Auteur : Patpat.
Source : Gravitation
Rating : M pour lemon (sans doute mon plus réussi à l'heure actuelle)
Paring : Yuki Eiri / Shindo Shuichi
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, hélas. Ils sont à Maki Murakami. Mais l'histoire est à moi ainsi que le personnage Miri, Phoebe, Sean et Jo et les quelques autres OC.
Résumé : Après avoir tué Kitazawa, Eiri n'est pas retourné au Japon et a même coupé les ponts avec sa famille. Il est devenu prof à l'Université de New York. Sa petite vie tranquille est bouleversée lorsqu'il s'éprend d'un jeune étudiant nouvellement arrivé du Japon, Shindô Shûichi. Comment tout cela va-t-il évoluer pour ce Yûki devenu japanophobe et même homophobe ?... UA.
Special thanks to : Alors… Qui vais-je remercier cette fois ? Mmh, mon frère, je crois qu'il le mérite bien… Je lui prends la tête à longueur de temps en ce moment pour connaître son opinion sur mes idées. Il est bizarre car il fait celui que ça agace mais en fait il aime beaucoup Gravitation. Le fait que ce soit du yaoi le gêne un peu, même il aime bien l'histoire dans son ensemble… Puis pour Drudrue qui il y près de trois ans maintenant m'a fait découvrir la plus formidable façon d'utiliser mon imagination à bon escient : écrire des fanfictions pour ffnet. Je t'adore ma poulette. Je fais aussi un clin d'œil à Jennifer, qui me demande toujours avec avidité de lui lire mes fics. Et puis à Emaya, mon p'tit lapinou qui est l'auteur de la toute première fic que j'ai lu sur ce site et qui est restée une lectrice et amie fidèle. Bon, je pense que je vais en garder pour la prochaine fois.
Notes : Je viens de passer une nuit totalement blanche (il est 10h45 du matin et j'ai pas dormi une seule seconde). Malgré tout mon esprit de schizophrène arriérée est complètement aware et plein d'idées nouvelles pour ce nouveau chapitre. En fait, il devrait ouvrir la voix à un nouveau cap important de cette histoire. Je crois qu'avoir passé la nuit à lire « No Escaping Fate » de Tani Glace m'a mis d'humeur à écrire, sans compter que demain je vais enfin retrouver mes deux meilleures amies, mes p'tites Maraudeuses à moi, après près de deux mois de séparation ! Je suis trop happy ! Cependant, notez que lorsque vous lirez ce chapitre, on sera déjà vendredi or aujourd'hui, on est mardi… Bonne lecture. LEMON A LA FIN, SI VOUS N'AIMEZ PAS, ARRETEZ VOUS AVANT !
Pensées en italique. Dialogues en gras.
Chapitre 7 : Thanksgiving.
Deux semaines étaient passées depuis le concert et la petite remise en question de Yuki, mais malgré sa ferme résolution de gagner le cœur de Shuichi, le jeune homme semblait lui échapper un peu plus chaque jour. Il fallait dire aussi que le voir passer son temps à flirter et se peloter avec cette fille nommée Phoebe commençait à lui taper sur les nerfs et quand il voyait Shuichi ensuite, il ne pouvait s'empêcher de se montrer froid et agressif parce qu'il lui en voulait.
Tu ne crois pas que les choses seraient plus simples si tu lui disais simplement les choses, aniki ?
Yuki sortit de ses pensées et leva les yeux vers son petit frère qui jouait aux cartes avec Miri. Tatsuha étant ce qu'il était n'avait pas mis longtemps à comprendre que son aîné était tombé amoureux d'un de ses élèves. En fait, le fait d'avoir croisé Shuichi qui partait de chez lui le dimanche dernier, le jour de son arrivée à New York, avait poussé la curiosité du jeune moine à son sommet. Et bien sûr, Miri ne s'était pas privée pour vendre la mèche sur les nouvelles tendances sexuelles de leur frère.
Et qu'est-ce que j'aurais à lui dire, si ce n'est à l'éloigner davantage ? Soit il prendra peur et me verras comme un prof pervers… Soit il me méprisera…
C'est au moins aussi dure que de ne rien dire, répondit l'adolescent en en souriant à sa sœur derrière ses cartes laissant entendre qu'il avait un excellent jeu.
Ca me tue de le dire mais Tatsuha a raison, approuva Miri.
Je sais pas comment je dois prendre ça, demanda le moine feignant l'indignation.
Pour toutes réponses, il n'eut qu'un petit clin d'œil de la blonde qui reprit :
Entre ne rien dire et rester dans le doute en souffrant de le voir au bras d'une autre, et tout lui révéler mais être enfin fixé quitte à souffrir après, je préfère cracher le morceau. Au moins, après, on peut passer par-dessus et continuer sa route…
Je ne pense pas que je puisse passer par-dessus Shuichi, répondit simplement le jeune professeur.
Il jeta un coup d'œil à ses cadets et en voyant les sourires lubriques, il vira au rouge et cingla :
Bande de petits tordus, c'est pas ce que je voulais dire !
Oh, mais ne t'inquiètes pas aniki, on a très bien compris ce que tu voulais dire par-là… ricana Tatsuha en faisant mine de se reconcentrer sur le jeu.
Tout à fait ! sourit Miri en allumant une cigarette avant d'en tirer une longue taffe.
Mais très vite, ils reprirent tous leurs sérieux et Yuki parla de nouveau.
Ce que je ressens dépasse en fait de loin tout ce que j'ai pu ressentir pour quelqu'un, y compris Kitazawa. Pourtant il n'a jamais rien laissé paraître qui me donne l'espoir qu'il accepte de laisser sa splendide petite amie pour moi. Je le fais rougir parfois, mais c'est tout. Si seulement je n'avais pas agit de façon aussi stupidement méchante vis-à-vis de lui, j'aurais davantage de chances avec lui.
C'est vrai que ça joue dans la balance… Mais c'est pas tout non plus, acquiesça sa guitariste de sœur en soufflant un nuage de fumée. Sinon, je ne vois vraiment pourquoi il avait ce petit sourire quand je lui ai dit que c'était lui que tu étais venu voir.
Tu as fait quoi ! s'exclama le blond, alarmé.
Mais la jeune femme l'ignora et Tatsuha prit la parole avec un air songeur sur le visage.
