*Écarte ses bras en baillant* Ah, j'ai bien dormi ! La fête de nouvelle année d'hier soir était sublime ! Un peu crevant, mais c'est tout. Allez, allons profiter de la neige ! *Regarde par la fenêtre* Rien de plus joli qu'un univers couvert de la blancheur de la neige— OÙ EST-ELLE PASSÉE ?! *Regarde le calendrier* ON EST EN AVRIL ?! COMMENT AI-JE PU DORMIR AUTANT ?! Attendez, avril, comme dans quatre mois après le nouvel an ? MAIS JE SUIS EN RETARD ! *S'habille en version accéléré et se jète sur l'ordinateur* Tous les chapitres que j'ai dû louper ! Il faut que je me rattrape ! *~Deux semaines plus tard~* Au fait, j'avais pas une fic en cours moi…
Ce qui explique mon retard. Vous noterez que je ne suis absolument pas responsable ! Le monde s'est ligué contre moi ! Quelle idée d'avancer le temps pendant que je dormais ?!
La direction du temps s'excuse pour le retard accumulé. Comme d'habitude.
Bonne lecture !
Chapitre 7
"J'en ai ras le bol de ramer !" Gémis un brun au long nez, délaissant ses rames pour reprendre son souffle et se repositionner sur la feuille qui lui servait de navire.
"Allons Usopp'un, du courage'un !" Motiva son compagnon en agitant ses bras sans pour autant lui venir en aide.
Usopp grimaça. À quoi s'attendait-il ? Son entraîneur refusait obstinément de mettre la main à la patte. Il s'agissait après tout des débuts des aventures du Grand Capitaine Usopp, le légendaire guerrier !
Donc, pas d'aide.
Snif.
Mais il n'allait pas se laisser abattre ! Il s'était juré de devenir plus fort. Oui, plus fort pour être aux côtés de son capitaine la prochaine fois qu'il affronterait une épreuve, et non terré à des kilomètres du champ de bataille !
Remonté par ses propres pensées, le bronzé accéléra l'allure, utilisant des forces qu'il ignorait posséder.
"C'est bien Usopp'un ! Continu comme ça'un !"
La fusée qu'était alors le navire passa à grande vitesse à l'horizon du Moby Dick, demeurant inaperçu par les Shirohiges.
"Stop Usopp'un !" Arrêta le héros. "La vivrecard a changé de direction."
L'ancien poltron calma sa ferveur pour porter son attention sur le bout de papier. Il constata la même chose que son professeur et suivit du regard la direction qu'il indiquait. Soit, un point à l'horizon.
Usopp abaissa ses lunettes pour mieux distinguer le navire. Malheureusement, même ses jumelles étaient insuffisantes pour déterminer l'emblème dessiné sur le drapeau.
"Je pense que le papier indique ce vaisseau." Posa Héraclès.
Le brun tourna lentement sa tête vers lui. Le gigantesque navire ? Non, il était impossible que la Vivrecard le désigne !
"Je regrette, Héraclès-sensei, mais je suis atteint de la maladie de «je-ne-dois-pas-mettre-le-pied-sur-ce-navire»."
"Je m'occupe du cap." Se dévoua le barbu.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Alors que le soleil se couchait, le petit rafiot voguait vers le Moby Dick, sous les larmes du sniper.
Heureusement pour eux, les reflets orange de la lumière déclinante masquèrent leur arrivée aux yeux des sentinelles de Barbe Blanche.
Ils arrivèrent aux abords du navire après la tombée de la nuit.
Usopp s'évertua à faire changer d'avis son professeur, mais rien n'y fit.
"Peut-être serait-ce plus sûr d'attendre le lever du jour, Héraclès-sensei ?"
"En avant Usopp'un !"
Sans attendre, l'Homme des bois poussa son élève vers une corde afin qu'il grimpe à bord. En larme et tremblant, Usopp s'activa. Il était sûr de mourir. Le navire semblait encore plus gigantesque de près. Il imaginait déjà une armada d'hommes parés à l'abattre.
"Je sens ma maladie du-"
"Avance, Usopp'un !"
Le menteur obéit et posa sa main sur le dernier échelon de l'échelle. Sa fin approchait. Résigné, il se hissa à bord le plus silencieusement possible, une graine prête à être lancée dans la main.
Il inspecta les horizons. Pas de menace. Il se tourna vers son maître, qui le suivait, pour lui indiquer d'être discret.
Malheureusement, Héraclès avait vécu trop longtemps loin des hommes pour en comprendre l'utilité.
"Dépêchons-nous, Usopp'un. On ne peut pas prévoir quel type de réaction va avoir cette plante'un."
"Chut ! Moins fort. Ils pourraient nous entendre. Et ce n'est pas une plante, mais un navire."
Le mugiwara contrôla à nouveau les alentours. "Il n'y a rien. On peut partir."
