PDV Lily
Les elfes sont si gentils ! Il est juste dommage qu'ils soient des esclaves… Mais puisqu'ils ont l'air heureux, pourquoi les priver de leur petit bonheur si ça veut dire du bon gâteau au chocolat pour moi ? Je prends ma cuillère et pige dans la grosse pâtisserie chocolatée qui me répète de la manger. J'ai déjà entendu quelque part que le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est de succomber. Alors, je succombe !
J'ai l'air de m'empiffrer mais ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas goûté à un vrai gâteau au chocolat… J'en deviens nostalgique. La seule personne qui aimait m'en faire était ma sœur, dans le temps où on s'appréciait encore… Mes yeux brillent. Elle savait que j'adorais ça et elle en préparait juste pour moi. Je rentrais de l'école des fois et l'odeur embaumait la maison. C'est l'idée que je me fais d'un chez-soi…
Deux grands bras m'enferment dans leur prise alors que je sursaute.
-Désolé, je regrette ce que j'ai dit.
-James…
-Ah, il y a toujours de l'espoir !
En entendant sa voix, je sais qu'il sourit. Je baisse un peu la tête. J'avais complètement oublié le contexte qui m'a forcé à venir ici.
-Des fois, je me demande pourquoi je ne suis pas capable de me taire…
Il défait sa prise et se tire une chaise près de moi. Il prend la cuillère qu'un elfe lui présente et attend mon accord pour piger dans le délicieux dessert au chocolat.
-Lily, est-ce que c'est de ma faute si tu es comme ça ?
-Non, ce sont des souvenirs…
-Fiou ! Il aurait fallu que je parte sinon et il est vraiment bon, le gâteau ! Bravo les elfes !
-Justement, il m'a rappelé ceux que ma sœur me faisait…
-Oh.
Je baisse un peu la tête. Il est mal à l'aise à cause de ma réflexion.
-Hum, laisse-moi voir… Ta sœur te faisait des gâteaux à la vanille ?
-J'ai toujours détesté ça.
-D'accord, au citron ?
-Elle en faisait pour maman.
-Difficile… Un gâteau des anges ? Aux fruits ? Marbré…
-Je ne raffole d'aucun que tu m'as nommé comme chocolat.
-Caramel ?
-Je… Jamais goûter en fait.
-Alors c'est le moment ou jamais ! Messieurs les elfes ?
Lui au moins les respecte. Ils se sentent très importants et arrivent rapidement. Ils demandent de leurs petites voix ce qu'on voudrait. En temps normal, avec la préparation et la cuisson, il faut 1h pour faire un bon gâteau, sans parler du caramel… Pourtant, cinq minutes après la demande, un magnifique gâteau trois étages débordant d'un caramel onctueux est apporté sur un plateau d'argent. Mes glandes salivaires s'en donnent à cœur joie avant même que je n'en prenne une bouchée.
-Les dames d'abord.
-Quel gentleman…
Il roule les yeux. Je ne veux pas percer la boule fondante alors je prends un petit morceau au sommet. Je viens à peine de le manger que je réclame déjà une autre portion.
-Alors ?
-Ch'est exchellent.
J'essai de parlé la bouche pleine et le résultat n'est pas satisfaisant. J'ai même postillonné un petit peu. Il rit de moi alors que je place une main devant ma bouche.
-Donc tu l'aimes trop pour m'en laisser ?
-Bien shûr que non !
J'avale pour pouvoir parler.
-Tu as demandé quelque chose de gros, tu le finis avec moi si ce n'est pas seul !
-Exigeante…
-Allez, mange !
Le gâteau se fait manger tranquillement pas vite alors qu'on discute. James réussi à me faire rire en faisait des bêtises et des facettes comiques. Lorsqu'on voit enfin le plateau (ce qui n'est pas peu dire ! Le caramel l'a noyé mais on a presque liché l'assiette tellement c'était bon), on remercie les elfes pour disposer.
