Quatrième année: Chapitre Deux
" - Malefoy non! Cria-t-elle sévèrement en se détournant complètement d'Astoria et en avançant d'un pas pressé vers le blond."
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Malefoy tourna la tête vers elle, l'air triomphant. Mais il se retourna vite vers la créature en la voyant s'agiter. L'Hippogriffe se cabrait et commençait à agiter ses serres devant le garçon, ce dernier leva son bras en guise de bouclier et commença à reculer de quelques pas. Cara, voyant la scène, s'était mise à courir pour s'interposer entre l'animal et le sorcier. Alors qu'elle arrivait à la hauteur de Drago pour le pousser en arrière, elle sentit une vive douleur lacérer toute la longueur de son dos. Elle hurla de douleur et fut propulsée contre le garçon par le coup reçu.
Ils tombèrent à la renverse. Cara s'effondra sur le corps du blond, ne prêtant plus attention qu'à la douleur de son dos. Elle planta ses ongles dans la terre, crispant ses doigts, et ouvrit la bouche en un hurlement silencieux, les lèvres contre la chemise du garçon. Le corps tendu, elle essayait de retenir son cri de douleur, gardant les yeux clos et retenant sa respiration.
Malefoy releva la tête et regarda la fille étalée sur lui. Ses yeux se posèrent sur son dos baigné de sang dans toute sa longueur. Il sentait les membres crispés de Cara sur lui, souffrant probablement le martyr. Il sentit une tâche d'humidité se former sur sa chemise à l'endroit où le visage de la fille reposait. Il resta silencieux quelques instants, essayant de comprendre ce qu'il venait de se passer, les raisons pour lesquelles elle avait fait ça. Puis, il ouvrit finalement la bouche, la voix faible.
- Cara? Héla-t-il en ne voyant aucune réactions de la part de la jeune fille.
Cara relâcha sa respiration désormais saccadée par sa douleur trop longtemps refoulée, et tenta de se relever en évitant la douleur, mais c'était apparemment peine perdue. Elle sentait le liquide chaud et épais couler sur son flanc, teintant sa chemise d'un rouge flamboyant et inquiétant. Après quelques tentatives vaines de se redresser, elle préféra se laisser tomber sur son côté valide.
Respirant difficilement, elle plaça doucement ses doigts sur sa blessure. Elle sentit d'abord le liquide sur une couche de quelques centimètres d'épaisseur, puis lorsqu'elle posa ses doigts fébriles sur sa chair, une douleur aiguë se répandit sur un diamètre de cinq centimètres autour de son doigt. Elle continua et plaça ses autres doigts. Il y avait trois profondes entailles sur sa peau, partant du bord de son épaule droite et descendant en lignes continues jusqu'à son lombaire droit, éraflant de peu sa colonne vertébrale. Drago s'était redressé à côté d'elle et l'observait avec un regard qu'elle ne lui avait jamais vu, il était inquiet.
- Hagrid! Il faut l'amener immédiatement à l'infirmerie! S'écria précipitamment Hermione.
- Oui... oui, je vais m'en occuper, lâcha le grand homme.
- Non! Non... continuez votre cours... j'irai toute seule.
Cara avait levé sa main pour arrêter Hagrid dans son élan, gardant toujours ses yeux clos et les dents serrées.
- Ne sois pas stupide! Intervint Malefoy d'un ton cassant. Tu ne peux certainement pas y aller toute seule! Je t'accompagne, décréta-t-il en se mettant à genoux à côté d'elle.
- Non non non! S'écria le grand homme. Je ne vais pas laisser une élève partir seule de mon cours dans cet état.
- Elle ne sera pas seule, elle sera avec moi, cracha Malefoy.
- C'est encore pire, tu vas encore la faire blesser, lui reprocha une voix plus jeune.
Cara était tournée de l'autre côté et ne pouvait pas voir de qui il s'agissait, mais le visage de Drago se déforma soudain, emplit de rage.
- Toi Weasley tu ferais mieux de t'occuper de ce qu'il te regarde si tu ne veux pas avoir le même problème qu'elle, rétorqua le blond.
