Salut à tous. Voici aujourd'hui le chapitre 5 de BAP. J'espère qu'il vous plaira. Nous y voyons l'arrivée des première-année à Serpentard.
Merci à Alexandre(point)phenix pour la correction.
Bonne lecture à tous et Vive La France !
Chapitre 5 : Bienvenue à Serpentard
Les Serpentards auraient bien aimé venir saluer leurs nouveaux camarades mais s'en abstinrent, après tout, ils étaient dans la maison la plus secrète de Poudlard. Ils se présenteraient correctement une fois à l'abri de leur salle commune. D'ailleurs, il était temps d'y aller. Flavius Carmichael et Maya Maurane firent signe aux préfets de sixième année de ramener les différentes années dans la salle commune pendant que les préfets de cinquième année étaient chargés de se rapprocher des premières années en attendant de les escorter à leur tour dans la salle commune.
Flavius ne doutait toutefois pas que certains élèves allaient se faire un plaisir de désobéir et d'attendre les petits nouveaux à la sortie de la grande salle. Sa petite sœur Myriam par exemple allait il en était sûr céder à sa curiosité. Elle avait en effet été tellement surprise quand ses deux meilleures amies Mélodie et Morgane lui avaient conté leur rencontre avec deux moldus attirés par leur Maison. Mais elle n'était pas la seule. Flavius soupçonnait Hildur Adel de vouloir observer ses cousins ainsi que les déboires de son ainé Ingvar en tant que préfet.
-Bonjour les petits, je m'appelle Eléonore Corner et je suis préfète en cinquième année à Serpentard.
Maya et Flavius eurent l'amusement de constater l'agacement des « petits » à ce qualificatif, les triplés et Malefoy en particulier semblaient à deux doigts de lâcher une remarque acerbe à la nouvelle venue.
-Quant à moi je suis Ingvar Jumala-Adel, plus connu sous le nom d'Ingvar Adel. Je suis le second préfet de cinquième année.
Il fut coupé par les rires de deux des triplées.
-Jenna, Jonas, puis-je savoir ce qui vous amuse ?
-Toi ! répondit Jenna hilare.
-Préfet ! renchérit son frère.
-Ils n'ont pas tout à fait tort, approuva Jonatan. Tu es à l'opposé de ce qui pourrait être considérer comme un modèle.
Ingvar décida finalement d'ignorer ses cousins et reprit à l'intention des autres premières années.
-D'ici quelques instants nous allons vous accompagner jusqu'à la salle commune. Mais avant cela je vous propose de vous expliquer brièvement quel sera le déroulement des prochains jours.
-Demain et mardi vous allez passer des examens afin d'évaluer votre niveau et de vous répartir pour certains cours. Ceux-ci démarreront mercredi matin. En le même temps, vous allez faire connaissance avec la maison Serpentard, vous familiarisez avec notre organisation, nos caractères et nos règles. Tout cela vous sera expliqué dès ce soir dans la salle commune et continuera au cours des prochains jours.
Il fit une pause, le temps d'observer ses nouveaux petits camarades.
-Avez-vous des questions ?
-Moi, annonça Marcus en levant la main faisant rire ses camarades. Le professeur Londubat a dit qu'Alice et moi nous aurions des aînés qui nous expliqueraient plus spécifiquement ce que nous devons faire comme on est des nés-moldus.
En voyant Eléonore et Ingvar se regarder attentivement cherchant la réponse dans les yeux de l'autre, Marcus et Alice comprirent que personne n'avait prévu la venue de nés-moldus à Serpentard.
-Nous n'avons pas été prévenue mais sois en sûr, nous ferons le nécessaire auprès de notre directeur de maison pour obtenir les informations vous concernant.
Marcus voulut ajouter quelque chose mais un regard de sa voisine le fit taire. Quoi que ce fût, elle lui conseillait d'attendre.