On devrait chercher un moyen de vous rapprocher… Sans que ce soit trop flague… Organiser un dîner de groupe ou un truc dans le genre…
Vu que Shuichi me connaît et que tu me connais, je peux organiser une soirée pour Thanksgiving et vous inviter tous les deux avec d'autres amis, affirma Miri avec la même expression de réflexion sur ses traits.
Vous pouvez arrêter de fourrer votre nez dans mes affaires deux secondes ? s'énerva Yuki en allant se chercher une bière dans son frigo.
Si on ne le fait pas alors comment comptes-tu t'y prendre ? Lui chanter la sérénade ? Certainement pas ! Alors si tu as une meilleure idée, propose ! le défia la musicienne.
En plus, ça te donnera l'opportunité de te montrer sous un nouveau jour, ajouta le plus jeune de la fratrie.
Eiri revint dans le salon après avoir été chercher une bière à la cuisine et se laissa tomber sur le canapé à côté de son petit frère. Il garda le silence un instant, envisageant les autres possibilités qu'il avait. Et franchement, il n'y en avait pas beaucoup. Il ne pouvait pas prendre le taureau par les cornes ; il faudrait commencer par gagner l'amitié de Shuichi ou au moins sa sympathie. Il avala une gorgée de sa bière fraîche et dit :
Très bien, je vous laisse faire. Mais ne foutez pas plus de bordel dans ce sac de nœuds ou je vous jure que vous ne resterez pas assez longtemps sur cette terre pour danser sur la tombe du vieux.
Miri et Tatsuha échangèrent un regard complice avant de laisser paraître sur leurs lèvres des sourires malicieux qui n'annonçaient rien de bon. Je me demande si j'aurais pas mieux fait de m'étouffer avec ma langue au lieu de laisser à ces deux baka l'occasion de foutre la merde dans ma vie déjà bordélique…
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Ce début de soirée était d'un repos olympien pour Shuichi qui n'avait pas eu un seul moment de libre entre ses cours, Phoebe, ses amis et ses rendez-vous avec Yuki, sans oublier ses devoirs… Pour une fois, il s'était organisé de façon à avoir une soirée de libre juste pour lui. Il était étendu sur son lit, sur le ventre, avec devant lui un carnet sur lequel il gribouillait des paroles de chanson qui lui venait de façon plutôt aléatoire. Sean était à son ordinateur, son casque sur les oreilles, en train de remixer quelques chansons pour le week-end qui venait : il lui fallait de nouveaux tubes à passer pour vendredi et samedi soirs en boîte. Jo était venue travailler les partitions qu'elle devrait présenter comme travaille personnel au professeur Turunen le lundi qui suivait. Tout était plutôt calme dans la chambre et on entendait rien de plus que les bruits de stylo grattant le papier et les click de souris de l'ordinateur de Sean. Soudain, le silence fut rompu par la sonnerie du téléphone portable de Shuichi. Celui-ci s'empressa de décroché sans même jeter un coup d'œil à l'identificateur d'appels.
Allo ?
Moshi moshi, Shu-chan ! Je ne te dérange pas j'espère ?
Plutôt surpris par la voix à l'autre bout du téléphone, Shuichi ne répondit pas tout de suite. Kuso ! J'ai une rock star internationale qui m'appelle sur mon portable ! Kyah !
Oh ! Baka ! Tu réponds ou je raccroche !
Ah, euh, gomen nasaï, Miri-san. C'est juste que je ne m'attendais à votre appel.
En entendant le prénom de Miri, malgré son casque, Sean se tourna vers lui, le regard avide.
Tu es occupé ?
Non, pas du tout. Je peux faire quelque chose pour vous ?
Déjà, commence par arrêter tes formalités avec moi. Alors plus de Miri-san, juste Miri. Puis arrête de me vouvoyer, je ne suis pas une grand-mère quand même, on a le même âge.
Haï.
Bon, et puis j'appelais pour savoir ce que tu faisais jeudi prochain…
Euh… Si tu me propose un rendez-vous, je…
Mais non, abruti ! Jeudi c'est Thanksgiving. Mais c'est vrai que c'est ta première année aux Etats-Unis… Thanksgiving est une fête traditionnelle américaine pour laquelle on se réunie entre parents et amis, et où on partage un bon repas (1). Comme tu es loin de chez toi, j'avais pensé que je pourrais t'inviter à le passer chez moi.
Shuichi rougit comme une fraise ; c'était une attention vraiment touchante de la part de la guitariste.
Je sais qu'on n'est pas vraiment amis mais Ryuichi n'arrête pas de me parler de toi. Et puis c'est vrai que tu es un garçon adorable. Je ne fais pas ça pour te séduire mais uniquement parce que je pense que Thanksgiving n'est pas un jour qu'on doit passer seul. Et puis, j'aimerai sincèrement te présenter mon petit frère qui est de passage sur New York. De plus, mon petit ami devrait aussi arriver du Japon pour passer quelques jours avec moi. Qu'est-ce que tu en penses ?
Et bien, je ne sais pas.
Ce n'est qu'une invitation d'amie à ami. Mais si tu ne veux pas venir ou si tu as déjà quelque chose de prévue, ce n'est pas grave.
Non, non ! Je suis libre jeudi ! Et ça me ferait très plaisir de passer Thanksgiving avec toi.
Très bien, dans ce cas, tout est réglé. Je passerai te chercher en bas de ton bâtiment.
Euh, ce serait possible que mes amis viennent avec moi ?
En entendant ça, Sean se jeta aux pieds de Shuichi, lui léchant presque ses orteils nus.
Sean et Johanna ? Pourquoi pas ? Je les aime bien. Mais personne d'autre, d'accord ? Vu que je suis assez célèbre, je ne peux pas me permettre de laisser trop de gens connaître l'endroit où je vie.
Oui, je comprends. Mais, ça me fait quand même bizarre de savoir que tu es la sœur de Yuki-san… En plus, il sera certainement là.
Oui, bien sûr. Mais tu sais, en famille, il est très différent de ce qu'il semble être au premier abord. Il peut paraître froid et méchant mais en fait c'est un garçon adorable.
C'est drôle, je suis pas vraiment convaincu. M'enfin bon…
Très bien, à jeudi dans ce cas. Merci encore pour l'invitation.
De rien. A samedi.
Tous deux raccrochèrent en même temps et le silence emplit la chambre. Sean et Shuichi se regardèrent droit dans les yeux et finalement, le japonais dit :
Miri Johanson nous a invité tous les trois à son dîner de Thanksgiving jeudi soir.
Soudain, Sean se leva d'un bond et lui et Shuichi se mirent à sauter en hurlant comme des adolescentes hystériques.
