Voilà le chapitre 7 ! Bonne lecture, et comme d'habitude, un grand merci aux reviewers ! (j'ai failli oublier de le publier, mille excuses !)


Oubliettes : chapitre 7

La confusion des sentiments

Quand elle eut repris ses esprits le lendemain, Hermione n'en finissait plus de ressasser les différents épisodes de la soirée avec perplexité. Elle n'en revenait toujours pas de l'avoir invité à danser et pire, d'avoir oser utiliser Dumbledore pour arriver à ses fins ! Elle avait la très forte impression que quelqu'un d'autre avait agi à sa place, comme si elle avait été sous l'emprise d'un sortilège d'imperium... Et si elle avait été possédée ? Quelle horreur !

Ainsi, elle étouffait parfois des craintes singulières à l'idée que quelqu'un ait pu prendre possession de son corps mais elle se rendait ensuite compte de la nature totalement ridicule de ses hypothèses tout en pestant contre elle-même... Toute cette histoire avait une tendance à diminuer ses facultés de concentration et de lucidité, c'était un véritable désastre !

Quand à l'attitude de Snape, elle avait beau se la remémorer encore et toujours, elle doutait sérieusement de son honnêteté... Il savait qu'elle avait des sentiments pour elle et il aurait accepté cette danse, sous le prétexte vaseux d'un pari avec Ron (maintenant elle le reconnaissait, son prétexte était grossier et particulièrement idiot) ? Pour ne rien ajouter à son trouble, elle se sentait passablement honteuse d'avoir menti devant Dumbledore, cela ressemblait horriblement à un crime commis dans le court même d'un tribunal. Et puis, surtout, qu'allait-il penser ? Non pas qu'elle se souciait à ce point de ce qu'on pensait d'elle mais... En ce qui concerne l'autorité, elle devait se l'avouer, elle tenait à ce que les professeurs la considèrent avec respect. C'était franchement difficilement concevable.

Pour ce qui était du comportement de Snape, la seule explication convenable était qu'il estimait qu'elle ne l'aimait pas à ce point. Ou pire : il était totalement indifférent. Néanmoins, même indifférent, il n'était pas obligé d'accepter l'invitation. Il n'avait jamais eu de scrupules à ne pas écouter les conseils du directeur, pourquoi en aurait-il eu ce soir-là ?

Les vacances arrivaient à leur fin et elle n'avançait pas. Elle devait être aveuglée, il lui fallait un avis extérieur, un conseil. Lorsque l'occasion se présenta, elle en parla avec Ginny, dans une salle commune vide le soir de la rentrée. La rouquine écarquillait les yeux au récit de Hermione et une fois parvenu à son terme, elle exprima sa surprise et son désarroi :

"Tu l'as invité à danser ?

- Combien de fois faudra-t-il que je te le dise Ginny ? Oui, je l'ai invité à danser.

Elle pourrait bien le répéter une centaine de fois, Ginny peinait à le croire. Mais elle revint au vrai problème qui tourmentait son amie :

- Il a accepté...

Elle avait un regard d'inquisiteur qui ressemblait drôlement à celui de sa mère.

- Ecoute, je ne sais pas quoi te dire. Je ne peux rien conclure, c'est Snape tu vois... Si cela avait été Ron, je t'aurais facilement éclairée mais là... C'est compliqué.

- Cela me rassure déjà que tu sois dans la même confusion que moi, je n'y croyais pas mais je ne sais plus s'il faut que je me fasse une raison...

Ginny eut un regard plus ferme et sûr de lui :

- Je pense que tu dois faire un choix Hermione, soit tu l'oublies, du moins tu fais tout pour, soit tu tentes le tout pour le tout. »

Hermione soupira longuement, si seulement c'était aussi facile de faire ce genre de choix... Quelle que soit sa décision, elle pressentait qu'elle en souffrirait. Elle renifla, dépassée par ce chagrin qu'elle avait trop contenu et qui s'était retrouvé en arrière-plan suite à toute cette réflexion sans issue.

Pourquoi n'était-elle pas tombée amoureuse de Ron ?