Finalement, le groupe de premières années précédé par leur préfet se leva et sortit de la grande salle. En jetant un coup œil autour d'elle, Alice remarqua que si la plupart des Poufsouffles avaient déjà quitté la pièce, il n'en était pas de même pour les autres maisons. Des Gryffondors de tous âges se trouvaient encore à table à discuter même si une grande partie des premières années semblaient s'ennuyer prodigieusement, attendant avec impatience de pouvoir quitter la pièce. Quant aux Serdaigles, les premières années et certains préfets avaient quitté la pièce mais les aînés allaient et venaient autour des tables, profitant de leur retour de vacances. Seuls les Serpentards détonnaient, leur table déjà vide à l'exception des premières années, de leurs préfets et des deux septièmes années qui les observaient sans bouger.
-C'est l'une des raisons pour lesquelles notre maison a mauvaise réputation, lui expliqua Eléonore qui avait suivi son regard. Les autres élèves nous trouvent froid et inattentifs envers nos cadets. Cependant, lorsque je vois comment se comporte les autres avec leurs petits nouveaux, je ne peux m'empêcher de penser que nous sommes par bien des aspects la maison la plus conviviale.
-Je n'ai pas encore assez d'éléments pour juger, répondit doucement Alice.
-Une réponse bien sage qui confirme sans peine ta place à Serpentard. Je n'ai pas menti tout à l'heure, Flavius et Maya nous ont prévenue qu'ils allaient se renseigner des conséquences que votre présence va occasionner.
Alice hocha la tête satisfaite. Au moins, la cinquième année avait le mérite d'être franche. Elle ne niait pas que leur présence risquait de causer quelques désagréments pour la rassurer mais lui assurait de ce qu'Alice considérait comme son soutien. La fillette continua d'avancer et sortit enfin de la grande salle. Les premières années eurent alors l'impression d'être des bêtes de foires. Ils comprenaient enfin où étaient passées les élèves manquant des autres maisons. Des Gryffondors, Poufsouffles et même quelques Serdaigles étaient présents et observaient avec une curiosité malsaine le petit groupe qui passait.
-Circulez ! Y'a rien à voir.
La personne qui venait de parler s'était interposés devant le chemin des premières années afin de leur frayer un passage.
-Merci Morgane, lui dit Ingvar soulagé.
-T'inquiète grand frère on gère, annonça un blond au sourire mutin.
En tout c'était une demi-douzaine de Serpentards qui étaient présents pour surveiller leurs nouvelles recrues. Morgane recommença ses mises en garde, vite reprises par Mélodie et Myriam ses deux amies ainsi que des deuxièmes années parmi lesquels Hildur Adel, Mandy Furmage ou bien Septimus Heap.
Tant bien que mal, le groupe atteignit finalement le sous-sol et les cachots parmi lesquels ils déambulèrent pour atteindre leur salle commune.
-C'est encore loin ? demanda Marcus constatant que ça faisait bien cinq minutes qu'ils marchaient.
-Nous sommes suivis, répondit Ingvar. Nous ne trouverons pas la Salle tant que les gêneurs n'auront pas cessés de nous suivre. Arrêtons-nous.
Quelques instants plus tard, un garçon brun apparut, vêtu d'un uniforme aux couleurs rouge de la maison honnie.
- Potter ! réagit immédiatement Ingvar alors que les autres Serpentards devenaient méfiant. Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
Mais le garçon ne manifesta aucune crainte. Au contraire son sourire demeura sur ses lèvres tandis qu'il montrait un insigne sur sa poitrine.
-Je suis préfet moi aussi Adel, annonça-t-il justement. Je venais simplement vérifier comment vous vous comporter avec les nés-moldus qui composent votre maison. Après tout, ajouta-t-il après quelques secondes vous êtes des mages noirs en puissance.
Il fut coupé par un coup qui lui fut porté au visage et le fit reculer de quelques pas. Les deuxièmes et troisièmes années se réjouirent bruyamment et eurent la surprise de voir réavancer leur ennemi son sourire encore plus grand.
-Adel Hildur, j'ai l'honneur de t'annoncer que tu viens de faire perdre cinq points à ta maison. Dommage que ton frère n'ait pas plus d'influence sur toi que cela.