Génial ! J'arrive pas à croire que je vais passer Thanksgiving avec mon idole ! hurla le brun en se mettant à tournoyer sur lui-même comme une danseuse de ballet.
Kyah ! Ca va être super ! J'ai l'impression d'être devenu quelqu'un de super important, un fan hyper privilégié ! ajouta Shuichi en commença à faire des cabrioles sur son lit.
Mais très vite, lui et son colocataire cessèrent leurs festivités, remarquant que Jo ne s'était pas jointe à eux. Elle semblait triste et évitait leurs regards.
Jo, ma belle, pourquoi tu souries pas un peu ? Ca te plait pas de pouvoir passer toute une soirée avec Miri Johanson, dans sa maison, avec sa famille, comme si on était ses proches ? demanda Sean en s'accroupissant près d'elle.
Si, bien sûr, c'est juste que… elle laissa échapper un sanglot avant de reprendre. Je dois passer Thanksgiving avec ma famille, chez mon oncle. Ils ne me pardonneraient jamais si je ne venais pas, surtout si c'est pour fêter ça avec des quasi inconnus… Aussi célèbre que soit cette inconnue.
Shuichi alla la rejoindre également et s'assit en tailleur à côté d'elle, passant un bras autour de ses épaules.
Quelque chose me dit que ce ne sera pas la dernière occasion… Ce n'est pas grave, ne pleure pas Jo, murmura-t-il, essayant de consoler son amie.
On prendra des photos, si tu veux. Mais Shu a raison, si elle nous a invité à son dîner, c'est qu'elle nous aime bien. Elle nous réinvitera encore. Après tout, c'est aussi elle qui nous a donné le pass pour les coulisses du concert, tu te souviens ?
La jeune femme acquiesça et sécha ses larmes. Un sourire, un peu forcé certes mais un sourire quand même, s'étira sur ses lèvres. Un sourire qu'elle destinait tout particulièrement à Sean et ça, Shuichi le savait. Quand est-ce que ce crétin va enfin se rendre compte qu'elle est amoureuse de lui ? se demanda le japonais avec un sourire tendre.
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Il avait commencé à pleuvoir dru sur la Grosse Pomme dès le mardi et ce qui semblait être une sacrée grosse averse s'était révélée être un véritable déluge. Et plus le jour fatidique approchait, plus le pauvre Sean s'était emballé à l'idée de pouvoir passer une soirée avec sa star adorée. Ne sachant quoi se mettre pour le jeudi, il avait été faire les boutiques. Mais rester dehors tout un après-midi par un temps pareil n'était vraiment pas conseillé et ce qui devait arriver arriva : Sean s'était retrouvé cloué au lit avec un grippe de cheval. Le médecin du campus était passé le voir et lui avait remis une ordonnance d'une bonne dizaine de médicaments à prendre et la formelle interdiction de quitter son lit pendant une semaine. Le jeune homme s'en était mis dans tous ses états car cela signifiait qu'il ne pourrait pas assister au dîner de Thanksgiving organisé par Miri. En apprenant cela, Jo avait décidé de tout faire pour convaincre ses parents de la laisser passer la soirée avec son ami. Le fait qu'elle veuille veiller un proche malade les avait suffisamment ému pour lui accorder la soirée à la condition qu'elle passe l'après-midi avec eux à préparer le repas et qu'elle en emporte deux portions pour elle et Sean. Finalement donc, Shuichi irait seul à la soirée. Le jeune homme était triste et déçu que ses amis ne puissent venir avec lui. Mais comme pour ajouter à son humeur déjà mauvaise, Phoebe lui avait fait une scène en plein milieu du parc du campus lorsqu'il avait dû décliner son invitation à dîner au restaurant jeudi. Mais pour une fois, même s'il appréciait vraiment la jeune femme, il n'irait pas à l'encontre de ses projets avec ses autres amis. Les deux semaines passées, il avait accordé toutes ses soirées de libre à Phoebe, ainsi que toutes ses pauses déjeuner… Mais il avait besoin d'une vie sociale plus étendue et Miri lui offrait son amitié. Il ne pouvait mettre sa vie entre parenthèses pour une fille qu'il aimait simplement bien. Le mercredi après-midi, en revanche, à la fin de son cours de littérature, Yuki s'était montré à peu près gentil avec lui pour lui demander s'il pouvait acheter des biscuits apéritifs pour le lendemain. Voir son professeur aussi respectueux et même agréable lui faisait plaisir et avait grandement contribué à le rendre de meilleure humeur. Mais pas autant que ce qu'il trouva à son retour à sa chambre d'étudiant, ce soir-là…
Yuki a été vraiment gentil avec moi, Sean ! Tu le crois ça ? lança-t-il en ouvrant la porte.
Mais il se figea sur place. Il n'arrivait pas à y croire ; devant lui, tranquillement installé sur le rebord de son lit, se trouvait son meilleur ami, Nakano Hiroshi.
Kami-sama ! Hiro-chan ! s'exclama-t-il en se jetant au cou du jeune homme qui, s'étant attendu à ce type de réaction, s'était levé pour accueillir l'accolade, ou plutôt le plaquage, de son frère de cœur.
Shuichi !
Lorsque les deux jeunes hommes se séparèrent, ils se toisèrent un bref instant. Hiro n'avait pas beaucoup changé, à part peut-être les traits de son visage qui exprimaient plus de sérieux qu'avant. Mais il était toujours ce grand et beau garçon aux longs cheveux rougeoyants et aux yeux noirs d'ébène avec son sourire chaleureux et avenant. Du point de vue de ce dernier, Shuichi était resté le même gamin à la frimousse adorable et aux joues roses. Il avait un peu laissé pousser ses cheveux roses, juste assez pour pouvoir les attacher en une petite couette dans sa nuque et son front demeurait caché par de longues mèches fuchsia, soulignant ses grands yeux lavande (2). L'apprenti chanteur eut un large sourire en demandant :
Daijobu ?
Daijobu desu, répondit son meilleur ami avec le même sourire heureux.
Se souvenant soudain de la présence de son colocataire, Shuichi se tourna vers Sean et lui demanda :
Vous avez eu le temps de faire connaissance ?
Pas vraiment, tu es arrivé quelques instants après qu'il se soit assis.
Dans ce cas, je te présente mon meilleur ami Hiro. Hiro, voici Sean, un super bon ami à moi. Depuis que je suis arrivé à New York, lui et moi, avec notre copine Johanna, on a fait les quatre cents coups ou presque.
