Chapitre 7 : done !

J'ai honteusement volé (et transformé) une citation de Gérard de Nerval mais je suis sûr qu'il n'en souffrira pas. Et j'ai aussi l'impression d'avoir récupéré des bouts de trucs lus à droite à gauche (sans me rappeler quoi), donc désolé si y'a des resucées. Have fun !


Dernier Croissant

Allongé dans mon lit, je méditais sur le sens profond de la vie et la signification méta-physique de la mort de Dieu.

Non... Allongé sur mon lit, j'essayais d'éclaircir le fil de mes pensées. Tout était flou.

J'aurais probablement du profiter de la présence de mon matelas pour dormir, chose que j'avais oublié de faire depuis quelques dizaines d'heures, mais l'idée à cet instant, me paraissait étrangement surréaliste.

Comment aurais-je pu m'endormir avec ce que j'avais dans la tête ?

Je cherchais une solution à un problème insoluble, tout en me lamentant intérieurement de ma bêtise. A chaque fois que j'essayais de cerner le problème sous un autre angle, une image, un souvenir ou un parfum venait me détourner de mon but et m'asphyxiait mentalement.

J'étais incapable de faire preuve de la moindre logique.

Je repensais à notre pique-nique, à notre nuit, à mon erreur, à sa colère...

Je voyais bien le moment où le « nous » devenait « je » et « elle » mais je n'arrivais plus après à les lier de nouveau.

J'étais en train de chercher une solution grammaticale à un problème sentimental.

Puis j'essayais la conjugaison, mais l'imparfait était trop présent pour laissez, ne serait-ce qu'une minute, le conditionnel où le plus-que-parfait s'exprimer.

Je mis plusieurs minutes à me rendre compte de la stupidité de mon raisonnement. Mais je revenais toujours au point de départ. Comment faire ?

Je me disais que j'étais perplexe tout en sachant que c'était un euphémisme.. J'étais mélancolique et désespéré. L'auto-conviction ne marchait pas très bien chez moi. Entre autre. La réflexion et le positivisme, étaient ce jour là, bannis de mon vocabulaire. A mon plus grand regret.

J'avais bien pensé à utiliser une potion où un sortilège d'amnésie, mais mon sens moral m'avait rattrapé. Où plutôt le fait que je n'avais aucune idée de la composition de la première et surement pas les compétences nécessaires pour lancer le deuxième sans risquer de provoquer de graves troubles sur la santé mentale (déjà vacillante) de Luna.

Hermione ne m'aiderait probablement pas à l'ensorceler et je n'arrivais pas à me dire que la Salle sur Demande réponde vraiment à tout ce dont on avait besoin. Je décidais donc d'aller aérer mes pensées à l'extérieur, là où elles pourraient avoir de la place où s'étendre sans se chevaucher, me permettant peut être de voir dans leurs enchevêtrements un moyen d'atteindre mon but. Je quittais donc le dortoir, sans avoir le courage de me presser, et passait devant les gryffondors réunis là sans leur adresser le moindre signe qui exprimerait le fait qu'a ce moment précis, j'étais conscient ou même intéressé par leur existence.

J'étais finalement assis sous les arcades du cloaque, par terre et je n'en finissais pas d'avoir froid aux fesses sur la pierre froide. Heureusement pour moi, le cloaque était complètement désert et les spasmes qui agitaient mon corps dans une vaine tentative de remonter mon thermostat interne n'avaient pas de spectateurs. Je remerciais intérieurement Merlin de me laisser seul pendant que mon instinct de survie tentait de me réchauffer. C'était probablement dû au fait qu'il neigeait et qu'il ventait le plus fort depuis le début des vacances. J'étais donc le seul a profiter des flocons qui tombaient en continu.

Je pouvais voir la neige recouvrir petit à petit toute la cour et ensevelir les pavés sous une couverture blanche, comme je pouvais sentir la déprime recouvrir une à une mes pensées.

