Le lendemain, ils se réveillèrent tard et pour une fois, ce ne fut pas Camus qui ouvrit les yeux en premier. Il alla dans la cuisine, prépara le petit déjeuner qu'il amena dans la chambre. Il se remit au lit, après avoir posé le plateau, et décida de réveiller son compagnon tout en douceur.

Lorsque celui-ci ouvrit les yeux, il gémit de plaisir et se libéra dans la bouche de Milo qui happait son désir inconsciemment réveillé par les caresses du scorpion. Ce dernier vint poser ses lèvres sur celles glacées et ils échangèrent un doux baiser. Ils prirent ensuite leur petit déjeuner puis partirent se balader en amoureux. Ils vivaient dans une bulle de bonheur mais le temps les rattrapa. En effet, alors qu'ils revenaient d'une de leur sorties, ils trouvèrent sur la table de salon un livre avec une enveloppe dessus. Milo sourit en reconnaissant le cahier et lut par-dessus l'épaule de son compagnon la lettre que celui-ci tenait. Sa bonne humeur tomba et regarda avec tristesse le verseau. Plus que deux jours et ils ne se verraient plus. Ils s'embrassèrent longuement avant que le scorpion n'interrompe leur baiser :

Mon ange, tu vas me manquer affreusement. Lis ceci, dit-il en lui donnant le carnet.

Toi aussi tu vas me manque Milo. Qu'est-ce que c'est ? Est-ce ton…

Camus ne put terminer sa phrase car le huitième gardien était partit. Il se doutait bien du pourquoi de cette fuite. Lui non plus ne voulait pas se rendormir pour l'éternité. Avec déception, il s'assit dans l'un des fauteuils et se mit à lire. Ce qui était marqué dedans le bouleversa à plusieurs reprises et il finit par avoir les joues mouillées avant d'avoir fini sa lecture. Alors qu'il lisait, Milo le regardait de loin. Pour digérer le contenu de la missive, il avait eu besoin d'être seul et fut reconnaissant à Camus d'avoir compris cette envie. Il remercia également Athéna de lui avoir envoyé son journal intime mais il lui en voulait un peu de lui rappeler qu'il devrait bientôt se séparer de celui qu'il aimait. Se détournant de la vue que lui offrait Camus, il repartit se poser près de la balustrade et repartit dans ses pensées. Il se repassait mentalement toute leur histoire et se rendit compte qu'il éprouvait des sentiments pour son ami depuis bien plus longtemps qu'il ne se l'était avouer. Pendant un long moment, chacun resta dans son coin. L'un s'en voulant sur le rejet qu'il avait infligé à son ami, l'autre réalisant à quel point son compagnon l'aimait depuis longtemps. Soudain, Camus entendit son prénom murmuré derrière lui. Il se retourna et regarda le scorpion qui l'observait en retenant ses larmes. Milo s'avança timidement et enfouie sa tête dans le cou du verseau. Petit à petit, ses épaules commencèrent à trembler puis le verseau sentit de l'humidité sur celles-ci. Ses bras se refermèrent sur Milo et ils restèrent un long moment enlacés ainsi. Camus fini par caresser les cheveux de Milo afin de le calmer et il entendit :

Pardonne-moi Camus. Pardonne-moi pour tout ce que je t'ai fais.

Milo…, je t'ai pardonné au moment même où tu m'as avoué tes sentiments. Je t'aime plus que tout même si je dois dire qu'il y a certaines choses que j'aurais du mal à oublier.

Je ferais tout pour que tu sois fier de moi lorsque tu retourneras là-bas. Je protègerais Hyôga, je changerais de comportement et plein d'autres choses encore.

Je suis déjà fier de toi mon Milo. Mon amour t'es acquis pour toujours et à l'infini, n'en doute pas, cela quoique tu fasses.

Le scorpion ne répondit rien mais leva la tête et regarda son amant dan les yeux. Lentement, il posa ses lèvres contre celles de son vis-à-vis et lui donna un sulfureux baiser teinté de tristesse. Le verseau répondit à ce baiser avec le même entrain. Ils refirent l'amour mais cette fois-ci en prenant tout leur temps, se plaisant à découvrir l'autre. Plusieurs fois, sur la plage de la petite maisonnée, ils alternèrent leurs positions et atteignirent à de nombreux moments le sommet du plaisir. Ils finirent par s'endormir sur le sable fin, entrelacé l'un à l'autre.

Lorsqu'ils se réveillèrent, la nuit était tombée depuis bien longtemps. Le sommeil les avait quittés et Camus décida de mettre les deux pieds dans le plat concernant un certain sujet :

Milo, j'aimerais savoir…qu'est-ce que tu as ressentis lorsque je t'ai embrassé dans mon temple ?