Enchanté de te rencontrer enfin, Hiro. Shu m'a beaucoup parlé de toi, le salua Sean en lui tendant la main depuis son lit.
Le japonais la saisit de bon cœur et répondit :
Ca me fait plaisir de savoir que Shu-chan a de bons amis. Mais j'espère que tu vas bien, tu as l'air plutôt malade.
La grippe. Il n'a pas arrêté de pleuvoir et j'ai eu la merveilleuse idée de passer l'après-midi dehors par un temps pareil. Du coup, mon dîner avec mon idole me passe sous le nez.
Tu sais bien qu'il y aura d'autres occasions, lui assura Shuichi.
Oui, j'espère !
Dis-moi Hiro, qu'est-ce que tu fais ici ? Tu aurais pu me dire que tu venais ! le réprimanda gentiment le garçon aux cheveux roses en feignant d'être en colère.
Je voulais te faire la surprise ! Et puis, c'est grâce à ma petite amie que je suis ici, elle m'a payé le voyage. Ce n'est pas avec mes petits moyens d'étudiant que j'aurais pu me offrir le billet d'avion et l'hôtel. Même si en fait je ne vais pas dormir à l'hôtel…
Tu as une petite amie ? Elle est comment ?
Parfaite, se contenta de répondre Hiro avec sur le visage une expression d'extase rien qu'en pensant à l'image de son amoureuse. Je te la présenterai. Tu fais quoi demain soir ? Tu pourrais venir avec moi, je dois dîner avec elle…
Non, une autre fois peut-être, je suis déjà inviter pour Thanksgiving. Mais sinon, tes études se passent comment ?
Plutôt bien. Même si je m'ennui vraiment. Ca me manque trop de ne pas pouvoir jouer de la musique avec toi, Shu…
Oui, à moi aussi. Même si ici je peux suivre des cours de musique avec une prof vraiment géniale, c'est loin d'être comme quand on joue ensemble. Tu te souviens du Pelshana ?
Evidemment ! C'était super !
Un lourd ronflement les coupa en plein milieu de leur conversation nostalgique : Sean s'était rendormi profondément… Ce n'est pas plus mal, je pourrais discuter avec Hiro de ce qui me tracasse vraiment… pensa Shuichi en s'asseyant sur sa chaise de bureau tandis que son meilleur ami reprenait place sur le lit. Après un long instant de silence pendant lequel la boule de poils fuchsia réfléchit à la façon de présenter son problème au futur médecin qu'il avait devant lui.
Hiro, je voudrais te poser une question…
Bien sûr, Shu, vas-y.
Tu vois, j'ai un de mes profs, Yuki, qui est vraiment très froid. Et pour une raison que je ne suis pas sûr de savoir, il s'en prend particulièrement à moi, me ridiculisant devant les autres élèves…
Dans ce cas, c'est du harcèlement moral, Shuichi. Pourquoi tu ne vas pas en parler au doyen ? le coupa aussitôt Hiro, inquiet.
Tu sais bien que ce n'est pas mon genre… Et puis, depuis quelques temps, depuis qu'il est devenu mon parrain à la demande du doyen lui-même, je trouve qu'il est devenu plus… agréable. Il n'essaye plus autant de me faire de la peine.
Alors où est le problème ?
Je ne sais pas… Justement, je ne sais pas pourquoi je rougie sans cesse dès que son regard devient trop insistant. Ni pourquoi je suis heureux de savoir qu'il prête attention à moi…
Hiro esquissa un sourire amusé devant la candeur de Shuichi. Il avait 18 ans mais il était totalement incapable de se rendre compte de ce que ces « symptômes » signifiaient. Ou peut-être qu'il le savait très bien mais qu'il feignait l'innocence pour éviter de voir la vérité en face.
Shu, si c'est bien ce que je pense, alors je suis à la fois heureux et inquiet pour toi…
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Je veux simplement dire que tu as l'air de t'être bien entiché de ce Yuki, et que ce soit un mec, c'est pas important. Le problème, c'est qu'il est ton prof, et qu'en plus tu es encore mineur aussi bien aux yeux de la loi américaine que de la loi japonaise… De plus, le problème pourrait être bien plus grave s'il s'avérait que tu es plus qu'entiché par cet homme… Je suis content que tu te sois trouvé quelqu'un, mais pas mal de choses sont en travers de ton chemin. Tu devras faire attention et…
Hiro ! le coupa Shuichi. C'est impossible que je sois… que je sois tombé amoureux de lui…
Et pourquoi ça ?
Parce que j'ai déjà une petite amie.
Mmh… En effet, ça complique un peu les choses. Donc tu aurais des tendances bisexuelles…
Shuichi en tomba à la renverse de son siège.
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Le lendemain, vers 18h, Miri passa comme prévue chercher Shuichi en voiture au bas de son bâtiment. On pouvait voir, à son goût pour les voitures de luxe, qu'elle était bien la sœur de Yuki. En effet, si le professeur avait une Mercedes noire à la coupe classique, la guitariste avait une version rouge, plus sportive et cabriolet de la même marque. Cependant, vu la météo toujours tristement pluvieuse, l'étudiant et la musicienne durent rester protégés sous le toit amovible du véhicule. Sur le chemin, il avait semblait à Shuichi reconnaître les rues qu'empruntait son professeur pour aller chez lui.
Tu habites où, exactement ? demanda Shuichi.
A Broadway.
Mais alors il fallait tourner à gauche, non ?
Oui. Mais on va à Central Park.
Pourquoi ?
On fait le repas chez mon frère, j'ai eu des petits ennuis avec ma gazinière. Pour être plus exacte, j'ai fait sauter ma gazinière.
Nani ? Co… Comment tu as fait ça ?
Me pose pas la question. J'en ai aucune idée. Du coup ma cuisine est hors d'état et on a dû tout préparer chez Eiri. Et avec le temps qu'il fait, on n'avait pas vraiment envie de déplacer toute la nourriture jusque chez moi. Donc on fait le dîner chez ton prof, ça ne te dérange pas ?
Euh… Non.
Très vite, ils furent arrivés chez Yuki. En descendant de la voiture, une fois garée dans le parking souterrain de l'immeuble, Shuichi n'oublia pas le sac à provision dans lequel il avait ramené les gâteaux apéritifs demandés. Alors qu'il montait dans l'ascenseur avec la guitariste, le portable de celle-ci sonna. Elle décrocha et Shuichi put entendre ce qu'elle disait.
