Titre: Nostalgia
Auteur: Respicefinem08
Chapitre 7 : Nostalgie
Traductrice : Viewfinder17
Bêta : En cours
Rating : T
Fan de viewfinder : aah chère fan de viewfinder, ça me fait toujours plaisir de voir tes commentaires ^^, comme tu vois j'ai gagné mon pari héhé mais quant à savoir si ces 2 là vont réussir à se retrouver il faut voir la suite =P
Ophris : aah oui en effet c'est plus rapide de lire la fic qui est déjà finie que de m'attendre lol, (ne t'inquiètes pas je t'en veux pas, je comprend même… je fais la même chose). Merci j'aurais besoin de courage parce que quand même certaines phrases me désespèrent…
Nihon mania : … *rajoute un verrou supplémentaire à la porte de son bunker, au cas où* . En tout cas, si tu arrives à trouver un homme aussi parfait qu'Asami, appelle moi je veux ABSOLUMENT savoir où tu l'as trouvé =P.
Ayu : merci pour tes encouragements, ça fait toujours plaisir de savoir que ma traduction n'est pas aussi pourrie qu'elle m'en donne l'impression ^^.
J'espère que la suite vous plaira
Héhé c'est gagné pour le pari ^^. Par contre j'ai remarqué un truc avec : bizarrement il colle certains mots ensemble donc je dois me farcir à chaque fois la relecture totale (bon ne croyez pas que j'aime pas l'histoire mais j'aimerais bien expédier rapidement ce chapitre donc si vous trouvez des mots collés envoyez moi un message privé et basta)
OoOoOo
Takaba regarda les lumières défilées dans le tunnel sombre du métro, se laissant tranquillement bercé par le rythme régulier du métro… assit silencieusement et immobile. Il avait loupé cinq arrêts à force de rêver et devait retourner à la station où il prendrait une autre ligne pour pouvoir se rendre à la galerie.
Un psychiatre…il croit que je suis devenu fou ou quoi ?
Mais Takaba savait que le médecin avait raison jusqu'à un point. Il se détestait pour ça, qu'il se repose sur les pilules pour pouvoir apaiser ses maux de têtes, et que la bosse qui déformait la poche de son jeans où se trouvait sa boîte jaune et translucide l'apaisait. Il n'était pas accro aux médicaments ou à quoi que ce soit, mais sans eux, les maux de tête étaient insupportables.
Mais quand même… un psychiatre…ils dépassaient les bornes.
Son problème d'insomnie s'améliorait grâce à l'aide de Gyles. C'était la première fois, dans toute leur année de relation que Takaba dormait dans la maison de Gyles. Gyles était resté chez Takaba en quelques spéciales occasions, mais jusqu'alors ce n'avait jamais été le contraire. Même après avoir fait l'amour, Takaba se levait, s'habillait et rentrait à la maison.
Pourquoi est-ce que j'ai fais ça…
C'était cruel de sa part de partir tout le temps comme ça. Même ce lundi soir, il était prêt à partir, malgré le fait qu'il soit épuisé à la fois mentalement et physiquement. C'était le cas, jusqu'à ce que Gyles arrive à le convaincre à dormir pour la nuit.
Tout d'abord, ça l'avait rendu fou pour une quelconque raison, le fait que Gyles soit obligé de lui demander de rester. Puis Gyles lui avait dit, "Pourquoi pas ? Pourquoi tu ne resterais pas ?" et Takaba se demandait c'est vrai, pourquoi je ne… et il se rendit compte… "Je ne sais pas, Gyles. Je ne sais pas."
Après ça, ils s'étaient disputés, l'appartement résonnant des cris poussés à pleins poumons.
"Pourquoi est-ce que tu ne resterais pas avec moi pour une nuit ? Est-ce que tu sais ce que tu vas faire une fois que tu rentreras chez toi ?" Gyles leva les mains de frustration, "Est-ce que tu sais ? Parce que moi je vas rester assit toute la nuit, à fixer ces putains d'étoiles fluorescenteset pleurer jusqu'à ce que tu t'endormes pour te réveiller deux heures plus tard et recommencer. A. Chaque. Putain. De. Fois !"
"Et alors quelle importance ? Qu'est-ce que ça peut te faire si je fixe ces étoiles fluorescentes ou pas ?"
"Qu'est-ce que ça peut me faire ? Qu'est-ce que ça peut me faire ? Sei, my love, ça a tout avoir avec moi ! Tu es tout pour moi!"
"Alors laisse-moi rentrer à la maison ! Pourquoi tu ne me laisses pas partir ?"
