Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer...Mais j'y ai mis ma touche perso.

Résumé : Comment vivre avec un homme qui semble être un étranger ? Parfois tendre et doux ou violent et froid, Bella doit supporter les multiples facettes D'Edward Cullen, son inaccessible mari...

Titre : Guéris moi

Rating: -M- *.*

Note de l'auteur: Salut tout le monde ;) Je reviens avec le dernier chapitre de Guéris moi, je suis triste de voir cette histoire se terminer, mais contente de lui avoir donné une fin que j'estime digne d'elle. Merci à ceux qui ont été là depuis le début, tout comme à ceux qui ont découvert l'histoire en court de route.


{Méfie-toi des blessures
Que l'on ne guérit pas
De mes mains qui rassurent
Mais ont eu tellement froid
Méfie-toi de ma peau
Elle se souvient de tout
De ce qui est trop beau
Et n'appartient qu'aux fous

Méfie-toi du passé
De sa mémoire immense
De ce qu'on croit caché
Quand la vérité danse
Méfie-toi de mes peurs
Qui reviennent parfois
Méfie-toi du bonheur
Souvent il n'attend pas

Méfie-toi de moi
Car parfois ça m'abîme
Tant de fois
Comme si c'était un cri

Et même si je t'aime
Plus que tout
Méfie-toi de ces chaînes
Que l'on se met au cou
Et même si je t'aime
Plus que moi
Méfie-toi de nos peines
Et du temps qui s'en va
Méfie-toi de moi}

Hélène Ségara


•● Guéris moi

Playlist : The Album Leaf- Broken Arrow et Twenty Two Fourteen


J'aurais aimé que mon histoire puisse parler d'espoir, de rédemption, de seconde chance, de pardon, j'aurais aimé être plus forte, plus courageuse, j'aurais aimé être son salut, sa guérison, son remède, j'aurais aimé que notre amour soit suffisant.

Je suis comme hantée, hantée par le fantôme de son souvenir, de ses sourires, sa voix, ses caresses, ses yeux, son être tout entier, notre amour, notre passion, notre fusion, nos moments les plus merveilleux comme les plus sombres.

"Gueris moi"

"Aime moi"

"Pardonne moi"

"Survis moi"

J'erre, tout en essayant de réapprendre à vivre, je flotte dans l'espoir vain de rester à la surface, de refaire surface, il m'aura brisé jusqu'au bout, il n'aura laissé de moi qu'un corps vidé de sa substance, que les contours floues et brouillés d'une silhouette, le détester demanderait une force qu'il ne me reste plus.

Comme j'y ai cru, comme j'ai désespérément voulu y croire.

"Je t'aime Bella, c'est toi et moi ensemble"

Ces mots, ces promesses, ces douces paroles qui suffisaient à sans cesse raviver la flamme de l'espérance que je ne pouvais empêcher de briller à l'intérieur de moi.

Rosalie avait eu raison et une fois de plus je m'étais refusée à l'écouter, parce qu'il était revenu à moi, parce qu'il était revenu vers moi, qu'il avait fait le premier pas, qu'il avait mis de côté sa fierté, m'avait promis monts et merveilles, parce que je l'aimais.

Je me suis donnée tout entière, sans barrière, sans armure, sans protection. Je l'ai aimé avec la force du désespoir, avec chacune des fibres de mon être, j'ai remis entre ses mains mon coeur, mon âme, mon souffle. J'ai essayé, Oh oui j'ai essayé, si fort, tellement fort, essayé de me battre avec et pour lui, de le comprendre, de l'aider, de lui pardonner.

Je pensais savoir ce qu'était la douleur, je pensais en avoir déjà savouré la texture, mais telle une plume elle m'avait seulement caressé, elle m'avait seulement effleuré.

Une lettre, quelques mots, si peu pour comprendre, pour appréhender cette dernière trahison, ce coup de poignard, ce départ, cette fuite.

"Tu es prêt à voir un psychologue?"

"Je suis prêt à faire ce qu'il faudra" Avait-il répondu.

Menteur. Mensonge.

"J'ai besoin de toi"

Menteur. Mensonge.

Comme c'est étrange d'être si jeune, mais déjà de ressentir cette sensation de plus rien avoir à vivre, à expérimenter, à découvrir, de ne plus en avoir l'envie, la curiosité, de se sentir si vide à l'intérieur, si déboussolée, si seule, si malheureuse, exténuée.

"Guéris moi"

J'entends encore sa voix prononcer ces paroles, j'entends sa supplique, je le revois tomber à genoux, le revois pleurer dans mes bras. je visualise mon propre désespoir face à sa vulnérabilité, à son tourment.

