Coucou tout le monde !
Désolée pour cette attente, les fêtes et la rentrées m'ont pris mon temps (et ma connexion !), mais voilà la suite ! :D
Bonne fêtes en retard !
Harry Potter. Il lui ferait avaler ses lunettes, s'il le pouvait ! Incapable de fermer son esprit, incapable de faire preuve de respect. Comme son détestable père. Severus essayait – en vain – de positiver, de se dire que ce n'était que la « première » leçon… Et voilà, il était définitivement de mauvaise humeur. Potter est un idiot, il n'avait presque pas dormi de la nuit, il n'en avait pas fini avec l'Occlumantie et il sentait qu'il allait étriper ses élèves de troisièmes années. Bonne idée. Il posa brusquement ses mains à plats sur son bureau, fixant les élèves avec cette indifférence et cette rage calme qui lui était propre, avant de dire trois terribles mots
« Sortez une feuille. » Il fit volte-face et nota une consigne sur le grand tableau noir « Surveillez-les, Miss Black. Ne vous avisez pas de sortir de cette salle avant mon retour. »
Le ton est sec, les paroles claquent. Plus aucun élève n'ose faire de bruit, jusqu'à ce que le maître des potions sorte de la pièce. Abigail leva un sourcil, en se demandant bien pour quelle raison elle laisserait les élèves seuls dans la classe, surtout lorsqu'ils étaient en plein… Contrôle surprise ? Elle soupira et s'assit dans le fauteuil du maître, attrapant un quelconque livre qu'elle lut tout en surveillant les élèves. Lorsque l'heure fut passée, elle libéra les élèves mais Rogue n'était toujours pas revenue. Se demandant si – finalement – il avait prévu de ne pas être de retour à temps, elle resta dans la salle et termina le livre. Lorsqu'il revint finalement, elle s'assoupissait à moitié, les jambes croisées sur le bureau, et s'amusait à faire voler quelques pétales abîmées d'épipactis. Son entrée fracassante la fit sursauter et, par réflexe, elle envoya les pétales sur lui – dans d'autre circonstance, cela aurait au moins le mérite de distraire un instant son agresseur, le tant qu'elle prenne une position plus décente pour un duel. Mais ce n'était que Severus, un Severus qui – s'il semblait légèrement moins tendu que lorsqu'il était sorti – lui lança un regard assassin comme rarement il lui en lançait.
« N'avez-vous rien d'autre à faire que de glander les pieds sur mon bureau ?!
- Vous m'aviez demandé de ne pas sortir. » fit-elle en se levant du fauteuil.
« Je ne vous pensez pas stupide au point de rester enfermée dans cette salle, a perdre votre temps et à vous amuser avec des… Pétales de fleurs !
- D'épipactis. » répondit-elle avec un demi-sourire.
De toute évidence, il n'était pas d'humeur à rire. Toujours planté devant la porte, il la fixait de son sombre regard, les dents serrées. Abigail avança jusqu'à lui, et secoua doucement la tête.
« Vous savez, vous êtes plutôt bel homme lorsque vous êtes en colère... »
Les yeux de Severus s'écarquillèrent sensiblement, et il attrapa le poignet de la jeune femme alors qu'elle tendait la main vers lui. Il l'observait, méfiant, attendant les moqueries, comme cela avait toujours été le cas. Il attendait la preuve qu'elle n'était rien d'autre qu'une Black, et qu'elle ne méritait pas les efforts qu'il faisait pour être… Agréable. Même s'il ne se forçait plus beaucoup/
« Je voulais enlever les pétales qui sont accrochées dans vos cheveux. »
Il haussa un sourcil et relâcha lentement la pression qu'il exerçait sur son poignet pour la laisser faire. S'il ne rétorqua rien, ce fut pour conserver l'illusion qu'elle ne se moquait possiblement pas de lui. Il s'était habitué… Attaché à son auxiliaire.
« Et voilà. Vous n'étiez pas du tout crédible avec ça sur la tête ! »
Il soupira légèrement, et la poussa pour entrer et récupérer les copies des élèves. Elle haussa légèrement les épaules – pour lui tirer les vers du nez et savoir ce qui l'avait mis d'aussi mauvais poil, elle pouvait toujours courir – aussi se dirigea-t-elle vers la porte.
« Vous ne restez pas ? »
Elle tourna légèrement la tête.
« Je voulais prendre l'air… Il y a un problème ?
- Je suppose que non. » Il hésita un instant « Il a commencé à neiger. »
Abigail esquissa un large sourire, et fit machine arrière à grands pas pour monter dans sa chambre. Elle en ressortit avec une écharpe aux couleurs de son ancienne maison, des bottes fourrées et des gants. Face à l'air étonné de son collègue, elle sourit
« Vous n'avez qu'à corriger ces copies dans la bibliothèque, je comptais m'y rendre. Je vais profiter des premiers flocons, et je vous rejoindrais ?