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Les cours reprenaient, Hermione n'avait toujours pas pris de décision. Elle se voilait la face en repoussant au plus tard le choix qu'elle devait faire, consciente malgré tout que Ginny avait raison. Celle-ci ne manquait pas de le lui rappeler et souvent, elle s'instigait en conseillère digne des courriers du coeur de la gazette des sorciers pour lui livrer quelques noms :

« Et Michael Corner ? Je ne l'aimais pas beaucoup mais c'est quelqu'un de bien... Et je sais de source sûre qu'il serait ravi d'être avec toi !

Ce jour-là, Ginny était particulièrement déchaînée, Harry s'étonnait de voir que son amie semblait connaître les identités de tous les élèves de l'école. D'un certain point de vue, il trouvait même cela suspect et la plupart du temps, il soutenait Hermione, encouragé par sa jalousie face au succès de son amie.

- Propose-lui Cormac pendant que tu y es !

- Et pourquoi pas ?

Hermione la fusilla du regard, il était à peine midi et elle était déjà en colère, cela devait être un trait de la famille Weasley de l'agacer.

- Hermione, je pense avoir trouvé celui qu'il te faut...

Les trois autres se tournèrent ensemble vers Ron dont la voix était inhabituellement sérieuse et basse, il avait capté leur attention pour leur annoncer l'élève en question...

- Drago Malefoy.

Harry éclata de rire et recracha son morceau de viande dans le verre de Ginny qui s'était décomposée, vexée, tandis que Ron souriait à Hermione avec affection.

- Qu'est-ce qui vous arrive ?

Dean Thomas s'était approché et avait surpris les éclats de rire de ses camarades. Hermione pivota sur son banc et jeta un coup d'oeil au nouvel arrivant. Dean Thomas. Elle le salua d'un bref signe de tête et but une gorgée d'eau en toute hâte. Elle croisa le regard de Ginny, soudain éclairé d'une lueur malicieuse.

- Dean, viens t'asseoir avec nous !

- Je ne veux pas vous déranger...

- Ne sois pas ridicule, tu ne nous déranges pas !

Une fois de plus, Hermione crut voir Molly Weasley à l'oeuvre, prête à le servir dans son assiette et insistant pour qu'il reste. Ron eut sans doute la même vision car il fixait sa soeur avec un air pétrifié et curieusement effrayé. Harry poussa de nouveaux éclats de rire...

Toute la semaine de la rentrée, Dean n'était jamais très loin du trio – désormais quatuor. Hermione se doutait que son invitation à danser le soir du bal avait du être plus calculée qu'elle ne l'avait laissé penser et crut lire dans ses yeux une attention pas seulement amicale. Quelque part, cela lui faisait plaisir. Elle en éprouvait une certaine reconnaissance, chose qu'elle n'avait jamais vraiment obtenu de la part de Snape.

Seulement, elle aimait toujours le professeur de potions, terriblement. Mais c'était maintenant ou jamais, sa décision à prendre... Néanmoins, elle ne trouvait le courage pour l'assumer. Le week end passa, puis la deuxième semaine, et rien ne changeait. Ginny lui rebattait les oreilles avec Dean, faisant de lui un idéal masculin en tous points. Mais choisir Dean, c'était refuser Snape. C'était mettre un terme, concrètement, officiellement, à ses sentiments. Il y avait quelque chose d'infiniment triste à cela... Elle s'était d'une certaine façon habituée à l'aimer, à le regarder avec désir, naturellement, voire instinctivement.

Elle demeurait tiraillée par ces sentiments contradictoires et ses camarades pouvaient aisément s'en apercevoir. Ron lui avait même fait remarquer qu'elle avait parfois un regard absent et inquiétant. D'ailleurs, cela affectait jusqu'à son niveau en cours, comme le jour où elle avait raté sa potion, ou encore celui où elle avait jeté un sort à Harry par inadvertance... Cette fois-ci, l'accident se produisit en cours de métamorphose, cours dans lequel elle excellait plus encore que dans les autres disciplines.