Cara soupira, plaça une main sur le genoux de Malefoy et s'appuya dessus pour se relever. Drago l'aida en plaçant ses mains sous ses aisselles pour la soulever plus facilement. Une fois debout, elle sentit la brûlure de sa blessure se répandre des deux côtés des griffures, empêchant la jeune fille de se tenir droite. De nouvelles larmes roulèrent sur ses joues humides et la douleur déforma une fois de plus son visage. Elle inspira aussi profondément que sa blessure lui permettait puis commença à avancer, non sans difficultés. Malefoy prit le bras droit de Cara, le passa autour de ses épaules et enroula son bras autour de la taille de la jeune fille pour avoir une meilleure prise de soutien. Elle ne protesta pas, sachant que sans ça elle ne ferait pas 500 mètres. Ils s'éloignèrent, laissant Hagrid à ses remords. Malefoy essayait de ne pas toucher la blessure avec son bras, mais c'était plus difficile à dire qu'à faire. La manche de sa chemise frottait constamment contre les griffures, provoquant une vague d'électrochocs sur toute la plaie. Cara essayait de marcher le plus vite possible, voulant arriver rapidement à l'infirmerie. Ils sortirent de la forêt et commencèrent à grimper les marches.
La blessure lui brûlait de plus en plus, elle sentait une chaleur étrange et dérangeante lui monter aux joues, et une sensation désagréable se fit sentir dans sa gorge.
- Attends! Lâcha-t-elle en s'arrêtant de marcher.
Elle se baissa comme elle put, tendant une main vers les marches pour s'appuyer.
- J'ai... j'ai besoin de deux minutes, je ne vais pas bien, expliqua-t-elle en s'asseyant la tête entre les genoux.
Malefoy s'accroupit à côté d'elle et regarda anxieusement sa plaie.
- Faut pas traîner, ta plaie ne va pas s'arranger toute seule.
Elle leva les yeux vers lui, devenant de plus en plus pâle. Drago toucha la joue de la jeune fille et serra la mâchoire.
- T'es brûlante, fit-il remarquer.
- J'ai chaud. Et j'ai une envie de vomir qui remonte dans ma gorge.
Sur ces mots, elle rassembla ses cheveux en une queue de cheval haute et défit sa cravate pour libérer son cou et sa nuque, sentant l'air frais la soulager. Elle déboutonna une pression de plus et inspira profondément.
Elle resta ainsi une ou deux minutes, inspirant l'air frais, retrouvant ses esprits petit à petit, puis elle se releva, aidée par Drago. Ils continuèrent la montée des marches, puis s'aventurèrent sur le pont menant à la cour, ils passèrent sous l'horloge puis entèrent dans le château. En montant les escaliers, Cara se rendit compte qu'un filme de sueur perlait sur son front et sa nuque. Elle s'essuya du revers de la manche et continua d'avancer. Arrivés au troisième étage, ils empruntèrent le couloir menant à l'infirmerie mais entendirent quelqu'un la héler.
- Cara? S'écria à moitié la voix masculine. Cara mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé?
Elle entendit des pas lourds derrière elle et comprit que le garçon trottinait jusqu'à elle. Malefoy n'avait pas prit la peine de s'arrêter ou de se retourner pour qu'ils discutent, il la tirait vers l'infirmerie. Une main attrapa le bras gauche de Cara et elle tourna la tête. C'était Cédric. Lorsqu'il vit le visage de la jeune fille, il serra la mâchoire.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé? Demanda-t-il, autant pour Cara que pour Drago.
- Hippogriffe, lâcha-t-elle simplement.
Malefoy continuait d'avancer. Cédric les accompagna et poussa la double porte pour qu'ils passent plus facilement. Madame Pomfresh pointa le bout de son nez et commença à rouspéter.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé encore? S'énerva-t-elle alors que Drago maintenait la jeune fille droite.
- L'Hippogriffe d'Hagrid l'a blessée. Elle a perdu pas mal de sang, expliqua-t-il calmement.
- Hagrid et ses bestioles, il commence à m'ennuyer! Bougonna Madame Pomfresh en désignant un lit vide à Drago.
Le blond s'avança vers le lit et y déposa Cara, face au matelas pour éviter que sa blessure ne la brûle davantage.
- Enlève lui sa chemise! Lui ordonna sèchement la femme.
Un demi sourire apparut brièvement sur les lèvres du garçon, puis il se pencha sur Cara. Il sortit la chemise de la fille de sous sa jupe, plaça ses mains côte à côte au milieu du tissu, puis tira brusquement pour le déchirer. La chemise se déchira d'un trait jusqu'aux reins de Cara puis Malefoy la sépara plus doucement jusqu'au col. Une fois arrivé en haut, il fit glisser la manche droite jusqu'à son poignet et l'enleva pour dégager entièrement la plaie.
Madame Pomfresh arriva et prit sa place. Elle dégrafa le soutien gorge à moitié lacéré de la jeune fille puis repoussa quelques cheveux collés à la plaie. Elle mit un verre dans la main de Cara et lui ordonna de boire. La jeune fille redressa la tête et regarda le liquide épais couleur boue qui avait été versé en vitesse dans le verre. Voyant l'hésitation, Madame Pomfresh grommela de nouveau.