Petit à petit, insidieusement, la noirceur gagnait ma tête.

Ce sentiment d'absolu et d'inéluctable qui vous descend jusque dans la gorge quand vous savez que vous ne pouvez rien y faire et qui vous paralyse mieux qu'un blizzard.

Je me laissais allez à mon spleen, incapable de quitter ma position. Je m'attendais presque à voir Voldemort débarquer pour finir le travail.

J'étais véritablement bloqué, ne répondant plus à aucun stimuli extérieur, et seules mes pensées me donnaient une preuve de ma propre existence.

Mon statut de survivant, avait du lamentablement chuté depuis le début des vacances, passant à « presque vivant » et tombant probablement jusqu'à « comateux végétatif ».

Mais toutes ces considérations me paraissaient alors complètement secondaires, face aux énigmes et aux angoisses de mon désespoir sentimental.

Je restais encore des heures dans le cloaque, immobile, transi de froid et dans un état dépressif comparable à la bonne humeur de Rogue.

...

Je crois même que je m'y suis endormi. Mais je n'avais surement pas trouvé de solution. Pas même dans mon sommeil. Après avoir, dans un éclair de lucidité, compris l'inutilité de ma présence ici, je décidais de me lever pour allez prendre un chocolat chaud dans la Grande Salle.

Lorsque j'y entrais, je pus voir quelques élèves répartis sur les différentes tables, certains apprenant leur pièce de théâtre, d'autres, plus nombreux, pratiquant avec acharnement une version magique de la glandouille, consistant à faire léviter des objets tout en somnolant.

Je me glissais à la table des Gryffondor, en prenant soin de garder la plus grande distance possible entre moi et n'importe quel élève, par mesure de sécurité, et d'éviter d'attirer les regards. La première partie marcha plutôt bien, mais mes spasmes de froid, désormais quasi-épileptiques, mon claquement de dents et les traces de neige que je laissais sur mon chemin m'empêchèrent de réaliser la deuxième partie.

Je me tassais sur la table en attendant la tasse de chocolat chaud, dans une absurde tentative de passez inaperçu.

Au moment où j'allais engloutir ma première gorgée en essayant inconsciemment de me noyer dans ma tasse, quelqu'un vint s'asseoir pile en face de moi.

Je ne levais même pas les yeux, et dans une attitude enfantine, me cachait la tête dans le creux ma tasse, les yeux ancrés dans le breuvage sombre. Si je ne le voyais pas, alors il ne me verrait pas non plus... Non ?

-Harry... entendit-je d'un ton lancinant et un peu inquiet.

-Hermione... répondit-je du même ton.

-Tu sais que je te vois...

-...

-Harry, t'as plus 5 ans, il faut que tu saches que se cacher derrière ses mains ne te fera pas disparaître.

-...

-Et que le chocolat chaud ne contient aucune substance capable de te faire oublier quoi que ce soit.

-...

-Par contre j'ai une petite gourde de whisky Pur Feu dans ma poche, me glissa t-elle en se rapprochant de moi, avec un sourire non-dissimulé aux lèvres.

Je ne pus m'empêcher de lever les yeux au dessus de ma tasse, lui lançant un regard soupçonneux.

-Hermione, tu sais que... que l'alcool est interdit dans l'enceinte de l'école ? Demandais-je, hésitant.

-Évidemment !

-... Tu va bien ? Je veux dire, pas de traumatismes crânien dernièrement ou de potions qui aurait mal tourné ?

Elle avait l'air faussement courroucée

-Harry... ,je te retourne la question.

-Humrhpff, marmonnai-je, considérant cette réplique comme la plus précise des explications.

Hermione se décida à sortir sa gourde, et le plus discrètement possible, versa l'ensemble de son contenu dans ma tasse. L'arôme qui s'en dégagea était particulièrement savoureux, et on pouvait imaginer la légère amertume du cacao se lier à celle du whisky, tout en étant adoucie par le sucre.

