Bonjour à tous

Honte à moi, me demandez pas comment j'ai fait mais j'ai sauté un chapitre en publiant. Vous n'avez pas du comprendre grand chose à la transition XD Il ne s'y passe pas grand chose, il n'y a pas d'action, beaucoup de parole mais bon, quand même.

Bonne lecture.


Harry s'éveilla en sentant la bonne odeur d'une viande grillée et mit quelques minutes à reconnaître que c'était du bacon. Il y'avait du bacon. Depuis combien de temps se contentait-il de pain et d'un peu de beurre au petit-déjeuner ? Il étendit le bras, tâtant le matelas près de lui, et remarqua qu'Hermione n'était plus là. Alors il n'hésita pas plus longtemps, repoussa les couvertures et s'engagea dans les escaliers. Il trouva la cuisine, guidé par l'odeur et s'immobilisa sur le seuil, contemplant le dos d'Hermione qui s'attelait à la tâche, devant une poêle. Elle s'était changé, ses cheveux avait été coiffés à la va vite et été négligemment retenus par une pince noire. Un grand sweat dissimulait ses formes et son jean paraissait neuf, moulant ses jambes fines mais musclées à force de courir.

Il s'aperçut qu'en plus de l'odeur de bacon, sur la table se trouvait déjà pain, beurre, confiture, œuf, jambon. Un vrai festin. Et son ventre gargouilla d'une façon guère discrète qui fit se retourner Hermione. En le voyant, elle sourit, un brin de malice au fond de ses prunelles qui choqua presque Harry. C'était tellement rare. Peut-être était-ce le festin, la douche, les vêtements propres mais cela lui fit du bien et un vrai sourire étira ses lèvres pour la première fois depuis des semaines. Elle lui tira une chaise et il s'empressa de s'asseoir. Elle ébouriffa les cheveux et posa un baiser léger sur sa tempe avant de renverser le bacon dans l'assiette devant lui et d'aller s'asseoir près de lui.

- Dobby a un garde-manger à faire rêver, avoua-t-elle en picorant dans le pain. Des vêtements pour toi et une douche très confortable.

- C'est pas une maison, c'est le paradis ici, marmonna Harry en guise de réponse, enfournant les bouchées à une vitesse digne de Ron.

- Je trouve aussi, s'amusa Hermione qui semblait avoir retrouvé sa joie d'avant, oubliant presque la guerre qui faisait rage dehors.

Harry avait presque l'impression d'être revenue à une époque plus clémente. Un festin, une amie souriante. Mais la réalité reprenait trop rapidement le dessus. Ils n'avaient pas de temps à perdre à faire semblant de rien. Il leva les yeux vers Hermione en enfournant une nouvelle bouchée et contempla un instant son air rêveur, un peu perdu, comme si elle était des lieux de là. Elle soupira soudain et retrouva son expression sérieuse, plus grave, la légèreté désertant ses prunelles qu'elle posa sur lui.

- Tu devrais prendre le temps de te doucher. Dobby a laissé des affaires pour toi sur le meuble. Après il faudra qu'on parle.

Il hocha la tête gravement. La dernière fois qu'elle avait voulu parler, ils avaient fini chez Lovegood et ce n'était pas un bon souvenir. Mais ils avaient avancé, ils avaient compris donc c'était qu'elle avait eu une idée. Qu'il n'allait probablement pas vraiment apprécier mais qui devait être faite. Il termina son assiette, le ventre rapidement plein, son estomac habitué à manger peu et fila vers la salle de bain qu'Hermione lui indiqua. Lorsqu'il se glissa sous le jet d'eau chaude, il bénit Dobby. La douche sous la tente, bien que sorcière, était rudimentaire. Plus que primitive. Et froide.