Suivant sa décision, le bronzé retourna à l'échelle afin de redescendre sur sa plante flottante. Tout plutôt que ce nid à pirates ou à marines.
Mais l'homme des bois n'était pas du même avis. Il attrapa le tee-shirt de son disciple et le dirigea plus profondément dans le navire. Il était décidé à trouver ce qui attirait le papier.
Usopp tenta de l'en empêcher, mais il ne se fit que davantage attirer dans la quête.
Le souffle court, prêt à rejoindre sa mère prématurément, le bronzé avança aux aguets. Mais toute sa prudence ne suffit pas à détecter les résidents. Un canon de revolver s'enfonça entre ses omoplates, suivit par les détonations des barillets.
"Haut les mains !"
Usopp obéit avant même que l'ordre soit donné. Toutes les couleurs avaient déjà fui son visage. Apparemment, les aventures du Grand Usopp approchaient de leurs fins.
"Retournez-vous !"
Sur la pointe des pieds et en déglutissant, le bronzé s'exécuta. Comme dans ses pires cauchemars, il était entouré par une bonne dizaine d'hommes armés jusqu'aux dents. Et encore, la pénombre l'empêchait de discerner plus loin que le bout de son nez. (Ce qui est assez loin en fin de compte.) Face à toutes ses armes le pointant, le Grand Usopp, valeureux guerrier, aurait bien aimé s'évanouir.
"On en fait quoi ?" Demanda un des pirates.
"On interdiction de tuer les intrus. Je propose qu'on les mette au trou en attendant le matin."
"Mais si ce sont ceux qu'on attend, il faut les traiter avec diligence."
"Bénéfice du doute, on les enferme à la cale. On verra demain."
"Comment osez-vous nous traiter comme de vulgaires bandits ?!" S'offusqua Usopp, un plan foireux en tête. "Vous savez le mal qu'on a eu à vous trouver ?! Et si votre supérieur en entend parler, il vous fera couper la tête !"
Les guerriers le regardèrent comme si une troisième tête lui avait poussé.
"Votre chef vous a pourtant donné des ordres vis-à-vis de ceux que vous attendiez. Et maintenant que nous voilà, vous devriez les suivre !"
Usopp laissa le silence porter ses paroles, espérant que ses hommes goberaient son mensonge.
Mais leurs regards ne changèrent pas.
"Amenez-les aux cachots. On verra le reste demain matin."
Ses frères obéirent, malgré le tissu de mensonges que filait le bronzé. Décidant qu'il fallait agir avant d'y laisser sa peau, Usopp jeta une graine de plante carnivore, et commença un petit carnage sur le pont. Bientôt, les planches étaient intégralement couvertes de végétaux. Certaines faisant plus de deux mètres de hauteur, tandis que d'autres se contentaient d'accrocher les chaussures.
Usopp se faufila ensuite à travers les plantes, à la recherche de son maître, qu'il embarqua avec lui. Il avait presque atteint l'échelle qui le reliait à son navire, quand une main saisit son poignet.
"Ça suffit."
Il se tourna vers son propriétaire, un mastodonte bronzé aux cheveux bruns et courts.
Pris de panique, le Roi des menteurs tenta de se défaire de son emprise, mais il n'avait pas la force suffisante. Il jeta une poignée de graines d'une des plantes les plus féroces qu'il possédait, mais quand ces dernières se jetèrent sur son ravisseur, elles se brisèrent les dents. L'homme diamant lui donna alors un coup de tête et Usopp sombra dans les méandres de l'inconscience.
"Mais si ! Je te jure ! j'ai trouvé des pâquerettes sur le pas de ma porte ce matin !"
"Essaye de trouver des bobards plus crédibles et je tenterai de les avaler."
"Pff, tu ne me crois jamais !"
"D'ailleurs, ça me fait penser," se rajouta un troisième homme, "vous êtes au courant du sauvetage inextrémiste de notre commandant Blenheim ?"
"Non !" S'exclamèrent ses deux compagnons. "Raconte !"
"Eh bien, hier soir, les commandants Haruta et Thatch se sont amusés à construire une paire d'ailes en carton pour notre cher second. Mais ce matin, Blenheim, qui est entré dans sa chambre pour une raison inconnue, est tombé dessus. Et, à votre avis qu'elle idée idiote a-t-il bien pu avoir ?"
Les deux frères échangèrent un regard avant de secouer leurs têtes.
"Il a décidé de les essayer. C'est comme ça que, à huit heure ce matin, notre neuvième commandant a pris son envol !"
Les trois gardiens partirent dans un éclat de rire, lorsqu'une autre personne se présenta à la porte.
"C'est comme ça qu'on bosse ?!"
Aussitôt, le trio se leva d'un bond et se mit au garde-à-vous.
"Commandante Haruta." Saluèrent les hommes.