Je m'empressais d'en prendre une gorgée.

C'était délicieux.

Je me précipitais de finir de tout boire, sous le regard amusé d'Hermione.

Lorsque j'avalais la dernière goutte de cette étrange potion, je m'aperçus que mon moral avait retrouvé un peu de sa superbe, et que la force de mes tremblements avaient fortement diminué.

-Bon, maintenant explique moi tout, tout de suite, me dit-elle les yeux dans les yeux.

-Comment dire... Il se pourrait qu'une déception amoureuse soit la cause de mon état.

-Quelle surprise... répondit-elle avec ironie.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

-Tu pourrais commencer par la vérité.

-Il se pourrait que Luna soit la cause de mon état...

-C'est déjà mieux. Continue. m'ordonna t-elle.

-Attends, t'as quand même pas mis du Veritaserum là-dedans ? demandais-je, rempli de doutes.

-Mais non, imbécile...

-Bon.. Bon... fis-je, sans en être vraiment convaincu.

-...

-Il se pourrait que je sois comme qui dirait dans une impasse quant au moyen de me faire pardonner.

-Le coup du tournoi, ça n'a pas marché ?

-Elle a tenté de me tuer...

Le regard qui suivit me rappela celui de McGonagall lorsque Ron et moi arrivâmes en voiture volante en deuxième année. J'avais depuis compris, que ce genre de regard n'annonçait rien de bon, et que les personnes capables de les lancer, avait aussi une certaine tendance à utiliser des sortilèges ou des moyens de pression particulièrement désagréables pour obtenir ce qu'ils voulaient. En l'occurrence des aveux.

-Bon peut être pas au sens littéral, mais quand même...

-Et qu'est ce que tu compte faire ?

-Bah justement, c'est le dilemme du jour. La question à 100 galions.

-Tu l'aimes ?

-hum, là à chaud, j'aurais tendance à dire oui, mais j'ai encore quelques doutes... Avec deux heures et une calculette, j'peux te répondre...

-Harry...

-Evidemment Hermione ! répondais-je avec colère. Elle me manque...J'viens de passer au moins trois heures le cul par terre sous la neige à essayer de trier mes pensées, et la seule chose qui est sortie de cette séance d'introspection, c'est qu'elle me manque... Pour de vrai... Certes je suis pas un génie, j'ai pas des Optimal à tous mes examens, mais y'a pas besoin d'être Merlin pour comprendre que, oui je l'aime. Qu'elle soit à côté de moi ou pas, qu'elle m'en veuille ou non, quoiqu'elle fasse, qui qu'elle soit, quoi qu'il m'en coute, je l'aime. Même quand elle est folle... Surtout quand elle est folle...

Elle continuait de me regarder sans rien dire, en essayant de cacher le fait que je l'avais vexé.

-Désolé Hermione, j'voulais pas être méchant.

-Et pourquoi tu lui dis pas tout ça ?

-Que je voulais pas être méchant ? Sans vouloir mettre ton génie en doute, je suis pas vraiment sur que ça marche. Répondais-je sarcastique.

-Mais non, idiot, pourquoi tu ne lui dis pas que tu l'aimes ?

-J'ai la vague impression qu'elle ne m'écoutera pas. Et puis j'ai une réputation moi. En tant que Survivant, je ne peux pas me permettre d'être niais.

-T'es vraiment con quand tu veux Harry. Des fois j'ai l'impression de voir Ron.

-S'il apprend que t'as dit ça...

-S'il apprend que j'ai dit ça, me coupa t-elle, je te transforme en théière, en toute amitié évidemment.

-Humpff.

-On est bien d'accord.

Elle se leva prestement et quitta le banc en face de moi.

-Bon je m'occupe de la rencontre fortuite, et toi tu t'occupe du reste !

-Pardon ?