L'eau chaude lava la poussière, chassa le reste de sa fatigue et détendit ses muscles douloureux d'être toujours trop sollicités. Il se frotta pour chasser les dernier reste de boue et de sang. Le sang d'Hermione, le sien. Sa mâchoire se contracta. Il devait mettre fin à cette folie. Il ne s'attarda pas plus que nécessaire et sortit, trouva la serviette et les vêtements laissés à son intention qu'il passa avant de retourner vers la cuisine d'où lui parvenait la voix de Luna.

- Mr Olivander est plutôt faible et il a du mal à manger même la soupe que tu lui a faite, murmurait-elle de sa voix douce à l'intention d'Hermione. Le gobelin ne me parle pas, il a juste dit merci pour le plateau et Drago Malefoy m'a ignoré je crois.

- Merci Luna, répondit Hermione qui faisait un peu de rangement.

- On va aller le voir, intervint Harry en entrant dans la pièce.

- Malefoy ? Demanda Hermione en se tournant vers lui, s'appuyant sur l'évier.

- Il doit bien savoir quelque chose.

- C'est en voyant l'épée qu'elle a paniqué, acquiesça Hermione.

- Exactement. Elle était persuadée qu'on l'avait pris dans son coffre. Et cette idée l'a paniquée. Il doit y avoir quelque chose d'autres dans son coffre.

- Un horcruxe.

Harry hocha gravement la tête en s'asseyant. C'était presque trop évident, même pour lui. Voldemort faisait confiance à cette folle, il devait lui en avoir confiée un.

- Drago est son neveu. Il doit savoir quelque chose, reprit Harry.

- Et le gobelin aussi. On peut lui demander de l'aide. On va en avoir besoin si tu veux entrer à Gringotts. Rien n'a jamais été volé là-bas.

Harry acquiesça de nouveau, avec reconnaissance. Encore un projet fou. Suicidaire presque. Pourtant elle ne doutait pas de lui, elle suivrait, elle ferait tout son possible pour l'emmener au bout et y arriver avec lui.

- Je m'occuperais de Mr Ollivander si vous voulez, intervint Luna de sa voix toujours douce.

- Merci Luna, sourit très brièvement Hermione. Il faudrait contacter quelqu'un de l'ordre et …

- Ne vous en faites pas, je sais quoi faire.

Harry et Hermione échangèrent un regard et finalement Harry la remercia avant de se relever. Ils n'allaient pas traîner davantage. Cette maison était peut-être un morceau de paradis mais ils ne pouvaient pas se permettre de paresser. Surtout qu'ils avaient une piste. Ils finirent par sortir de la cuisine pour s'engager dans l'escalier et atteindre les chambres. Hermione suivit sans un mot et s'arrêta derrière lui lorsqu'il entra dans la chambre du gobelin.

- Comment vous sentez-vous ? Demanda Harry après quelques secondes, s'approchant de la petite créature qui observait par la fenêtre, assise sur un fauteuil.

- En vie, se contenta-t-il de répondre en levant les yeux vers Harry qui lui faisait désormais face.

- Vous ne vous souvenez sans doute pas, enchaîna le sorcier avec une hésitation.

Mais le gobelin termina sa phrase à sa place. Il se souvenait avoir conduit Harry à sa chambre forte, qu'il était célébre même chez les gobelins. Lorsqu'il était venu pour la première fois à Gringotts, avait découvert l'argent laissé par ses parents. Harry se souvenait encore de sa joie à ces moments là. La connaissance de Hagrid, l'euphorie de la découverte de son statut, alors qu'il ignorait encore sa célébrité, la prophétie, tout. Un sorcier. Qui signifiait qu'il ne vivrait plus chez les Dursley, plus comme un esclave, plus dans un placard. Cette époque avait été pour lui comme l'accès au paradis. A une existence enfin normale, avec des contacts de gens comme lui. Une existence sorcière mais normale. Mais ce n'était plus qu'un très lointain souvenir maintenant, presque regretté. L'insouciance, qu'il n'avait pas pu garder plus longtemps. Qui s'était évanouie et n'était jamais reparue plus d'une journée.

