LE CHAPITRE SEPT :) ! Vous l'attendiez, n'est-ce pas ? Et bien régalez vous, car l'histoire n'est pas encore terminées!
« LAISSEZ MOI PASSER ! »
Les médecins étaient effrayés devant ce grand jeune homme mince a la chemise froissée, qui arborait des mains et un menton rouges de sang. Avait-il été victime d'un accident ? Peu importait, il semblait déterminé a supprimer quiconque entraverait son chemin, et a trouver la chambre du métis.
« Spencer ! Tu es là ! »
Le génie redevint lui-même quand il tomba nez-à-nez avec Garcia qui avait, comme lui, les yeux gonflés de larmes. Elle lui demanda de ne pas rester longtemps, et de ne pas trop l'éprouver. Reid ne lui demanda pas si son collègue allait ou non mourir. Les mots ne voulaient pas sortir de sa gorge. Elle l'introduisit dans la chambre du blessé, étrangement pâle sous son masque respiratoire.
Reid s'assit sans bruit a côté du profiler, se mordant l'intérieur des joues pour ne pas pleurer, et posa sa main sur la sienne, sans parler, sans même le regarder franchement. Il n'avait pas encore vu les docteurs, et ne savait pas si le pronostic vital était ou non engagé. Soit Morgan survivrait, soit l'intérieur de son cœur se briserait pour s'emplir de sang. Le génie se mit a sangloter misérablement. Il ne pouvait pas l'aider. Il ne pouvait rien faire pour lui. Il se sentait inutile.
Une pression sur sa paume le fit sursauter.
« Tu es…Venu.
-Ne parle pas. Ne parle pas. N…Ne meurs pas. S'il te plait. S'il te plait… »
Morgan murmura à demi-voix qu'après ce qu'il lui avait dit, ce serait trop bête de mourir. Ils avaient encore tant de choses à faire, à connaître ensemble. C'était le début de tout. Le début ou la fin, il ne savait pas trop. Le pouce du métis caressait l'intérieur de la main du génie qui essayait de sourire sans succès.
« Si tu meurs, je…Je me tuerais. Je ne supporterais jamais ça. Jamais.
-Ne…Dis pas ça. »
Le regard de Morgan se durcit. Il savait que malgré tout ce qu'il pourrait dire au jeune homme, il n'arriverait pas a le faire changer d'avis. Son cœur s'était ouvert, et ne se refermerait jamais. Même la mort n'y ferait rien. Un chirurgien poussa la porte avec nonchalance, ne sembla pas surprit devant le touchant tableau qui lui faisait face et vint tâter le poignet du blessé. Reid avait le souffle coupé.
« A…Alors ? »
Le chirurgien parut surprit, le regarda avec méfiance.
« Alors quoi ? »
Reid renonça a beugler dans la chambre d'hôpital et lui demanda calmement si le métis allait s'en sortir. L'homme en blanc eut un mouvement de recul, descendit son masque en serrant son petit carnet de notes contre lui :
« Bon sang, on…On ne vous a prévenu de rien ? »
Les larmes dévalèrent de nouveau les joues du génie qui ne fit aucun effort pour les retenir. Quel était donc ce froid qui le prenait, tout a coup ? Il baissa les yeux, renonçant a regarder Morgan qui lui serrait la main avec douceur. Le chirurgien haussa les épaules :
« Je pensais qu'ils vous avaient déjà fait parvenir la bonne nouvelle. Ce type n'est pas totalement humain, je pense, il a eu pas mal de déchirure mais il va s'en sortir et… »
L'homme en blanc rougit. Le grand adolescent chétif venait de le serrer contre lui en le remerciant. Il sourit. C'était si bon de savoir qu'une vie est sauvée. Morgan aurait aimé ricaner. Il le savait, lui, qu'il ne courait aucun risque, mais Reid l'avait empêché de parler. En chancelant, le génie sortit de la salle, un grand sourire aux lèvres.
« C'est bon. C'est bon », murmura t-il simplement en s'affaissant dans les bras de Garcia. Tous eurent un soupire de soulagement. L'horreur venait d'être évitée. Ils avaient tous imaginé, l'espace d'instant, comment auraient été leurs vies, leurs quotidiens, sans la présence de Morgan. Heureusement, cette vision n'aurait pas a être expérimentée.
"..."
« Ca te fait mal ?