- C'est pour la douleur! Si tu préfère souffrir le martyr, c'est toi qui vois!
Cara but l'intégralité du mélange en évitant de respirer son odeur répugnante, puis reposa le verre. Elle vit l'infirmière poser un bol plein d'une pâte jaune à côté d'elle et s'interrogea sur son utilité.
- Qu'est-ce que c'est? Demanda-t-elle d'une voix anodine.
- C'est pour refermer la plaie. Je te préviens que ça va faire mal, sentir sa chair se refermer ce n'est pas des plus agréable, mais à moins que tu ne veuille garder ces traces toute ta vie...
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Cara lui avait répondu.
- Oui! La coupa-t-elle. Je me fous royalement des cicatrices que ça peut me laisser, je veux juste que ça arrête de me brûler.
- Mais ma fille, ton dos est labouré! S'écria la femme en haussant les sourcils.
- Peu importe. Je ne veux plus que ça me fasse mal.
L'infirmière se leva en emportant son bol et s'éloigna. Malefoy reprit sa place à côté d'elle et la regarda d'un air furieux.
- Quoi? Soupira Cara en sentant le regard du garçon sur son visage.
- Pourquoi tu as fait ça? Claqua-t-il après quelques secondes.
- Ça me fait mal, je ne veux pas que ça empire pour l'esthétisme de mon dos.
- Stupide. Tout ça ne serait pas arrivé si tu ne t'étais pas interposée! S'énerva-t-il à son tour.
- Oh si tout ça serait arrivé! Cria-t-elle aussi. Sauf que c'est toi qui serait allongé à ma place! Si tu n'étais pas aussi entêté à vouloir crâner devant les autres, l'hippogriffe ne se serait pas énervé! Hagrid avait expliqué comment il fallait approcher ces créatures, et Monsieur a préféré n'en faire qu'à sa tête! Voilà ce qui arrive quand on fait le malin, on passe pour un con après!
Drago la regardait furieusement et un sourire mal caché étirait les lèvres de Cédric.
- Explique-moi pourquoi tu t'es interposée, fit-il clairement après une longue minute à la foudroyer du regard.
- Malefoy, après quelques années passées avec toi, je commence à te connaître. Si cet hippogriffe ne t'avait fait ne serai-ce qu'une égratignure, tu aurais tout fait pour renvoyer Hagrid et tuer cette créature. Je ne pouvais certainement pas laisser ça arriver juste parce-que tu aime faire le malin.
- Alors, tu t'es jetée sur moi et t'es faite déchirer le dos rien que pour sauver une bête ignoble et un gros balourd plus stupide que ses pieds? Résuma le garçon.
- Non, je t'ai évité d'être blessé pour que tu n'ai aucune raison valable de t'en prendre à Hagrid et ses créatures. Ça, c'est la raison pour laquelle j'ai reçu le coup de griffes.
Elle ne pouvait pas le regarder en face mais tournait la tête autant que possible pour fixer les yeux aciers du garçon.
- Bien, alors je suppose que je ne te dois aucun remerciement, claironna-t-il en se levant. Passe une bonne journée Dauclaire.
Sa voix était amère. Il lança un dernier regard foudroyant à la jeune fille, avant de s'éloigner et de sortir de la pièce. Cédric n'avait pas dit un mot. Cara en avait même oublié sa présence, s'en rappelant juste lorsqu'elle entendit des pas passer d'un côté du lit à l'autre, s'asseyant sur le lit d'en face pour qu'elle n'ait pas à se tordre le cou pour le voir. Il souriait, simplement amusé. Voyant ces yeux brillants, Cara ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire.
- Alors tu as sauvé la peau de Drago Malefoy? S'étonna-t-il avec une pointe de moquerie dans la voix.
- Si tu souhaites t'arrêter à ce détails là, alors oui.
- Tu es vraiment étonnante Cara. Il y a quelques semaines tu lui sautais dessus pour le frapper à mains nues, et aujourd'hui tu lui sautes dessus pour lui éviter d'être blessé par sa faute.
- Je ne voulais pas que cet animal ait à payer pour les caprices de Malefoy.
- Mais tu sais que, rien que pour se venger, il peut très bien en référer au conseil de sécurité des créatures dangereuses? Il peut très bien aller les voir et parler de ta blessure. En plus, en gardant les cicatrices, tu ne pourras pas démentir la gravité de la blessure. Il peut très bien atteindre son but par toi et ta bravoure.