Les réjouissances des Serpentards avaient laissé place à de la haine sur les visages. Inconscient du danger, le lion ajouta.
-Tu n'oublieras pas de venir le professeur Londubat pour connaître l'heure de ta retenue de la semaine prochaine.
-Qu'est-ce que tu veux Potter ? répéta Ingvar en tentant de se maîtriser. Tu n'es pas venu juste pour nous embêter ou surveiller nos premières années nés-moldus j'espère. Tu dois également t'occuper des tiens.
James se reprit et son sourire narquois laissa place à une expression bien plus sérieuse même si une lueur malicieuse apparaissait dans son regard. Il regardait fixement derrière son homologue de Serpentard, là où les deux nés-moldus s'étaient réfugiés, protégés par leurs ainés.
-Alice ma chérie, pourquoi te caches-tu ? Viens voir ton cousin adoré.
Les Serpentards - à l'exception des trois filles de troisième années - furent extrêmement surpris d'entendre ces mots. Ils se tournèrent immédiatement vers leur cadette. Celle-ci avaient les yeux étincelant de colère mais ce fut la seule preuve de sa réaction puisque son visage resta impassible. Finalement, un sourire innocent prit place sur ses lèvres et elle s'exclama d'un ton enjoué qui ne trompa pas les Serpentards habitués aux manipulations :
-Jamie ! Comment vas-tu ? Tu es venue voir comment j'allais ? C'est très gentil à toi mais ne t'en fais pas pour moi, ce n'était pas nécessaire.
Son cousin eut une expression figée quelques instants puis un nouveau sourire vint fleurir ses lèvres : sa cousine allait bien.
-Je me doute bien de tes capacités et de ce que tu es capable de faire si tu te sens en danger. Mais tu restes une petite fille de onze ans et il est de mon devoir de cousin de ne pas te laisser seule en compagnie des Serpents.
-Ton devoir ? répéta-t-elle amusée. Ou bien mon frère aîné ?
Elle eut le privilège tout comme les spectateurs présents d'admirer la petite moue qui pris place sur le visage du Gryffondor, rapidement disparue.
-Les deux très chère. Ton frère m'a fait comprendre qu'il te voulait saine et sauve il est vrai, mais je m'inquiète également sincèrement pour toi.
-Dans ce cas, surveille plutôt ta sœur, répliqua sa cousine bien que touchée par les mots. Elle serait plus un danger pour moi que mes nouveaux camarades de maison.
La conversation semblant finie, Ingvar attrapa l'épaule de la fillette et la mena vers les cachots tandis qu'elle salua son cousin une dernière fois.
-Eh Alice, la retint-il toutefois, alors qu'elle suivait ses aînés vers la salle commune.
La fillette se retourna vers l'exclamation et eut juste le temps d'apercevoir son cousin lui lancer quelque chose qu'une bourse volait vers elle.
-A toi de voir s'il y a tout, ça te fera travailler la conversion avec notre argent.
-Dois-je en déduire que tu ne m'as pas donné tout ce que tu me dois ?
-Comprend ce que tu veux, je sais exactement combien j'ai mis dans cette bourse. D'ailleurs à ce sujet, laisse couler une goutte de ton sang pour terminer l'enchantement et personne ne pourra te voler ce que tu mettras à l'intérieur.
-Lily va être jalouse, répondit Alice avant d'ajouter merci beaucoup Jamie.
-Tu m'explique ? demanda Ingvar à la petite nouvelle une fois hors de vue. Potter est un égoïste qui refuse même d'avancer de l'argent à son frère. Je ne vois pas pourquoi il ferait une exception pour toi.
-C'est bien simple, répondit-elle avec le sourire, il me doit de l'argent. Il a parié avec ses frères et sœurs sur la maison dans laquelle je me retrouverais. Je l'ai découvert et j'ai menacé Al et lui de cafter à leur père s'ils ne me donnaient pas une partie du gain. Jamie avait parié sur Serpentard, il me doit donc deux gallions.
