PDV Marie
Pendant plusieurs jours nous marchons. Le soir Bombur prépare notre maigre repas tandis que Thorin et moi nous isolons pour nous entrainer à l'épée. Je suis nulle mais je remercie Thorin de ne pas me le dire franchement car je commence vraiment à déprimer. Champolion me manque et puis je me sens seule. Bilbon est comme moi je pense, mais quand je veux devenir amie avec lui il bredouille et s'enfuit. Je dors plus que les nains et j'ai du mal à tenir la cadence. Les nains et les hobbits sont plus endurants que les hommes, tout le monde le sait. J'ai l'impression de ralentir la compagnie, peut-être devrais-je songer à les laisser continuer seuls?
PDV Thorin
Les jours passent et le dernier jour du solstice d'été approche à grand pas. Malgré tout nous avançons bien. J'ai l'impression que Marie commence à perdre la santé. Elle n'est pas habituée à notre train de vie. Même le hobbit connait mieux cette terre qu'elle. Qui peut la blâmer? Personne. Elle n'est pas d'ici, c'est normal qu'elle ai du mal à se repérer. De plus, je sais pertinemment que son cheval lui manque mais elle a bien fait de le laisser chez les elfes. C'était trop dangereux. Elle s'affaiblit de plus en plus durant les combats à l'épée. Elle me répète sans arrêt qu'elle n'est pas douée pour manier l'épée mais le problème n'est pas dans ses bras il est dans sa tête. Elle se persuade qu'elle est bonne à rien donc son corps ne fait pas d'effort. Ce soir je vais essayer de lui parler.
PDV Marie
La journée se termine enfin. 9 jours que nous avons quitté Fondcombe. Les ressources s'amenuisent mais Bofur et Bifur font de leur mieux pour trouver des lapins ou des écureuils. Pour moi ils essayent de trouver des baies mais c'est difficile. Je ne leur en veux pas, ils essayent. Je soupire doucement puis me lève pour aller rejoindre Thorin à l'écart du camp. Je ne sais pas si je vais tenir aujourd'hui. Thorin se place face à moi puis lance le départ. Au deuxième coup d'épée je flanche et je me ramasse par terre. Thorin pose son épée par terre et viens s'accroupir à côté de moi.
"-Marie, je ne suis pas être pas un de tes amis mais dis-moi ce qu'il ne va pas?"
Je m'essuie les joues je n'avais même pas remarqué que je pleurais. Voir Thorin aussi concerné me fait mal. Je lui donne matière à s'inquiéter alors qu'il a autre chose à penser. Je ne suis qu'un boulet pour lui, je ne sers à rien.
"-Non tu ne sers pas à rien. Nous nous serions tromper de chemin il y a deux jours si tu ne nous avez pas indiqué la forêt."
J'ai parlé tout haut? Pas grave au moins je n'ai pas à répéter. Je sanglote de plus en plus fort et doucement Thorin me prend dans ses bras. Il n'en a pas l'habitude je le sens mais je le remercie de faire ça pour moi. Pendant plusieurs minutes je pleure sur son épaule puis le remercie de m'avoir consolé. Il m'explique que je ne suis pas un poids mort et que nous allons vite même si je ne suis pas aussi endurante qu'eux. A sa façon il parvient à me rassurer et à me redonner confiance en moi. Mon affection pour lui augmente mais j'ai pas le droit de le déranger avec mes amours d'adolescentes. Lui c'est un homme, un vrai. L'un de ceux qui répond à une provocation par la guerre, un de ceux qui mérite le titre de roi! Après avoir craqué je me ressaisis puis nous terminons l'entrainement. C'était en douceur aujourd'hui mais tant mieux. Après ça nous mangeons et allons nous coucher.
