Chapitre 7 - Janvier 1897

1. Lorsque l'on est invité pour un dîner, il ne faut pas arriver à l'heure. Il est d'usage de se présenter dix à quinze minutes plus tard.

2. C'est l'hôtesse qui place ses invités à table. Si vous êtes un homme, vous serez placé au côté d'une dame il est bon ton de s'occuper de sa voisine et de faire la conversation avec elle.

3. La serviette sera placée sur les genoux et les mains de chaque côté des couverts. On ne boit pas avant d'avoir commencé, c'est l'hôtesse qui invitera les convives à lever son verre.

4. Durant le repas, on ne parle pas la bouche pleine, on ferme la bouche en mangeant, on ne souffle pas sur son potage, on pousse les morceaux de viande et de légumes avec un morceau de pain, on ne se cure pas les dents, on ne réclame pas un plat sans y avoir été convié...

Inconnu - Manuel du Savoir-Vivre, 1895

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- J'ai l'air ridicule, soupira Archibald tout en s'examinant sous toutes les coutures devant l'armoire à glace.

- Vous êtes très élégant, le contredit Ross en passant une brosse sur ses épaules. Ces demoiselles vont tomber en pâmoison devant vos beaux yeux bleus. Souriez un peu, et vous aurez le monde à vos pieds !

Archibald leva les yeux au ciel. Il aurait dû prétendre être malade ou se casser une jambe. Mais, même ainsi Père aurait trouvé le moyen de le traîner de force à cette maudite réception.

- Courage, Monsieur, le rassura Ross en posant une main compatissante sur son épaule.

- Oui, je vais en avoir besoin, grommela Archibald.

En ce premier jour de la nouvelle année, tout ce que la haute société comptait de plus illustre s'était réuni au Manoir Swanson. Pour l'occasion, le manoir brillait de mille lumières et le parquet parfaitement ciré permettait presque de se mirer dedans. Les dames avaient revêtu des robes aussi légères que les nuages et les bougies des lustres accrochaient le scintillement de leurs bijoux en diamant. Ces messieurs étaient tous habillés de noir. Ils avaient cependant les épaules droites et parlaient d'une voix profonde, empreinte de dignité de ceux qui dirigeaient le monde – ou du moins le croyaient-ils.

Père était de ceux-là, grave, digne. À son bras, Lady Adélaïde resplendissait dans sa robe rose magnifiquement brodée, provenant du célèbre couturier parisien Frédéric Worth. Ils accueillirent leurs invités, dont Archibald ne connaissait même pas la moitié : la baronne de Southampton, le comte et la comtesse de Grantham, le major Percy Fawcett, le jeune, mais déjà très ambitieux Winston Churchill, le richissime John Jacob Astor de passage en Angleterre, Son Altesse Royale le Prince de Galles...

Charlotte, parfaite dans sa robe de bal crème et or, était la reine de la soirée. Chacun félicita Lady Adélaïde pour sa jolie perle de fille, mais chaque mère passant les portes du manoir Swanson n'avait en vérité qu'une idée en tête : courtiser Archibald en lui plaçant sous son nez leurs filles, ce qui l'embarrassa plus d'une fois :

« Ma jolie Philomena est la plus talentueuse des danseuses, elle serait si légère dans vos bras vigoureux ! », « ma Maude est une cavalière émérite, montez-vous vous-même à cheval ? » ou encore « monHermine est tellement timide ! Accepteriez-vous de l'accompagner pour la soirée ? »

Archibald, mal à l'aise, dut déployer des trésors d'imagination pour refuser le plus poliment du monde.

Alors qu'il était aux prises d'une redoutable doyenne qui ne voyait personne de mieux qualifié que lui pour devenir l'époux comblé de sa Phyllis, Charlotte vola à son secours.

- Merci, soupira-t-il en tirant sur son nœud de papillon qui l'étouffait.

- Je t'en prie, dit-elle, sa main légère posée sur son bras et l'emmenant de l'autre côté de la pièce. Entre frère et sœur, c'est le mieux que je peux faire ! Et puis, il y a quelqu'un que je voudrais te présenter...

Archibald se traita d'imbécile : il était sorti d'un guêpier pour tomber dans une toile d'araignée habilement tissée par sa demi-sœur. La douce et machiavélique Charlotte l'amena jusqu'à une jeune fille qui se tenait seule près de la cheminée : à peu près son âge, des cheveux noirs comme la nuit tirés en un chignon tressé qui dégageait un joli visage au teint de marbre et aux yeux bleus comme deux billes de saphir. Elle portait à ravir une robe de satin blanc, qui mettait en valeur la blancheur de son cou et de son bras. Elle s'inclina timidement devant Archibald, un timide sourire sur ses lèvres.

- Archibald, dit la voix veloutée de Charlotte, puis-je te présenter ma très chère amie Geneva Carlson ?