-Bah oui, la rencontre fortuite. Tu va pas aller frapper à la tour des Serdaigle pour demander à la voir quand même, ça casserait le charme. Il faut donc que vous vous rencontriez fortuitement dans un endroit isolé, et ça je m'en occupe.

-Mais...

-Et toi, tu lui dit la vérité. Et je compte sur vous pour être présent aux répétitions demain matin, à la première heure ! Je ne veux pas perdre ce tournoi par ta faute.

Et elle s'en alla, l'air de rien.

Ce qui dans son cas, voulait dire que son génie était en pleine activité. Activité qui ne présageait d'ailleurs pas grand chose de bon pour moi...

Je passais le reste de la journée dans la salle des Gryffondors, à imaginer la rencontre qui m'attendait. Dans ma tête, tous mes mots paraissaient justes mais j'avais la vague impression qu'une fois passé les cordes vocales, ils perdraient de leur éclat. J'avais d'ailleurs du mal à m'imaginer les dire autrement qu'à toute vitesse en un seul souffle. Ce qui sans surprise, « casserait le charme » comme avait dit Hermione.

Continuant de ruminer en prophétisant toutes les possibles réponses de Luna à ce que je lui dirais, allant des plus optimistes (« T'es beau comme un ronflak ») aux plus pessimistes («Enfin Harry, j'ai lié ma vie à Drago depuis la première année et notre amour est plus fort que tout ! »), je me préparais pour ce soir.

Ma machine à imaginer faisait en même temps tout le travail qu'on attendait d'elle pour m'angoisser,faisant apparaitre dans ma tête, clair et net comme une photo, Drago enlacer Luna devant moi, sur les marches de l'escalier où j'avais refusé sa poignée de main, et voir le serpentard prendre sa revanche dans un baiser passionnel.

Ou même pire ! Devoir boire une potion de polynectar avec un poil de Ronflak dedans. Mon cerveau s'arrêta sur cette image pour me donner son idée à lui du goût qu'elle aurait. J'en déduisis qu'elle serait nauséeuse... au mieux.

Ainsi passa l'après-midi, m'occupant à me faire peur pendant que mon inconscient s'occupait de malmener mon système gastrique.

Je finis engoncé dans un fauteuil, sous une couverture, face à la cheminée, terriblement angoissé par le plan d'Hermione et ses chances de succès.

...

Lorsqu'elle arriva, elle se plaça face à moi avant de me crier :

-Harry ! Sors de ce fauteuil ! Maintenant ! J'en ai marre de te materner !

-Désolé Mione, mais tu sais, c'est peut être pas une bonne idée que...

-Que rien du tout ! T'as dix minutes, pas une de plus ! Me coupa t-elle.

-Pour ?

-Pour allez la retrouver sombre crétin, se lamenta t-elle en se frottant les sourcils.

-Et je la retrouve où ?

-Dans le parc.

-Mais il est gigantesque le parc, j'vais jamais lui tomber dessus !

-J'ai parlé d'une rencontre fortuite, pas d'un rendez-vous arrangé. Maintenant tu déguerpis, de gré ou de force, finit-elle en sortant sa baguette.

Visiblement, tous les gryffondors présents étaient aussi éberlués que moi, à la différence qu'eux n'étaient pas directement menacés par Hermione.

Face à son air pour le moins renfrogné, je décidais donc d'obéir à l'ultimatum en m'élançant à toutes jambes jusqu'au portrait de la grosse dame et d'ouvrir la porte en la refermant d'une seule volée.

Je me retrouvais dans les escaliers, en relative sécurité. Je n'arrivais toujours pas à comprendre comment elle savait que Luna se trouvait dans le parc, pas plus que je ne savais pourquoi je n'avais que dix minutes. Je devais croire au plan d'Hermione.

En théorie, ça allait marcher. En pratique, ça allait surement merder.

