Et voilà c'est la fin de ma première fiction avec chapitres.
Emouvant comme situation.
Enjoy for the last time, ;).
OoO
On était samedi. Blaise se leva à l'aurore ce jour là. Il était du genre matinal, mais c'était surtout car il avait prévu de prendre le petit déjeuner avec son nouveau petit ami.
Cela faisait plus de trois semaines qu'ils étaient ensemble, et tout allait bien. Malheureusement ils n'avaient que peu d'occasion de se voir, ils se donnaient donc des rendez vous tard le soir ou, comme aujourd'hui, tôt le matin. Au début, Blaise était dérangé par le fait que Ron ne veuille pas se montrer, et en temps normal il l'aurait déjà laissé tomber. Mais il sentait bien que c'était différent et avait appris à accepter ces petites contraintes.
Il n'avait jamais été aussi satisfait et il fallait le dire, aussi heureux. Ses relations n'avaient jamais durés plus de quatre jours car au bout de ce délai, il s'ennuyait. Pourtant avec Ron, c'était différent. Il était différent.
Gentil, compréhensif, intéressé, affectueux...Il n'était vraiment pas comme les autres qui, dès le premier baiser, cherchaient à lui dézipper sa braguette. Il savait bien que c'était aussi parce que c'était sa première relation mais on voyait tout de suite que ça n'était pas dans son caractère. Il était pudique et peu sur de lui. Blaise appréciait cela.
C'est ainsi qu'il dévala silencieusement les escaliers, et sortit du passage secret. Il constata avec ravissement que Ron était déjà là, à l'attendre. Vérifiant qu'il n'y avait personne, il alla l'embrasser longuement.
A une heure aussi matinale, on aurait pu supposer qu'il n'y avait personne dans la Grande Salle. Et pourtant, quelque lève-tôt était présent. Mais ce n'était pas des personnes du genre à cancaner. Ron et Blaise s'installèrent donc tranquillement à la même table ne laissant tout de même pas trahir une relation plus qu'amicale.
Lorsque ce fut l'heure de grande affluence, ils s'éclipsèrent discrètement pour retrouver « leur coin », une sorte de couloir qui ne menait nulle part proche de la salle commune des Serpentards mais où il n'y avait jamais personne.
Ron n'était pas un grand bavard, et Blaise l'était pour deux. Et le rouquin l'écoutait toujours attentivement. Pour ça aussi il était différent des autres. Ca ne le dérangeait pas de l'écouter pendant des heures, il était sincèrement intéressé et il n'essayait pas de le faire taire par des baisers langoureux. Blaise était en osmose avec lui et pour la première fois, il espérait que cela dure.
Il avait été pris à son propre piège, lui qui, à l'origine, voulait rendre jaloux Drago en séduisant celui dont il était amoureux, car il était lui-même tombé sous le charme du rouquin.
Parfois la vie était vraiment bien faite.
OoO
Drago avait mangé rapidement ce matin là. Maintenant qu'il n'avait plus Blaise et que Pansy sortait avec Théodore, il se rendait compte à quel point il était seul. Il était maussade que rien n'avance dans sa vie et retourna lentement à son dortoir. Les couloirs étaient déserts et le silence qui l'entourait était le bienvenu. Pourtant, tandis qu'il s'approchait du passage secret, il entendit une voix familière. Il reconnut Blaise qui avait l'air de s'adresser à quelqu'un. Pourtant, ce quelqu'un ne parlait pas. Il se doutait alors que c'était le « mec sérieux ». N'écoutant que sa curiosité il suivit le son de la voix de son ami pour arriver au coin d'un petit couloir. Il s'approcha lentement, essayant de faire le moins de bruit possible, ce qui était difficile étant donné que Blaise avait arrêté de parler. Il comprit pourquoi lorsqu'il le vit en train d'embrasser un grand jeune homme dont la couleur de cheveux flamboyante ressortait même dans cette pénombre.
Il était roux. Drago se figea et même si son cerveau refusait de le croire, il dut se forcer à réaliser que le garçon dont Blaise était en train d'explorer les amygdales était bien Ronald Weasley.
Il se cacha derrière le mur et s'appuya sur les pierres froides. La colère s'empara de lui mais elle fut bien vite remplacé par le dégoût et surtout, par la tristesse.
Lorsqu'il croyait que Ron sortait avec Hermione, il se l'était imaginé en train de l'embrasser, et il se doutait que de les voir serait un expérience désagréable. Mais jamais il n'aurait pensé que ça faisait si mal.