-James Potter avait parié sur ta venue à Serpentard ?
-Mon grand frère aussi pensait que j'allais arriver ici. Tous les deux savent de quoi je suis capable.
-Tu es décidément pleine de surprise Alice Dursley.
Quelques minutes plus tard, les nouvelles premières années arrivèrent devant l'entrée de la salle commune de Serpentard. Elle était gardée par un tableau représentant un serpent qui siffla lorsqu'il les vit.
-Magia, énonça-t-elle au portrait.
-Ceci, reprit Ingvar tandis que le passage s'ouvrait, est le mot de passe qui permet d'accéder à la salle commune. Il changera toutes les semaines. Cependant, ce n'est pas la seule protection de la salle commune. En effet, c'est un vrai labyrinthe et il est impossible d'en venir à bout seul. Aucun étranger n'y est jamais entré sans y être autorisé, qu'importe ce qu'on vous dira.
Ils pénétrèrent alors la première défense de la salle commune et y entrèrent. Cela ne ressemblait pas du tout à ce qu'ils attendaient. Devant eux se trouvaient un gigantesque couloir encadré par des murs sur lesquels se trouvaient des torches ainsi qu'une fresque de couleurs vertes et argent en hauteur. Les nouveaux élèves pouvaient également apercevoir deux serpents de pierre situés au milieu du couloir. A mesure qu'ils avançaient et passaient devant eux, une lueur verte s'échappait des yeux des créatures et scannaient les nouveaux arrivants. Lorsque le tour de Marcus arriva, Alice situé juste derrière lui le vit tressaillir sous l'intrusion des animaux. Cependant, les bêtes n'attaquaient pas, se contentant d'émettre des sifflements. Marcus finit par avancer et Alice, se présenta à son tour bien droite. Elle passa et rejoignit le groupe plus loin dans le couloir.
-Vous venez de traverser le couloir des traîtres. Les ennemis de la maison ne peuvent le traverser en entier. Si les Serpents ne les jugent pas dignes, ils les mordront. La morsure ne sera pas mortelle mais elle sera très douloureuse et rendra les intrus inconscients avant de les faire tomber dans les oubliettes juste en dessous. Peut-être avez-vous remarqué la trappe située en dessous des serpents.
En réalité aucun ne l'avait aperçu, trop obnubilé par les créatures de pierre.
-Mais, vous n'êtes pas encore entré. Ils restent encore une défense et non des moindres qui protège la pièce principale et les appartements.
Ils avaient ensuite tourné à un couloir, toujours dans les cachots et étaient tombé nez à nez avec un portrait du fondateur. L'homme d'une trentaine d'années était vêtu d'une chemise blanche et d'un pantalon noir et portait une robe sombre d'intérieur vert. Il se tenait bien droit et avait la stature noble. Son visage était fin et bien dessiné. Ses yeux verts étaient perçants et fixaient chacun des nouveaux venus comme s'il pouvait les sonder. Il s'arrêta un instant sur Alice puis Marcus.
Les deux enfants se demandaient s'il pouvait deviner leur ascendance et eurent deux attitudes très différentes. Alice releva le menton, se mit à son tour bien droite et prit un air impassible. La fillette reprit l'attitude qu'elle avait adopté avec son meilleur ami. Montrer qu'on n'a pas peur, qu'on a parfaitement notre place, et surtout montrer notre supériorité jusqu'à ce que l'autre détourne le regard. Cela sembla marcher puisque le fondateur la lâcha des yeux pour examiner Marcus. Cependant, la née moldue n'avait pas manquée le regard amusé de son aîné et bien qu'elle n'en laissât rien paraître, elle en fut vexée. Contrairement à son amie qui avait subie dignement l'examen de leur chef de maison, Marcus détourna le regard le premier. Il fit même plus, il baissa la tête en rougissant. Cela fit tiquer le fondateur qui pinça les lèvres en signe de désapprobation.
-Ton nom ? exigea-t-il.