Archibald s'entendit bafouiller misérablement qu'il était ravi de faire sa connaissance, maudissant sa demi-sœur pour les treize générations à venir.

Bien évidemment, Charlotte trouva alors une connaissance dans la foule qu'elle devait absolument saluer, et planta là Archibald.

Il échangea un regard gêné avec Miss Carlson.

- Vous... êtes venue avec vos parents ?

- Oui, ils sont là-bas.

Elle lui montra un couple discutant avec Lady Adélaïde : ils jetaient fréquemment des regards satisfaits dans leur direction.

Archibald était au supplice. Il ne savait absolument pas quoi dire.

- Charlotte m'a dit que vous retourniez en pensionnat dans quelques jours ? s'enquit Geneva d'une voix douce.

« Oui très chère, à Poudlard. Vous connaissez ? C'est une école de sorcellerie située en Écosse. Très réputée dans son milieu. Ça me fait penser d'ailleurs que je n'ai pas terminé mon devoir sur les douze propriétés magiques de la bave de crapaud ! »

Il se contenta de hocher la tête, les oreilles rouges.

- Quelle chance ! s'enhardit-elle. Oh, vous devez apprendre des choses passionnantes ! Je vous envie beaucoup...

« Tu n'as pas idée... »

Au même instant, le majordome annonça que le souper était servi. Les invités se dirigèrent d'un seul mouvement vers la grande salle à manger. Archibald hésita sur la démarche à suivre et croisa le regard de Lady Adélaïde qui lui fit signe d'escorter Geneva.

Se retenant de prendre les jambes à son cou, Archibald présenta son bras à la jeune fille qui rosit de plaisir. Il crut entendre des soupirs extatiques tout autour de lui. La démarche raide, Archibald conduisit donc Miss Carlson jusqu'à sa place attribuée.

Le hasard – ou plutôt l'âme comploteuse de Lady Adélaïde et de Charlotte – voulut qu'il soit le voisin de table de Miss Geneva, ce qui acheva de l'horrifier.

- J'espère qu'il n'y aura pas d'huîtres, souffla-t-elle, j'ai horreur de ça ! Ces horribles choses grisâtres et visqueuses...

Archibald se rangea à son opinion, arguant que ça ressemblait à de la bave de crapaud. La comparaison fit glousser la jeune fille.

Malheureusement, il y eut des huîtres. Et du saumon. Du bœuf, du chapon, des cascades de homards, des rochers de foie gras, le tout arrosé des meilleurs vins et champagnes en provenance de France.

Archibald se prit à rêver d'un repas servi dans la Grande Salle, où la purée de pommes de terre côtoyait des haricots à la sauce tomate et d'une bonne tranche de steak ou de saucisses, accompagné de ketchup ou de moutarde.

Le repas s'éternisa et l'ennui le gagna, malgré tous ses efforts pour faire la conversation avec Geneva. Mais, comme beaucoup de jeunes filles, son éducation se cantonnait au strict minimum : beaucoup de musique, de danse et de peinture, un peu d'équitation, quelques connaissances en langue, histoire et géographie, parfois lecture de romans sentimentaux... Mais, lorsque Archibald tendait l'oreille de l'autre côté de la table, ce fut pour entendre des discours sur la politique, du couronnement du tsar Nicolas II à l'élection du président américain en passant par un quelconque traité allemand. Alors que les débats commençaient à s'échauffer, Père dévia habilement le sujet brûlant sur la ruée vers l'or du Klondike au Canada et le Major Fawcett régala son assistance avec ses rêves d'exploration dans la Forêt Amazonienne.

Après le souper, il y eut un bal. Archibald resta dans son coin, regardant d'un œil morne les convives tourner dans une ronde sans fin sur les valses de Brahms et Strauss. Il sentit sur lui le regard insistant des jeunes filles présentes, qui espéraient à n'en pas douter qu'il les invite à danser.

Archibald n'avait aucun goût pour ces bêtises, même si Père lui avait imposé des cours de danse qu'il s'était empressé d'oublier.

- Tu lui plais, chuchota la voix de Charlotte qui venait de se glisser à côté de lui.

- À qui ?

- À Geneva Carlson évidemment ! Elle n'arrête pas de te regarder.

- Grand bien lui fasse.

- Allez, Archie, ne fais pas ton timide ! sourit Charlotte en lui donnant un coup d'épaule. Va la voir et invite-la à danser.

- Non, merci. Mais c'est gentil d'y avoir pensé, rétorqua-t-il.

- Très bien, monsieur Grognon, je le ferai pour toi alors !

Et, dans un rire cristallin, Charlotte disparut dans la foule sans que Archibald n'ait eu le temps de la retenir. Horrifié, il la vit rejoindre Geneva et lui glisser quelques mots à l'oreille. Il jeta des regards autour de lui pour trouver une échappatoire avant d'aviser la porte menant à l'une des bibliothèques. Il rasa les murs, se cachant derrière les grappes de convives, tout en se promettant d'acquérir prochainement une cape d'invisibilité.