Rempli de toute la confiance que j'avais pu trouvé (et j'avais fouillé jusque dans les moindres recoins) et de cette détermination habituelle qui m'habitait et que je considérais comme chancelante, à son apogée, je descendis les escaliers et suivit le chemin le plus court vers le parc.

...

J'avais du me faire le plus discret possible, n'ayant pas eu le temps de prendre ma cape. Je ne me rappelais pas la dernière fois où j'étais sorti après le couvre-feu sans être invisible. Je dus donc faire des efforts dont je n'avais plus l'habitude pour marcher silencieusement, et éviter les rondes de Rusard et de Miss Teigne, qui s'avéraient particulièrement perspicaces quant aux lieux où pouvaient se trouver les élèves la nuit. Arrivée hors des murs, je me mis à marcher tout droit. Je n'avais aucune idée de comment la retrouver. Je faisais confiance à Hermione. A vrai dire, je n'avais pas le choix. Mais à chaque minute passer sans la voir, je sentais l'espoir de voir Luna se réduire, petit à petit. J'avais peur de ne pas le retrouver s'il continuait à diminuer ainsi.

Il faisait complètement nuit, ce qui ne rendait pas ma tache plus aisée, mais je continuais malgré tout. Après être passé près de la cabane d'Hagrid,je me dirigeai vers le lac.

Je m'apprêtais à faire demi-tour lorsque j'aperçus enfin une tache de lumière immobile. Une petite boule de lumière. de là ou j'étais, elle n'était pas plus grosse que mon ongle.

En m'approchant je distinguais une silhouette assise à côté d'elle. Je me rendis finalement compte que la lumière était le patronus de Luna, et dans un éclair de génie, que la silhouette devait être Luna.

Jusque là, le plan d'Hermione avait l'air de marcher.

Je continuais d'avancer, plus par réflexe qu'autre chose, avant de m'arrêter à côté d'elle. C'est à ce moment que le patronus disparu.

Elle n'avait pas quitter le lac des yeux depuis que je l'avais vu. Et elle n'avait pas l'air de vouloir regarder autre chose. Je pris l'absence d'insultes pour une invitation à rester, et fini par m'asseoir à côté d'elle.

Aucun de nous deux n'avait encore parlé. Et elle ne paraissait pas disposé à entamer la conversation.

Par pur mimétisme social, ou peut être pour trouver ce qui attirait son attention... ou plus surement pour dissimuler ma gêne, je me mis à scruter aussi le lac.

Nous restâmes des secondes ou des minutes, ainsi, sans osez se parler. Je m'étonnais de la longueur du temps lors des silences. Il semblait s'étirer, comme un élastique. Et dès que l'on parlait l'élastique se détendait.

-Je suis désolé... Je voulais pas être méchant, furent les premiers mots que je prononçais, me damnant immédiatement de ma stupidité. J'essayais de me rattraper :

-Euh non, c'est pas ce que je voulais dire...

-Donc tu l'as vraiment fait par méchanceté ?

-Non, non... Je... Je sais pas comment dire... C'était une erreur... une grosse, grande, monumentale et malencontreuse erreur.

-Quelle précision dans les termes. Je sens que tu y a beaucoup pensé, à cette erreur, pour si bien la définir.

-Je sais pas quoi dire...

- Je sais pas quoi penser...

Un autre silence gêné suivit sa réponse. Je ne savais pas quoi dire, et me perdre en regardant le lac et tous les reflets à sa surface me paraissait une excuse tout à fait valable pour ne pas répondre.

-Je t'aime... demandai-je presque, en continuant de scruter le lac.

-Je croyais que les gryffondors étaient réputés pour leur courage...

-Je t'aime, affirmai-je, d'une voix plus forte et plus confiante.

-Y'a du mieux. Le seul problème, c'est que je ne te crois pas. Elle avait un ton étonnamment enjoué.

A m'écouter, je ne me croyais pas non plus. Mais ça ne me faisait pas sourire pour autant. Bien au contraire.

