Chapitre 7

Amitié

Bienvenue Mavalia, je suis très heureuse que ma fic te plaise et que tu aies lu les six chapitre d'une traite avec courage alors que c'est si long! Merci du fond du coeur. Tu n'aimes pas Marie?! Est-ce possible?

En effet Ryuzaki est irrésistible. C'est pour ça que j'essaie de lui rendre hommage comme il le mérite.

A bientôt.

Bye.

Salut Lily-Nora,

pour la balle qui a failli toucher Camille je pense que c'est plausible si l'on considère le film L change the World. J'essaie aussi de ne pas trop idéaliser L (et c'est dur tu sais) mais à mon sens c'est comme ça qu'il doit être. Cette opinion n'engage que moi et bien sûr tu as le droit de ne pas être d'accord.

C'était un Love Hotel de luxe dans lequel ils ont passé la nuit (n'oublie pas la salle de bain et l'insonorisation). Mais j'aurais peut-être du plus développer. Ces endroits sont très populaires au Japon comme les karaoke.

Le strip-tease arrivera bientôt mais "pas si viiite!" (référence à la 7ème Compagnie); je suis d'accord, l'attente est insupportable; l'auteure veut accélérer (du sexe, du se... hum, hum) mais ma tête dit: non j'ai encore kec'chose à dire avant. Et je suis entrain de péter un câble grave! En fait je suis une innocente créature victime de sa tête donc dorénavant pour les réclamations, il faudra s'adresser à elle et pour les compliments, à moi bien sûr!

Pour le cadeau, je suis trop contente qu'il t'ai plu (l'auteure saute de joie); si tu savais comme j'ai été fière d'avoir eu cette idée: style "oh putain comme j'suis bonne!"; enfin bref c'était mon délire.

Merci pour ta review et à très bientôt.

Bye.


Pour la petite histoire, je saute sans parachute et sans filet pour ce chapitre: pour les autres, j'avais toujours deux ou trois idées en tête depuis longtemps mais là rien, nada, le néant; j'espère qu'il vous plaira quand même.

Signé la tchai désespérée qui écrit.


Je m'éveillai avec l'impression d'avoir dormi une éternité. J'étais blottie contre le traversin, une jambe par-dessus et hors des draps. Heureusement que j'avais eu l'idée de mettre cette frontière entre nous. Je m'étirai avec bonheur et me redressai pour saluer Ryuzaki. Mais il n'était plus "de son côté".

Je le retrouvais sur la terrasse, inondée de soleil. Il contemplait la ville, les mains dans les poches, le vent jouant dans ses cheveux. Il était si beau et si grand. Lui qui ne se tenait jamais droit, il s'était redressé comme pour défier l'immensité de ce paysage urbain. Je me demandais à quoi il pouvait penser à cet instant. J'eus l'intuition qu'il ne s'agissait pas de l'enquête mais de quelque chose de plus personnel. Je crus même déceler un soupçon de tristesse dans son regard.

- Salut, le crack! Dis-je en lui offrant mon plus beau sourire.

- Bonjour, Camille. Dit-il simplement en m'observant.

Je l'observai à mon tour.

- Tu as meilleure mine qu'hier! Fis-je en passant tendrement et spontanément ma main sur sa joue. Tu as du bien dormir! (Maman-poule s'était réveillée, elle aussi).

- Oui, j'ai très bien dormi.

Une fois de plus, je fus saisie par l'intensité de son regard de braise.

- Tu vois, les femmes ont toujours raison! Le taquinai-je en rompant le charme.

Il sembla réfléchir sérieusement à cette remarque pour donner son avis.

- Et je vous conseille vivement de ne pas me dire le contraire, monsieur le détective! Fis-je, faussement menaçante.

- Ce n'était pas mon intention, mademoiselle Deneuve. Me répondit-il calmement en me souriant.

Mon visage s'éclaira de bonheur en le voyant enfin sourire. Je le trouvais si mignon ainsi! Nos regards se pénétrèrent de nouveau intensément. Je mis fin à cet échange en me tournant vers Tokyo tout en m'appuyant sur le garde-fou.

- Cette ville est vraiment impressionnante! Dis-je, après quelques instants de contemplation.

- Oui, c'est vrai.