Quand il se retrouva à l'abri des regards, Archibald poussa un profond soupir. Nul doute que Père ne tarderait pas à remarquer sa disparition soudaine, mais pour le moment, c'était le cadet de ses soucis.

Il s'installa sur le sol, le dos calé contre l'une des imposantes étagères, et ferma un court instant les yeux. Sa tante avait raison. Il n'était pas fait pour la vie de moldu. Sa baguette lui manquait et il pouvait presque sentir la magie lui fourmiller au bout de ses doigts. D'un geste las, il dénoua son nœud de papillon.

- Archibald ? Tu es là ?

Il se figea et vit la silhouette de Lady Adélaïde se découper dans l'embrasure de la porte. Il était trop tard pour fuir... Elle entra dans la bibliothèque, le froufrou de sa robe caressant le plancher. Elle le regarda assis par terre et l'inquiétude se peignit sur son visage.

- Ça ne va pas ? Tu es malade ?

Il haussa les épaules. Malade d'ennui sans aucun doute... Lady Adélaïde soupira et prit place à côté de lui, faisant fi de sa belle robe.

- Tu peux me parler Archibald, dit-elle d'une voix douce. Jamais je ne te porterai de jugement. Je sais que... toi et ton père me cachez quelque chose.

Archibald leva un regard surpris vers elle, et un peu apeuré.

- Je ne prétends pas connaître ce secret ! reprit-elle précipitamment. Mais je sais que quelque chose te ronge. Et que ton père ne veut pas que je le sache. Cependant, si tu as besoin de me parler un jour tu trouveras une oreille compréhensive en ma personne.

Archibald eut un sourire timide. En cet instant précis, il éprouva une étrange bouffée de sympathie en Lady Adélaïde.

- Merci. Je... J'y penserai, Madame.

- Et tu sais que tu peux m'appeler Adélaïde, n'est-ce pas ?

- Je sais. C'est juste que j'ai du mal à m'y faire, expliqua-t-il en rougissant.

Elle eut un charmant petit rire et finit par se relever tant bien que mal, empêtrée dans des kilomètres de tissus.

- Tu ne veux pas revenir à la réception ? demanda-t-elle en s'époussetant. Je pourrais te présenter à ce jeune homme, Winston Churchill... je suis sûre que vous avez plein de choses en commun.

Archibald secoua la tête.

- Pas pour cette fois-ci, s'excusa-t-il.

- Très bien. Je te couvre pour ce soir. Va dans ta chambre, je parlerai à ton père.

- Dites que les huîtres ne sont pas passées !

- Bonne nuit, Archie, répondit-elle avec un sourire.

Il finit par se lever à son tour et quitta la bibliothèque glaciale, les mains dans les poches, soulagé de pouvoir s'échapper de la fastueuse soirée.

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À l'inverse de la conciliante Lady Adélaïde, Lord John fut mécontent de la défection d'Archibald.

Il sentit son estomac se nouer en voyant Père attablé seul devant son thé, ses toasts, le thé et ses œufs brouillés. Il leva d'ailleurs à peine les yeux sur son fils quand il entra dans la salle à manger, trop occupé à lire le Daily Telegraph. Archibald marmonna un bonjour sans grande conviction et se servit d'une tasse de thé fumant.

- Où étiez-vous hier soir ?

Archibald stoppa son geste et sentit sa bouche s'assécher.

- Père ?

Lord John plia d'un coup sec son journal, le posa sur la table, croisa les doigts sous son menton et fixa son fils de ses yeux sombres.

- Je vous ai demandé où étiez-vous passé hier soir. Nous avions des invités. Votre absence a été remarquée.

- Je ne me suis pas senti bien, répondit Archibald, fuyant le regard de son père.

- Oui. C'est le mensonge que m'a proféré Adélaïde. Mais je ne suis pas dupe. Je sais que vous avez préféré vous cacher plutôt que de tenir votre rang. Une fois de plus, vous m'avez déçu.

Archibald sentir la colère monter en lui. De la déception : c'était le seul sentiment que Lord John n'avait jamais eu pour lui. Jamais une once de fierté ou de tendresse. Archibald serra les poings sous sa table et se tourna vers lui.

- Vous m'en voyez tellement navré, Père, railla-t-il, fulminant. Je suis tellement désolé de ne pas être l'image que vous concevez d'un fils. Mais voyez-vous, Monsieur, j'ai ce que le commun des mortels appelle des sentiments. Et, aussi étrange que cela puisse vous paraître, je peux ressentir de la colère, de la joie ou de la tristesse. Je ne suis pas une machine dénuée d'émotions et d'aspirations, j'ai un cœur, une âme. Et, même si cela vous déplaît, de la MAGIE !