- Il ne fera pas ça parce-que sinon cette fois il n'y aura personne pour m'empêcher de lui refaire son portrait, rétorqua la fille d'une voix ferme.
- Eh bien, j'espère pour toi, parce-que sinon tu vas rester coucher durant des semaines ici pour rien du tout.
- Pourquoi des semaines?
- Parce-qu'une blessure aussi grave ne se guérit pas en trois jours ma fille! Répondit Madame Pomfresh de sa voix toujours aussi révoltée.
- Et puis, même après que la plaie soit refermée et guérie, elle sera toujours sensible et te fera mal de temps en temps, ajouta le garçon avec son demi-sourire moqueur.
- Oh oui qu'elle te fera mal! Il te faudra au moins deux semaines de repos total ici à prendre ce médicament que tu as bus, après tu pourras aller en cours mais tu devras bouger le moins possible ton dos pour éviter de rouvrir la plaie. Deux semaines après environ, tu pourras bouger normalement mais effleurer la cicatrice te fera quand même mal alors je te conseille d'éviter d'y poser quoique se soit de lourd dessus pendant au moins deux mois. Ne la touche pas et évite de t'étirer si tu ne veux pas revenir passer une semaine ici.
Cara enfonça la tête dans l'oreiller et grogna bruyamment. Cédric en rigola même si le son avait été étouffé par le coussin. Il passa environ une heure avec elle, puis partit à son cours suivant. L'infirmière nettoya son dos et son flanc, entièrement recouverts de sang, puis lui fit boire une potion de régénération sanguine.
Après la fin des cours, Harry, Ron et Hermione vinrent lui rendre une visite rapide. Elle leur expliqua à eux aussi la raison de son geste puis demanda comment allait Hagrid, savoir s'il n'était pas trop inquiet. Celui-ci passa la voir un peu avant que les trois Gryffondors ne s'en aillent, et s'excusa profondément de l'accident. Lorsqu'ils furent tous les quatre partis, Cara se sentit un peu fatiguée, mais il ne valait mieux pas qu'elle s'endorme si tôt, redoutant de se réveiller en plein milieu de la nuit. Elle prit son repas en même temps que tout le monde, ayant de mal à rester droite sans sentir la brûlure se répandre, mais y parvint. Madame Pomfresh revint de la Grande Salle dix minutes après que Cara ait finit son repas, et lui donna une nouvelle fois le verre avec l'antidouleur dégoûtant. La jeune fille attendit dix heures et demi pour enfin laisser le sommeil l'emporter.
Les deux semaines à l'infirmerie furent les plus longues de toute sa vie. Cédric était venu la voir plusieurs autres fois, espaçant ses visites de quelques jours pour avoir des trucs à lui raconter. Il lui apportait la Gazette du Sorcier pour qu'elle se divertisse, et lui parlait un peu des matchs de Quidditch. Ils discutaient surtout beaucoup d'eux-même. Cédric posait beaucoup de questions et essayait de deviner la personnalité de Cara en faisait des hypothèses plus ou moins douteuses. La jeune fille apprit beaucoup de choses sur lui aussi, l'appréciant de plus en plus.
Les trois Gryffondors vinrent aussi lui rendre visite de temps en temps, deux fois dans la semaine peut-être. Hermione lui apportait les cours et devoirs des matières qu'elles avaient en commun, sachant pertinemment qu'aucun Serpentard ne prenait correctement les cours. Ils lui apprirent que des prisonniers s'étaient de nouveau échappés d'Azkaban et que Sirius Black était soupçonné de complicité. Ils en discutèrent, échangeant leurs points de vue sur la question et s'inquiétant de ce qu'ils pouvaient bien préparer.
Dubois vint lui aussi lui rendre visite. Il fut presque aussi régulier que Cédric. Il lui parlait des matchs de Quidditch principalement, mais s'aventurait de temps à autres sur la vie personnelle de la jeune fille. Il avait l'air plus gêné en parlant de leurs vies privées qu'en parlant de Quidditch. Il demandait souvent à Cara qui lui rendait visite, demandant ça d'une façon assez concernée qui surprenait la jeune fille. Quelques filles de Serpentard vinrent la voir à deux reprises. Elle lui apportèrent les cours et devoirs, discutèrent principalement de la façon dont elle était tombée sur Drago et était restée allongée sur lui pendant plusieurs minutes. Elles en étaient jalouses. Cara aurait volontiers échangé sa place avec elles, se contrefichant éperdument d'avoir été allongée sur Drago Malefoy durant plusieurs minutes. Elle les écoutait débattre durant près d'une demi heure puis ensuite s'affairer à parler du reste des manies du garçon. Quelques autres élèves vinrent la voir comme Cho Chang ou Justin Finch-Fletchley.