Elle avait pour tâche de changer un crapaud en chat, ce qui n'était pas une mince affaire... La plupart des élèves n'avaient obtenu pour résultat que de faire pousser des moustaches au batracien, et au mieux, de le faire miauler. Hermione, quant à elle, revoyait encore la théorie, le mouvement de la baguette, la prononciation du sortilège. Le professeur McGonagall l'observait du coin de l'oeil, espérant la voir réussir là où tous ses étudiants étaient désolants. Mais Hermione ne fit pas attention, au lieu de séparer l'étude du mouvement et celle de la formule, elle eut le réflexe de tout faire en même temps, faisant jaillir de sa baguette un éclair bleu.

Elle poussa un cri de surprise en suivant des yeux le filet de lumière qui toucha de plein fouet Ron. Ce dernier voulut pousser un hurlement mais un miaulement sortit de sa bouche. Hermione le regardait paniquer en peinant elle-même à garder tout son sang-froid, il miaulait désespérément, et maintenant des moustaches ainsi que des coussinets sous les mains s'ajoutèrent à sa physionomie habituelle.

« Monsieur Weasley ! Miss Granger posez votre baguette !

La voix de McGonagall se faisait difficilement entendre dans l'hilarité générale, même Harry ne pouvait cacher son sourire timide. Le professeur agita sa baguette et d'un tour de main, elle rendit son apparence à Ron. Hermione fonça vers lui pour s'excuser et s'assurer qu'il allait bien. Mais qu'est-ce qu'elle avait encore fait ?

« Miss Granger ! La prochaine fois, visez le crapaud, et non votre camarade !

- Oui, pardon, je suis désolée, je ne voulais pas...

La sorcière fixa Hermione de son regard perçant avant de lui demander de rester à la fin de la classe. Hermione quant à elle, n'osa plus toucher à sa baguette.

Quand il fut l'heure, elle patienta à côté du bureau, avec une pointe d'anxiété.

- Miss Granger, je m'inquiète pour vous...

En effet, le visage du professeur affichait une expression soucieuse qui ajoutait quelques rides de plus à son front et conférait à son regard une teinte maternelle.

- ...J'ai entendu dire que ce n'était pas la première fois qu'un incident se produisait et je dois avouer que vous en soyez responsable...

Hermione sentait l'embarras l'envahir.

- Cela ne se reproduira plus, j'étais déconcentrée.

- C'est bien ce qui m'étonne.

Elle n'en démordrait pas de sitôt.

- Mais tout va bien, je vous assure !

- Vraiment ?

- Oui... Oui, répéta-t-elle plus avec plus de fermeté.

Le regard de McGonagall reprit sa couleur habituelle tandis que son visage s'affermit, à nouveau pincé et sévère.

- J'imagine que cela ne me concerne pas, mais dès lors que vous faites courir un danger à vos camarades, et surtout à vous-mêmes, je me dois d'intervenir. Vous comprenez qu'en sixième année, les sorts, potions et enchantements sont plus puissants et la moindre erreur peut déclencher un malheur.

- Bien sûr, je comprends ! s'enhardit Hermione qui se sentait de plus en plus mal.

- Certes. Si vous avez un quelconque problème, n'hésitez pas à venir m'en parler, conclut la directrice de maison."

Hermione lui offrit un sourire en guise d'affirmation et sortit, le coeur un peu serré.

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"Tu as vu Dean aujourd'hui ?

Ginny scrutait Hermione du regard, à l'affût de la moindre réaction. Son amie ne se préoccupa guère de cette insistance et lui dit la vérité, après s'être mise au lit :

- On s'est vu après les cours, oui.

- Et alors ?

- Alors, quoi ?

- Vous vous êtes embrassés ?

- Non.

- Mais pourquoi ? interrogea la rouquine.

Elle avait l'air d'insinuer que c'était de la faute d'Hermione, aussi cette dernière se brusqua pour l'envoyer paître.

- J'aimerais dormir maintenant.

Elle murmura "extincto" et la lumière tout autour de son lit fut remplacée par une obscurité quasi opaque. La voix de Ginny parut venir de nulle part :

- Tu penses encore à lui, n'est-ce pas ?

Hermione comprit qu'elle parlait de Snape.

- Oui. Mais tu as raison, je dois me décider...

