Bonjour tout le monde !

Voici enfin le nouveau chapitre. Je vais vraiment essayer de publier plus rapidement, promis...!

FireFox : merci beaucoup pour cette review ! :-)

Comment supporter ses alliés sans rechigner

Je regrette amèrement d'avoir marché dans le plan de McCarthy. Comprenez : qui serait fier de faire des blagues stupides à des experts en la matière, d'une façon qui se veut discrète alors que celui qui ne devinerait pas qui en sont les auteurs serait particulièrement idiot ? Je m'explique.

A première vue, le plan élaboré par McCarthy ne semblait pas complètement stupide. Elle a chargé Ashford de se renseigner sur les déplacements des Maraudeurs (le surnom de leur petit groupe que jusque là je ne connaissais pas… j'ai bien cru que les yeux de McCarthy allaient sortir de leurs orbites quand j'ai posé cette question fatale : « qui ça ? »), et après concertation, elle a décrété qu'il était favorable de s'en prendre à eux au moment où ils s'y attendaient le moins, c'est-à-dire, lorsqu'ils sortiraient de leur salle commune. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés cachés derrière un mur, pile à l'endroit choisi, à attendre la sortie des quatre imbéciles. A ce moment, j'avais déjà un doute sur ce plan…. Car si vous l'aviez oublié, comme j'ai pu le faire et je ne cesse depuis de m'en vouloir pour cela, la discrétion n'est pas l'une des principales qualités de McCarthy. Et à ma plus grande horreur, Ashford ne s'est pas montré plus doué en la matière. Entre leur « attention ! », « Shut ! », « Mais quand est-ce qu'ils sortent ? », je n'ai eu qu'une envie, m'enfuir. Les regards que nous ont lancés les Gryffondors qui passaient n'ont fait que confirmer mon doute : ce plan était voué à l'échec, et j'allais regretter d'y avoir pris part.

Au bout de dix minutes, alors que je tentais de convaincre McCarthy que l'on devait abandonner, des rires familiers se sont faits entendre, et mon sang n'a fait qu'un tour.

- Shut ! Attention, les voilà !

Je peux jurer avoir vu Lupin se tourner vers nous.

- Vas-y, Silas. Envoie la potion.

Bien évidemment, je n'ai pas bougé. Qui l'aurait fait alors que les regards de vos victimes se tournent peu à peu vers vous ? McCarthy m'a alors arraché la fiole des mains et l'a balancée vers les quatre imbéciles.

- Vite, vite ! Filons maintenant !

Ne me demandez pas pourquoi, mais je n'ai pas eu ce réflexe, contrairement à McCarthy et Ashford qui ont rapidement pris leurs jambes par leur cou. Non, moi, je suis resté sur place, complètement effaré. Et bientôt, quatre personnes m'ont fait face, chacun éternuant comme si leurs tripes allaient sortir par leurs trous de nez.

- Bryce… ! Aaa…tchoum ! Tu vas… Aaaatchoum ! Nous payer ça !

J'ai donc compris qu'il me fallait à présent fuir si je ne voulais pas me retrouver avec un sort dont l'incantation aurait été modifiée pour cause d'éternuements fréquents. Il a fallu le reste de la journée pour que l'infirmière trouve le remède à notre potion, et que les quatre imbéciles puissent ouvrir la bouche sans éternuer.

A présent, je n'ose même plus sortir de la salle commune de Serpentard si ce n'est pas pour aller manger ou me rendre en cours. Je fuis même McCarthy et Ashford, c'est pour dire. Malheureusement, ce n'est pas leur cas à eux…

- Eh, Silas !

Je peste silencieusement contre mon manque de rapidité pour quitter la grande salle et je me retourne lentement, essayant à peine de cacher mon dépit. McCarthy s'arrête devant moi, essoufflée.

- Tu pourrais me dire pourquoi tu pars toujours aussi vite ? Et pourquoi tu ne viens plus à la bibliothèque ?