- Tu y as vécu? Demandai-je en me retournant vers lui.

Son regard se posa à nouveau sur la ville.

- Oui, les premières années de ma vie...Mais je n'en ai gardé que très peu de souvenirs. Me répondit-il.

"Oui, il s'agit bien de tristesse..." Me dis-je. Ce regard, je le connaissais bien: il ressemblait à celui qu'avait mon père, parfois.

Lorsque j'étais petite, je rêvais d'être une fée et, d'un coup de baguette magique, j'aurais ramené ma mère à la vie et rendu mon père heureux. J'aurais voulu rendre le monde entier heureux et meilleur. Je réalisais très vite que, même si je n'avais aucun pouvoir magique, je pouvais moi-même être une source de bonheur: je n'avais qu'à apparaître devant mon père pour voir son visage s'éclairer. Je tendais mes petites mains vers lui et il me prenait dans ses bras en riant pour me faire un câlin.

C'est en me remémorant ces souvenirs d'enfance que je passai, spontanément, mon bras sous le sien et appuyai ma tête sur son épaule. C'était juste une manière pour moi de lui apporter du réconfort. Il me regarda avec surprise mais ne chercha pas à se défaire de mon étreinte.

- Lorsque cette enquête sera bouclée, on pourrait se faire une journée visite de Tokyo?... De cette façon, nous te créerons de nouveaux souvenirs... Lui proposai-je.

- J'en ai déjà.

- Seulement ceux d'une enquête sordide! Il te faut de bons souvenirs, Ryuzaki!

- C'est de ceux-là dont je parlais. Fit-il en se tournant vers moi.

Je le regardais, très émue. Il ne l'avait pas clairement dit, mais je savais qu'il faisait référence à ce que nous avions vécu ensemble.

- Vous dites de très belles choses, détective L. Dis-je en souriant avec bonheur.

Il me fixait de son irrésistible regard de braise. Je ne m'échappais pas, cette fois. Je n'en avais ni l'envie, ni la force. À cet instant, je le trouvais encore plus séduisant et magnétique. Sans me quitter des yeux, il se pencha doucement vers mon visage. J'eus le sentiment qu'il désirait un baiser. A nouveau, je fus prise d'un intense désir de l'embrasser. Je sentis les battements de mon coeur s'accélérer et ma respiration devint plus courte. Une de mes mains remonta le long de son bras et je rapprochai davantage mon visage du sien, mes yeux quittant les siens pour fixer ses si jolies lèvres qui m'attiraient irrésistiblement vers elles. Alors que mes yeux se fermaient et que ma bouche s'entrouvrait pour l'embrasser, j'entendis son portable vibrer dans sa poche. Je m'écartai rapidement de lui afin qu'il puisse répondre et allai à nouveau m'appuyer au garde-fou, essayant de rassembler mes esprits et de reprendre contenance. Ryuzaki échangea quelques mots avec Watari avant de raccrocher.

- Alors... Quel est le programme de la journée, monsieur le détective? Demandai-je, sur un ton enjoué, comme s'il ne s'était rien passé.

- Nous devons retrouver Watari au QG.

- Ok!... J'ai le temps de prendre une douche?

- Je t'en prie.

Je courus vers la salle de bain. Elle fut pour moi un refuge salutaire pour reprendre mes esprits et réfléchir. Je pris une douche aussi froide que possible pour me calmer. Je ne devais pas me laisser aller à plus d'intimité avec Ryuzaki. Pas sans être absolument certaine de ses sentiments. Je ne voulais pas être une "distraction" pour lui. Ce fut la ferme résolution que je pris.

- Au fait, Ryuzaki, ça fait longtemps que tu n'as rien avalé!... Ça va aller? Demandai-je, inquiète, en sortant de la salle de bain, tout en libérant mes cheveux de l'élastique qui les retenait.

Maman-poule avait du mal à assurer aujourd'hui!

Il me tendit une sucette qu'il sortit de sa poche.

- Merci... Dis-je un peu surprise. Ah oui, c'est vrai: tu avais tout prévu dans les moindres détails! Me rappelai-je en riant.

- Exact.

- Allez, en selle cow-boy! On a des voyous à coffrer! Dis-je vivement, avant qu'il ne me fasse à nouveau prisonnière de son regard.