Dès qu'elle put sortir, elle se pressa à la bibliothèque pour rattraper son retard. Elle y passa une journée entière. Le soir Cara se rendit compte que l'infirmière avait raison, elle devait ménager son dos pour éviter de retourner séjourner à l'infirmerie. Elle retourna assister aux entraînements un peu après, sachant que Malefoy ne lui ferait pas plus de mal que ce qu'il avait déjà causé. Le premier match auquel elle assista opposa Gryffondor à Serpentard. Le temps était une calamité, il pleuvait des trombes d'eau et des éclairs éclataient très près du stade. Les supporters virent Potter et Malefoy s'élever dans les airs en suivant le vif d'or. Malefoy abandonna avant Potter, son balai ne supportant pas une altitude si haute. Harry continua à poursuivre le vif d'or, lorsque des silhouettes sombres se détachèrent des nuages obscurs. Les silhouettes s'approchèrent de Potter et commencèrent à l'attaquer. Des cris estomaqués s'élevèrent et Harry glissa de son balai. Un hurlement d'effroi sortit de la gorge de Cara. Harry était à plus de trente mètres de hauteur et était en chute libre, inconscient. Une voix sonore prononça une incantation et la chute d'Harry fut ralenti mais pas stoppée. Il s'écrasa violemment dans le gazon, l'orage gronda au même moment, couvrant le bruit ignoble du craquement de son os.
Les professeurs se précipitèrent sur le terrain, annulèrent le match et amenèrent Potter à l'infirmerie en vitesse. Dumbledore chassa l'intégralité des Détraqueurs avec un sortilège puissant et incroyable que Cara ne connaissait pas. Tous les élèves furent ramenés et la soirée fut plus longue qu'à l'accoutumée. Les élèves se roulaient un peu les pouces, déçus de ne pas poursuivre le match.
Un peu plus tard dans le mois, une sortie fut organisée à Pré-au-Lard, mais Cara n'avait pas fait signer l'autorisation aux Miller, alors elle ne pouvait pas y aller. Elle vit que Harry non plus ne pouvait pas y aller même s'il essayait de négocier avec McGonagall. Lorsque tous les autres troisième année s'étaient éloignés, elle le rejoignit.
- Ah, toi non plus ta famille n'a pas signé? Minauda-t-elle en esquissant un sourire mou.
- Ouais... j'ai transformé ma tante en montgolfière, alors je doute qu'ils acceptent de le signer un jour. Répliqua Harry, les yeux dans le vague.
Cara éclata de rire. Elle se souvenait de cet article dans La Gazette. Après l'arrêt de ses rires, Cara se rendit compte que Harry ne parlait pas. Sentant la gêne s'installer, elle décida de le laisser.
- Bon... je ne sais pas ce que tu vas faire, mais... je vais à la bibliothèque. À plus Harry.
Elle leva la main en guise de salut, pinçant ses lèvres, puis s'éloigna. Il la rattrapa quelques minutes après.
- Cara! Je suis désolé, j'étais un peu énervé de ne pas y aller, avoua-t-il en baissant les yeux.
Elle soupira et attrapa son bras.
- Je comprends. J'aimerai bien pouvoir y aller moi aussi. Mais tu as entendu McGonagall, sans autorisations, on n'a pas le droit. Vieux règlement de dernière génération... Ronchonna-t-elle.
Il sourit, puis s'arrêta. Son regard se fixa au loin et ses sourcils se froncèrent.
- J'ai... j'ai peut-être un moyen d'y aller sans se faire attraper.
Il la regarda droit dans les yeux, enthousiaste et excité. Il l'attrapa par le bras et la fit monter jusqu'à son dortoir, vide en l'occurrence.
- Harry, tu sais que je n'ai pas le droit d'être là au moins?
Il était tellement occupé à chercher dans ses affaires qu'il n'avait même pas entendu la remarque.
- Harry? Le héla-t-elle plus fort.
- Oui! Mais on s'en fiche! Écoute, je vais te montrer un truc dont tu ne dois parler à personne.
- Ok...
- Il faut que tu me le jure! La secoua-t-il en plongeant ses yeux verts dans ceux de Cara.
- Oui! Promis!
Il se détourna et attrapa un tissu brillant foncé. Il regarda de nouveau la fille, hésitant, puis passa le tissu autour de ses épaules. Son corps disparut.
- Harry! Tu... tu es... invisible?