- Tu sais que c'est le mieux pour toi..."

Un "extincto" se fit entendre, et Hermione ferma les yeux, mais sans parvenir à rejoindre les bras de Morphée avant quelques heures.

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"Potter, êtes-vous à ce point stupide que vous ne savez plus compter ? Ou bien peut-être avez-vous besoin que je vous rappelle la définition exacte du terme "binôme" ?

Harry grommela qu'il savait très bien ce que voulait dire "binôme" pendant que Hermione s'éloigna vivement de ses deux amis à la recherche d'un autre partenaire pour la préparation de sa potion. C'était une potion d'une grande complexité et Snape affirmait qu'à leur niveau, ils devaient travailler à deux pour la réussir, tout en ajoutant qu'il était peu probable que deux imbéciles associés ne parviennent à quoi que ce soit avec un regard appuyé en direction de Neville et Seamus.

Hermione jeta un coup d'oeil autour d'elle et croisa le regard de Dean, seul également, au premier rang. Il lui adressa un signe de la main pour l'inviter à se joindre à lui. Après une hésitation - elle était gênée d'être auprès tout en s'efforçant de ne pas penser à Snape - elle s'avança et posa parchemin, plume et baguette sur sa table, à côté du chaudron déjà bouillonnant.

Les craintes d'Hermione se révélèrent injustifiées, Dean travaillait avec une concentration à en faire briller son front, ce qui impressionna Hermione, peu habituée à ce genre d'attitude. Sans doute avait-elle trop fréquenté Ron et Harry pour croire qu'un Griffondor pouvait être sérieux dans son travail, particulièrement en cours de potion. Ou bien Dean mettait en place une stratégie habile de séduction en se montrant digne de celle qu'il convoitait... Et cela marchait. Hermione lui adressa un sourire complice quand ils contemplèrent le contenu de leur chaudron, parfaitement conforme à ce qu'ils étaient supposés obtenir.

Lorsque la jeune fille chercha des mains la fiole au milieu de leur table, elle toucha les doigts de Dean qui avait eu la même intention. Gênée, elle la retira, le laissa faire, en lui rendant un sourire. Elle arrivait à se sentir bien, là, alors même que Snape se trouvait dans la pièce, à quelques mètres... A ce constat agréable, elle esquissa un mièvre sourire qu'elle chassa quand il fallut se lever pour rendre le récipient au professeur. Elle avait l'impression d'être à nouveau une adolescente pré-pubère, quel supplice ! Mais tout à la fois, quel plaisir...

A la sortie du cours, le jeune homme l'attendit devant la salle. Hermione, préférant éviter tout incident, l'incita à se promener dans le parc. Il n'avait rien à lui dire, mais ils se baladèrent, leurs mains se frôlant parfois , les yeux rieurs et sans parler, ils profitaient de l'instant et ne ressentaient pas le froid ambiant. Enfin, devant le lac, Dean prit la main d'Hermione dans la sienne, avec douceur et fermeté tout à la fois. La jeune fille n'osa lui retourner un regard et apprécia ce geste. Elle ne sentait plus vraiment le froid, elle ne pensait à rien, les yeux plongés dans l'eau noire du lac.

Soudain, il vint se placer face à elle. Hermione, surprise, le regarda et découvrit avec stupeur, mais non sans plaisir, qu'il la dévorait des yeux. Sa main passa le long de ses cheveux, repoussant une mèche rebelle sur le côté pour se loger sur sa nuque. Elle savait ce qu'il allait faire, et elle en avait envie également, alors elle s'approcha de lui et ferma les yeux, goûtant à ses lèvres chaudes en cette nuit hivernale, dans un long baiser, sensuel et langoureux.

Quand ils retournèrent sur leurs pas pour aller déjeuner, ils affichaient le même sourire qui semblait dire qu'ils partageaient maintenant quelque chose de plus que les autres. Dean avoua à Hermione qu'il en avait eu envie depuis qu'il l'avait vue le soir du bal et la jeune femme songea que peut-être, avec lui, elle parviendrait à oublier Snape. Elle eut l'impression très agréable qu'un lourd fardeau venait de disparaître au-dessus de ses épaules.