À ce mot, les tasses se brisèrent sous l'effet de la colère grandissante d'Archibald. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était à moitié levé, ses deux mains sur la table.

- Jamais vous ne m'avez pris au sérieux, Père. Vous ignorez ce que j'aime ou pas. Vous vous moquez bien de mes études à Poudlard. Savez-vous ce à quoi j'aspire à devenir ? Je veux être archéomage. Je veux parcourir le monde, je veux découvrir des trésors, résoudre des mystères. Je veux être reconnu comme étant simplement Archibald Twitter, et non pas en tant que votre héritier. Pouvez-vous le comprendre ? Je ne veux pas passer le restant de mes jours à saluer des gens inconnus, à participer à des réceptions mondaines sans fin. J'aspire à une vraie vie !

Archibald reprit son souffle. Jamais encore il n'avait parlé avec autant de passion. Pour la première fois, il se sentait pleinement lui-même, sans artifice, sans faux-semblant.

Ce fut sans compter sur Père, qui lui lança un regard empli de colère.

- Vous avez terminé ? dit-il d'une voix à peine plus haute qu'un murmure.

- Père...

- Pour qui me prenez-vous ? Je suis votre père et je vous interdis de me parler sur ce ton. Et si vous pensez un seul instant qu'être Comte de Swanson se résume uniquement à serrer des mains et à faire la fête, alors c'est que vous n'avez rien compris. Sachez, mon fils, que lorsque vous prendrez ma place, vous deviendrez également Pair du Royaume d'Angleterre. Vous participerez à la Chambre des Communes afin de garder l'Angleterre au premier rang mondial de l'excellence. Vous servirez notre Reine, et, si Dieu le veut, peut être deviendrez-vous un jour Premier Ministre de ce pays. Et pour atteindre de tel sommet, il faut parfois faire des sacrifices. Savez-vous ce qui se trame en ce moment dans toutes les ambassades ? Avez-vous entendu parler de cette alliance néfaste entre l'Autriche et l'Allemagne ? Connaissez-vous l'état d'esprit des Français en ce moment même et de leur désir de revanche ? Pas plus tard que la semaine dernière, le Ministre chargé des affaires de la guerre m'a certifié que nous étions assis sur une poudrière, et qu'une seule étincelle pourrait embraser le monde. Qui sait ce qu'il va se passer dans les années à venir ? Mais vous... vous êtes plus obnubilé par votre maudite magie et votre précieux Poudlard...

Archibald écouta le discours de son père sans broncher. Et, lorsqu'il eut fini, père et fils se dévisagèrent longuement. C'était sans doute la première fois que Lord John alignait plus de deux phrases à la suite... Archibald ne sut quoi répondre, mais il comprit en cet instant que tous les deux vivaient dans deux mondes diamétralement opposés.

Et que jamais ils ne se comprendraient.

Lord John fut le premier à baisser le regard. Il se leva et quitta la table, laissant derrière lui un Archibald seul et désemparé.

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Archibald compta avec impatience les quelques jours qui le séparaient de son retour à Poudlard. Père ne montra que froideur envers lui lorsqu'ils se croisaient lors des repas, et, malgré les tentatives de Lady Adélaïde, la tension pesa sur le manoir.

La veille de son retour à Poudlard, Père s'absenta et Archibald ne put lui faire ses adieux.

- Ça lui passera Archie, je te le promets, tenta de le rassurer lady Adélaïde. Tu es son fils. Il finira par oublier le différend qui vous sépare. Je parlerai en ta faveur.

- Merci, lui répondit-il, la gorge nouée. Je... je vous écrirai.

- À très bientôt. Et travaille bien à l'école.

À sa grande surprise, elle se pencha sur lui et le serra brièvement dans ses bras. Gêné par cet élan d'affection soudain, il tapota brièvement l'épaule de Lady Adélaïde.

- Je dois y aller, dit-il en rougissant. À bientôt.

Il ne fut pas mécontent de revoir le Poudlard Express. Il trouva Brutus et Hamilton dans la deuxième voiture, discutant avec animation du prochain match de Quidditch qui opposerait les Serpentards aux Serdaigles.

- Par la barbe de Merlin, Piccadilly, si tu veux tellement défendre l'honneur des aigles, intègre l'équipe une bonne fois pour toutes !

Hamilton eut un rire étranglé : bien qu'il suivait avec passion le Noble Sport, il était paniqué par le regard de la foule sur lui.

- Bonnes vacances, Lord Twitter ? demanda Brutus en s'apercevant qu'Archibald n'avait pas prononcé un mot depuis son arrivée.

- Oui, oui.

- Ça ne va pas ? s'inquiéta Hamilton.

- Si, ça va. Bonne année au fait.

Hamilton et Brutus échangèrent un long regard.

- Nom d'un Basilisc asthmatique, Twitter, que se passe-t-il ?

- Rien du tout, rétorqua-t-il sèchement, s'enfermant dans un silence boudeur.