-Evidemment, princesse. Surtout quand je me tourne. Il me faudra encore un bon mois, mais d'après les médecins l'intérieur ne gardera aucune séquelle. Par contre j'ai gagné une jolie cicatrice en forme de soleil, regarde…
-Dereck. Sois sérieux. Quels sont tes projets pour la suite ?
-Aimer Spencer. »
"..."
« J'aime bien te voir comme ça. »
Prentiss avait un grand sourire, et fixait un Reid frémissant. Deux jours après la nouvelle salvatrice, ils étaient revenus pour fêter dignement la survie du métis, et Reid s'était bien coiffé, bien habillé, effrayé et heureux à la fois d'affronter vraiment son collègue après son aveu qui avait causé un léger choc dans l'équipe. Hotchner était absent, il devait faire un rapport décrivant le comportement de Lauris lors de son agression. Il regretterait une fois encore de ne pas avoir pu être présent.
« Du calme mon chéri » murmura affectueusement la blonde replète en ébouriffant les cheveux du génie, « Tout va bien se passer. On vous laissera un moment d'intimité, mais n'en profite pas pour te jeter sur mon sucre d'orge préféré ! »
Reid se mit a balbutier des données scientifiques selon lesquelles les hôpitaux ne représentaient en fait qu'un pourcentage minime de lieu favorable pour faire l'amour, et Rossi du le pousser dans la chambre pour le faire taire.
Morgan était assit dans son lit, torse nu, les bras nonchalamment posés sur ses cuisses cachées par le drap blanc. Il eut un grand sourire en les voyant entrer et les salua chaleureusement :
« Vous ne pouvez pas savoir a quel point ça fait du bien de voir autre chose que des gens en blanc ! Ah, Garcia ma princesse, dis-moi que tu m'as apporté à manger ! Je n'en peux plus, je mange à travers mon bras ! »
Il regarda son intraveineuse avec un regard mauvais. Rossi poussa le génie du coude, et celui-ci baissa les yeux en murmurant qu'il avait fait des cookies. Le métis sentit son appétit se réveiller, et ses yeux se mirent à briller alors qu'il se passait la langue sur les lèvres :
« J'espère que ce sont mes préférés.
-Chocolat noir, pointe de caramel et arôme de vanille avec éclats de macadamia. »
Morgan se mit à taper dans ses mains en riant alors que les autres agents ouvraient de grand yeux ébahit. Non seulement ils apprenaient que le métis avait des goûts bien difficiles en matière de dessert, mais qu'en plus le génie le connaissait sur le bout des doigts. Une infirmière vint confisquer les cookies. Morgan fut très contrarié.
« Dans combien de temps tu sors ?
-Trois semaines. Mais je suis déjà réparé. »
Les yeux de Rossi se fixèrent sur la cicatrice, une petite bulle ronde comme striée sur les côté. Cela ressemblait furieusement a un ancien tatouage de soleil. Morgan jeta un œil suppliant vers le sachet de cookies, soupira, et se tourna vers Reid qui tordait le bas de son polo en fixant le sol :
« Au fait, sexy boy, le chirurgien m'a dit que tu avais eu un réflex d'enfer, et que tu étais un génie d'avoir pensé à pomper le sang. J'ai simplement répondu que je le savais. Il a paru surprit. »
Reid rougit, remercia le compliment d'un signe de tête. Garcia remarqua le manège, et leva les yeux au ciel. Bon. Ca la tuait de ne pas voir le reste, mais elle devait les laisser.
« Les enfants, j'ai faim, allons a la cafétéria ! Reid, mon chou à la crème, je te laisse potasser les examens de notre métis, on revient bientôt ! »
La porte se ferma avant que le génie n'eut le temps de protester. Bon sang, qu'il était dur de prendre la parole ! Reid, rouge de honte, n'osait pas regarder son collègue en face. Qu'il avoue ses sentiments sur un coup de tête, terrifié a l'idée de perdre le métis, passe encore. Mais là, le faire de façon réfléchie, alors que Morgan souriait avec ce petit air entendu qui lui ôtait tout courage, c'était impossible !
« T…Tu n'as pas trop de mal a bouger ton épaule ? »
Le métis soupire. Allons bon, l'autre semble décidé a fuir l'affrontement. Mais il est hors de question qu'il reparte ainsi. Il tapota innocemment le rebord du lit, l'invitant a s'y asseoir, et reprit une fois qu'il fut installée :
« Beau gosse, je dois te remercier. Certes, j'ai un peu mal, mais si tu n'avais pas été là, je ne sentirais rien car je serais mort, a l'heure qu'il est.