PDV Thorin
Ça y est elle a craqué. Je n'ai pas eu besoin de faire quoi que ce soit qu'elle s'est effondrée. Je l'ai consolée comme j'ai pu mais ce n'est pas ma spécialité donc peut-être cela a-t-il été inutile. Cela fait déjà 4 jours que l'événement a eu lieu mais j'ai l'impression que depuis elle mange mieux et que son sourire apparait plus souvent. Découvrir cette partie sensible d'elle m'a touchée au plus profond de mon coeur. Peut-être est-ce vraiment de l'amour que je ressens pour elle? Je ne sais pas je verrais en fonction de ce que le Mahal a prévu pour moi. Ce soir quand nous établissons notre campement je sens que Marie est pressée d'avoir son entrainement. Nous approfondissons le corps à corps aujourd'hui. Nous commençons à enchainer les prises mais au bout d'un moment elle me pousse trop fort et, étant en déséquilibre, je tombe avec elle sur moi comme la toute première fois. Ses yeux brillent de malice et là je ne réfléchis plus. Je m'approche d'elle et l'embrasse. Je m'attendais à tout sauf à ce qu'il se passe. Au début elle est surprise, je le sens, puis elle me rend mon baiser. C'est tout simplement magique. Des sortes de papillons se font sentir dans mon ventre. Est-ce cela d'aimer? Si c'est cela alors je voudrais aimer Marie toute ma vie. C'est un sentiment assez étrange lorsqu'on ne le connait pas mais pas désagréable. Les seuls amours que je ressens en dehors de celui-là sont celui que j'éprouve pour mon frère et ma soeur et celui que je ressens pour mes neveux. Je me considère presque comme leur père. Quand Marie et moi nous séparons elle a les lèvres gonflées et les joues cramoisies. Je la trouve belle. Elle est naturelle et j'aime ça. Je ne sais pas à quoi je ressemble mais j'ai surement un sourire niais collé sur le visage. Ce n'est pas digne de moi mais tant pis. Elle s'avance vers moi puis m'embrasse une dernière fois avant de faire demi-tour et de rejoindre les autres. Je suis d'accord avec elle ce n'est pas le moment d'en parler. Profitons de l'instant présent.
Quand nous partons le lendemain nous commençons à crapahuter dans les montagnes. Vers 17h les ennuis commencent. La montagne bouge et des pierres apparaissent de nulle part avant de venir s'écraser sur la paroi au-dessus de nous. Puis je vois un énorme monstre de pierre armé d'une roche. Les géants de pierre! J'informe le reste de la compagnie et surveille que personne ne glisse du bord de la falaise. Alors que Marie allait glisser je la tire contre mon torse. Elle lâche un couinement effrayé puis me remercie. Je lui fais un sourire. Nous continuons à crapahuter mais le géant de pierre formé dans la montagne se réveille et notre groupe est scindé en deux. Fili et Kili sont séparés, tout comme Dwalin et Balin ou Bofur et Bombur. Marie aussi m'est enlevée. Nous les regardons se faire malmenés par le géant puis celui-ci se fait détruire et tombe droit sur la pierre, nos amis cramponnés à lui. Les pierres s'entrechoquent et mon esprit déraille. Faites qu'ils soient entiers. Voyant que le genou du monstre se décolle à nouveau et ce sans nos camarades je hurle un 'non' qui vient des tripes, qui a été puisé au plus profond de mon être. Je me dirige le plus vite possible vers eux et découvre qu'ils vont tous bien. Ils sont tombés sur le seul endroit qui a trop subi le temps et qui s'est creusé pour former une sorte de plateforme. Seul bémol, Bilbon ne s'est pas accroché à temps et est donc suspendu dans le vide. Voyant qu'ils n'arrivent pas à le remonter normalement je prends le risque de tomber et m'accroche à la montagne. Je hisse le hobbit mais la branche à laquelle je me tenais se brise et je tombe encore plus. Dwalin m'attrape au dernier moment puis Gloin vient l'aider et ils me remontent sur la terre ferme. Je ne comprends plus grand chose puis tout d'un coup un bisou sur la joue me fait reprendre mes esprits. Je tourne la tête vers Marie qui me fait un grand sourire malgré sa tenue et ses cheveux dégoulinants d'eau.
"-C'est pour avoir fait une bonne action."
A mon avis sa justification est fausse mais si j'ai droit à ça à chaque fois je ferais plus souvent des bonnes actions. Ce baiser m'a tellement retourné l'esprit que je ne pense même pas à m'énerver sur le semi-homme. Je trouve vite une grotte qui me semble inoccupée et Dwalin la fouille. Une fois sûrs qu'elle est vide nous nous installons pour nous reposer. Hors de question d'allumer un feu, la montagne n'est certainement pas déserte. Comme par hasard Marie vient s'installer près de moi. Je vois dans son regard qu'elle a peur alors, dès que je suis sûr que les autres dorment, je la serre dans mes bras et l'embrasse doucement. Si mon grand-père est devenu avare d'or et de pierres précieuses moi je vais bientôt devenir avare des ses baisers. Plus tard dans la nuit alors que ma Dame et moi nous étions endormis je suis réveillé par un grondement. Je vois le sol se fissurer mais le temps que tout le monde soit levé il s'était déjà ouvert sous nous.