Brutus leva haut un sourcil devant le comportement de son ami, avant de hausser les épaules.

- Quand tu auras fini de bouder, dit-il avant de se tourner vers Hamilton pour poursuivre leur conversation. Tu sais à quel poste tu serais parfait ?

- Dis toujours, maugréa Hamilton.

- Allez devine !

- Je n'en sais fichtre rien Malefoy ! Batteur, pour me prendre tous les Cognards sur la figure ?

- Non. Je pensais plus à la mascotte. Écoute mon idée de génie : tu te badigeonnes de pus de Bubobulb avant de te rouler dans un tas de plume en provenance de la volière. Tu seras parfait pour représenter Serdaigle !

- Vraiment, Malefoy, comment as-tu pu survivre si longtemps sans que personne ne t'assassine avant ?

La dispute se poursuivit longuement. Agacé, Archibald finit par se lever et quitta le compartiment, sans que ses amis ne s'intéressent à lui.

Une fois dans le calme du couloir, Archibald pressa son front contre la fraîcheur de la vitre et regarda défiler le paysage devant lui d'un œil morne. Dehors, la neige avait recouvert la lande et un épais brouillard rampait à travers les fourrées.

La conversation qu'il avait eue avec son père le tourmentait encore. Avait-il eu raison de se dresser face à lui, de revendiquer son statut de sorcier ?

Un soupir s'échappa de ses lèvres, créant une trace de buée sur la fenêtre. La vérité était qu'il se sentait rejeté. Père avait épousé une moldue bien sous tous rapports, pour mener une vie moldue dont il avait toujours aspiré, et ce malgré tout l'amour qu'il avait éprouvé pour Euphemia Selwyn...

Archibald se rendit compte qu'il passait bien trop de temps hors des murs du manoir Swanson pour s'intégrer à cette nouvelle famille. Il ne pouvait prétendre être à la fois un Twitter et un Selwyn. En tant qu'héritier, on lui demanderait un jour de trouver une épouse, de fonder une famille, de prendre à cœur les intérêts du royaume, de tenir son rang. Il ne pouvait concilier toutes ces attentes avec sa condition de sorcier.

Il ferma longuement les yeux et prit une décision – douloureuse, mais nécessaire. Il finirait son année à Poudlard, obtiendrait ses BUSE... et arrêterait l'école.

Quand il croisa son regard dans la vitre, il vit qu'un voile de tristesse le couvrait. Demain, il lui faudrait envoyer un hibou à Père pour lui informer de sa décision, et lui demander...

Soudain, le train freina brutalement, faisant crisser les roues sur les rails. Archibald perdit l'équilibre et se retrouva propulsé à l'avant du train. Tout autour de lui, des cris de panique s'élevèrent, suivis de chutes d'objets lourds. Les portes coulissantes claquèrent avec tumulte, les unes après les autres.

L'instant d'après, un grondement sourd retentit et le monde sembla basculer. Archibald se retrouva propulsé dans les airs, heurtant avec violence le plafond du train. Puis, il eut l'impression de tomber en chute libre, le cœur remontant dans sa gorge, et il s'écrasa lourdement contre le plancher du train, perdant connaissance. Sous l'onde de choc, toutes les vitres du wagon se brisèrent dans un fracas assourdissant et les lumières s'éteignirent d'un coup. Dans un dernier sursaut, le wagon dérailla et se coucha sur le côté, glissant sur la surface gelée du sol avant de s'immobiliser dans un long soupir.

Archibald ouvrit les yeux, le souffle court et le goût du sang dans la bouche. Il resta un long moment allongé, à moitié sonné. Plongé dans l'obscurité, sa première pensée cohérente fut pour Hamilton et Brutus.

Que s'était-il passé ?

Il sentit l'odeur âcre de la fumée : quelque chose brûlait...

Avec mille précautions, il se redressa, touchant du bout des doigts l'hématome qui se formait à l'arrière de son crâne quelque chose l'avait percuté et il sentit un liquide poisseux sur ses doigts. Il cligna plusieurs fois des yeux avant de promener un regard autour de lui, essayant de se resituer : il se tenait de guingois sur les battants des portières du wagon, tordu et à moitié arraché de leurs gonds, et tout autour de lui gisait un champ de débris de verre, de bois, de neige... Il se força à se lever et vit qu'il n'était pas seul : des élèves, pétrifiés par le choc, se dégageaient de sous des banquettes et des portes détachées, blessés pour la plupart. Il y eut des sanglots et des cris hystériques, et chacun appela le nom d'un ami.

Que s'était-il passé ?

Archibald avisa un compartiment juste au-dessus de lui, grand ouvert avec maintes difficultés, il parvint à escalader l'intérieur, essayant de ne pas prêter attention aux râles des blessés qu'il entendait un peu partout. Il s'aida des accoudoirs des banquettes et des filets du porte-bagages qui pendaient tristement pour se hisser à l'extérieur, se coupant la main au passage sur un morceau de vitre qui était resté accroché.