Euh…, je…je n'ai pas vraiment envie de parler de ça mon ange.

S'il te plaît

Bon d'accord. J'étais sous le choc car je ne comprenais pas ce qui ce passait. Ensuite, j'ai été en colère car j'avais l'impression d'être trahi et lorsque je me suis enfin convaincu de venir te voir pour qu'on s'explique, la bataille du sanctuaire s'en est mêlée.

Tu voulais vraiment venir me voir ?

Oui même si je n'avais pas encore conscience de ce que j'éprouvais pour toi. Je voulais comprendre et je dois t'avouer que ne pas te voir et sentir ta tristesse me faisait mal. Et après…

Un lourd silence s'installa, chargé de regrets. Milo pleurait silencieusement et lorsque Camus s'en aperçut, il lui prit la main et lui prodigua de douces caresses. Ils restèrent ainsi pendant un long moment avant de décider de profiter de ces deux derniers jours en présence l'un de l'autre.

Un peu plus tard, ce fut le scorpion qui mit les pieds dans un autre plat :

Qu'as-tu pensé de mon journal ?

Ce que tu y as marqué est… très émouvant et m'a totalement convaincu de tes sentiments pour moi. Continue comme ça mon Milo.

Merci, répondit le scorpion en posant sa tête sur l'épaule de Camus.

Ils restèrent l'un à côté de l'autre jusqu'au petit matin. Leur avant dernier jour ensemble était teinté de mélancolie, de tristesse mais surtout de joie et d'amour. Le verseau laissa son compagnon seul pendant un long moment et celui-ci commençait à s'inquiéter lorsqu'il le vit enfin revenir. Il avait vraiment du mal à accepter que le lendemain, il ne le verrait plus et cela se ressentait de plus en plus. Camus tentait tant bien que mal de ne pas montrer qu'il souffrait lui aussi et alors qu'il préparé leur dernier dîner, il s'énerva contre Milo qui, vexé, partit se réfugier dans la chambre qu'il occupait. Il n'avait pas voulu s'emporter contre lui mais c'était embêtant d'avoir quelqu'un qui redevenait un enfant à toucher à tout et à goûter à tout.

Au bout d'un long moment, le repas était enfin prêt et Camus, après avoir mis la table et posé ce qu'il avait acheté pour son compagnon, alla voir celui-ci. Lentement, il ouvrit la porte de la chambre et vit son amant sur le lit, le dos tourné à la porte. Cette vision fit mal à Camus qui s'avança doucement vers le lit et s'assit tout en murmurant de douces paroles au scorpion. Celui-ci lui répondit assez vertement, la voix brouillée de larmes étouffées. Camus le rassura pendant un bon moment mais il fallut encore quelques minutes en plus à Milo avant de se retourner vers Camus. Finalement, le verseau finit par convaincre son compagnon de venir manger. Celui-ci fut impressionné par les plats et surtout par ce que le verseau lui avait offert. Un magnifique livre ancien avec quelques photos et dessins d'eux mais également avec des pages blanches faites de papyrus et que le scorpion pourrait remplir autant qu'il le voudrait. Milo n'en revenait pas et serra fortement son ange dans ses bras. Alors que son visage était dans son cou, il lui fit deux demandes : la première était s'ils pouvaient s'unir juste avant que Camus ne disparaisse et la deuxième souffla tellement le verseau que Milo faillit le prendre comme un refus, ce que contredit le onzième gardien qui lui dit qu'il devait réfléchir. Rassuré, Milo termina de manger tout en donnant la becquée à son compagnon. Joie et tristesse se mêlaient à ces derniers moments qu'ils passaient ensembles.

Le lendemain arriva trop vite à leur goût et encore plus vite arrièrent les premières faiblesses de Camus. Tristement, ils s'unirent et se promirent énormément de choses dont la réponse de Camus à une question de Milo. Ils venaient de finir leur libération et se reposaient tranquillement, Milo ayant sa tête posée sur le torse du verseau, lorsque soudain, il entendit Camus murmuré « au revoir mon amour » et lui tendre un bracelet fait de glace avec à l'intérieur une longue mèche marine. Le scorpion leva la tête et regarda dans les yeux son amant jusqu'à ce qu'il disparaisse.

Le nez dans l'oreiller, Milo entendit Athéna lui dire qu'elle lui laissait deux jours de plus avant de revenir au sanctuaire.

Quel serait son état d'esprit en rentrant ? Comment réagirait-il face aux autres et surtout face à Hyôga ? Quelle était la demande de Milo et quelle aurait pu être la réponse de Camus ? Il y a plein d'autres questions qui pourraient se posaient mais je vous laisse tenter de répondre à celles-ci et si vous voulez en trouvez n'hésitez pas