Moshi moshi, kitten. Daijobu ?... Haï… Nani ?... Arigato… Mmh, jurokuban… Ato de aimashô, kitten.
Elle raccrocha au moment où les portes s'ouvrait sur le 16eme étage, celui de l'appartement de Yuki. Elle tapa à la porte du blond et quelques secondes plus tard, on vint leur ouvrir.
Vous en avez mis du temps ! lança la voix grave du professeur en s'écartant de la porte pour laisser entrer les deux jeunes gens.
Essaye donc de conduire avec la pluie qui tombe en cordes dehors ! se défendit Miri.
Shuichi avait à peine regardé Yuki, préférant éviter son regard après sa conversation de la veille avec Hiro. Miri lui prit des mains son sac plein de biscuits apéritifs pour l'apporter dans la cuisine, laissant le jeune homme avec son prof.
Bah alors, on dit pas bonjour ? demanda ce dernier avec une voix étrangement joyeuse.
Intrigué, Shuichi leva les yeux vers le blond… qui n'était pas blond.
Kyah ! Qu'est-ce que vous avez fait à vos cheveux, Yuki-san ! s'exclama le garçon aux roses en voyant juste devant lui le séduisant Yuki Eiri Ca suffit Shuichi ! Arrête de le trouver séduisant ! brun de la racine jusqu'aux pointes.
Ce dernier éclata de rire en se tenant les côtes. Ca y'est, il va pleuvoir des grenouilles. Yuki qui se fend la gueule comme ça, c'est la fin du monde ! C'est à ce moment que Miri revint dans le salon avec une autre invitée.
Ah, Shu-chan, c'est pas Eiri. Ce baka est notre petit frère Tatsuha, expliqua-t-elle donnant un violent coup de poing sur le sommet du crâne de son cadet. Ne te fis pas aux apparences : ce mec est un pervers de 16 ans qui n'a d'yeux que pour un abruti de 31 ans.
Je t'interdis de critiquer mon Ryu-chan ! s'insurgea le jeune homme.
J'ai une news pour toi, onii-chan, c'est mon Ryu-chan !
Pas moyens ! C'est le mien ! Toi tu as déjà un petit ami.
Et alors ? C'est pas pour ça que je vais laisser mon tordu de frangin aux mains baladeuses aux alentours de cet innocent chanteur un brin retardé !
Il est pas retardé ! Juste bizarre.
Je sais bien qu'il est pas retardé ! Je disais ça pour te foutre en boule et comme d'hab, ça marche !
J'vais te…
URUSAI ! les coupa le vrai et unique Yuki Eiri, sortant de sa cuisine, un torchon à l'épaule. On s'entend plus penser ici, bande de sales morveux. Qui est-ce qui m'a foutu des imbéciles pareils dans les pattes ?
En le voyant entrer dans le salon, le cœur de Shuichi manqua un battement. Il ne savait pas si c'était à cause de sa conversation la veille avec Hiro mais une chose était sûre, il trouvait le blond vraiment très… Sexy ! Pourtant, il ne portait qu'une chemise blanche laissée entrouverte par les trois premiers boutons du haut et qui tombait nonchalamment par-dessus son pantalon noir à pinces. Ses cheveux dorés tombaient sur ses yeux dorés, mettant en valeur son regard pénétrant et son visage d'ange. L'anneau à son oreille gauche lui donnait un air à la fois rebelle et dépravé qui mettait Shuichi dans un étrange état d'excitation qui le mettait mal à l'aise. De plus, il avait mis ses lunettes, comme à chaque fois qu'il avait besoin de lire ou de se concentrer sur un tâche minutieuse. Cuisiner devait en faire partie… Quoi qu'il en était, Yuki était vraiment très beau
Bah, c'est bon aniki, on faisait que se taquiner… répondit joyeusement Tatsuha en prenant sa sœur par les épaules.
C'est vrai, si on s'était battu, Tatsuha serait par terre en train de supplier ma miséricorde, approuva Miri en s'écartant pour tirer de sa poche une cigarette qu'elle alluma.
Se taquiner, hein ? Un peu plus et ça tournait au combat de catch ! Je me demande à quoi ça ressemble quand ils se disputent vraiment… Tous comptes faits, j' veux pas savoir.
Hum… Shuichi, je te présente Jane Winchester, une de mes plus proches amis et aussi la chanteuse de Dark Saïan.
Oui, je vous avais reconnu, heureux de vous revoir, dit poliment Shuichi en serrant la main de la jeune femme qui était grande, brune, avec des yeux bleu azur et ses cheveux relevés en queue de cheval.
Moi aussi, Shindo ! Comment ça va depuis le concert ?
Bien, merci.
Tu ne devais pas ramener tes copains avec toi ? demanda un peu brusquement Yuki, s'adressant pour la première fois à Shuichi.
Si mais Sean est malade et Jo est restée pour prendre soin de lui.
Soudain, on sonna à la porte et Yuki alla à l'entrée pour accueillir le nouveau venu. Miri, quant à elle, se hâta d'aller écraser sa cigarette dans le cendrier le plus proche avant de se mettre un chewing-gum au menthol dans la bouche.
Tu sais bien que le menthol ne cache pas le goût du tabac, lui chuchota Jane avec un sourire moqueur.
Mais vaut mieux ça que rien du tout, répondit la guitariste. Puis devant le regard intrigué de Shuichi, elle expliqua : Mon petit ami déteste l'idée que je fume.
Puis, l'attention de Shuichi fut attirée par le retour dans la pièce de Yuki, suivit de près par…
Hiro ! s'étonna le garçon.
Shuichi !
Tout le monde échangea des regards interloqués tandis que les deux jeunes hommes se fixaient, agréablement surpris.
Hmm… Je crois qu'on a sauté un épisode… fit remarquer Tatsuha, brisant le silence.
Je crois aussi, approuva Jane.
Miri alla rejoindre Hiro avec un regard interrogateur et celui-ci lui sourit, tout content.
Mi-chan, je te présente Shuichi, mon meilleur ami.
Quoi ! Tu veux dire LE meilleur ami dont t'as pas arrêté de me parler depuis que je te connais ?
Lui-même. Shuichi, ma petite amie, Miri.
Quand tu disais qu'elle était parfaite je comprends mieux pourquoi, sourit le garçon aux cheveux roses, faisant rougir son meilleur ami.