-Alors, on va faire un tour dehors puisqu'il reste encore deux heures avant le souper ? Demande James.
-Bien sûr, pourquoi pas…
On fait apparaître nos manteaux, tuques, écharpes et mitaines et on se dirige dehors. Le vent s'est calmé et le soleil est très chaud. Mon manteau noir absorbe l'énergie de l'astre pour me la retransmettre et je dois avouer que je me sens très bien.
-Pour tantôt, je suis vraiment désolé du malentendu…
-Tu voulais dire quoi en fait ?
Il soupire.
-Tu te demandais ce que tu avais fait pour être prise avec nous. Moi, je me demandais ce que j'avais fait pour qu'on soit enfin ami, qu'on parle, qu'on puisse se connaître… Je me trouve vraiment chanceux. Je suis vraiment content d'être ton ami.
En finissant son petit discours, il me sourit à pleines dents. Quelque chose à l'intérieur de moi se crispe inconfortablement mais je ne sais pas d'où ça vient.
-Moi aussi, je suis contente. Que nos chicanes soient finies autant qu'on ait une bonne relation. Mais dit le pas à Sirius, il pourrait être jaloux…
-D'accord !
Il rit et me prend dans ses bras. Ma mère faisait ça dans mon enfance. À l'âge de sept ans, on s'était un peu distancé. Ça fait neuf ans qu'on ne m'a pas fait d'étreintes aussi réconfortantes. Ça ne me manquait pas, mais il vient de ressasser un souvenir qui finalement est assez douloureux. Inconsciemment, mes mains se lient dans son dos pour l'enfermer et l'empêcher de me quitter. Mon subconscient s'accroche à lui comme une bouée de sauvetage.
-Lily…
-Ne dis rien.
Il me frotte le dos en accotant sa tête sur le sommet de mon crâne.
-Ça va aller… me chuchote-t-il.
-James, tu viens de te condamner.
Il se fige. Ma voix était parfaitement neutre, elle n'énonçait qu'un fait.
-Comment ça ?
-Parce que tu m'as rappelé ma dépendance affective. À partir de maintenant, tu ne peux plus arrêter.
Je lève les yeux vers lui alors qu'il semble surpris.
-Ça, ça veut dire que tu es mieux de ne pas me quitter parce que sinon, je vais t'en vouloir encore plus.
-On dirait qu'on sort ensemble quand tu parles comme ça, remarqua-t-il en ricanant.
-Non, on a juste une belle complicité et je vais vraiment t'en vouloir si tu la brises. Je commence à m'attacher à vous trois.
-Alors ne t'inquiète pas, je prends la responsabilité de te faire un câlin chaque matin pour te souhaiter bon matin. Ça te va ou il faut plus ?
Je ris. Je ne veux pas me séparer de lui, on dirait qu'il dégage de la chaleur…
-On rentre ? Tu commences à frissonner…
-D'accord.
En rentrant, il me jette souvent des regards. Il faut avouer que je n'ai pas l'air d'aller. Je repense à ce qu'il a dit et aux répercussions que ça entraine. Je me suis rapprochée de plus en plus de lui au cours de trois semaines. Et il a fallu qu'il fasse ressortir ma dépendance… James Potter a fait ressortir ma dépendance…
Je suis rendue dépendante de Potter…
J'arrête de marcher.
Je suis dépendante de Potter. Potter, mon ennemi depuis la deuxième année. Celui qui s'acharne pour que je sorte avec lui depuis une éternité. Celui qui, à l'instant, m'a fait remarquer que mes propos étaient ambigus.
-Qu'est-ce qui ne va pas ?
Celui qui vient, à l'instant, de me faire remarquer que j'étais en bonne compagnie et que c'était réciproque.
-Lily ?
Celui dont le bonheur est rendu extrêmement contagieux. Donc le malheur rend triste. Dont la simple présence rassure. Celui qui, disant être heureux d'être mon ami, m'a attristée. Non, ce n'est pas possible…
-Lily !