- Oui. C'est une cape d'invisibilité qui appartenait à mon père. Dumbledore m'en a fait cadeau en première année.
- Mais c'est génial! C'est vraiment le truc le plus utile que tu puisse avoir! S'écria-t-elle en attrapant à tâtons le tissu pour mieux l'examiner. Je ne veux pas savoir pourquoi tu l'utilise... modéra-t-elle en lançant un regard suspicieux à Harry avant de retourner à sa contemplation.
- Aller, viens.
Il ouvrit la cape, ouvrant son bras pour qu'elle se mette à côté de lui. Elle s'exécuta et il les couvrit avec le tissu léger. Ils descendirent et commencèrent à traverser la cour lorsqu'ils furent attrapés par deux paires de mains. Les quatre mains les traînèrent dans un couloir parallèle à la cour et Cara se sentit tomber en arrière. Elle chuta et son coccyx heurta une marche en pierre brute. Elle poussa un juron et sentit la cape tirée de ses cheveux. Elle leva les yeux, furieuse, et vit Fred et George Weasley leur sourire.
- Tu as beau avoir une cape d'invisibilité, commença Fred.
- Tu n'as toujours pas apprit à effacer tes traces Harry, termina George. Et si tu, vous, voulez aller à Pré-au-Lard sans vous faire attraper, on a de quoi vous aider.
Fred sortit un morceaux de parchemin de sa poche et le tendit à Harry, qui n'était pas convaincu par le papier.
- Un bout de parchemin? Interrogea-t-il, dubitatif.
- Non, ceci n'est pas un simple bout de parchemin, le réprimanda George. Ça, c'est le secret de notre succès.
- Et on a du mal à s'en séparer! Ajouta Fred.
- Mais on s'est dit que tu en avais plus besoin que nous.
- Et... qu'est-ce que c'est?
- Cette carte t'indique l'emplacement de toutes les personnes de l'école, expliqua Fred.
- À travers tout le château, continua George.
- Tout le temps, termina son frère.
Il redressa le parchemin face à Harry, sortit sa baguette et prononça une phrase qui fit apparaître l'écriture cachée du parchemin.
- La carte du Marauder? Lu à haute voix Harry.
Il l'ouvrit en grand et vit des étiquettes nommer des suites de pas qui représentaient les personnes présentent dans le château.
- Avec ça, tu peux savoir où se trouve Rusard à tout moment de la journée ou de la nuit.
- Pourquoi vous n'en avez pas parlé à Ron?
- On s'est dit qu'il n'était pas à la hauteur pour un tel bijoux.
- Et puis que de toute façon en te la succédant il en tirera aussi bénéfice. Bon aller, dépêche-toi, Rusard approche. Là tu as indiqué tous les passages secrets. Celui-ci mène à Pré-au-Lard. Fais le tour de la sorcière et dis «Dissendium», et le passage se découvrira.
- Ne te fais pas attraper!
Les deux jumeaux étaient déjà partis. Harry et Cara se toisèrent puis remirent la cape sur eux pour retourner dans la cour. Cette fois, Cara s'occupa d'effacer leurs traces dans la neige pour éviter qu'ils soient de nouveau repérés. Ils firent le tour de la statue de la sorcière, Harry tendit sa baguette et chuchota la formule. Une trappe s'ouvrit. Ils se penchèrent pour voir le passage.
- Glisse toi en premier pendant que je tiens la cape pour nous cacher. On ne rentrera pas à deux dans ce passage, on ne peut même pas y tenir debout, chuchota Harry.
Elle hocha la tête, s'assit dans la neige en laissant pendre ses pieds dans le passage sombre, puis se laissa glisser à l'intérieur. Elle retomba sur les pieds et eut du mal à se contorsionner pour se mettre à quatre pattes afin de pouvoir avancer sans difficultés dans ce passage. Ses épaules effleuraient les parois et elle sentait que le plafond n'était pas bien haut au-dessus de son crâne. Elle entendit Harry tomber derrière elle et la trappe se referma.
- Lumos.
Sa baguette émit une lumière bleue qui éclaira tout le couloir. Ils avancèrent sans trop savoir où ils allaient, puis après une bonne vingtaine de minutes, ils arrivèrent au bout. Harry lui fit remarquer la trappe au-dessus de sa tête et elle plaqua son oreille pour écouter les bruits provenant du dessus, mais la voie semblait libre. Elle poussa la trappe, posa ses mains sur le bord du plancher et se hissa sur le sol. Elle laissa la place à Harry, remirent la trappe en place puis se couvrirent de nouveau avec la cape. Ils devaient être dans une réserve, il y avait des cartons en bazar de partout. Ils grimpèrent les escaliers qui menaient à la seule sortie, ouvrirent la porte et se retrouvèrent dans un magasin.