"Aime-moi"

Combien de fois l'en ai-je imploré ? Parce que s'il m'aimait les choses pourraient être différentes, il ne voudrait pas me faire de mal, il ne se mettrait pas violemment en colère, il me chérirait, il s'ouvrirait à moi. Alors je l'implorai encore et toujours"Aime-moi, aime-moi, aime moi"

"Pardonne moi"

J'ai tellement entendu ces mots, après chaque acte de violence, ces mêmes mots utilisés dans une lettre qui est a présent gravée dans mon esprit. De quoi voulait-il mon pardon? De m'avoir si souvent fait pleurer, fait souffrir ? D'avoir piétiné mon coeur déjà abîmé ? D'avoir rallumé l'espoir en moi avant d'en éteindre tout aussi rapidement la flamme ? Ou bien d'avoir lâchement refusé de se battre et d'avoir choisi la porte de sortie la plus facile d'accès.

"Survis moi"

Comment survivre à la perte de son âme soeur ? A son absence ? "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé" le monde perd de ses couleurs, la vie perd de sa saveur, mon psychologue nomme cela une dépression, peut être a-t-il raison.

Pour qui mon coeur battra-il encore la chamade, qui échauffera mon sang, avec qui aurais-je le sentiment d'avoir trouvé ma place en ce monde malgré les obstacles, la peine et la douleur ? Personne ne sera jamais lui, car il était mon tout.

"Je vais mieux, tu le sens aussi n'est-ce pas?" m'avait-il murmuré au creux de l'oreille au coeur de la nuit, dans notre lit.

Me mentait-il alors ? Pourquoi n'avais-je rien vu venir ? M'étais-je laissée berner par ses efforts, la thérapie que nous suivions ensemble et individuellement, les parties de lui jusqu'alors inaccessible qu'il offrait à moi.

"Bella, ne retombe pas sous son emprise, s'il te plaît. Es-tu certaine de faire le bon choix en retournant avec lui?" M'avait demandé Rose alors que je préparais mes affaires.

"Tu as vu comme moi qu'il est prêt à faire des efforts, c'est tout ce que je demandais, j'aime cette homme et il n'y a rien que je puisse y faire."

Des efforts il en a fait, le temps d'un battement de cil, car déjà il s'en était allé. Une maison plongée dans l'obscurité, de mes maintes tremblantes je ramasse une feuille pliée sur notre lit, et alors que j'en découvre les mots mon univers s'écroule.

"Bella,

Ne crois jamais que je n'ai pas pensé un seul des mots que j'ai prononcé, ne crois jamais que je n'ai pas voulu essayer, c'est faux. J'ai décidé de ne plus me laisser guider par mon égoïsme. Je fais ce que je pense être le mieux pour toi, pour moi. Je continuerai à tenter de me soigner, de me trouver sans être tenté de me conformer aux idéaux que tu te fais de la personne qu'il faudrait que je sois. Ne me prends pas cela comme un reproche, car ça n'en est pas un. Nous sommes faits l'un pour l'autre, j'en ai la certitude, alors peut être un jour nous retrouverons nous, tu sais que je ne crois pas au destin, mais je crois en toi, en moi, en nous, en la connexion qui nous unis.

Pardonne moi, survis moi.

Edward.

Une fois de plus il était l'élément dominant du couple et prenait seul les décisions, une fois de plus il était le seul capitaine à bord de cette relation. Il avait refusé que je sois celle qui m'en aille pour être celui qui s'en irait, et sotte inconsciente de mon état je l'avais laissé faire.

Je n'aimerais plus jamais quiconque de la façon dont j'ai aimé Edward, de cette amour qu'on ne ressent qu'une fois dans sa vie, de cette amour qu'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie, de cette amour qui est douleur et chagrin mais aussi bonheur et joie, de cette amour qui nous éveil non seulement au monde mais aussi à nous même.

Avec lui, quelque chose de moi s'en est allée, s'est envolée. Alors peut être a-t-il lui aussi laissé quelque chose de lui avec moi, en moi.

J'ai dit un jour que même si j'avais eu conscience de ce dans quoi je m'embarquais en devenant la femme d'Edward j'aurais fais le même choix, cela reste véridique, même aujourd'hui alors que je suffoque sous le poids de la douleur.

Je ne regrette rien. J'ai courbé l'échine, je me suis tu, j'ai laissé passer énormément de choses, mais j'ai aussi toujours été honnête avec mes sentiments, j'ai donné tout ce que j'avais à donner, et je me suis battue avec ardeur et férocité. Je me sais bien trop abattue, abîmée, brisée pour en prendre conscience maintenant mais si cette relation m'a détruite, elle m'a aussi rendu plus forte, elle m'a endurcie. Seule une chose préalablement détruite peut être reconstruite, mais une telle reconstruction demande du temps, de l'énergie, de l'envie.

