devoir, que par ce que c'était son destin annoncé. Tout ce qu'il voyait en lui c'était la personne qui allait unir Albion et redonner sa place à la magie. Tous ces sentiments, cette affection qu'il avait cru deviner entre eux et que lui-même ressentait de plus en plus pour Merlin n'était qu'une illusion de plus.

Il avait fini par accepter que, ce qu'il ne prenait au départ que pour une attirance physique était en fait beaucoup plus. Il l'avait compris quand il avait senti la rage l'envahir et le besoin de protéger son serviteur alors qu'il l'avait découvert blessé. Ce besoin de le soigner, de le garder près de lui pour le savoir en sécurité n'avait plus rien d'amical. Mais à quoi bon si ces sentiments n'étaient pas réciproques. Et comment faire à nouveau confiance à Merlin, après tous ces mensonges ?

Il le laissa parler une bonne partie de la nuit, il fut un moment heureux de retrouver un de ces moments d'intimité qu'il appréciait tant et qu'ils avaient si souvent partagés ces dernières années. Avant de se rappeler que tous ces moments n'étaient que duperie. Malgré ce qu'il avait pu penser pendant un moment, il ne pouvait compter que sur lui-même, un futur roi était toujours seul.

Merlin finit par s'endormir d'épuisement. Il avait l'air si paisible… Arthur le souleva et le porta sur le lit. Etant donné son état, il ne pouvait quand même pas le laisser dormir par terre ou dans un fauteuil. Le blond s'endormit rapidement, le cœur serré, partagé entre l'envie de se coller au corps à côté de lui dans ce lit et celle de partir à l'autre bout du château pour oublier sa peine.

Le sorcier se réveilla de bonne heure et de bonne humeur. Il avait merveilleusement bien dormi, il ne se rappelait pas comment il était arrivé dans le lit du prince mais il se rappelait avoir passé une excellente soirée. Arthur l'avait écouté calmement, ne l'interrompant que pour avoir quelques précisions sur tel ou tel événement. Il avait eu l'air impressionné et semblait plutôt enclin à lui pardonner. C'était inespéré ! le sorcier avait tellement eu peur de sa réaction, il avait imaginé tous les scénarios, du bannissement à l'exécution, et finalement tout se passait bien… il sentait bien qu'il y avait encore un peu de distance entre eux, mais avec le temps ça allait s'arranger et tout redeviendrait comme avant.

Il lui restait encore quelques épisodes douloureux à avouer et après ça en serait fini des mensonges !

Il regarda un instant son prince dormir, comme il le faisait si souvent les matins avant de le réveiller. Quoiqu'il se me montre hautain, cassant et désagréable la plupart du temps, il savait que ce n'était qu'une carapace, que derrière cela il y avait quelqu'un d'humain et de juste (un peu idiot et borné parfois) mais aussi courageux et passionné. En pensant à ce dernier qualificatif, le sorcier rougit, en se souvenant de ce qui c'était passé la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés seuls dans une chambre… il n'avait pas eu le temps d'y repenser depuis.

Il aimait Arthur de façon inconditionnelle depuis longtemps. Au début il pensait que c'était sa magie qui le poussait ainsi vers lui, mais il avait accepté que ce besoin d'être sans cesse près de lui, d'apprécier tous ces petits moments ne venait que de lui. Mais jamais il n'avait pensé que ses sentiments seraient réciproques. Il entama un mouvement de rapprochement lorsqu'on frappa à la porte, le prince fut debout en quelques secondes, indiquant à Merlin de se cacher dans un coin de la chambre, derrière des rideaux.

- Sir Leon, que faites-vous là si tôt ? demanda-t-il en ouvrant la porte

- J'ai croisé votre père. En ce moment il se dirige vers vous, il vient vous rendre visite, il faut vite faire sortir Merlin de votre chambre.

- Merci Léon. Merlin dépêche-toi de prendre tes affaires, couvre toi d'une cape et suit Léon. Il faut le conduire hors de la ville.

- C'est hors de question ! je vous l'ai dit, j'ai un mauvais pressentiment

- Merlin ! arrêtes !on dirait une petite vieille avec tes prémonitions.

- Je ne partirai pas !

- Très bien, souffla le prince, voyant que ce n'était pas la peine d'insister, accompagnez le, ou vous pouvez, je vous ferai signe quand la voie sera libre.

Uther arriva peu de temps après. Il avait peu dormi, inquiet de savoir un sorcier en liberté, peut-être dans l'enceinte de la citadelle. Il venait demander à Arthur de faire de nouvelles investigations le plus tôt possible…il devenait vraiment excessif, pour être honnête, il était proche de la folie. Arthur faisait tout pour qu'il ne sombre pas définitivement dans cet état. Il promit donc à son père de faire le nécessaire dès que le soleil serait levé.

Il retourna dans sa chambre se préparer à cette patrouille qu'il savait déjà vaine. Il allait devoir se préparer seul puisque ni Georges, ni Merlin n'étaient présents. Il fit quelques ablutions avant de commencer à enfiler sa chemise, pensant qu'il aurait finalement apprécié sentir les mains de son sorcier sur son corps pendant qu'il l'aiderait à s'habiller. C'est à ce moment-là qu'il ressentit un violent coup à la tête, il laissa tomber le tissu et tout devint noir...