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Deux semaines plus tard, Hermione et Dean étaient pour ainsi dire, officiellement ensemble. Ginny en tirait tout le mérite et ne rechignait pas à leur rappeler qu'elle avait eu un rôle dans la naissance de leur relation, mais Harry était parvenu à la calmer en lui intimant de cesser de jouer les entremetteuses - ce qui provoqua une dispute mémorable entre les deux amoureux. Quant à Ron, il n'était pas en reste, l'élève de Poufsoufle qui l'avait invité au bal ne le quittait plus et était d'ailleurs plutôt sympathique aux yeux d'Hermione. Ils ressemblaient désormais plus à un sextuor qu'à un trio mais leurs sentiments n'en étaient pas moins forts pour autant.

Hermione était plus vive, plus joyeuse aussi, comme si l'arrivée de cette relation avait fait disparaître ses sentiments pour Snape. C'était du moins l'opinion de Harry et Ron qui s'en trouvaient ravis voire confortés dans l'idée que ce n'était qu'une passade. Mais ils n'étaient pas dans la tête d'Hermione, qui n'était pas débarrassée des affres de sa passion pour le professeur de potions. Néanmoins, la passion s'était comme adoucie et, pendant les cours comme les repas, elle ne cédait plus à la tentation de jeter un coup d'oeil à Snape. Elle se surprenait à ne plus songer à lui, même si parfois, il réapparaissait dans ses rêves. Elle savait qu'il lui faudrait encore du temps pour passer à autre chose mais sa relation avec Dean l'y aidait, et finalement, la rendait heureuse.

Malheureusement, avoir une relation à Poudlard n'était pas une mince affaire, il fallait se montrer virtuose pour trouver des coins isolés afin d'être seulement tous les deux. Ils avaient même fait appel à Harry qui leur avait donné quelques conseils utiles, étant sans doute celui qui avait la plus grande expérience des promenades secrètes. Toutefois, il suffisait parfois de sortir dans le parc, le froid ayant découragé la plupart des élèves, mais il les décourageait tout autant...

Mais ce soir-là, ils prirent leur courage à deux mains et plongèrent dans le froid de la soirée de janvier. Hermione frissonna dès qu'elle mit le pied dehors et Dean passa son bras autour de son épaule pour la rapprocher et ainsi la réchauffer. Elle lui sourit et lui indiqua un arbre proche des murs du château, idéal pour s'abriter de la brise glaciale. Ils s'assirent là, et Hermione sortit sa baguette, fit un geste circulaire avec et dit :

" Caloris

Une vague de chaleur les entoura. Hermione avait jugé utile de se renseigner sur un sort de réchauffement avant de venir, ce qui arracha un sourire conquis à Dean :

- Je suis bien content de t'avoir !

Elle fit une moue gênée et s'allongea à ses côtés.

- Tu sais, je suis vraiment bien avec toi.

Hermione tourna la tête vers Dean, il la fixait, les yeux brillants et intenses. Une seconde plus tard, ses lèvres étaient sur les siennes et ils échangèrent un baiser plus passionné que d'ordinaire. La main du jeune homme caressait fébrilement les cheveux d'Hermione pour se perdre ensuite dans son cou.

Cela ne dura qu'une seconde : un grand "BANG" résonna dans l'air et Hermione sentit comme une violente claque frapper tout son corps. L'instant d'après, elle avait douloureusement atterri sur un tas de terre, à une bonne dizaine de mètres de Dean qui se tenait les côtes en grimaçant. La griffondor, dans un sursaut de lucidité, dégaina sa baguette et recula, pour se protéger de leur agresseur invisible. Elle ne voyait personne, les yeux plissés, elle distinguait mal les ombres dans les arbres.

"Dean, Dean ? Ca va ? murmura-t-elle sans se retourner.

- Oui, je crois... maugréa-t-il.

- Je ne le vois pas... Lumos !

La lumière jaillit de l'extrémité de sa baguette et éclaira alentour. Elle aperçut une silhouette dans les feuilles.

- Je vous vois, montrez-vous !