Je ne m'empêche pas de penser à lui, je ne bloque pas les souvenirs de son corps pressé tout contre le mien, de son visage à la froide perfection, au contraire, je les laisse m'envahir quand le besoin s'en fait ressentir, et je fusionne avec eux. Avec la thérapie j'ai compris que c'est en leur faisant face que j'arriverais à me guérir, pas en les rejetant ou en les enfouissant aux confins de ma mémoire.

Il m'arrive souvent de me demander où est-ce qu'il se trouve, ce qu'il fait. J'aime à imaginer qu'il s'en est allé en Asie, je l'imagine dans un temple bouddhiste, assis avec des sages, découvrant et apprenant la spiritualité, calmant son esprit torturé, apaisant son âme maltraité. Où que l'ait mené sa quête, j'espère qu'il a trouvé ou trouvera ce qu'il cherchait, j'espère qu'il a compris ou comprendra ce qu'il voulait comprendre. J'espère qu'il s'est trouvé tout simplement.

Depuis longtemps mes larmes se sont taris, mes larmes de peine et de chagrin, mes larmes de colère et d'amertume, puis mes larmes d'acceptation, et enfin la délivrance mes larmes d'au revoir et d'adieux.

Il fut une énigme, il fut indéchiffrable, il fut sombre, il fut distant, il fut glacial, il fut violent mais il fut aussi solaire, tendre, aimant, attentionné. Des facettes innombrables pour un seul être humain.

"Aime moi pour ce que je suis ou quitte moi"

"J'en ai plus qu'assez de devoir me forcer à jouer un rôle pour être celui que tu voudrais que je sois."

"Tu n'as pas pu me donner la seule chose que je te demandais."

"Je t'ai trompé parce que j'avais besoin de savoir que je pouvais le faire"

Edward a toujours su où il fallait appuyer pour me faire mal, il a toujours su jouer sur mes craintes les plus profondes, sur mes blessures les plus douloureuses. Mais la faute m'incombe, parce que je suis celle qui lui en a donné le pouvoir, je ne me fais pas d'illusion à ce sujet, on ne peut nous détruire sans notre consentement, je lui ai donné les armes pour m'anéantir encore et encore, comme si de façon inconsciente je me délectais de cette souffrance.

Je lui ai pardonné ses mots, je lui ai pardonné ses coups, j'ai tenté de lui pardonner tous ses abus, de lui trouver des excuses, de les comprendre. Je l'ai quitté puis je suis revenue. Par ces actes je suis celle qui a causé ma souffrance, ma désolation.

J'ai fait passer sa souffrance avant la mienne, j'ai fait passer ses désirs avant les miens, j'ai fait passer son mal être avant le mien, je l'ai fait passer avant moi. Je me suis occupée de lui avant de m'occuper de moi. Et à présent je me retrouve seule face à moi même, et je ne sais que faire, je ne sais pas comment prendre soin de moi, je ne sais pas comment me guérir.

C'est sans un regard en arrière qu'il s'en est allé. A-t-il ressenti ne serait-ce qu'un pincement au coeur alors qu'il faisait lâchement ses valises ? A-t-il versé ne serait-ce qu'une larme alors qu'il rédigeait sa lettre ?

Lui arrive-t-il de penser encore à moi ? De regretter son choix? En a-t-il perdu le sommeil, l'appétit ? Imagine-t-il ma silhouette à chaque coin de rue ? Lui arrive-t-il de se remémorer mon parfum, la nuit de chercher la chaleur de mon corps? Imagine-t-il ce qu'aurait pu être notre futur ensemble s'il nous en avait donné la chance? Est-il aussi malheureux que je peux l'être ?

Comme il est difficile de ne pas sombrer, comme il serait aisé de me laisser submerger par les vagues de mon désespoir. Et Parfois quand c'est trop dur, quand cette tourmente me semble vouloir durer toujours, ne jamais s'en aller, je songe à la laisser m'engloutir, à cesser de me battre, à faire cesser la douleur.

Mais presque malgré moi quelque chose en moi refuse d'abandonner, alors j'aime à croire que peut être l'étincelle d'espoir que je pensais à jamais éteinte brille encore quelque part, son intensité moindre, elle vacille même parfois, mais elle est toujours là, elle a résisté aux épreuves du temps. Espoir de voir qu'au loin le soleil à éclairci les nuages qui obscurcissaient l'horizon, que demain sera meilleur qu'aujourd'hui, espoir de me voir un jour me relever.