- La bibliothèque est pleine d'élèves qui piaillent.
- Oh, il n'y a jamais tant de monde que ça. Et c'est calme, Mrs Pince y veille. Oh, Severus ! Ça vous fera du bien de sortir d'ici, vous devenez aussi maussade que les cachots. »
Piqué au vif, il fronça les sourcils et accepta sa proposition, quoi qu'il maudit mille fois la rousse en chemin. Aller corriger ses copies dans la bibliothèque ! Et puis quoi encore ? Voilà qui allait surprendre les élèves. Le professeur Rogue corrigeant ses copies à la bibliothèque !... A vrai dire, même Mrs Pince fut surprise de le voir entrer. Il se dirigea vers le fond de la bibliothèque, contre une fenêtre, et regarda un instant les flocons tomber avant de se concentrer sur ses copies, et uniquement ses copies, en ignorant les murmures étonnés des élèves autour de lui.
Un bruit sourd tapa finalement contre le carreau à côté de lui, le faisant légèrement sursauter. Une boule de neige avait visiblement éclaté contre la vitre et, derrière, Abigail avait un sourire goguenard alors qu'elle chevauchait un Brossdur 11. Il secoua la tête, lui adressa un « idiote » muet, alors qu'elle faisait de la buée sur la vitre pour dessiner un sourire. Il haussa les sourcils d'un air désespéré et reporta son attention sur la copie. Ce ne fut plus qu'une question de minutes avant que la sorcière n'entre dans la bibliothèque, les lèvres rosies par le froid. Elle tourna un petit moment entre les rayons et, lorsqu'elle eut trouvé un ouvrage intéressant, elle vint s'asseoir face à lui.
« Prendre l'air n'est donc pas une métaphore pour vous.
- En effet !
- Mais vous avouerez que ce n'est pas très intelligent de voler par un temps pareil.
- Il fait un peu froid, c'est vrai. »
Elle resserra son écharpe autour de son cou avant de se débarrasser de son lourd manteau.
« Vous avez besoin d'aide ?
- Non, merci. Mais faites attention avec la neige…
- Oui… Alors, ce n'est pas agréable ici ?
- Quand vous ne parlez pas c'est encore mieux. » grogna-t-il, concentrée sur une feuille qui semblait particulièrement horripilante.
Elle haussa les épaules et cala une épaule contre le mur pour lire en silence, sans déranger son collègue. Lorsqu'un groupe d'élève s'approcha et qu'une voix fluette – mais assez grave – demanda « professeur ? », Severus releva les yeux d'un air agacé avant de voir que ce n'était pas lui qu'on demandait, mais la rouquine plongé dans son bouquin.
« Miss Black. »
Elle se redressa dans sa chaise avant de comprendre ce qu'il lui arrivait, et offrit un sourire au septième année de Poufsouffle, entouré par quatre amis à lui.
« Oui, Neil ?
- Je voulais savoir si… Enfin… Vous m'accorderiez une danse… Hum…
- Un élève et un professeur ne peuvent pas entretenir de relation au sein de l'école, Monsieur Stanford, cela comprend également demander à un professeur de l'accom-
- C'est bon Severus, je ne suis pas une gamine ! » gronda-t-elle gentiment alors qu'elle l'entendait soufflait qu'il n'en était pas sûr. « Neil connait le règlement et n'est pas en train de l'enfreindre ! Viens me voir le soir-même d'accord ? » termina-t-elle en souriant pour l'élève.
Ce dernier hocha rapidement la tête et, rouge pivoine, disparu derrière ses amis. Abigail reposa son regard sur Severus, qui fronçait les sourcils.
« Que vous ais-je dit à propos de l'usage de mon… Prénom ?
- Oh, Sev, ce n'était qu'un paris entre gosses.
- Sev ?! De mieux en mieux…
- Vous avez vraiment l'air de mauvaise humeur depuis ce matin, puis-je savoir ce qui vous met dans un tel état ?
- Disons que j'ai passé une mauvaise nuit, que je déteste les prédictions et que je n'aime pas particulière Noël. » lâcha-t-il rapidement.
Elle s'enfonça dans sa chaise en penchant légèrement la tête.
« Willema Huntergrunt ?
- Exactement. Et je crois qu'elle aimerait vous voir. »
Abigail pinça doucement les lèvres, réfléchissant rapidement à tout ce qu'elle venait d'entendre.
« Quelle heure est-il ?
- Un peu plus de 14h. Vous n'êtes pas allé déjeuner ?