"Et te regarder te tuer lentement ? Tu me demandes de te regarder mourir ? Comment peux-tu demander ça d'un amant, Sei ? Comment est-ce que je peux rester là et ne rien faire pendant que tu te rapproches de plus en plus de ce foutu précipice ? Tu es en train de t'empoisonner, Sei. Est-ce que tu ne t'en rends pas compte ? Tu t'empoisonnes toi-même et tu ne t'en rends même pas compte !Tu te déteriores juste devant mes yeux et tu ne me laisses même pas t'aider !"
"Je suis déjà mort, Gyles! Regardes moi !" Takaba arrivait a sentir parfaitement la chaleur des joues de Gyles lorsqu'il lui prit les mais en coupe. "Regarde-moi ! C'est une décadence ! Ca s'appelle pourrir ! Je suis mort ! Et je n'arrive pas à me rappeler la dernière fois que j'ai senti mon cœur battre."
"Alors laisses moi t'aider! Laisse-moi te faire revivre ! J'irais jusqu'en enfer* pour te ramener, Sei! "
"Pourquoi ferais-tu ça ? Pourquoi le ferais-tu ? Pour quelqu'un comme moi !"
"Pourquoi ? POURQUOI? Sei! Regarde-toi ! Mais écoutes-toi et rends-toi compte de ce que tu dis, comment tu es ! Alors tu pourras comprendre ! ALORS tu pourras comprendre pourquoi."
"Je me suis vu aujourd'hui, Gyles," il pointa du doigt la sale de bain où se trouvait le miroir, "Je me suis vu et tu sais quoi? Ce n'est plus MOI. Mes reflets ne sont plus moi ! Qu'est-ce que je peux faire quand je ne vois le fantôme de ce que je suis, une ombre, une vague… silhouette! Je regarde dans un miroir chaque putain de matin et ce que je vois c'est une parodie de ce que j'ai été ! Mes reflets me raillent ! Est-ce que tu comprends ? Ils peuvent me ressembler, bouger de la même manière que moi, mais ils sont… sont comme… des caricatures ou quelque chose du genre !"
"Sei…"
"Juste…" il se sentit soudainement épuisé, "Je rentre à la maison…"
"Sei, tu n'arrives même pas à marcher tout droit…" Gyles se dirigeait vers lui.
"Reste là, non. Oh non, Gyles… laisse-moi tranquille." Il repoussa ensuite Gyles. Il le repoussait. Il le repoussait jusqu'à ce que Gyles le coince contre le mur et ne lui scelle les lèvres d'un baiser brûlant. Et lorsque leurs lèvres se séparèrent, Takaba s'effondra à genoux en pleurant, Gyles le gardant serré contre lui. Il pleura cette nuit comme il n'avait jamais pleuré auparavent, jusqu'à ce que ses yeux refusent à pleurer encore mais son âme elle continuait, secouant son corps de hoquets et de larmes qui ne cessèrent que lorsque Gyles ne le mit au lit.
Ce fut la nuit où ses murs commencèrent à s'effondrer, lorsque les premières fissures commencèrent à se former.
Depuis cette nuit, il dormait chaque nuit chez Gyles mais ils ne faisaient pas nécessairement l'amour. Il y avait une telle différence entre lui et Asami. Takaba s'attendait à avoir du sexe toutes les nuits, mais Gyles le laissa faire, n'initiant jamais à moins que Takaba ne montre des signes vraiment subtiles qu'il voulait le faire, ce n'était pas obligatoirement quelque chose d'explicite. Gyles lisait en lui comme un livre ouvert, et rien ne lui échappait. Ce fut alors que Takaba réalisa, attends une seconde…ça dépend de moi ?
Le métro siffla pour marquer son arrêt.
* A noter que underworld veut dire à la fois la pègre et enfer (pour ceux qui ont lu Viewfinder en anglais^^)
OoOoOo
C'était peut-être à cause de toute sa frustration qu'Asami trouva que la galerie ressemblait à un refuge et une sorte de break après toute cette irritation accumulée pendant la journée. L'endroit était silencieux et calme, où les gens se déplaçaient à travers une énorme pièce, chuchotant entre eux à propos des photographies. Le hall d'exposition était essentiellement dessiné de manière à ressembler àun simple labyrinthe,les murs finssupplantaient les vraispour fournir plus d'espacepour les plafond était haut, et le bruit des pas et des murmuresfaisaient écho… comme des secretsmurmurés derrière de lourds rideaux.
Mr. Merrett avait raison à propos de l'exposition de photographie : c'était brilliant.
Brillant et… familier...
Nostalgique, s'il devait mettre un mot.
Il se rappelait avoir vu quelques unes des photosfait au hasard par Akigito dans cet appartement exigu,ceux qu'Akihito appelait "inutiles". Au premier abord,Asami avait cru qu'ils appartenaient à quelqu'un d'autre. Le photographe qu'il connaissait en Akihito était au premier abord un bruyant chasseur de scoop,pas vraiment l'artiste idéal.