Nous quittâmes, discrètement cette fois-ci, l'hôtel et regagnâmes le QG.

Watari nous attendait dans le hall.

- Bonjour mes enfants. Alors, tout s'est bien passé cette nuit? Demanda t-il en souriant malicieusement.

"Il a l'air louche Papy ce matin! Si ça se trouve, il est bien mouillé jusqu'au cou dans cette histoire de Love Hotel! Le mieux c'est de sourire, d'en dire le moins possible et de faire comme si de rien était." Pensai-je.

- Oui, nous revoilà sains et saufs et en pleine forme parce qu'on a vraiment bien dormi toute la nuit! N'est-ce pas, Ryuzaki?

- En effet.

- Bien.

"C'est moi ou il a l'air déçu?"

Nous regagnâmes donc notre suite. Un indescriptible chaos y régnait. Les hommes de main de l'organisation avaient tout retourné: on ne voyait plus la couleur du sol qui était recouvert de papiers, d'objets divers et de vêtements.

Je faillis m'évanouir. "Les documents que j'avais si joliment classés et rangés pendant des heures!" J'en aurais pleuré! "Je vais les tuer! Je le jure devant Dieu!"

- Ryuzaki, permission de leur casser la figure quand on les aura sous la main?

- Accordée.

Le rangement s'avéra long, ennuyeux et fastidieux. Même le grand détective L s'y était mis.

Alors que j'étais entrain de plier quelques vêtements dans ma chambre, je vis Ryuzaki, qui m'avait rejointe, ramasser quelque chose.

Il brandit l'objet au-dessus de sa tête, le tenant entre ses pouce et index et semblait l'étudier avec intérêt. "Jésus, Marie, Joseph! Les préservatifs Manix!"

- C'est fou ce que les gens peuvent laisser traîner dans les hôtels! Fis-je remarquer, aussi innocemment que possible. "Marie, je te déteste!" Pensai-je.

- Tu devrais les garder si c'est la bonne taille... Ça peut toujours servir. Rajoutai-je d'un ton neutre.

Je n'avais pas pu m'en empêcher: la tentation était trop grande. En vrai petite coquine, j'avais habilement réussi à glisser une allusion sur la taille, pour voir ce qu'il allait répondre.

- Non, ils sont trop petits.

- Vraiment? Demandai-je, sincèrement étonnée.

- Oui, ils ont une longueur de 160 mm et moi j'ai...

- Ryuzaki! L'interrompis-je, choquée. Cette conversation n'est pas convenable! Lui reprochai-je, un peu gênée.

Je n'aurais jamais pensé qu'il irait jusque là! Je m'étais fait prendre à mon propre jeu.

- Ah bon? Pourquoi? Me demanda t-il, aussi innocemment qu'un ange tombé du ciel.

- Parce que... C'est comme ça!...Fin de la discussion! Dis-je fermement.

- Hum... Dans ce cas, je demanderai à Watari.

Je le regardai, effarée. "Oh mon Dieu! Il ne va quand même pas avoir ce genre de conversation avec Watari!" Il reposa la boîte de préservatifs sur la commode, se pencha et ramassa un de mes soutien-gorge. Il le tenait délicatement en l'air entre ses pouce et index et l'observait très attentivement, sous toutes les coutures, comme si c'était la première fois qu'il en voyait un d'aussi près. De tous les vêtements qui jonchaient le sol, il avait fallu que ce soit précisément celui-là qu'il ramasse! Je ne savais plus si je devais rire ou sévir.

- Ça suffit, Ryuzaki! Tu me perturbes dans mon rangement! Allez, hors de ma chambre, gros pervers! Fis-je en riant et en lui indiquant la sortie.

- Moi, je suis un pervers? M'interrogea t-il en souriant tout en reculant lentement, semblant vouloir faire durer le plaisir de me taquiner.

- Oui, parfaitement!

- Pourquoi?

- Watari t'expliquera! Eludai-je en lui lançant un clin d'oeil.

Je le poussai tant bien que mal hors de ma chambre. Il s'arrêta sur le seuil.

- Dois-je le garder? Me demanda t-il, avec un grand sourire espiègle, en désignant mon sous-vêtement.