Un magasin de bonbons visiblement. Des sucreries surprenantes occupaient l'intégralité des étagères recouvrant chaque murs de la pièce. Des enfants et élèves se bousculaient pour attraper les friandises de leur choix, discutant joyeusement des avantages de tel bonbon. Cara lança un regard à Harry, et ils se mêlèrent à la foule.
- Merci Harry, lui souffla-t-elle juste avant de sortir de la cape.
Elle sortit du magasin de friandises, n'aimant pas particulièrement l'odeur qu'elle dégageait. Elle savait qu'elle ne devait pas être là et que les professeurs y étaient probablement, donc elle décida de s'éloigner de la rue commerçante de Pré-au-Lard. Elle s'enfonça dans la forêt, savourant la magnificence des arbres enneigés. Elle continua d'avancer ainsi pendant au moins un quart d'heure, puis elle s'arrêta et s'assit sur un rocher qui avait été aménagé au milieu des bois. Elle regardait le ciel gris, presque blanc, la neige immaculée, elle écoutait le silence reposant des bois et les quelques bruits provoqués par les animaux. Elle y resta environ une heure, puis remonta à Poudlard. Rusard n'avait même pas remarqué qu'elle n'était pas censée en revenir.
Un peu plus tard, après les vacances de Noël, un incident ébranla tout le château. Sirius Black avait pénétré dans le dortoir des garçons de Gryffondor. Du coup, la maison rouge et or dormait dans la Grande Salle en attendant que le problème soit résolut. Cara apprit aussi que Cédric avait eu raison. Malefoy avait tout de même averti le conseil de sécurité des animaux fantastiques que Cara avait été blessée par un hippogriffe durant un cours de soin aux créatures magiques. La jeune fille ne lui adressa plus la parole, sachant pertinemment qu'il n'y avait pas moyen de discuter pour l'en dissuader.
Cara continuait d'être assidue et acharnée dans son travail, souhaitant réussir plus que tout. Elle empruntait des manuels de cinquième année à la bibliothèque pour apprendre davantage de sortilèges ou de potions. Elle s'exerçait régulièrement et travaillait toujours plus les cours qu'elle avait cette année-là. De temps à autres, elle réessayait des sortilèges ou des potions, des métamorphoses des années précédentes pour les maîtriser toujours parfaitement. Parfois, quand elle s'ennuyait, elle allait à la bibliothèque et feuilletait pendant des heures entières des bouquins sur divers sujets. Des sorciers ou sorcières célèbres, des inventions révolutionnaires, des théories scientifiques et chimiques, des bienfaits des plantes et herbes magiques, les animaux et créatures fantastiques, …Elle se cultivait, dévorant littéralement les pages de livres. Elle avait faim de connaissances et n'en était jamais rassasiée. Ce n'était pas forcément pour exposer ce savoir à tous et toutes comme l'avait fait la Gryffondor Granger, mais juste pour connaître. Elle aimait savoir les choses, leur donner des explications et en connaître toutes les relations.
Elle passait aussi beaucoup de temps avec Cédric, se rapprochant de plus en plus du Poufsouffle. Ils étaient devenus plus proches, plus intimes, plus qu'amicaux. Cara appréciait cette relation, aimant voir les yeux clairs du garçon la détailler lorsqu'il pensait qu'elle ne le voyait pas. Ils avaient développés certains gestes d'affections, comme des semblants de câlins. Par moment, lorsque le silence venait mais qu'aucun des deux ne voulait le briser, l'un des deux jeunes gens posait sa tête sur l'épaule de l'autre, créant un lien et apaisant l'autre. Cara aimait beaucoup quand Cédric caressait ses cheveux, les démêlant inconsciemment lorsqu'il étudiait. Il avait aussi tendance à poser son nez dans les cheveux de la jeune fille lorsqu'il rigolait. D'ailleurs c'est pour cela que désormais, Cara passait un masque capillaire assez régulièrement, celui-ci laissant une agréable odeur de miel derrière lui. Elle les shampouinait presque au masque tellement qu'elle en mettait une dose importante, mais au moins ses cheveux sentaient le miel plus longtemps.