Parfaite, hein ?... Et bien en tous cas, j'étais loin de m'y attendre. Bon, Hiro, tu connais déjà Tatsuha et Jane alors laisse-moi te présenter Yuki Eiri, mon grand frère.
Yuki Eiri, hein ?... fit le jeune homme en serrant la main du blond tout en esquissant un sourire en coin à peine perceptible à Shuichi, qui le remarqua aussitôt, ainsi que Yuki d'ailleurs.
En tous cas, soit c'est une grosse coïncidence, soit c'est le destin ! ricana Tatsuha.
Mais la remarque du jeune homme n'eut pas le mérite de faire sourire son frère aîné qui retourna simplement dans la cuisine, repensant aux questions qu'ils s'étaient posées trois semaines auparavant. Quelques heures après, ils furent tous à table et Miri, qui avait disposé les invités, s'était arrangée pour que Shuichi et Eiri soient côtes à côtes. Dès le début du repas, Hiro, Shuichi et Tatsuha parlèrent musique et notamment de Nittle Grasper.
Pourquoi t'as pas invité Ryu-chan à dîner avec nous, onee-chan ? pleurnicha Tatsuha.
J'te l'ai déjà dit, baka ! Il est retourné au Japon pour enregistrer un nouvel album. Alors au lieu de pigner, réjouis-toi ! Ton dieu va remonter sur scène avec de nouvelles chansons.
J'ai hâte de pouvoir écouter ça ! s'enthousiasma Shuichi.
Je pourrais t'avoir une copie avant la mise en vente, à la condition que tu me promettes de ne pas la mettre en ligne sur Internet.
Bien sûr que non. C'est trop sacré ! s'exclama le jeune homme.
Moi qui suis ton propre frère, tu ne me ferais jamais cette fleur ! C'est pas juste.
C'est parce que tu pleurniches tout le temps, rétorqua Miri en avalant une crevette.
Et les Dark Saïans, c'est pour quand le prochain album ? demanda Shuichi.
Pas avant Mars prochain au moins, répondit Jane en se servant un peu de salade de riz. On travaille dur pour qu'il soit parfait mais on doit aussi se reposer parce qu'on sort d'une longue tournée internationale.
Mais comment vous avez décidé de monter votre groupe ? demanda Hiro.
C'est une longue histoire, n'est-ce pas Miri ? plaisanta Jane.
Oui, en effet. Je venais de sortir d'une longue et difficile période de ma vie et comme j'avais saboté mes études pour faire enrager ma belle-mère qui voulait me voir devenir avocate, j'ai décidé de me dévouer corps et âme à mon art. C'était dur de percer au début mais c'est à mon premier concert que j'ai rencontré Ryuichi et son manager, K. Ryuichi était tellement surexcité ce soir-là, qu'il m'a forcé à retourner sur scène pour pouvoir chanter pendant que je me contentait de jouer de la guitare. C'est là que K a eu l'idée de me présenter sa petite sœur qui cherchait à fonder un groupe. Et cette petite sœur n'était autre que Jane. Et voilà comment tout à commencé : on a fait auditionner des batteurs et des pianistes et là on a choisi Liza Schweigen aux baguettes et Juliet Baker aux synthés.
En parlant de rencontre, c'est quand même bizarre que tu sois tombé amoureuse de Hiro, qui est mon meilleur ami, fit remarquer Shuichi tandis que, silencieusement, Yuki commençait à couper la dinde.
En fait j'ai rencontré Miri alors qu'elle et moi on était au premier rang pour un gala des Grasper. Et Kami-sama, merci de m'avoir fait écraser son pied dans la foule, ça m'a permis d'avoir son numéro de téléphone.
Miri rougit un peu tandis que le jeune homme lui donna un baiser du bout des lèvres. De son côté, Shuichi avait remarqué avec quelle discrétion son professeur agissait depuis le début du repas. Il n'a dit que deux phrase depuis le début de la soirée. On dirait qu'il est perdu dans ses pensées. J'espère qu'il va bien… Le reste du dîner se passa dans la bonne humeur et bientôt les convives quittèrent la table pour aller dans le salon boire un café tout en discutant joyeusement. Yuki, lui, débarrassait la table, préférant éviter la promiscuité des autres. Il avait besoin d'air, de pouvoir souffler un peu. Ce que Tatsuha a dit est encore vrai… Pourquoi faut-il que toutes ces coïncidences me mènent vers Shuichi ? La seule explication c'est qu'on est liés l'un à l'autre, qu'on le veuille ou non. Connerie de Destinée à la con ! Pourquoi fallait-il que je tombe amoureux d'un garçon ? D'un Japonais ? D'un ange ? Tsss… Eiri tu es pathétique ! pensa-t-il en commençant à faire la vaisselle.
Yuki-san ? appela Shuichi, derrière lui.
Nanda ? répondit-il en feignant l'indifférence.
Vous allez bien ? Vous n'avez quasiment rien dit ce soir.
Oui, je vais bien, baka.
Je peux vous aider ? proposa le jeune homme en remontant déjà ses manches et en attrapant un torchon pour essuyer la vaisselle.
Comme tu veux, répondit Yuki en évitant consciencieusement le regard de Shuichi.
Bordel ! J'attendais que ça qu'il soit près de moi et maintenant je l'ignore complètement ! pensa le blond.
Je suis désolé, dit simplement Shuichi.
Yuki leva les yeux vers lui, sans comprendre pourquoi cette andouille s'excusait.
Pourquoi tu t'excuses ?
Bah, je vois bien que je vous mets mal-à-l'aise, alors je me dis que j'aurais peut-être dû refuser cette invitation.
Non, tu as bien fait de venir.
Nani ?
Yuki ne savait pas vraiment quoi répondre et heureusement pour lui, Miri choisit ce moment pour faire son entrée dans la cuisine.
Aniki, je vais rentrer, je dois raccompagner Jane chez elle et comme j'emmène Hiro et Tatsuha dormir chez moi, je n'ai plus de place dans ma voiture pour Shuichi. Tu voudras bien le ramener, onegaï ?
Ok, dès que j'ai fini la vaisselle.
Arigato, Eiri-chan. A bientôt Shuichi !
Là-dessus, elle quitta la pièce et quelques instants plus tard, ils purent entendre les quatre autres invités partir, laissant seuls Shuichi et son professeur. Ils finirent leur corvée en silence. Une fois fait, Yuki se prépara un café et un thé pour Shuichi. Il alluma sa cigarette et dit :
Dès que t'as bu ton thé, on y va. Il est déjà tard.
Haï.