Je lui arrachai des mains en fronçant les sourcils, faussement outrée.

- Files! Dis-je en pointant un index autoritaire vers le salon.

Il sourit de plus belle, semblant très satisfait de sa prestation, mit une de ses sucettes en bouche et se retira nonchalamment les mains dans les poches.

- Et occupes-toi de boucler cette enquête! Ordonnai-je encore avant de refermer la porte.

Un large sourire éclairait mon visage. "J'adore ce mec!" Ryuzaki avait joué avec moi, d'une certaine façon. Lui aussi aimait me taquiner. "C'est toi le meilleur Ryuzaki!" Pensai-je, divinement heureuse.

Lorsque je sortis de ma chambre, un peu plus tard, L était en grande discussion avec le préfet de police via son ordinateur.

- Que se passe t-il? Demandai-je à Watari.

- Nous allons publier dans la presse certaines informations concernant des policiers et des hommes politiques impliqués dans le réseau de prostitution. Cela créera un véritable séisme et ils seront mis en examen. On pourra enfin mettre tout ce beau monde en prison!

- C'est une excellente idée! Dis-je sincèrement en observant Ryuzaki.

Le plan fonctionna parfaitement. La classe politique était en émoi. La société japonaise, choquée par l'histoire, voulait la peau des coupables jusqu'au dernier. L'enquête était terminée pour L, la police japonaise pouvant gérer le reste. Nous repartions donc le lendemain matin.

- Ça te dirait une petite visite de Tokyo by night, ce soir? Proposai-je à Ryuzaki avec un grand sourire.

- Avec plaisir.

- Et vous, Watari?

- Non, merci, je crois que j'ai besoin de me reposer. Me répondit-il avec un regard fatigué mais toujours aussi malicieux.

- Oui, c'est vrai que vous avez l'air épuisé!

Et c'est ainsi que, inquiète, maman-poule installa son Papy sur le divan avec un plateau repas, du thé et des petits gâteaux. Elle rajouta un journal, quelques livres, son portable, la télécommande de la télé et un pouf sur lequel elle déposa ses jambes.

- Vous êtes bien comme ça? Demandai-je en l'enterrant sous une montagne de couvertures.

- C'est parfait! Dit-il en riant. Ça faisait longtemps que je n'avais plus été chouchouté de cette façon! C'est vraiment très agréable!

"Mon pauvre Pépé!" Pensai-je avec tristesse. Je déposai, impulsivement, un baiser sur sa joue ridée.

- Tu vas le rendre jaloux! Murmura t-il à mon oreille. Je le regardai, un peu surprise, puis me repris.

- Aucune chance! Dis-je à voix basse en lui souriant un peu tristement. Dodo à vingt-deux heures, derniers carats! Ordonnai-je à voix haute.

- A vos ordres, ma chère!... Et surtout prenez bien votre temps pour vous détendre et vous amuser! Je me suis laissé dire qu'il y a des hôtels très confortables sur l'île. Rajouta t-il avec un regard malicieux et coquin à la fois.

Comprenant le sous-entendu, je fronçai les sourcils faussement sévère et lui rendis son sourire.

Nous prîmes un monorail depuis Shinbashi pour nous rendre à Odaiba qui offre une vue imprenable sur la baie de Tokyo.

Nous flânâmes un moment sur la plage, les cheveux au vent. Il faisait particulièrement doux pour la saison. Ryuzaki avait ôté ses chaussures. Il en portait rarement et les retirait en général dès que possible pour rester pieds nus. Je l'imitai et enfonçai avec plaisir mes pieds dans le sable fin. Nous étions silencieux. C'était notre première sortie seuls tous les deux et j'avais à coeur de le mettre à l'aise afin qu'il en garde un bon souvenir.

Je décidai de le taquiner un peu et marchai devant lui, à reculons, l'observant avec un grand sourire. Il m'interrogea du regard, surpris.

- Vous êtes si sérieux, monsieur le détective! Fis-je en fronçant faussement les sourcils.

- Je n'ai pas l'habitude de penser à plaisanter. Me répondit-il d'un ton neutre.

- Tu y es pourtant très bien arrivé ce matin! Dis-je en souriant malicieusement.

- C'est vrai. Fit-il en finissant par me sourire.