Le fondateur avait une voix douce avec une intonation sifflante. Le calme avec lequel il avait parlé ne faisait qu'ajouter au malaise que ressentait le jeune né-moldu.
-Ma-Marcus monsieur, répondit-il en bégayant d'une voix quasiment inaudible.
-Je n'ai rien entendu.
-Je m'appelle Marcus monsieur, répéta-t-il à peine plus fort.
-Lorsqu'on se présente on donne son prénom et son nom, répondit-il d'une voix claquante. De plus je ne suis pas un monsieur mais un seigneur. Et bien jeune Marcus, tes parents ne t'ont pas enseigné l'étiquette sorcière ?
-Je suis orphelin seigneur, (il fit une petite pause, semblant hésiter quelques instants puis il ajouta:) et né-moldu.
Cela eut le mérite de désarçonner le fondateur qui ne s'attendait visiblement pas à cette réponse. Très vite, il reprit contenance et attaqua :
-Que viens-tu donc faire ici dans ma maison jeune né-moldu ?
Marcus attendit quelques instants avant de répondre. Ses joues ne semblaient pas vouloir reprendre leur couleur normale. Il semblait attendre que quelqu'un vienne à son secours mais personne ne semblait vouloir se dévouer. De son côté, Alice ruminait, fondateur ou pas, elle n'approuvait pas le comportement de l'homme devant elle. Humilier un enfant juste à cause de sa timidité ne correspondait pas à l'idée qu'elle se faisait du fondateur de Serpentard.
-Le choix-choixpeau, s'était finalement décidé Marcus de répondre, m'y a envoyé.
-Il a dû se tromper. Tu ne corresponds pas vraiment aux élèves que je souhaite voir dans ma maison.
-Et si je puis me permettre seigneur Serpentard, intervint Alice qui n'en pouvait plus, quel est votre type d'élèves ?
Autour d'elle, le silence s'était fait. Qu'un élève - et surtout la petite née-moldue - ose interrompre une conversation entre Salazar et l'une de ses victimes ne s'était jamais vu et était inconcevable. Cependant, le fondateur ne semblait pas en prendre outrage, au contraire il semblait surtout amusé pas la situation. Myriam le soupçonnait d'ailleurs d'avoir volontairement provoqué la situation.
-Ma maison est celle de la grandeur. Je recherche des élèves de bonne familles, puissants, intelligents et ambitieux qui pourront rendre ses lettres de noblesse à la maison. Les Serpentards composent l'élite de la nation, je n'y veux pas de vermisseaux nés-moldus qui l'affaibliront.
-Je ne comprends pas bien seigneur en quoi la grandeur et le fait d'être né-moldu sont incompatibles. Vous préférez voir des enfants de famille sang-purs avec leur magie et leur esprit affaiblie par la consanguinité intégrer votre maison plutôt que de voir des nés-moldus avec un meilleur potentiel magique ?
Les jeunes Serpentards retinrent leur souffle. La fillette jouait avec le feu. N'avait-elle aucun instinct de survie ? Les Serpents agissaient en général dans le but de se préserver non de préserver les autres. Mais là encore, la réponse de leur fondateur les surprit.
-Ton avis est intéressant, admit-il, et pousse à la réflexion. Comment t'appelles-tu jeune révolutionnaire ?
-Alice Dursley seigneur. Je suis moi aussi née-moldue et bien que j'ignore si ma magie sera forte ou non, je ne m'estime pas plus bête qu'un autre. Je trouve stupide de juger quelqu'un simplement à cause de son ascendance ou d'une première impression. Ceci devrait être encore plus vrai ici puisque nous sommes si j'ai bien compris dans la maison des masques et de la manipulation. Dans ce cas comment pouvons-nous nous fier aux impressions ?
-Bonne réponse, répondit-il d'un ton narquois. Cependant, jeune insolente, tu ne dois pas oublier à qui tu as affaire. Je suis Salazar Serpentard, fondateur de la maison éponyme, héritier des Alchimistes, pas l'un de tes vulgaires camarades de classe. Pour cela, je te demanderai de venir t'expliquer dans mon bureau au cours des semaines à venir.