- Comment avez-vous eu cette épée ? Demanda finalement le gobelin en désignant l'épée de Godric gryffondor qui était appuyée au mur et qu'Harry observa quelques secondes avant de répondre.

- C'est compliqué, se contenta de répondre Harry, peu désireux de donner des détails alors qu'il était là pour avoir des réponses, des confirmations sur sa théorie et celle d'Hermione. Pourquoi Bellatrix Lestrange pensait-elle qu'elle était dans sa chambre forte à Gringotts.

La réponse du gobelin, identique à la sienne, ne le desarçonnna pas. Il prit le temps de réfléchir quelques seconde, ramenant son regard sur le gobelin. C'était donnant-donnant. Et vu le regard du gobelin, celui-ci n'en démordrait pas. Alors il reprit, contraint, mesurant sa réponse.

- Cette épée a fait son apparition quand on en a eu besoin. On ne l'a pas volée.

- Il y'en a une dans la chambre de Mme Lestrange qui est identique, consentit à répondre le gobelin. Mais c'est un faux. Elle a été placée là l'été dernier.

- Et elle n'a jamais soupçonné qu'elle était fausse ? S'étonna Harry.

- La réplique est convaincante. Seul un vrai gobelin peut voir que celle-ci est la véritable épée de gryffondor.

- Qui l'a placé là ? Intervint Hermione toujours en retrait.

- Un professeur de Poudlard, répondit le gobelin après une courte hésitation, se tournant à peine vers la jeune femme. Si j'ai bien compris il est directeur maintenant.

Rogue, compris Harry. La loyauté de cet homme était un mystère.

- Il faut que j'entre dans la chambre forte de Gringotts, laissa soudain tomber le survivant.

- C'est impossible, fut la réponse spontanée qui jaillit de la bouche du gobelin.

- Seul oui. Mais avec vous, et quelques atouts, c'est possible.

Ce fut à ce moment-là que le gobelin commença à marchander son aide. Harry s'y était attendu. Les gobelins n'étaient pas banquiers sans raison. Alors Harry proposa son or. Les gobelins étaient avides, avares. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'il lui demande l'épée. La véritable épée de gryffondor. Pourtant il n'hésita pas et acquiesça.

- J'espère que vous avez un bon plan, se contenta d'ajouter le gobelin en se adossant dans son fauteuil. Si tel est le cas, je vous aiderais à entrer.

Harry acquiesça, jeta un regard à Hermione qui hocha la tête et rouvrit la porte pour sortir, Harry la rejoignant déjà.

- Tu as l'air persuadé de la présence d'un horcruxe, finit par soupirer Hermione.

- Je vais m'assurer de ça avant de braquer Gringotts.

Elle lui jeta un regard interrogateur mais il se dirigeait déjà vers la chambre suivante et l'ouvrit sans s'attarder. Elle était impeccable, le lit était fait, le plateau de nourriture était vide, presque trop propre et Malefoy était là, debout devant la fenêtre, les mains dans les poches de son pantalon noir. Hermione referma derrière eux et Harry finit par s'appuyer sur la commode en croisant les bras.

- Malefoy.

- Potter, se contenta de répondre l'autre d'un ton sarcastique.

- Tu sais pourquoi ta tante a torturé Hermione n'est-ce pas ?

Il y eut un silence, court, pesant, mais au bout duquel Drago Malefoy se tourna vers eux, le visage impassible, impeccablement coiffé, comme s'il n'avait pas dormi.

- Granger avait fait une bêtise ? Argua-t-il avec ironie en fixant l'intéressée de son regard gris.

- Elle pensait qu'on était entré dans son coffre-fort, explicita Hermione en croisant les bras, l'observant.

- Comme si vous étiez capables d'une telle chose, se moqua le blond.

- Nous allons le faire, le coupa Harry.

- Alors vous allez mourir. Personne ne cambriole Gringotts.