De nouveau, mon visage s'éclaira de bonheur en le voyant sourire.

- Si on allait dîner? Je meurs de faim! Proposai-je avec enthousiasme.

- Ok.

Je le pris par la main et l'entraînai dans les rues très animées d'Odaiba. Je restais scotchée devant un restaurant italien: Le "Bella Italia". J'adorais la cuisine japonaise mais je mourrais d'envie de manger une pizza.

- Italien, ça te va?

- Oui.

Une véritable Mamma italienne, imposante et énergique, nous accueillit chaleureusement et nous installa à une toute petite table. C'était très kitch: il y avait une petite loupiote et une nappe à carreaux rouges. Elle nous déposa les cartes de menu.

- Alors, de quoi as-tu envie?

- D'attendre le dessert. Me répondit-il en me souriant malicieusement.

Il savait que je ne serais pas d'accord. Je le soupçonnais, depuis quelques temps, de faire exprès de provoquer les "scènes de ménage" que je lui faisais lorsqu'il boudait les repas.

- Pas question Bello! Il faut que tu manges correctement! Je vais choisir pour toi. Fis-je, malicieusement, en lui envoyant un clin d'oeil.

La Mamma réapparut pour prendre notre commande. Après avoir annoncé la mienne, je glissai un mot à son oreille. Elle sourit.

- No problemo! Fit-elle en jetant un regard malicieux à Ryuzaki avant de s'éloigner.

Lorsqu'elle nous apporta nos plats, je vis le visage de Ryuzaki s'éclairer de plaisir: son assiette était composé d'un plat de spaghettis en glace, accompagné de crêpes, de fraises et d'une montagne de chantilly.

- Grazie mille! Fit-il avec un sourire.

- Prego!... Ne crois pas que j'abandonne ton éducation alimentaire... En fait, je fais une pause: j'ai pas la pêche ce soir! Mais attends-toi à une grande offensive demain!

- Je serais curieux de voir ça.

Finalement, j'abandonnai mon plat pour piocher dans le sien et nous finîmes par nous battre à la cuillère pour les fraises. Nous entendîmes, tout à coup, la Mamma appeller un certain Roberto.

- Roberto, come subito! Ordonna t-elle.

- Ah l'amore! Fit-elle, souriante, en nous offrant une coupe de fraises à partager "en amoureux". Elle nous regarda avec tendresse avant de s'éloigner avec nos assiettes.

Ryuzaki et moi nous sourîmes avec complicité: les gens se méprenaient systématiquement sur notre relation en nous voyant.

Roberto commença à jouer de son violon, des airs romantiques, s'arrêtant de table en table. On se serait cru dans un remake de "La Belle et le Clochard". Il ne manquait plus que Ryuzaki m'avançant la dernière fraise avec son museau. Cette pensée me fit sourire. Un peu plus tard, il me la laissa, avec courtoisie.

Après avoir applaudi Roberto, nous prîmes congé. La Mamma nous souhaita beaucoup de bonheur et d'avoir beaucoup d'enfants!

De l'endroit où nous nous trouvions, nous apercevions une immense grande roue. J'y entraînai Ryuzaki. Les illuminations, l'ambiance de la fête foraine, tout était féerique et dépaysant.

Après avoir acheté des barbapapas, nous montâmes dans une des cabines de l'immense roue. La vue était époustouflante! Je me retournai subitement en sentant vibrer mon nuage rose dans ma main. Tandis que j'étais scotchée à la vitre, Ryuzaki, qui avait terminé sa barbapapa depuis longtemps, s'était attaqué à la mienne. Il y mordait dedans à pleine bouche.

- Hey! M'écriai-je, faussement indignée.

J'éclatai de rire en voyant qu'il avait des fibres roses dans les cheveux. Tandis que j'essayais de les lui retirer, il continuait à la dévorer allègrement.

- Ryuzaki stop!... Mais arrêtes, tu vas en avoir partout!... Arrêeeetes!

Il ne cessa pas avant d'avoir tout englouti et, voyant que j'en avais plein les mains, essaya de me les lécher. Je me tortillai dans tous les sens, en riant, pour lui échapper. Notre cabine se mit à tanguer dangereusement. Je faillis perdre l'équilibre et tomber de la banquette mais Ryuzaki m'avait rattrapée et je me retrouvais enlacée dans ses bras. Une nouvelle fois nos regards se pénétrèrent intensément. Je finis par rompre le charme en m'écartant doucement de lui.