Alice acquiesça, acceptant la sentence. Les autres élèves reprirent leur souffle. Ils n'avaient pas tout saisi, mais ils en avaient retenu l'essentiel : le fondateur n'en voulait pas aux petits nouveaux. Au contraire. En effet, ce n'était pas la première fois qu'il convoquait un élève dans son bureau, cette petite pièce où se trouvait une copie de son tableau, mais à chaque fois qu'il prenait la peine d'en rencontrer un, c'est qu'il y voyait un intérêt.
-Quant à toi jeune Marcus, est-tu désormais décidé à te présenter correctement ?
Le garçon qui était si gêné au début avait eu le temps de se ressaisir pendant l'entrevue entre le fondateur et sa nouvelle amie. Il était reconnaissant à Alice d'avoir détourné le regard du fondateur mais en même temps, il avait craint pour elle que ça lui retombe dessus. Il était désormais prêt à faire face.
-Oui seigneur Serpentard. Je vous présente mes excuses pour mes paroles passées. Je me nomme Marcus Salazar et je vous jure de faire mon possible pour représenter dignement la maison dans laquelle j'ai été réparti.
Le contraste entre le gamin bégayant qui s'exprimait avec peine et cet enfant assuré qui parlait d'une voix calme était saisissant et surpris tous les spectateurs. Le fondateur en revanche ne parut pas étonné par le changement, comme s'il l'avait cherché.
-Bienvenue à tous ! annonça-t-il finalement. Je suis le fondateur de cette maison et j'attends de vous que vous la représentez dignement.
Le tableau ne finit alors pas s'ouvrir, le fondateur ayant finalement laissé l'ouverture à ses jeunes disciples. Enfin, ils pénétrèrent dans un petit hall qui marquait le début de la véritable salle commune des Serpentards. L'attention des premières années se concentra alors sur la grande porte qui se trouvait en face d'eux au fond du couloir. Imposante, l'ouverture était richement décorée. Un heurtoir en argent se trouvait au niveau des épaules des enfants.
-Derrière cette porte se trouve la pièce principale, expliqua Eléonore qui faisait la visite. Il y a une cheminée, des fauteuils et canapés. Cependant, vous ne pourrez la découvrir pour l'instant. Je vous invite donc à me suivre dans cette autre pièce où nous allons vous expliquer le déroulement de la semaine.
Ils suivirent alors les deux préfets à travers un nouveau couloir jusqu'à une autre salle située un peu à l'écart. À l'intérieur se trouvait de nombreuses tables et chaises. Les premières années furent invitées à s'asseoir sur les chaises. Une dizaine d'élèves était déjà installés parmi lesquels Septimus et Hildur qu'Alice avait déjà remarqué.
-Ceci, présenta Ingvar aux nouveaux, est notre salle de travail. Les élèves s'y retrouvent au calme pour pouvoir travailler. Vous pouvez apercevoir parmi vous les élèves de deuxième année. Ce sont eux qui passeront le plus de temps avec vous durant ces prochains jours. En effet, vous n'êtes pas encore totalement des nôtres et vous allez devoir subir une initiation pour intégrer véritablement le groupe des Serpentards et c'est nous qui allons-nous en charger.
-Dès demain, ajouta Eléonore, vous allez démarrer l'initiation. Tout d'abord, vous aurez droit à une présentation de la maison, de ses valeurs, de ses attentes. Puis vous allez passer différents tests. Si tout se passe bien, dès mardi soir vous pourrez être présenter à la maison. Vous découvrirez alors notre pièce principale et les autres élèves.
Puis, les élèves de deuxièmes années se présentèrent. Les deuxièmes années étaient au nombre de huit. Mandy Furmage et Katie Kirke, deux amies très proches les regardèrent méfiantes. Hildur Jumala-Adel et Septimus Heap les deux meneurs de leur année leur adressèrent quant à eux un signe encourageant, tout comme les jumeaux Higgs : Miles et Mogan, les deux frères de Mélodie. Les deux derniers membres de deuxième année, Aurore et Jour Rosépine avaient quant à eux été retenus chez eux par des problèmes familiaux.