- Et vous non plus, sinon vous ne m'auriez pas posé la question.
- C'est cette chère Minerva qui va s'en poser. Et vous harceler pour être certain que je ne vous maltraite pas. »
Abigail ne put retenir ses rires, et eu un mal fou à les faire cesser. Severus qui s'essayait l'humour ? Oh mon dieu, c'était tellement inattendu. Mais il avait également tellement raison. Face au regard sévère de Mrs Pince, elle se calma doucement et se leva en renfilant son manteau.
« Vous partez ?
- J'ai quelques courses à faire, et une prophétesse à recontrer ! Mais n'ayez crainte, je reviens vite. »
Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer, et récupéra son balai pour se rendre à Pré-au-lard. Elle rentra au château aux alentours de 17h, et grimpa directement à la tour de divination. Comme elle arriva avant que les élèves ne sortent, elle attendit quelques instants devant la porte avant de pouvoir entrer.
« Professeur Huntergrunt ? C'est…
- Abigail Black. Je savais que vous viendriez.
- Oui, le Professeur Rogue m'a dit que vous aimeriez me voir.
- Vraiment ? Je l'ai en effet croisé ce matin. C'est un homme difficile. Mais je ne lui ai rien dit en ce sens… » un sourire énigmatique flotta sur ses lèvres. « Je me souviens de vous. Vous étiez en deuxième années, à Gryffondor, et en dépit de nos maisons rivales, vous m'aviez aidé à trouver un ouvrage qui me tenait à cœur. Je suppose que vous ne vous en souvenez pas ? »
Abigail secoua négativement la tête en rougissant légèrement.
« Venez, asseyez-vous. Et prenez du thé. Il faut que je vous dise certaine chose – ce pourquoi vous êtes venus à moi. »
La rouquine s'exécuta. Autant, avec Sybille, tout ceci aurait ressemblé à un véritable cirque (bien qu'elle ne se trompe que rarement), avec Willema… C'était presque terrifiant tellement cela semblait sérieux. L'aura qu'elle dégageait avait pris possession de cette pièce, elle se l'était appropriée d'une telle façon qu'en entrant ici, vous saviez qu'il s'y déroulait de grandes choses.
« Avez-vous un homme dans votre vie, Abigail ?
- Non, je…
- Son âme est aussi sombre que la nuit, mais l'espoir y est aussi vif que la lune pleine… Cet homme, il ne faudra pas le laisser partir, s'éloigner, ce serait précipiter sa mort… Peut-être ne savez-vous pas qui il est, peut-être ne le saurez-vous pas encore. Vous pouvez le protéger, tandis qu'une autre le tuera. Je sais que vous allez être sceptique car je suis une envoyée du ministère, mais je vais vous dire que je crois au retour du Seigneur des Ténèbres, et vous aurez un peu plus confiance en moi. Ne vous posez pas trop de questions, Abigail, cela pourrait embrouiller votre esprit. Les réponses viendront à vous d'elle-même, dans le déroulement naturel des évènements. »
Abigail avait légèrement froncé les sourcils, un peu surprise par cette prophétie. Elle essaya du mieux qu'elle put de ne pas se poser trop de questions, mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander de qui il pourrait bien s'agir… En tous cas, elle comprit comment cela avait pu rendre Severus plus maussade encore, vu l'humeur à laquelle il était ce matin. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle la remerciait et demanda
« Qu'avez-vous dit au Professeur Rogue ?
- Chaque chose en son temps. Je ne dis que ce qu'il faut savoir, aux personnes qui doivent le savoir et qui sont prêtes à écouter… Même si elles ne le savent pas encore. C'est ainsi que je n'ai pas révélé au Ministère le retour de Vous-Savez-Qui… Mais vous devriez partir, je crains avoir déjà trop abusé de votre temps. »
La jeune femme hocha doucement la tête, et remercia une nouvelle fois Willema avant de sortir lentement. Le soir, elle s'excusa auprès de Severus qu'elle se sentait trop fatiguée pour pouvoir l'aider. S'il eut l'air légèrement déçu, il ne l'empêcha pas d'aller se reposer – surtout après l'interrogatoire de Minerva McGonagall. Abigail n'avait pas la tête à préparer des potions, et si elle s'efforçait de ne pas penser aux paroles du professeur de Divination, elle ne pouvait s'empêcher de se poser quelques questions… Y avait-il un rapport avec Rémus, où la potion même qu'ils étaient en train de créer avec Severus ? La jeune femme ne mit néanmoins pas longtemps avant de s'endormir, se confortant dans l'idée que la réponse avait certainement un rapport avec ces deux éléments, et que Rémus devait goûter leur potion… De toute façon, la nuit porte conseil.