- N…Ne dis pas ça, je…
-Je le dis car c'est la vérité, je ne cherche pas à te flatter. Et puis, c'était super sexy cette extraction de balle avec la bouche ! »
Reid éclata de rire en se cachant derrière sa main, alors que celle de Morgan se posait sur sa cuisse, le faisant hoqueter de surprise. N'importe qui pouvait entrer. Quelqu'un de l'équipe, principalement. Mais le métis se fichait bien des regards, pour le moment.
« Est-ce que tu crois au destin, pretty boy ?
-N…Non. Pour moi, la destinée repose sur un raisonnement déplorable qui n'est constitué que d'hypothèses improuvables et …
-C'est bien ce que je pensais. Et bien tu vois, moi je pense que si je suis encore vivant, c'est du au destin, qui a prit la forme d'un beau gosse génial. Tu me suis ? Et donc, je pense que ce destin m'a prouvé, ainsi qu'au beau gosse génial, qu'il est peut être temps d'arrêter de jouer au chat et à la souris. »
Leurs regards se croisent, et le génie rougit plus encore. Il dit cela avec un tel naturel, un calme si impressionnant ! Reid se croyait pas au destin. Seule la chance avait su garder le métis en vie, voila tout. Mais après tout, il se fichait bien du pourquoi du comment, Morgan était vivant, devant lui, il souriait, et cela le comblait plus que tout le reste. Essayant d'adopter un ton dégagé, il murmura qu'il restait encore tant de choses a régler avant que tout ne revienne a la normale. Thomas était en prison, et allait devoir faire des aveux complets concernant les meurtres et la folie de son collègue.
« …Je crois qu'il y aura toujours des séquelles, tu sais ? J…Je suis encore perturbé de ce que Thomas a voulu me faire. Rossi m'a l'air constamment nauséeux, j'espère qu'il n'est pas malade…Et puis Prentiss et JJ…Ca ne va pas tellement mieux, en fait. Par deux fois, on a failli perdre définitivement un agent. Que se passe t-il, Morgan ? Je…Je croyais que nous étions si doués pour les meurtres… »
Le métis posa sa grande main sur la sienne, et la serra doucement, lui souffla qu'ils l'étaient, en effet. Mais que lorsqu'un grain de poussière, d'ordre personnel, se glissait sournoisement dans l'engrenage, peu importait que celui-ci fut oui ou non bien huilé, il se cassait. Reid en eut le souffle coupé, alors qu'il tournait son visage triangulaire vers le sol.
« Tout cela viendrait de…De moi ?
-De nous, sweetie, de nous. C'est un ensemble, maintenant. Emily et Jennifer aussi, tu sais ? Elles ne veulent pas accepter l'attirance qu'elles ont l'une pour l'autre. Et toi, en es-tu capable ? »
Reid entrelaça ses doigts avec ceux du métis qui le tirait doucement en avant. Le génie se laissa guider contre le torse chocolat, et accepta les lèvres bouillantes contre les siennes avec une jubilation non feinte. Ses baisers lui avaient manqués, tout comme son souffle, ses bras, son odeur. Le jeune homme ne remarqua pas qu'a travers la porte vitrée, l'équipe au complet s'était arrêtée en plein milieu du couloir, trop surprise par cet échange de salive plus que passionné.
« M…Morgan ?
-Oui, beau gosse ?
-Dépêche toi de guérir. Simplement. »
Morgan l'attira a lui une nouvelle fois, riant. Il avait très mal a son abdomen, mais le jeune homme n'était pas obligé de le savoir. L'intérieur de son torse finirait bien par se reconstruire, de toute façon.
« Je ne laisserais plus personne te toucher, Spencer, te faire du mal ou t'effrayer. Je te le promets. »
Reid l'embrassa, sauta du lit et s'enfuit. Trop d'émotions pour une seule petite heure. Il se heurta donc a Garcia qui lui prodigua un prodigieux câlin, heureuse du dénouement. Oui, Hotchner regretterait mentalement de ne pas avoir pu assister a ce baiser qui, de l'avis de Rossi lui-même, « Etait l'un des plus beaux qui lui avait été donné de voir. »
Mais en attendant la sortie du métis, le supérieur allait devoir remettre les pendules a l'heure pour supprimer tous les rôles mis en place pour contrer les agents du FBI. Maintenant qu'il n'était plus question de démembrer l'équipe, les mauvaises habitudes devaient disparaître, pour ne pas finir incrustées.
S'en sortira, s'en sortira pas... La suite dans le chapitre huit :) ?