Une fois dehors, le froid glacial lui fit l'effet d'une gifle. La neige recommença à tomber, tournoyant dans la bise. Debout sur un côté du wagon, Archibald contempla bouche bée le carnage qui se déployait sous ses yeux : la locomotive du Poudlard Express s'était encastrée dans un train moldu, qui ne formait plus qu'un amas de tôle tordue. Les wagons de l'autre train s'étaient couchés sur le côté, formant un grand arc de cercle deux d'entre eux étaient en feu et une explosion due au gaz fit sursauter Archibald.

Le Poudlard Express avait eu plus de chance : seuls deux wagons avaient déraillé. Archibald soupçonna que la magie avait dû amoindrir l'impact, car, au vu de l'état de l'autre train, la violence du choc avait été terrible.

Partout, sorciers et moldus, jeunes et vieux, s'extrayaient avec difficulté. Tout le monde pleurait, hurlait, gesticulait dans tous les sens, tous hagards, tous choqués.

- Au... cours ! ... qu'un ! Ve... d'ez !

Archibald se détourna sur spectacle et se laissa guider par la voix sourde, provenant d'un compartiment non loin de lui. Il s'agenouilla et passa sa tête dans l'embrasure de la fenêtre éclatée.

- Où êtes-vous ? appela-t-il.

- Ici ! s'exclama la voix, soulagée.

Il promena son regard à l'intérieur, essayant de deviner les contours d'un corps. Il finit par l'apercevoir : une jeune fille avait les pieds coincés sous ce qui avait été la banquette. Avec précaution, Archibald descendit dans le compartiment en prenant soin de poser ses pieds au bon endroit. Il parvint à ses côtés et la reconnut alors : il s'agissait de cette fille de Serpentard solitaire et à l'air toujours maussade, celle qui concourrait au championnat de potions, Perséphone Winthrope.

- Tu peux bouger ?

- Non. Ma jambe est coincée, grimaça-t-elle.

Archibald porta sa main à sa veste, sûr d'y trouver sa baguette magique, avant de se souvenir qu'il l'avait oubliée dans son bagage.

Il étudia la situation : la jambe gauche de la fille était prise en étau et il craignit de lui faire plus de mal.

- Vas-y, dit-elle en serrant les dents, déterminée, en voyant son hésitation.

Archibald hocha la tête, campa ses deux pieds sur la cloison en priant pour qu'elle ne cède pas sous son poids et souleva péniblement la banquette. Lorsque l'espace suffisant se libéra, Perséphone se dégagea et Archibald laissa tomber la structure, cramoisi par l'effort.

- Tu peux te lever ? demanda-t-il en la voyant tâtonner sa jambe.

- Je crois qu'elle est cassée, marmonna-t-elle.

Il se mit à ses côtés et l'aida à se lever.

- Je vais t'aider à monter, dit-il en désignant la fenêtre. Il va falloir être courageuse.

- Tu me prends pour quoi, un Gryffondor ? rouspéta-t-elle en fronçant les sourcils.

Elle passa néanmoins un bras autour de son cou et porta tout son poids sur Archibald. Avec une lenteur infinie, ils parvinrent à rejoindre la fenêtre brisée. Archibald se hissa dehors en premier et tendit ses mains pour l'aider.

- Je vais te tirer.

- Tu n'y arriveras pas. Sans offense, mais tu aussi maigre qu'un botruc.

Archibald regarda tout autour de lui : chacun aidait comme il le pouvait. Il ne recevrait pas d'aide de ce côté.

- Allez, un petit effort, l'encouragea-t-il en revenant vers Perséphone.

Elle poussa un soupir, mais agrippa sa main. Au prix de mille difficultés et de nombreuses coupures, il parvint à l'extraire du wagon et ils s'effondrèrent tous deux sur la carcasse du train.

- Je retire ce que j'ai dit, grimaça Perséphone. Tu as à peine plus de muscle qu'un veracrasse.

- Je t'en prie, tout le plaisir a été pour moi, rétorqua Archibald, essoufflé par l'effort.

Elle regarda tout autour d'elle, choquée par le carnage.

- Et maintenant ? Qu'allons-nous devenir ? dit-elle à voix basse.

Au même instant, les premiers secours transplanèrent sur les lieux de l'incident, devant une foule d'élèves soulagés. Les Aurors bouclèrent aussitôt le secteur, des Oubliators se ruèrent vers les moldus ébahis par leurs apparitions soudaines, et les Médicomages prirent aussitôt en charge les nombreux blessés. Certains furent conduits séance tenante à Ste Mangouste, les autres rejoignirent Poudlard par Portoloin, par grappe de trois à cinq élèves.

Archibald guida Perséphone jusqu'au guérisseur le plus proche. Il grimaça quand elle porta tout son poids sur lui, et la marche fut longue, tant elle peinait à traîner sa jambe cassée.