Rose est toujours là auprès de moi, un soutien indéfectible, une amie fidèle, elle me prouve tous les jours son amour, elle me démontre aussi que quelqu'un peut m'aimer sans me faire du mal, sans me blesser, sans constamment me faire ressentir que je ne suis pas assez bien.

Peut être un jour prononcer son prénom ne me sera plus si difficile. Peut être qu'un jour penser à lui ne sera plus aussi douloureux. Peut être un jour arriverai-je à laisser les parts de lui qui vivent encore en moi s'en aller. Peut être un jour je serai capable de tourner la page.

Il y a peu de temps mon psychologue m'a demandé. "Que ferez vous s'il vous revient ?"

Je ne lui ai pas répondu, car cette réponse n'appartient qu'à moi. Je ne peux prévoir l'avenir, je ne peux m'imaginer de quoi demain sera fait, mais j'ai malgré tout la certitude qu'il reviendra comme il l'a toujours fait, j'aime à croire que je serai guéri de lui quand il le fera, mais je sais que cela ne sera jamais le cas.

Telle une toxine se répandant doucement dans mon organisme il m'a empoisonné, à cela je ne trouverai jamais de remède, de cette addiction je serai pour toujours dépendante.

Mais si Edward a enfoncé la porte menant à mon coeur pour s'y faire une place qu'il gardera à jamais, la porte qui elle mène à moi, à ma vie, lui est à présent à jamais fermée. Je pense que chaque individu possède un point de rupture, après avoir supporté sa violence, son silence, son infidélité, son départ, sa fuite a fini par être l'action de trop.

La vie ne l'a pas épargné, je lui souhaite de trouver la paix, le bonheur, je lui souhaite d'être heureux.

Quant à moi je continuerai à me lever tous les jours, sourire à Rose, la serrer dans mes bras, suivre ma thérapie, me battre, tenter de m'en sortir. Il n'est pas mort, il s'en est juste allé, il poursuit son existence, il vie, il respire, quelque part, cette pensée m'apaise toujours un peu.

Survivre. Survivre. Survivre et peut être un jour revivre à nouveau avant d'être enfin capable de vivre.

•●

Fin


Merci à tous, merci pour tout.

Merci de m'avoir lu, d'avoir commenté, d'avoir patienté. J'ai publié Guéris moi le 13 Avril 2010 nous sommes à présent le 31 Mars 2013 et presque trois ans se sont écoulés alors que je publie le dernier chapitre de cette histoire. Je ne regrette à aucun instant d'avoir pris autant de temps pour l'écrire, car avec elle j'ai grandi, évolué, appris, et celle qui aujourd'hui poste ce chapitre final est très différente de celle qui se lançait dans cette aventure. Cette fin aurait été différente si je n'avais pas expérimenté tout ce que j'ai pu expérimenté en trois ans, donc je suis contente d'avoir attendu.

J'ai beaucoup pleuré en écrivant ce chapitre, le morceau Broken Arrow de Album Leaf que j'ai écouté tout en écrivant est emplie d'une mélancolie et d'une tristesse, mais aussi d'une touche d'espoir, d'un lendemain meilleur qui s'accordait parfaitement avec ce que j'ai tenté de retranscrire.

J'aurais tellement aimé une fin heureuse pour ce couple maudit, mais deux êtres aussi abîmés ne peuvent être ensemble sans se faire du mal, sans se déchirer. Edward est arrivé hanté et brisé dans ce mariage, et il a fini par entrainer Bella dans cette spirale autodestructrice.

J'ai parfois lu que Bella était faible...Etc, ce à quoi je voudrais répondre qu'au contraire, cela demande une force, un mental et un courage incroyable, que de se battre comme elle s'est battue, pour un homme, et pour une relation qui lui a fait autant de mal. L'histoire est écrite de son point de vue à elle, et Bella se considère faible et impuissante et c'est peut être aussi la raison pour laquelle elle a parfois été perçu ainsi.

Edward est un personnage qui a souvent été un mystère même pour moi, un être torturé, et tourmenté qui n'avait lui même pas conscience de son propre mal être. J'ai aimé ce personnage avec la même ferveur que je l'ai détesté et sa psychologie fut complexe à appréhender, ce qui fut à chaque fois un beau challenge. Mais je peux vous dire ceci, malgré le mal qu'il a pu lui faire autant physiquement que psychologiquement, mentalement, Edward a sincèrement aimé Bella. Mais il était trop bousillé, instable, trop peu en phase avec ses propres émotions et sentiments.

Encore merci, merci, merci.