-Je t'aime, c'est vrai. Et à vrai dire, tu n'y peux rien. Je n'y peux probablement pas grand chose non plus, tout compte fait. Continuais-je.

-...

-Je t'aime envers et contre tout. Je t'aime pour tout ce que tu es, tout ce que tu fait, tout ce que tu dit et tout ce que tu tait.

-...

-Je t'aime même si parfois je te comprends pas. Je t'aime autant, que tu me haïsse ou non.

Elle leva un sourcil intrigué. et finit par me regarder. J'étais nerveusement entrain de m'arracher les ongles, la peau et même les doigts, de mes mains, et je sentais une moiteur désagréable m'envahir.

-Y'a tellement de raisons Luna... Et depuis tellement longtemps. Dans l'amour que je te porte, il y a trop de passé pour qu'il n'y ait pas beaucoup d'avenirs. Il y a trop de désirs pour qu'il y ai jamais un grain de raison. Trop de sentiments qui ne laisse pas de place à la logique. Tu sais, j'ai été con et maintenant je le sais. Je sais pas si j'ai payé le prix ou si tu me pardonneras. Mais je t'aime, c'est tout. Sans sortilèges, sans potions, sans faux semblants... malgré les faux pas.

-...

-La seule chose que j'aime pas chez toi, c'est ton absence...

Je n'arrivais pas à deviner ce qu'elle pensait, et bien que la nuit était supposée cacher la rougeur de mes joues, je ne pus m'empêcher de ressentir de la honte face à son regard.

Au bout d'un silence encore plus gênant et plus long que le précédent, je décidais de me lever, l'absence de réponse étant une réponse en soi.

-Non, reste s'il te plait.

Je ne la comprenais toujours pas, mais pris d'un espoir, je n'osais pas la contredire et me rassit. Au moment où mes fesses touchèrent l'herbe du parc, je vis réapparaître son patronus à côté d'elle. Elle était assise, en s'appuyant sur ses bras derrière elle, les jambes légèrement fléchies. Je décidais d'adopter la même position, en continuant de me demander si elle faisait apparaître consciemment son patronus où s'il était réellement une manifestation de sa joie présente. Mon esprit me disait que c'était la première solution. Mon cœur, lui espérait de tout lui même, que ce soit la deuxième.

-T'es maladroit Potter. Et c'est vrai que t'as été con...

Elle regardait de nouveau le lac en face d'elle.

-Je sais...

-Tu as déjà fait une chasse à l'énormus à babille ?

-Euh... non, jamais Luna, répondit-je, complètement désemparé par sa question.

-C'est très amusant tu sais. Tu voudrais y participer ?

J'étais pris de cours, et je ne savais absolument pas quoi répondre. Je ne savais en fait absolument pas de quoi elle voulait parler.

-Euh...bah...beuh...Oui ! Oui, évidemment.

Nous nous étions imperceptiblement rapprochés. Nos mains se touchaient presque, derrière nous.

-Le vrai problème avec l'énormus, c'est qu'il ne vit que dans des régions très précises du monde. On en verra jamais en plein Londres par exemple.

Je glissais le plus courageusement possible ma main contre la sienne, tout en essayant vainement de détourner son attention de mon contact et attendant une gifle qui ne vint finalement pas :

-Et pourquoi ça ? Ils ne sont pas citadins ?

- Ils détestent la présence des moldus. Et en plus ils ne supportent pas la fumée. Alors avec toutes les cheminées des maisons et les usines, tu sais, ils ont vite fuient la ville...

Et pendant qu'elle continuait à parler, je sentis ses doigts se resserrer sur les miens.

Je l'aimais même si je ne la comprenais pas toujours.

Et tout en l'écoutant, je sentis un sourire se dessiner sur mon visage.

-Et on le chasse où alors ? demandais-je, en essayant de suivre la conversation.

-Ici même ! Et puis si on en trouve pas, on pourra essayer dans la Salle sur demande...