A la vue de la silhouette qui sortit de la pénombre, Hermione eut un haut-le-coeur de surprise, c'était... Snape. Sous le choc, elle gardait sa baguette brandie sur le professeur.

- Miss Granger, veuillez baisser votre baguette, j'ai entendu dire qu'elle provoquait des ravages dernièrement...

Un cri rauque tonna derrière Hermione, elle se retourna vivement et vit Dean courir aveuglément, la baguette tendue, visiblement, Snape n'était pas encore dans son champ de vision. Hermione voulut l'arrêter dans sa course mais elle n'en eut pas le temps. Horrifiée, elle le regarda jeter un sort à Snape, avec toute sa volonté :

- Stupéfix !

Le sorcier para d'un simple geste de la main - ce qui impressionna Hermione au passage - avant de s'écrier :

- Monsieur Thomas, vous attaquez un professeur !

- Que... Quoi ?

Ses yeux passèrent de Snape à Hermione, puis d'Hermione à Snape.

- J'enlève cinquante points à Griffondor !

Dean le regardait sans comprendre, les yeux écarquillés et la baguette en l'air. Hermione reprit ses esprits avant lui et se déchaîna sur Snape :

- Mais qu'est-ce qui vous a pris de nous attaquer en pleine nuit ! rugit-elle.

Elle n'en revenait pas qu'il leur ait jeté un sort, qui plus est un sort puissant, en pleine nuit, sous peine de les blesser ou de subir des représailles. Elle ne partirait pas sans explications et ses yeux marrons fusillaient ceux de Snape dont la couleur se confondaient dans la nuit.

- Je n'ai pas de comptes à rendre à une élève... dit-il froidement.

Elle s'avança d'un pas, Snape leva même sa baguette, sans doute par réflexe devant l'expression de l'élève qui se trouvait face à lui. Dean, qui semblait avoir retrouvé sa lucidité essaya de calmer Hermione :

- Heu... Hermione, ça va... On va rentrer au château...

- Vous feriez mieux d'écouter votre ami et de vous rendre tous deux dans vos dortoirs respectifs ou bien...

- Ou bien quoi ? Je ne vois pas pourquoi nous devrions rentrer, il reste encore deux heures avant le couvre-feu, déclara-t-elle plus calmement malgré des yeux encore étincelants.

Snape marqua un temps avant de dire de son ton le plus glacial :

- Retenue tous les soirs, à vingt heures, dans mon bureau."

Il se retourna et disparut dans un tourbillon de cape.

" Tu y crois vraiment ? Qu'est-ce qui lui a pris ? Je pourrais très bien en parler à Dumbledore, il s'est littéralement attaqué à nous sans même nous donner de raison valable. Je devrais vraiment en parler, je vais pas le laisser faire, et pour sa retenue, il peut toujours rêver !"

Elle se lança dans une tirade enflammée et interminable, qui se prolongea dans ses pensées et ses rêves la nuit venue...


Fin du chapitre 7 ! Ca vous a plu ?

Je pense que vous aurez été surpris par ce comportement d'Hermione qui semble oublier bien vite ses sentiments pour Snape, mais comme on le voit vite, il n'en est rien ! Décidément, je fais traîner les choses, je me demande si je vais venir à bout de cette fic ! ^^ (je ne menace pas d'arrêter, pas d'inquiétude). Pour Snape, ne tirez pas de conclusions trop hâtives non plus pour cette fin de chapitre.

J'ai préféré choisir un autre griffondor (plutôt que Ron) dans ce rôle de prétendant, il me semblait plus compliqué de faire intervenir Ron puisque cela mériterait alors trop de développements sur les conflits du trio, etc, là si la relation se termine, elle se termine et basta, ya pas trop de risques de crises de jalousie (désolée s'il y a des fans de crises de jalousie :o).

Note pour la publication : je risque de ralentir le rythme, j'ai commencé à travailler, ce qui m'a empêchée d'écrire ces deux derniers jours, le prochain chapitre devrait être prêt dans les temps, mais je ne garantis rien pour le suivant. Je ne donne donc plus de délai précis, mais 5 jours est le minimun (mais je vais pas dépasser les deux semaines non plus avant de publier).