-Dès mardi, vous seront assignés deux parrains. L'un en deuxième année et l'autre en cinquième année. Ils seront vos référents tout au long de l'année.
Ils avaient ensuite pu discuter un peu avec leurs ainés. Enfin, plus précisément leurs ainés avaient discuté ensemble après leur avoir donné une boisson chacun et avoir fait apparaître des friandises. Les gamins s'étaient timidement servis, puis, voyant qu'on ne s'intéressait pas à eux avaient continué leur discussion sous la surveillance discrète des plus âgés. Seul Léopold restait muet, continuant à ignorer ses camarades.
-Il est tard. Il est maintenant temps que vous alliez vous coucher.
Eléonore fit alors face à six regards sombres qui ne semblaient vraiment pas apprécier d'être pris pour des enfants.
-Vous aurez une journée chargée demain.
-Je croyais que les examens débutaient durant l'après-midi, objecta Jonatan.
-Certes mais demain matin nous commencerons l'initiation.
Les enfants finirent par obtempérèrent et suivirent leur préfère jusqu'aux derniers cachots. Elle s'arrêta devant la porte des cachots et s'adressa à eux.
-Les filles dormiront à gauche, les garçons à droite. Au centre vous verrez une petite pièce commune. Vous pourrez y faire vos devoirs ou jouer à des jeux de société s'il vous prend l'envie. Cependant, vous pourrez également venir dans la pièce principale. Il y a deux salles de bain, dont vous pourrez accéder à partir des chambres. Vos valises ont été déposées à côté des lits. Au cours des premières années vous partagez le même dortoir avec deux chambres mais à partir de la cinquième année, le dortoir sera composé de plus de chambres.
-Avez-vous des questions ?
-A quelle heure sommes-nous attendues demain matin ? demanda Marcus qui ne voulait pas louper l'heure.
-Nous viendrons vous réveiller. Cependant, ne profitez pas de votre "solitude" pour faire le bazar. Arthur et moi viendrons vérifier si vous êtes bien au lit. Les règles de la maison, vous seront expliquées demain. Considérez toutefois que vous avez atteints le couvre-feu. Maintenant, chacun dans vos chambres. Exécution !
Les nouveaux Serpentards, suffisamment sage pour ne pas braver la préfète s'exécutèrent et entrèrent dans leur suite. Ils y trouvèrent une pièce assez dépouillée simplement composée d'une table et d'une demi-douzaine de chaises. Les enfants furent un peu déçues de l'aspect de leur pièce surtout en comparaison du reste de la salle commune qu'on leur avait vanté. Leur déception fut assez visible et ils furent surpris par le rire de la préfète qui se moqua d'eux.
-Déçus ? Vous n'êtes encore que des novices. Votre salle se remplira à mesure de votre initiation mais on vous en reparlera. Allez-vous coucher maintenant !
Alice et Jenna se dirigèrent alors vers la porte de gauche tandis que les garçons rejoignirent la pièce de droite.
La chambre des filles était grande, comme prévue pour plus que deux personnes. Elle était là aussi épurée bien que déjà plus chaleureuse. Une cheminée était présente à droite, surplombée par une tapisserie représentant les écussons de Serpentards. Les murs, en pierre supportaient une fresque gravée à hauteur d'enfants. On pouvait y apercevoir des serpents qui pouvaient se déplacer. Les deux lits étaient disposés à gauche, de part et d'autre de la salle, deux malles reposant à leur pied. Une porte située directement sur la droite menait à la salle de bain.
-Qu'est-ce que tu en penses ? demanda la nordique en commençant à vider sa valise.
-Nous ne sommes pas encore des leurs, répondit la plus petite un goût amer dans la bouche.