Mais hélas,Akihitovivait à la hauteur de son nom, diplômé de la plus haute distinction en photojournalisme,etAsami s'était demandé si Akihito ne gâchait pas son talent à poursuivre de vieux politiciens qui ne savait pas faire la différence entre les femmes, la drogue et les armes.
Ces photos étaient étrangement similaires, et marcher à travers l'exposition était comme marcher dans ce qui aurait pu être la tête d'Akihito. Il n'avait jamais eu la chance de faire ça.
Sauf que… ces photographies…étaient plus sinistres.
Cynique.
Sinistre.
Ténébreuses comme la mort.
Il y avait certaines photos qu'il était sur d'avoir déjà vu -être pas physiquement,pas dans cette réalité,mais il y avait une impression de déjàlorsqu'il regardait ces images en noires et blancs, comme s'il devait se rappeler des lieux et évènements représentés, mais il n'y arrivait raillaient.
Chaque image était sombre et passionnée et parlait pour l'artiste qui les avaient le photographe,regarder à travers l'objectif était une manière secrète de faire l' l'image était l' le dernier processus de développement, c'était le final, la catharsisd'une tragédie photographies étaient à la fois polies et brut,descontradictions en soi,fragile et déchirantes. Tout s'affrontait.
De telles contradictions aussi vivaces.
C'était comme si le photographecriait blasphème au monde,dénonçant la religion, dénonçant le gouvernement,dénonçant tout ce qui était possible pour simplement pouvoir dé même genre de conflit interne qu'Akihito avait l'habitude de montrer lorsqu'ilsfaisaient l'amour, résistant pour le bien de résister.
Faire l'amour… est-ce que c'était ce que nous faisions alors ? Ou est-ce que c'était juste satisfaction charnelle.
Les petites cartes près des photos révélaient où elles avaient été prises, et jusque là, Asami était plutôt impressionné de voir jusqu'où le photographe a été pour capturer de telles images. Soudan, Irak, la bande de Gaza, sable et la saleté. Peu s'en seraient donné la peine.
Mais Akihito, toi tu l'aurais fais, n'est-ce pas ?
Il n'y avait aucune mention nulle part du nom du photographe ou de son identité.
Asami continua son chemin à travers l'exposition, examinant soigneusement les photographies, les disséquant jusqu'au moindre détail, une autopsie en profondeur, et rassemblées ensemble, morceau par morceau. Il ne s'en rendit pas compte tout de suite,mais il essayait de voir Akihito à travers eux,qui évoquerait son amant perdu.
Il y avait une photo particulière où deux femmes musulmanes, penchées au-dessus de marchandises dans un marché ouvert, aucune des deux conscientes de l'autre alors qu'elles se tenaient presque dos contre dos. Une portait une burka intégrale, couverte entièrement à l'exception de ses yeux noirs, expressifs. L'autre, de l'autre côté, portait une jupe en tissu et un t-shirt sans manches. Ses cheveux étaient détachés et flottaient librement,tournoyantautour de son jeune visage le regard concentré du coin de l'œil,ayant remarqué le photographe et il y avait de l'envie dans ses yeux. Ca et une subtile indignation qui était en contradiction et accompagnée par de la pitié et de la fierté.
Il n'y avait aucune violence sous-entendue dans ces images. Au contraire, il y avait une sorte d'intensité étrangement serein,un mélange d'équilibre et une certaine modé front existait parce que c'était clair que le photographe semblait n'avoir aucun problème à se jeter au devant du danger. N'avait-il pas peur de la mort ? Ou bien était-ce juste qu'il n'y accordait plus d'importance ?
Ces photos…elles étaient imprégnées d'épuisement et de fatigue, une sorte de décomposition et de désintégration ancrée dans les courbes noires et blanches et dans les lignes et les angles, comme si les produits chimiques ancrées dans les photographies pouvaient subitement s'oxyder par l'air, avec l'oxygène meurtrière, à se désintégrer et s'effriter, n'étant même pas destiné à durer.
Et pourtant.
L'artiste était sans aucun doute un individu qui attirait les problèmes, trépidant et impatient, doté d'un feu qui menaçait de s'éteindre. N'importe qui pourrait dire que chaque photo a été prise dans un état proche de l'extase, avec la force de l'habitudeet une détermination inconnue du monde extérieur et prise à son insu.
Et puis, il y avait des photos quibrisait le coeur.
"Nostalgia"le brisait.