Le médicomage ausculta sa jambe et annonça qu'elle rejoignait l'hôpital magique. Archibald attendit qu'elle transplane avant d'aller prêter main-forte aux secours, cherchant désespérément Brutus et Hamilton parmi les victimes. Il ne les vit nulle part.

Au bout d'un moment, la tension et l'adrénaline commencèrent à s'estomper et Archibald commença à fatiguer et à claquer des dents de froid. Un Auror remarqua sa condition et lui enjoignit de partir à Poudlard par le prochain Portoloin.

- Non ! Je veux aider ! protesta Archibald.

- Je ne veux pas le savoir ! le sermonna le sorcier.

Quelqu'un prit alors le bras d'Archibald et le tira en arrière.

- Laisse tomber, lui enjoignit Albus Dumbledore, lui aussi furieux d'avoir été mis de côté.

Archibald fusilla du regard le Gryffondor et dégagea son bras d'un coup sec. Un court instant, il songea à désobéir, mais, contemplant les ruines fumantes des deux trains, il finit par baisser les bras et se résigna.

- Rentrons à Poudlard, dit avec douceur Dumbledore. Là-bas, nous aurons des nouvelles de nos amis.

Archibald lui lança un regard mauvais : il détestait son ton conciliant. Il se dirigea en grommelant vers le sorcier qui s'occupait du retour des élèves par Portoloin, accompagné par Dumbledore. L'Auror enchanta un vieux chapeau de sorcier et le tendit aux deux jeunes garçons.

Le trajet fut mouvementé l'instant d'après, ils arrivèrent à Poudlard.

- Lord Twitter ! En retard, comme d'habitude ! ricana Brutus Malefoy.

Il avait à la main une pile de parchemins : marmonnant pour lui-même, il chercha le nom de Twitter et de Dumbledore et les ratura. Archibald sentit la colère lui monter à la tête :

- Tu étais ici ! depuis tout ce temps ? Imbécile, je me suis fait du mouron pour toi !

- Évidemment que j'étais ici ! Tu ne pensais tout de même pas que j'allais me geler la baguette là-bas quand même ! Je tiens à mon petit confort ! Quoi, Dumby ?

- Je voulais savoir si tu avais vu Elphias ? demanda la Gryffondor, avec douceur.

- Peut-être que oui, peut être que non. Tu es allé regarder dans son caleçon ?

- S'il te plaît, Malefoy, demanda Dumbledore, qui ne plaisantait pas.

Brutus maugréa dans sa barbe qu'il était effectivement à Poudlard. Dumbledore le remercia et s'éloigna en direction de la Grande Salle, où un repas chaud était servi.

Archibald ne suivit pas la conversation entre les deux garçons et s'inquiéta de l'absence d'Hamilton.

- Brutus... Où est Hamilton ?

- Tu ne sais pas ? Il a été conduit en urgence à Sainte Mangouste...

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Les jours qui suivirent, les nouvelles ne furent pas bonnes. Hamilton ne revint pas immédiatement à Poudlard, comme un bon nombre d'élèves, dont les blessures étaient trop graves. Archibald croisa seulement dans les couloirs Persephone Winthrope, sa jambe guérie. Elle hocha la tête quand elle le vit, en un remerciement silencieux.

Quant à la Communauté Magique, le terrible accident du Poudlard Express déclencha une vague d'indignation parmi les sorciers et sorcières. Le département du transport magique fut pointé du doigt par les anciens détracteurs qui n'avait jamais accepté l'apparition du Poudlard Express lors de sa mise en place, dans les années 1830.

Parmi eux, le père de Brutus s'était posé en tant que porte-parole lors d'une session extraordinaire du Magenmagot :

« Nous avons toujours su qu'un accident de ce genre se produirait un jour ou l'autre. J'ai toujours été contre l'utilisation de machines moldues, et voyez où tout ceci nous a mené ! Le Poudlard Express a bien failli prendre la vie de nos enfants ! »

- Ton père n'a pas vraiment le sens des priorités, grommela Archibald en refermant la Gazette du Sorcier.

- L'a-t-il eu un jour ? répondit Brutus, triturant son omelette du bout de sa fourchette. C'est le journal moldu ?

Il désigna le Daily Telegraph qu'Archibald avait reçu de la part de son valet Ross McGrath, lorsqu'il lui avait fait part de l'accident. Archibald désirait connaître la version moldue. Selon la police qui menait l'enquête, le rapport annonçait une défaillance de la locomotive.

La vérité était tout autre : le train moldu et le Poudlard Express s'étaient engagés en même temps sur une seule voie, chacun ayant reçu l'indication que la voie était libre. Le train sorcier, protégé par une magie résistante, n'avait fait qu'une bouchée du train moldu.

Même si de nombreux blessés avaient été dénombrés du côté sorcier, vingt-deux morts étaient à déplorer chez les moldus...