Je le regarde avec des yeux vitreux. Je suis perdue dans mon esprit, dans mes réflexions. Il peut être très charmant quand il le veut. Ces cheveux indomptables sont finalement très biens comme ça. Ces yeux bruns sont perçants et on peut y lire une sorte de panique présentement. Ça m'attendri qu'il prenne soin de moi.
-Mais réponds-moi !
Il me prend les bras. S'il n'y avait pas de manteaux qui nous séparaient, je sais que le contact m'aurait fait frissonner…
Merlin, je suis amoureuse de James Potter.
Il me tire vers l'intérieur. Je ne suis qu'un pantin doté de tonus musculaire. Je le suis sans réagir. Il tente de courir mais je ne vais quand même pas si vite. Arrivé dans le château, il regarde partout. Il ouvre la bouche, sûrement pour crier de l'aide.
-James…
Il se retourne soudainement. J'ai enfin réagi mais tellement calmement qu'il croit avoir rêvé.
-Lily, qu'est-ce qui se passe ?
-Je…
Comment lui dire que je ne veux plus de son amitié ? Que je veux être encore plus proche, avoir un certain droit sur lui ? Mais si ça se trouve, c'est ce qu'il espère… Depuis qu'il me court après, il veut peut-être justement que je commence à l'aimer pour pouvoir avoir un contrôle sur moi ? Non, je ne lui laisserai pas la chance de voir l'effet qu'il a sur moi, jamais. Il faut que je me contrôle, qu'il n'est aucune emprise sur ma personne. Je vais devoir être forte.
-Non, rien.
-Quoi ?
Je marche vers les escaliers. Il me rattrape et me soulève légèrement en me prenant le bras.
-Lily, tu ne vas pas bien. Laisse-moi t'aider à monter.
Je le regarde droit dans les yeux. Il est protecteur ou ne fait que simuler ? Par contre, me trouver assez mal en point pour ne pas être capable de marcher seule, il faut le faire !
-Je suis assez grande, pas besoin de ta pitié.
Je me dégage de son emprise et monte les marches d'une allure sûre. Il me laisse faire sans répondre.
PDV Remus
Notre plan, à moi et a Sirius, a marché. Les deux se sont retrouvés aux cuisines et si ça n'avait pas marché, ils ne seraient pas allés dehors ensemble. Le seul problème est, que maintenant rentrés, ils sont distancés et Lily est sur le bord d'arriver.
Le tableau de la Grosse Dame bascule pour laisser rentrer une tornade rousse qui file droit vers son dortoir sans dire un bonjour à ses deux amis. Sirius et moi, on se regarde fixement, très curieux de son état. Pas longtemps après, James fait son entrée mais il s'effondre sur un fauteuil près du feu. J'échange un autre regard avec Sirius et on se rapproche de notre ami.
-Alors, qu'est-ce qui se passe ?
-Elle me hait, encore.
-Quoi ?
-Je… je ne sais pas comment c'est arrivé. On parlait tout bonnement, on discutait. Tout allait bien… Puis, elle a refait une "crise" de rêveries… Sur le coup, je n'ai pas réalisé alors j'ai paniqué. Je l'ai trainé à l'intérieur et elle a repris conscience du monde qui l'entoure. Elle voulait monter alors je l'ai aidé. Elle est parti en me crachant que j'avais pitié d'elle, ce qui ne serait jamais le cas. Je ne comprends pas…
Son regard est axé vers le bas. Il ne voit pourtant rien, j'en suis sûr. Il soupire à s'en fendre l'âme et il monte dans le dortoir. J'échange encore un regard avec Sirius, mais cette fois-ci, on est un peu déprimé. Après tout, il est d'accord avec moi : ces deux là vont finir ensemble. Alors, qu'une dispute arrive en étant ami n'est pas le meilleur départ…