Mais elle avait remarquait que Cédric n'était pas le seul à apprécier l'odeur mielleuse de ses cheveux. Olivier l'en avait complimenté et elle le voyait parfois tourner en la tête en humant l'air lorsqu'elle passait près de lui. Les filles de son dortoir lui avaient aussi demandé la marque de son shampoing mais elle leur mentit, ne souhaitant pas qu'elles sentent pareil. Mais celui qui y fut étonnement sensible, était Drago Malefoy. Depuis qu'elle appliquait ce masque, il s'asseyait souvent près d'elle lors des repas et il n'était jamais bien loin d'elle en cours. Par fierté il ne venait pas renifler ses cheveux, mais Cara était persuadée qu'il en mourrait d'envie.
Au cours du mois de Mai, Cara apprit que l'hippogriffe qui l'avait griffé avait été jugé coupable et serait décapité dans quelques semaines. Dès qu'elle le sut, elle quitta la Serdaigle avec qui elle discutait, et alla directement trouver Malefoy. Le garçon était en train de rigoler avec ses deux singes incapables dans l'herbe non loin du lac. Elle se rua sur lui, les yeux incendiaires, l'attrapa par le col de la chemise et le plaqua contre un tronc d'arbre.
- Espèce de sale merdeux pourrit gâté capricieux et lâche! S'écria-t-elle à moitié en appuyant son avant-bras sur la gorge du garçon. Tu n'avais aucun droit d'infliger ça à cette créature! Elle n'a fait que se défendre et toi et tes désirs vils vous lui ôtez la vie par simple vengeance! Non mais pour qui tu te prends pour agir ainsi? Ce n'est pas toi qui a été blessé, tu n'avais aucune raisons de lui infliger tes caprices! Tu ferais mieux d'aller voir ton cher papa tout de suite pour lui dire de tout arrêter parce-que sinon je vais moi-même te transformer en hippogriffe pour t'apprendre ce que c'est que la connerie d'un pitoyable gamin égocentrique!
Elle avait finit par lui hurler dessus, ne quittant pas ses pupilles grises du regard, l'incendiant sur place. Il ne lui répondit rien, gardant simplement un regard amusé. Elle s'éloigna de lui, ne voulant pas perdre le contrôle comme en début d'année.
- Tu sais ce qu'il en dit mon cher papa? Répliqua Malefoy en avançant de quelques pas à la suite de Cara.
Cette dernière s'arrêta et se retourna en le fusillant du regard. Drago ne s'arrêta pas avant d'être à moins de 20 centimètres de la jeune fille, qui ne recula pas, préférant le défier.
- Il a dit que je pourrai accrocher la tête de l'Hippogriffe dans la salle commune.
Elle serra la mâchoire si fort qu'elle crut que ses os perçaient sa peau. Ils s'affrontaient du regard, lui fier et arrogant, et elle haineuse et accusatrice. Elle luttait pour ne pas lui flanquer un coup de poing dans la figure, tentant par tous les moyens de garder son sang-froid. Le blond s'était encore rapproché, profitant de l'odeur mielleuse de la jeune fille. Le petit parfum sucré venait titiller ses narines, l'apaisant et lui donnant envie d'y goûter. Si proche d'elle, il voyait l'incroyable mélange de couleurs dans ses yeux, distinguant parfaitement les limites entre le vert, le bleu et le jaune. Il remarqua même à quel point ses lèvres avaient l'air délicieuses, pleines mais pas gonflées. Il garda son air satisfait, attendant la réplique.
Cara inspira profondément par les narines, l'aidant à calmer son pouls. Ses yeux plissés foudroyaient Malefoy, faisant passer toute la colère qui risquait à tout moment de se déverser sur le garçon. Elle s'avança vers lui, et verrouilla ses yeux dans les pupilles arrogantes du Serpentard.
- Alors j'accrocherais la tienne au-dessus de mon lit, répliqua-t-elle, provocatrice.
- Si tu veux m'avoir dans ton lit il suffit de le demander, ironisa-t-il en esquissant un demi-sourire.
Le dégoût traversa le visage de la brune.
- Je préfère encore moisir dans une cellule d'Azkaban en subissant des Doloris plutôt que de t'avoir dans mon lit, Malefoy.
Le visage du garçon se ferma légèrement avant de reprendre un masque froid.
- Je pense que mon père peut t'arranger ça, répondit-il simplement.
Un sourire moqueur fend le visage de Cara. Elle fait quelques pas en arrière avant de répliquer.
- Papa, toujours papa. Es-tu capable de faire quelque chose sans lui Malefoy?
Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer et s'éloigna en souriant.
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Hello you all! Voilà voilà pour le nouveau chapitre! Alors, qu'en avez-vous pensé? Vous aimez bien Cara? Dîtes-moi tout, je veux vraiment vous satisfaire avec cette fiction! Bon, voilà, j'espère qu'il vous a tout de même plu. On se revoit vite, XO, C.