- Oui, je le pourrais, mais je ne suis pas sûr que tu le comprennes.

Effectivement, vu son regard, je ne pense pas me tromper. Une seconde plus tard, elle agite la main, comme pour se débarrasser de ce sujet. Que ce doit être agréable d'être aussi simple d'esprit et ne jamais se prendre la tête… !

- Enfin… Ashford et moi, on aimerait bien qu'on se revoit. Pour la seconde partie du plan.

- Quelle seconde partie ?

- Eh bien, tu ne vas quand même pas te contenter de la plaisanterie de la dernière fois ! Je te l'avais dit, ce n'était qu'une mise en bouche.

- Pour qui ? Pour eux ? Ou pour moi ? Une mise en bouche des problèmes que je vais rencontrer…

- Mais qu'est-ce qui te prend ? Tu étais pourtant d'accord, non ?

- Techniquement, pas vraiment, mais passons. Je n'aurais rien contre ces petites blagues sans grande prétention, cependant cela m'arrangerait que vous soyez plus discrets.

Elle me regarde avec de grands yeux ronds et j'ignore ce qui me retient de lui fracasser la tête contre le mur. Mon cher Silas, tu deviens violent…. En pensée, certes, mais violent quand même.

- Vous ne vous êtes donc pas rendus compte que tous les Gryffondors nous ont vus ce jour-là ? Et en particulier les quatre concernés par la plaisanterie ?

- Mais pourquoi tu n'as pas fui, aussi ?

- C'était inutile, Lupin nous avait déjà vus !

- C'est impossible.

Je ferme les yeux, tentant désespérément de contrôler mes pulsions meurtrières du moment.

- Non, McCarthy, ce n'est pas impossible, et tu veux que je te dise pourquoi ? Parce que tu es aussi discrète qu'un hippogryffe !

Sur ces mots, je me retourne brusquement et continue mon chemin vers les quartiers des Serpentards, laissant une McCarthy abasourdie derrière moi. Malheureusement, il semble qu'il ait été décrété que ce jour-ci ne me serait pas chanceux, car alors que j'allais prendre le couloir menant aux cachots, j'y aperçois les quatre imbéciles. Je me retiens de jurer à haute voix et me dirige rapidement vers les escaliers, décidé à prendre un autre chemin. Toutefois, je suis tellement focalisé sur les Gryffondors que j'en oublie d'autres bourreaux, bien plus dangereux...

- Tiens, regardez qui nous arrive.

Je sursaute et relève les yeux pour croiser les sourires mauvais de Smith et Wallard, tandis que Shepard se contente de me regarder avec mépris, comme à son habitude. Je m'immobilise et considère les options qui s'offrent à moi. En bas se trouvent les quatre imbéciles qui aimeraient bien se venger de la petite blague de la dernière fois, et en face de moi j'ai trois Poufsouffles qui eux n'hésitent pas à me frapper et y prennent même du plaisir. A bien y réfléchir, je préfère encore les quatre imbéciles.

Je fais donc demi-tour précipitamment, ce qui n'est du goût de Wallard qui m'attrape le bras.

- Eh, on peut savoir où tu vas ?

- T'as pas envie de discuter avec nous, encore une fois ?

Je tente de me libérer de sa poigne, sans succès.

- Mais laissez-moi donc partir ! je m'exclame.

- Très bien, c'est demandé si gentiment.

Et il me lâche.

Tout se passe au ralenti ensuite. Je perds l'équilibre. J'essaye de me rattraper à quelque chose, mais mes mains n'agrippent que du vide. Je croise les regards à présent effrayés des trois Poufsouffles, cependant ils restent immobiles. Mon dos reçoit le premier choc. J'entends des hurlements, et je pense reconnaître la voix de Lupin parmi ceux-ci. Ma tête frappe violemment contre je ne sais quoi.

Et je sombre dans le noir.