Archibald hésitait encore écrire à son père pour lui demander de débourser quelques livres pour venir en aide aux victimes.

Cela lui rappela alors de sa décision prise avant l'accident. Regardant autour de lui, il eut un pincement au cœur : malgré ses belles promesses de quitter Poudlard après les BUSE, il se rendit compte que c'était plus compliqué qu'il ne le pensait...

- Mais qu'est-ce que cet énergumène fabrique encore ici ? marmotta Brutus en observant un point derrière Archibald.

Ce dernier se retourna et vit l'Inspecteur Francis Pinkerton avancer dans l'allée centrale, la démarche hésitante et bâillant tout va.

La présence d'un membre de la Police Magique rendait perplexe plus d'un élève : peu de personnes étaient au courant de l'assassinat du bibliothécaire – remplacé depuis le début de l'année par une sorcière aigrie qui passait son temps à épier les élèves lorsqu'ils osaient prendre un livre dans les rayons.

Il n'était pas rare de croiser Pinkerton dans les couloirs, soit à déambuler sans but, soit à dormir dans un coin, le dos calé contre une statue. Il apparaissait toujours à la fin des repas pour grappiller quelque chose à manger et disparaissait aussi sec.

Archibald n'avait pas oublié sa promesse d'aller dire quelques mots en sa faveur à la Princesse Olga, mais il n'éprouvait pas l'envie d'aller toquer à sa porte.

Pinkerton prit place à la table des Poufsouffles, à l'écart des élèves, mais de telle sorte qu'il soit juste en face d'Archibald. Il picora dans son assiette, son regard vriller sur Archibald. Le message passé était très clair.

- Tu as un nouvel admirateur ? se moqua Brutus.

- Pourquoi, tu es jaloux ? grommela Archibald, agacé.

Le Serdaigle soupira : il n'avait pas le choix. Pour avoir enfin la paix, il devait mettre son exaspération de côté et de rendre visite à la Princesse.

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Il fixa longuement la porte, hésitant à toquer. Il rassembla son maigre courage et abattit trois fois son poing. Plus vite il lui parlerait, plus vite il partirait. Il entendit le froufrou léger d'une robe et le Princesse Olga ouvrit. Elle parut surprise de le voir ici : elle leva haut un sourcil.

- Twitterrr, quelle surrrprrrise ! Que voulez-vous ? Je n'ai pas de temps à vous consacrrrer.

- Je ne serais pas long, Votre Altesse, dit-il en se courbant un peu, se rappelant les leçons de maintien de Lady Adélaïde. Je viens de la part de l'Inspecteur Pinkerton. Il souhaite vous parler.

Comme il attendait, la Princesse ricana :

- Et il envoie un avorrrton faire la commission ?

- Il semblerait, Madame, que vous cherchez délibérément à l'éviter. Aussi m'a-t-il prier de vous... implorer d'avoir une courte discussion avec lui. Dans l'espoir que le fils du Comte de Swanson parvienne à raviser la Princesse Olga Nicolaïevna de Romanov. Avec diplomatie.

- Et un brrrin d'hypocrrrisie, rétorqua la Princesse.

Ils s'affrontèrent du regard. Archibald trouvait cette femme arrogante et froide. Elle ne lui faisait néanmoins pas peur, même si sa présence à Poudlard l'horripilait.

Il n'avait aucune confiance en elle et savait qu'elle n'était pas ici par hasard.

- Trrrès bien, je verrrais ce corrrnichon d'inspecteurrr. Autrrre chose ?

- Non madame.

- À la bonne heurrre. Bonne soirrrée, mon garrrçon, dit-elle avant de lui claquer la porte au nez.


Voilà! C'est sur ces mots euh... positifs que je clôture ce chapitre. Le prochain sera mis en ligne le 8 juin (le temps passe décidément trop vite! j'ai posté le premier chapitre en mars!).

Petite information relevé par AppleCherry Pie: le ketchup existe depuis 1876, mais sous un différent nom: le ké-tsiap, un condiment utilisé en Indonésie et reprit par Henry John Heinz - comme la marque Heinz. Merci Wikipédia.

Un grand merci à vous, lecteurs, de continuer de lire cette fanfiction! Je suis toujours surprise de voir que vous suivez l'histoire d'Archibald... Qui s'étoffe chaque jour! J'étais partie pour vous offrir 8 tomes, ça sera sans toute une dizaine! Et je le fais voyager le petit: de l'Egypte aux Amériques en passant par le grand nord canadien (pour toi Nanuq).

Un grand merci donc, pour vous mes chers lecteurs, ainsi que ceux qui postent des reviews. Merci. Tout simplement. Chaque message me donne la pêche et l'envie de poursuivre cette fanfiction.

Et aussi un grand merci à ma Tartopom, toujours présente pour moi...

A très bientôt!

Citrouille