- Les gens vont sûrement s'imaginer des tas de choses sur nous maintenant! Dis-je en souriant.

- Ah bon? Quelles choses? Me demanda t-il avec son si charmant air innocent dont je commençais à douter.

- Que nous avons été très sages! Répondis-je en riant.

Effectivement, à notre arrivée les forains nous observèrent avec malice et l'un d'eux nous demanda même si nous avions eu le temps d'atteindre le septième ciel et nous proposa de refaire un tour! Je me sentis rougir et déclinai leur offre.

- Oh mon Dieu! Fis-je, très gênée, en m'éloignant rapidement d'eux.

Je croisai le regard amusé et coquin de Ryuzaki qui m'observait. "Oui, beaucoup moins innocent en réalité!" Pensai-je en souriant.

- Méchant, méchant, méchant! M'écriai-je, faussement fâchée.

Il souriait de plus belle, visiblement satisfait de me voir bouder.

Nous continuâmes notre visite du parc, passant dans une maison hantée à la demande de Ryuzaki. Je n'en vis pas grand chose: j'avais toujours eu une peur bleue des clowns et des poupées de cire. La vue des têtes coupées et des monstres me donnait la nausée et me paniquait. Les figurants prenaient d'ailleurs un malin plaisir à m'effrayer. Dans le wagon du train fantôme, je fermai les yeux, la tête blottie contre l'épaule de Ryuzaki.

- Hum... Petite mais costaud? M'interrogea t-il en souriant.

- Je t'interdis de te moquer! Fis-je en lui tapant sur la cuisse tout en gardant la même position.

Il dut me guider vers la sortie: je refusais d'ouvrir les yeux tant que nous n'étions pas au dehors. Une fois à l'extérieur, je me remis à frétiller, entraînant Ryuzaki dans mon sillage. Vers minuit, nous prîmes le chemin du retour. Nous avions passé un très bon moment ensemble. Dans le train qui nous ramenait vers notre hôtel, je ne pus m'empêcher de faire part de mon ressenti à Ryuzaki.

- J'ai vraiment passé une merveilleuse soirée, Ryuzaki... Dis-je en lui souriant tendrement.

- Moi aussi, Camille. Me répondit-il en me fixant avec intensité.

Je vivais de nouveau un de ces moments qui m'appelait à lui offrir un baiser. Je m'attardais délibérément dans son regard avec l'espoir qu'il se penche vers moi pour m'embrasser mais il ne bougea pas d'un millimètre. Je mis donc fin à cet échange en me tournant vers le paysage urbain qui défilait rapidement.

" Ce serait tellement plus simple si tu faisais le premier pas..." Pensai-je en soupirant intérieurement avec tristesse.

Nous regagnâmes la Wammy's House le lendemain.

Mary m'accueillit avec effusion, me serrant dans ses bras.

- Alors? C'était la bonne taille? Me demanda t-elle, après m'avoir rejointe dans ma chambre.

- Non, trop petits! Fis-je avec un clin d'œil.

- Waouh!... Argh, je savais que c'était un bon coup! J'aurais du plus le travailler au corps à l'époque où je le draguais...Alors, dis-moi: est-ce qu'il se débrouille bien au lit?

- Marie!... Soupirai-je sur un ton de reproche.

- T'inquiètes, je te le laisse! Je ne touche pas aux petits amis de mes meilleures amies! J'ai des principes! Alors? Racontes!

- Il est des choses dont une lady ne parle pas! Répondis-je avec dignité.

- Aies pitié de ta meilleure amie qui t'aime et t'adore de tout son cœur et que tu as délaissée pendant plus d'une semaine! Me supplia Marie en s'agenouillant sur mon lit, les mains croisées et le regard implorant.

Je lui racontais donc en détails nos aventures au Japon. Marie n'en revenait pas: elle était à la fois épatée, amusée et, bien évidemment, très déçue que je n'ai pas "conclu" avec Ryuzaki. Mais elle ne perdait pas espoir, contrairement à moi.