Takaba se précipita dans le prochain métro. Il avait encore deux arrêts avant d'arriver à la station qui était à 5 bonnes minutes de la galerie. Il ne prit pas la peine de s'asseoir dans le compartiment à moitié-plein, c'était complètement inutile s'il allait se lever etpartirde tout de maniè jeta un coup d'œil à son reflet dans la fenêtre.C'était flou et un peu brouillé mais c'était bien pouvait presque se reconnaître avec sa nouvelle coupe de cheveux, ce n'était toujours pas aussi court que lorsqu'il était au Japon, mais c'était plus court qu'il y a quelques jours. C'était peut-être le début d'une renaissance, une sorte de rituel afin de marquer le début d'un long processus de guérison. Mais pourtant, il n'arrivait toujours pas à se décider à les teindre. Ca n'avait rien avoir avec sa guérison, plutôt, qu'il est devenu habitué au noir.
Il observait les gens qui descendaient et montait au prochain arrêt, ne remarquant personne d'autre à moins que leurs épaules ne s'entrechoquent. C'était comme ça dans les villes. Les gens maintenaient un contact visuel pendant un dixième de seconde et reconnaissaient rarement l'existence de l'autre. C'était quelque chose de particulier chez les grandes villes qui ne changeait jamais,le manque de contact visuel. Pour être honnête, ça dépassait totalement et rendait Takaba complètement fou. Parfois, l'élément le plus puissant dans une photo était de capturer l'intensité du regard, voir même le manque, et personne, n'arrivait à apprécier ça.
Le métro s'arrêta, marquant le prochain arrêt, chaque masse de corps rentrait et sortait du compartiment avant de retourner à la normale. Ca non plus ça ne changeait jamais. Takaba rit intérieurement alors qu'il franchissait les portes coulissantes affrontant la masse mouvante de corps. Il tira la capuche de son sweat gris au-dessus de sa tête tout en montant l'escalier, deux marches à la fois, les mains enfouies dans ses poches de devant. S'il se dépêchait, il probablement le temps de sept à cinq ou six minutes.
L'air froid l'atteignit de plein fouet lorsque il émergea enfin de la station de métro.C'était un changement rafraîchissant après l'air étouffant d'en-dessous.
OoOoOo
Nostalgia.
Asamiredit silencieusement le titre. C'était,en effet, de la nostalgie qu'il ressentait.
Une description parfaite.
Il reconnaissait la comme les potaux de signalisation rouillés, les colonnes en béton les bancs repeints, les rails vides où un train venait de s'arrêter avant de repartir. Le grouillement d'inconnus autour de lui. Et… lui-même. Il se reconnut. Ses cheveux, son dos large, son aura, son attitude,son arrogance et …confiance…et plus que tout….
….sa solitude… son isolation froide…
La solitude et le détachement qui avaient dut faire fuir Akihito.
Il n'y avait plus aucun doute.
Il jeta un coup d'œil à la carte. "Tokyo, Japon."
…qu'est-ce que tu as fait…Asami… qu'est-ce que tu as fait…
L'exposition, tout prenait un sens désormais.
Avait-il été à ce point aveugle pour ne même pas reconnaître les photos de son amant ? Maintenant qu'il regardait autour de lui,ils n'auraient pu appartenir à personne d'autre qu'Akihito, l'équilibre, la structure, les tons, la sauvagerie freinée par une restriction auto-imposée. Il y avait une méthode, comme ils le disaient, à la folie.
Les pièces du puzzle se mettaient en place. La clef pour la dernière porte. La fausse impression de déjà vu.
Le fantasme de la reconnaissance. (au sens reconnaître qqch)
Tout prenait -ce une epiphanie ? Est-ce que c'était la catharsis?
…Akihito…C'est toi…
Ca c'était Akihito. Chacune d'entre elles était Akihito. Chaque émotion de chaque photo. Appartenaient à Akihito.
Fierté. Envie. Haine. Amour. Pitié. Solidarité. Souffrance. Malheur. Indignité. Une sorte de misanthropie réticente.
Parce que…
Cette décroissance, représentait l'esprit d'Akihito tout comme la désintégration. Akihito s'effritait comme un filme plongé et agité trop longtemps dans la solution de révélateur, se noircissant, s'assombrissant, disparaissant, séché à la lumière sans fixateur. Il était un clou de fer exposé à l'air chaud, s'oxydant rapidement, devenant de plus en plus mince et plus léger jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Akihito se noyait, enchaîné par des blocs de culpabilité et un fardeau, avec les clefs même qu'il avait avalé.
Asami n'entendait plus que le sang qui lui battait les oreilles, son rythme cardiaque s'emballa rapidement alors qu'il se retournait vers l'entrée.
OoOoOo
Et voilà, un chapitre terminé vont-ils se retrouver enfin ?
J'ai oublié de vous dire un truc : si jamais vous pensez à une modification dans n'importe quelle chapitre, vous pouvez m'envoyez le texte à