Un autre silence s'imposa entre les deux hommes jusqu'à ce que Shuichi le brise enfin.
Yuki-san, je voulais vous demander quelque chose depuis quelques semaines déjà…
Je t'écoute.
C'est vraiment pour moi que vous êtes venu au concert ?
Yuki leva ses yeux perçants et ambrés vers le jeune homme qui lui faisait face et répondit :
Oui.
Shuichi cligna des yeux à plusieurs reprises : il ne s'était pas du tout attendu à obtenir une réponse si honnête et franche. Et qu'est-ce que je dis moi, maintenant ? paniqua intérieurement le plus jeune en tentant de masquer sa confusion. Il demanda alors d'une voix un peu plus hésitante que d'habitude :
Pourquoi ? Est-ce que ça veux dire vous m'aimez bien et que vous serez moins méchant avec moi ?
Mais Yuki se leva et alla chercher ses clés de voiture. Il faut que je le ramène chez lui avant de faire une bêtise, de perdre le contrôle, de lui faire peur et de l'éloigner de moi pour toujours. C'est un de mes élèves, bon sang ! Mais la petite voix refit surface et susurra doucement : C'est aussi ta clé pour le bonheur, Eiri. Ne le laisse pas t'échapper. Tu le regretteras. De son côté, Shuichi se leva à son tour et alla récupérer sa veste posée sur le canapé. Mais alors qu'il passa près de son professeur, celui-ci l'agrippa par le bras, le faisant sursauter, et l'entraîna dans un baiser passionné. Shuichi prenait tout juste conscience de ce qui se déroulait que déjà il laissait la langue chaude et douce du blond entrer dans sa bouche. Il se laissa d'abord porter par une sensation de plaisir, rendant son baiser à Yuki. Puis il réagit soudain : C'est mon prof ! C'est mon prof qui m'embrasse ! Alors il commença à se débattre, et finit par le repousser. Shuichi était terrorisé et Yuki pouvait le voir dans ses yeux. Mais ce que Shuichi redoutait le plus en réalité, ce n'était pas les sentiments du blond à son égard. C'était plutôt le fait que ce baiser avait éveillé en lui des sentiments qu'il avait plus ou moins consciemment refoulés à l'égard de son professeur. Yuki détourna le regard et retourna à l'entrée pour enfiler ses chaussures et sa veste. Il devait ramener Shuichi MAINTENANT ! Il ne supporterait pas longtemps ce regard alors mieux valait pour lui de mettre le plus de distance possible entre lui et son élève pendant un temps, le temps que les choses rentrent dans le l'ordre. Si c'est possible qu'elles rentrent dans l'ordre un jour, se dit le blond.
Je te ramène ! lança-t-il.
Shuichi se décida à le rejoindre dans le couloir de l'entrée. Mais aussitôt qu'il eut rejoint Yuki, il passa ses bras autour de son cou et l'attira à lui pour l'embrasser à son tour. D'abord étonné de l'attitude du garçon, Yuki se laissa finalement faire, passant lui-même ses bras autour de la taille de Shuichi pour réduire l'espace entre eux. Approfondissant leur baiser, le blond passa une main dans la chevelure rose de son élève. Il avait envie de prendre Shuichi sur le champ. Il voulait lui faire l'amour et le proclamer sien. Il souhaitait avidement prendre tout ce que Shuichi pouvait lui offrir : son corps, son cœur, ses pensées, ses rires, ses larmes, ses cris, ses gémissements, son amour. Il voulait tout pour le garder jalousement. Ce contact physique et sensuel le rendait fou. Il avait attendu tellement longtemps. Laissant la luxure et le désir prendre le dessus sur son esprit, il plaqua presque violement le jeune homme contre la porte d'entrée. Une fois encore, Shuichi tenta de le repousser, plus doucement cette fois, et Eiri eut du mal à résister à l'envie urgente de déshabiller ce dernier pour s'écarter un peu. S'il n'a pas envie, ne le force surtout pas, pensa-t-il en regardant Shuichi d'un air interrogateur, le souffle haletant.
Ha… Hajimete desu, balbutia-t-il, rougissant de timidité.
Il était si mignon…
Si tu ne veux pas alors dis-le moi, souffla Eiri à son oreille.
Demo, anata ga hôshi, Yuki.
Eiri sourit de plaisir. Il embrassa les joues chaudes et roses de Shuichi avant de murmurer :
Je ne te ferais pas de mal, Shu-chan…
Puis il incita le jeune homme à s'agripper à lui pour qu'il puisse le porter jusqu'à la chambre. Là, il le déposa sur le lit et se pencha sur lui, déposant sur ses lèvres, ses joues, sa mâchoire et sa gorge des dizaines de baisers papillons. Il sentait les bras fins du garçon l'entourer à la taille tandis qu'il s'employait à laisser la trace de son passage dans le creux du cou de celui qui deviendrait dans quelques instants son amant. Il déboutonna la chemise noire de Shuichi, révélant enfin la peau légèrement tannée de son torse. Il commença à la caresser avec désir, mais sentait le jeune homme trembler sous ses mains. Il fronça les sourcils et tourna son regard vers celui de son élèves : il paraissait terrifié. C'est sa première fois… Il va vraiment falloir y aller doucement. Le blond se débarrassa de sa propre chemise, dévoilant une anatomie parfaite : de larges épaules, un torse à la peau de porcelaine, dont les muscles étaient délicatement soulignés, sans pour autant en exagérer les contours. Il se mit à califourchon sur Shuichi et susurra :
N'ai pas peur, je vais y aller doucement…
Le jeune homme, de son côté, faisait de son mieux pour cesser de trembler comme une feuille, mais c'était plus difficile à dire qu'à faire. Ce serait sa première fois, et d'aussi loin qu'il s'en souvenait, il avait toujours imaginé cette première fois avec une fille. Il se voyait être celui qui serait dessus, et non celui qui allait se faire pénétrer. Puis il s'était imaginé une soirée très romantique pour adoucir l'ambiance, et surtout, une soirée prévue à l'avance. Mais même si aucun de ses critères n'étaient remplis, il ne regrettait rien du tout, surtout pas le choix de la personne à qui il s'apprêtait à donner sa virginité. S'efforçant d'essayer d'apprécier le moment à sa juste valeur, il tenta de se détendre un peu plus au contact des mains de son amant qui s'affairait déjà à lui ôter son pantalon. D'un geste timide, il tendit les mains vers le torse de Yuki pour caresser ses pectoraux plus que tentants. Surpris de sentir les doigts fins de Shuichi effleurer sa peau, il esquissa un sourire avant de se pencher pour lui donner un baiser tandis qu'il finissait de le débarrasser de son pantalon. Faisant diversion avec le jeu de langues auquel il s'était prêté avec celle de Shuichi, il glissa sa main dans le boxer de ce dernier et saisit par surprise la virilité du jeune homme, déjà bien tendue. Shuichi se mordit la lèvre inférieure pour retenir un petit cri aigu. Il sentait à présent les doigts habiles du blond caresser doucement son érection, devinant exactement où faire pression pour faire grimper son taux de plaisir. Puis, les caresses s'accélérèrent et devinrent bientôt des frictions rudes et rapides qui faisaient gonfler de plus en plus son membre durci. Yuki sentait que son compagnon se retenait et les voir mordiller sa lèvre inférieure en était la preuve.