- Le gobelin nous aidera.

- Vous n'êtes même pas sûrs de ce que vous trouverez là-bas, argua Malefoy avec une pointe de colère.

- Toi tu sais, n'est-ce pas ?

La question calme d'Harry qui ne se laissait pas démonter par ses piques et son sarcasme fit ricaner Malefoy qui haussa les épaules. L'époque de Poudlard était belle et bien révolue. Le temps où Potter sortait de ces gonds à la moindre de ses piques, de ses moqueries, voulait se battre. Non, tout ça c'était fini, maintenant c'était la guerre et même lui était plongé dedans jusqu'au cou.

- Qu'est-ce que j'y gagne, à t'aider Potter ? A trahir le sorcier le plus maléfique de tous les temps ?

- Qu'est-ce que tu veux ?

La question amena un lourd silence. Harry regardait Malefoy, plongeait dans ses prunelles grises qui se voulaient froides. Comme son expression. Son visage impassible. Il avait changé. A Poudlard, il avait vu ce même visage marqué par la colère, par la terreur, par la moquerie. Tordu dans des fureurs monumentales. Mais plus les années passaient, plus les expressions de Drago Malefoy s'étaient éteintes. Un rictus au coin des lèvres, un pli moqueur au coin des yeux, c'était tout ce qui agitait son visage. La peur, Harry l'avait entrevu dans son regard le soir de la mort de Dumbledore. Sur son visage aujourd'hui impassible il avait vu un mélange de peur, de perplexité, de dégoût, de remord, de regret. Tellement d'expression qu'il semblait incapable d'afficher aujourd'hui.

- La vie de ma famille, finit par répondre Malefoy après un long silence, faisant hausser un sourcil à Harry.

- Je ne peux pas te promettre, commença Harry avant que Drago ne lève la main pour l'interrompre.

- Je sais. Mais si l'occasion se présente, si tu vois qu'ils sont en danger, protège-les comme tu le ferais avec granger. Qu'ils s'en sortent vivants. C'est mon prix.

Hermione observait l'échange d'un regard intrigué. D'abord parce qu'elle ne s'attendait pas à une quelconque possible aide de la part de Malefoy, encore moins sous la forme d'un marché, et surtout pas pour la vie de sa famille. Ils avaient toujours parus très froids, pas forcément liés comme elle l'était avec ses parents. Elle ne comprenait pas vraiment Malefoy à cet instant. Mais s'il les aidait, rien qu'un peu, pourquoi pas. Harry resterait conscient qu'on ne pouvait pas lui faire totalement confiance et elle aussi.

- Je ferais tout mon possible, approuva Harry.

- Il lui a donné quelque chose. Un petit objet, finit par avouer Malefoy en le fixant froidement. Qu'il lui a demandé de protéger au péril de sa propre vie. Ça respirait la magie noire Potter. Le mal à l'état pur.

Harry échangea avec Hermione qui acquiesça. L'horcruxe. Il y avait définitivement un horcuxe dans cette chambre.

- Je vous accompagnerais, s'il le faut, ajouta Malefoy en se détournant, avec mépris.

Hermione rouvrit la porte et voyant qu'Harry ne lui répondait pas, ils sortirent sans plus attendre, s'échangeant un regard curieux. Ce n'était plus le même qu'à Poudlard. La guerre le changeait aussi. Mais Harry commençait à se demander où allait son allégeance ? Il ne comprenait toujours pas pourquoi il n'avait pas dit que c'était lui au manoir, il savait qu'il l'avait reconnu. Malefoy avait toujours été un mystère. Il avait voulu être son ami, était devenu son plus grand rival et l'affrontait sans cesse. Cet homme était une énigme.

- Allons voir Mr Ollivander, l'interrompit Hermione en sortant les baguettes volées au manoir Malefoy.

Harry acquiesça. Il avait quelques questions pour le vieil homme aussi.