Il se rendit compte à quel point il était attaché à lui, à ce garçon dont il ne savait finalement rien.
Il constata avec effroi que sa gorge se serrait, et même si ça ne lui arrivait que très très peu souvent, il savait que cela était signe qu'il allait pleurer. Il dut faire un effort pour se retenir, respira un grand coup et il se dirigea dignement vers le passage secret.
Ce soir là, il ne versa pas une larme et se convainquit que tout cela allait passer.
« Avec le temps va, tout s'en va », comme dirait l'autre...
OoO
7 ans après.
Ron était devant son miroir en train de peiner pour attacher correctement sa cravate. Il se maudissait d'avoir oublié ce sort si utile qui permettait de faire un nœud irréprochable. Il atteint enfin quelque chose de convenable après maints essais et lissa son pantalon de smoking. Etre élégant pour le mariage de sa meilleure amie était la moindre des choses.
Il entendit la porte de la pièce s'ouvrir et se retourna en souriant :
- Alors, je suis comment ?
Il fut surpris de constater que la personne qui venait d'entrer n'était pas Blaise, mais Drago.
- Oh Drago, désolé, je pensais que c'était Blaise.
- Ce n'est pas grave.
Ron se retourna une dernière fois vers le miroir pour remettre de l'ordre dans ses cheveux.
- T'es beau. T'es très beau.
Le rouquin fit volte face. Drago le regardait intensément, visiblement gêné.
- Merci, c'est très gentil.
S'ensuivit un silence pesant. Drago ouvrit la bouche, comme pour parler, mais il la referma, comme si il rassemblait son courage. Puis il baissa la tête et se décida à dire, dans un murmure :
- Le mot. Tu sais, le mot, c'était...c'était moi.
Ron comprit immédiatement de quel mot il parlait. Il voulut dire quelque chose mais il vit que Drago avait quelque chose à rajouter. Le blond releva la tête et au prix d'un immense effort parvint à articuler :
- Je t'aime Ron. Je t'aime depuis notre septième année...
L'intéressé ne savait pas comment réagir, même si il n'était pas vraiment surpris.
Au fond, il l'avait toujours su.
Il s'approcha donc de lui et l'embrassa doucement sur la bouche. C'était juste un effleurement mais Drago lui fut reconnaissant. Même si il savait que cela ne voulait rien dire, même si c'était sûrement la seule et unique fois ou les lèvres de Ron effleureraient les siennes.
Tout ça n'avait aucune importance.
Il entendit Blaise les appeler, alors il se dégagea et lança un sourire gêné à Ron. Avant de partir, il lui refit son nœud de cravate.
- Voilà, comme ça tu es parfait.
Ron lui souria une dernière fois, d'un sourire hésitant emprunt d'excuse.
Drago fit semblant de l'ignorer, et il le poussa gentiment vers la porte.
- Vas y, vas rejoindre Blaise, je vous suis. Je...je descends dans quelques minutes.
Il se força à faire un immense sourire au rouquin, comme pour montrer qu'il s'en remettrait, et que tout allait bien.
Resté seul, il se dirigea vers le miroir et vérifiant bien que Ron était descendu, il se laissa enfin aller, sentant quelques gouttes salées dévaler la pâleur de ses joues. Il les écrasa du revers du pouce.
« Tout ça ne rime à rien ».
Il pensait que les sentiments qu'il éprouvait envers Ron disparaîtraient. Mais au fil des années, il les voyait au contraire se développer, et le fait qu'il soit souvent fourré avec Blaise et lui n'arrangeait rien. Pourtant, il ne pouvait pas se résigner à les quitter. Ils étaient en quelque sorte sa famille.
Et même si ce qu'il ressentait pour Ron était fort, il savait aussi que ce qu'il y avait entre Blaise et lui dépassait l'entendement.
Alors, pour la première fois de sa vie, il s'était résigné à rester l'homme de l'ombre.
Fin
En espérant que ça vous ait plu...
Pour le titre, je me suis inspiré de la chanson de Pauline Croze, « T'es Beau » que je trouve très belle justement.
De plus elle correspond un peu à Ron.
Je mets les deux premiers couplets, mais franchement écoutez la.
« T'es beau,
T'es beau parce que t'es courageux,
De regarder dans le fond des yeux,
Celui qui te défie d'être heureux.
T'es beau,
T'es beau comme un cri silencieux,
Vaillant comme un métal précieux,
Qui se bat pour guérir de ses bleus. »
Voilà, une review si vous voulez, ça fait toujours plaisir.
En tout cas, merci d'avoir lu !
Léa, ;).