Vas-y, ne retiens pas, Shu.
Le jeune homme ne se le fit pas répéter une seconde fois et se libéra entre les doigts de son amant dans un cri rauque. Yuki sourit totalement à la vue de Shuichi se tortillant sous l'effet du plaisir qui le submergeait. L'expression de son visage quand il jouissait était un spectacle délicieux. Et le jeune professeur était d'autant plus satisfait qu'il en était l'instigateur. Laissant le temps à Shuichi de récupérer de son premier orgasme, il en profita pour retirer complètement son boxer au jeune homme et pour se délester de ses propres vêtements.
Yuki… appela Shuichi, le regard encore voilé par le plaisir qu'il venait de tirer de sa première expérience sexuelle.
Je suis là, répondit le blond en surélevant les jambes du garçon aux cheveux roses à l'aide des propres cuisses.
Manquant de lubrifiant il choisit la bonne vieille méthode de la salive ; il porta à sa bouche trois doigts qu'il lécha longuement avant d'en introduire un premier dans l'étroit orifice de son jeune amant. Celui-ci sursauta en poussant un petit cri de surprise et de douleur. Mais Eiri procédait le plus délicatement possible, commençant de petits mouvements de va et vient dans l'intimité de Shuichi tout en faisait de petits cercles dans le but d'élargir le passage. Puis il introduisit un second doigt, et enfin son troisième, tirant de plus en plus de gémissements de plaisir au jeune homme dont le dos se arquait à chaque fois qu'il touchait un point sensible. Finalement, il empoigna sa propre hampe et la caressa quelques secondes pour la rendre encore plus dure qu'avant. Il retira ses doigts et pénétra en Shuichi, lui arrachant une exclamation de douleur. Yuki donna quelques instants à son amant pour qu'il s'habitue à sa présence en lui avant de commencer de lents mais vigoureux mouvements de va et vient. Très vite, les gémissements du jeune homme n'exprimèrent que du plaisir et le blond augmenta la force de ses coups de reins et leur cadence. Le jeune garçon, de son côté, était aux anges. Certes, il avait encore mal mais, il éprouvait tellement de bien que ça lui était égal. Il n'avait jamais éprouvé une sensation aussi intense et aussi agréable que celle de sentir son plaisir grimper en flèche en même temps que celui du blond en lui. Bientôt, les deux amants vinrent en même temps : Yuki s'était libéré en grognant littéralement de plaisir tandis que Shuichi avait crié le nom de ce dernier.
C'est le souffle court et haletant que Eiri se pencha sur le jeune homme pour l'embrasser avec tendresse. Puis il se retira doucement, tirant du garçon sous lui un dernier gémissement, et se laissa tomber à côté de lui. J'espère que je n'ai pas fait une bêtise, ne put s'empêcher de penser le blond, la crainte de perdre celui qu'il avait difficilement gagné montant soudain en lui. Mais alors qu'il fixait le plafond, songeur, priant pour que Shuichi reste avec lui, celui-ci vint se blottir contre lui. Son corps encore chaud et moite recherchait les bras forts et les caresses de son amant.
Subarashikatta desu, souffla Shuichi tandis que Yuki le serrait contre lui.
Le blond enfouit son visage dans la chevelure du garçon et sourit. Peut-être que finalement, il avait fait le bon choix.
Aï shiteru, Shuichi, murmura-t-il avant même d'avoir pu retenir ses mots.
Mais le petit ronflement qu'il entendit lui inspira du soulagement. Shuichi s'était endormi juste avant de l'entendre dire ces deux mots qui étaient aux yeux de Yuki un point de non retour.
Ndla : (1) Je suis vraiment désolée, j'ai complètement oublié la date exacte de Thanksgiving. (Problème réglé, que ferais-tu sans ta drunette ma pat, hein ?) Je sais juste que ça se passe entre Halloween et Noël. (2) J'ai essayé un mélange du Shuichi de l'anime et de celui des débuts du manga. En fait je préfère celui du tome1 parce qu'il fait vraiment beau gosse : à ce moment-là il n'était pas encore efféminé. Alors essayez de vous l'imaginer avec des cheveux roses et des yeux violets et vous verrez tout de suite à quoi ressemble ma vision générale du petit Shu.
Notes : Les fans de Hiro sont-elles contentes ? Je sais que ma Lulu chérie a le béguin pour lui… M'enfin bon, ce chapitre est riche en rebondissements, vous ne trouvez pas ? Je suis contente que ça ait avancé de cette façon car le chapitre de Noël est bientôt proche et je vais devoir mettre en place l'intrigue générale juste après donc… Bon, peu importe, laissez une review et je vous posterais le chapitre 8 aussitôt qu'il sera fait. Gros bisous à tous.
Lexique :
Aniki : Grand frère.
Baka : Idiot, crétin.
Gomen nasaï : Pardonne-moi.
Moshi moshi : Allo ?
Kami-sama : Seigneur Dieu.
Daijobu : Tu vas bien ? (Daijobu desu : Oui je vais bien.)
Haï : Oui.
Nani : Hein ? De quoi ?
Juroku : seize. (Jurokuban : seizième)
Ato de aimashô : On se voit plus tard.
Arigato : Merci.
Kitten : Chaton. (mais ça c'est en anglais )
Onii-chan : frangin.
Urusaï : La ferme !
Onegaï : S'il te plait.
Nanda : Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?
Onee-chan : Frangine.
Hajimete desu : C'est la première fois.
Demo : Mais.
Anata ga hôshi : J'ai envie de toi.
Sabarashikatta desu : C'était fantastique.
Aï shiteru : Je t'aime.