Alice ne souhaitait pas déballer ses affaires, cela ne lui paraissait pas très prudent dans cette maison de manipulation. Elle en avait fait part à sa camarade qui n'y avait pas prêté attention. Alice se contenta alors de sortir ses affaires de toilettes ainsi que ses affaires de nuit avant de se diriger vers la salle de bain.
-Ne le prends pas comme ça, la reprit l'autre fille en lui emboîtant le pas. Ce n'est pas parce que tu es née-moldue. Tu as autant ta place ici que moi, Marcus, Grincheux et mes frères. C'est juste que nous n'avons pas encore notre place tout courte. Nous ne sommes pas dans n'importe quelle maison. Nous allons devoir mériter notre place, ça c'est sûr, mais si le chapeau nous a répartis ici, c'est qu'il nous en pense capable.
Un quart d'heure plus tard, les fillettes se retrouvèrent dans leurs lits respectifs, en pyjama et les cheveux mouillés. Jenna, armée de sa baguette magique fit sécher les siens avant de proposer de faire de même à Alice.
-Oui je veux bien. Tu l'as depuis quand ta baguette magique ?
-En Scandinavie, nous passons l'examen des baguettes pour notre septième anniversaire puis nous commençons à l'utiliser deux ans plus tard. Enfin, nous pouvons la garder avec nous seulement à partir de l'âge de dix ans. Avant cela, ce sont les parents ou les professeurs qui les conservent pour les exercices.
Le professeur Londubat n'avait pas menti. Certains élèves possédaient effectivement une baguette magique avant leur entrée à l'école.
-Je sais qu'en Angleterre, la plupart des enfants reçoivent leur baguette ici mais notre grand-mère nous a prévenu que nous risquions d'avoir de l'avance. L'école va devoir faire avec.
Alice acquiesça devant les nouvelles informations. Finalement, la conversation se termina et les deux fillettes éteignirent la lumière pour aller se coucher.
.
Une heure plus tard, l'anglaise ne dormait toujours pas, tournant et retournant dans son lit. Elle ne savait pas ce qui l'empêchait de dormir. La peur, l'excitation, l'appréhension, le manque de sa famille, toutes ces émotions tournait et retournait dans sa tête la privant d'un sommeil bien mérité.
-Alice, chuchota une voix dans la nuit. Alice.
-Qu'est-ce qu'il y a ? répondit-elle.
-Je voulais savoir si tu dormais.
-Je n'y arrives pas.
-Moi non plus. On déménage ?
-Où ça ?
-Suis-moi !
Les deux fillettes se retrouvèrent alors en pyjama à traverser leur salle pour rejoindre la chambre des garçons. Ceux-ci encore éveillés adressèrent un sourire chaleureux aux nouveaux venus. Éclairés par leur baguette magique, ils attendaient sur un gigantesque lit - surement le produit de la fusion des deux leurs - la venue de leur sœur. Celle-ci habituée se jeta sur le lit de ses frères et invita sa nouvelle amie à faire de même.
-Tu en a mis du temps, reprocha l'aîné.
-Je ne savais pas si Alice me suivrait, répliqua Jenna.
-Vos gueules je suis crevé, se plaignit le plus jeune.
-Langage, répondit Jonatan avant de s'adresser à Alice. Bon alors tu viens ?
-Ça ne vous dérange pas ?
-Bien sûr que non je ne t'aurais pas proposé sinon, fit remarquer Jenna installée entre ses frères.
-Et moi je peux venir ?
Marcus s'était approché silencieusement de ses nouveaux amis et faisait timidement la requête.
-Si tu veux.
Et c'est ainsi que les nouveaux serpents s'endormirent. Marcus collé à Alice, elle-même endormie contre Jonatan qui tenait sa sœur contre lui, imitant son frère de l'autre côté.
Une chose était sûre. La sauce semblait bien prendre entre ces cinq là et leur amitié qui venait de voir le jour ce soir-là risquait de faire couler beaucoup d'encre.
(à suivre...)
J'espère que ce chapitre vous aura plut. Quant à moi, je vous abandonne pour aller voir le match. A la prochaine fois et Vive la France !