"Je rigole ! Repos. Comment vont nos visiteurs ?"
Les trois pirates se tournèrent vers Usopp qui se dépêcha de fermer ses yeux pour faire croire qu'il dormait.
"Bien." Décida, à vue d'oeil, le groupe.
"Super ! Voici les avis de recherche, débrouillez-vous !"
"Commandante Haruta !" Appelèrent les hommes. "Vous devez nous aider !"
"Nan, je préfère disparaître au soleil, je ne suis pas encore sûre que Marco m'ait pardonnée. Surtout s'il a vu le foutoir qu'est devenue sa chambre après mon passage ! Enfin, c'est un peu de sa faute, quelle idée de cacher les affiches dans un tiroir !"
"Ça s'appelle ranger, commandante !"
"Surtout s'il y a écrit "Avis de recherche" sur le tiroir, commandante !"
"Vous savez que rajouter 'commandante' à la fin de chacune de vos phrases ne vous rend pas excusable de tout ?"
"Oui, commandante !"
"Et vous persistez !"
"Tout à fait, commandante !"
Haruta se craqua les os sous les sourires crispés de ses hommes.
"Laissez-moi vous rappeler pourquoi je suis commandante."
Trois bosses plus tard, Haruta demanda à ses frères de sortir les deux prisonniers, ils les verraient mieux à la lueur du jour.
C'est ainsi que la commandante et trois de ses hommes se retrouvèrent assis en tailleur, sous le soleil, face aux captifs.
Usopp faisait toujours semblant de dormir, avec plus de difficulté. Il voulait savoir ce qui se passait autour de lui, mais n'en avait pas le courage.
"Ce n'est pas lui." Remarqua un des hommes en portant l'avis de recherche de Chopper juste à côté du visage du bronzé.
Usopp ne put s'empêcher d'ouvrir les yeux, pour voir de quoi il retournait, quand il tomba nez à nez avec la photo de Chopper.
"AAAAAAAAAAAAAhhhh !" Il en tomba de sa chaise.
"Hé, faut vous calmer." Lui conseilla son geôlier. "Inspirez. Expirez. Ça va mieux ? Vous devriez suivre des cours de yoga, ça vous ferait le plus grand bien !"
"André ! N'effraye pas le prisonnier !" Râla un autre.
"Ce n'est pas moi ! Il est tombé tout seul !"
"Alors, relève-le !"
"Ouais, ouais." André obtempéra et redressa la chaise à laquelle était attaché Usopp. "Puisque vous êtes réveillé, vous allez pouvoir répondre à quelques questions."
Usopp ravala sa salive.
"Première question, où a-t-on le plus de chance de trouver des bananes ?"
"Hein ?"
"Ne me faites pas répéter, vous allez me déconcentrer."
"Dans les îles chaudes, je présume ?"
André pris note.
"Quelle est la plus grande distance que vous ayez parcourue en un jour ?"
"Euh... Trente kilomètres ?"
"Quel est votre signe astrologique ?"
"Qu'est-ce que c'est ?"
"Quand êtes-vous né ?"
"Le 1er avril."
"Donc vous êtes Bélier. Vous préférez sauver vos amis un jour de pluie ou un jour où il y a du soleil ?"
"Un jour où il y a du soleil."
"Combien avez-vous eu ou avez-vous de relation féminine ? Dans le sens plus qu'amie."
"Une." Avoua, rouge pivoine, Usopp.
Son interrogateur faillit s'étrangler de rire.
"Désolé, reprenons. Si votre grand-mère vous rend inopinément visite et veut vous donner un de ses spéciaux bisous baveux, comment réagissez-vous ?"
"Je n'ai pas de grand-mère."
"Moi non plus, faites un effort !"
"Je m'enfuis !"
"Nickel ! Merci."
"Mais enfin, à quoi ça rime ?!"
"D'après mon magazine, si vous deviez vous réincarner, ce serait en anchois ! Vous vous en sortez bien ! Un de mes amis se retrouvait en mouton ! Et pour ma part, je suis assez fier d'être une salamandre !"
"André." Vint la voix supérieure d'Haruta. "Je ne vais pas passer ma journée à essayer d'identifier ses prisonniers parce que Monsieur voulait lui faire passer le test de "Régime magazine" !"
"Non, celui-ci, c'est "Lamode, sans elle, tu n'as aucun charme", commandante, édition exclusive !"
La supérieure n'en devint que plus sombre.
"Évidemment, s'il s'agit de "Lamode, sans elle, tu n'as aucun charme" ça change tout."
"Vous voyez, vous aussi vous le pensez !"
Une nouvelle bosse apparue sur son crâne.
"On va pouvoir commencer." Décida la mousquetaire en saisissant l'affiche de Chopper.
"Je pense que ce n'est pas lui." Pointa un des deux autres pirates.
"Je suis de son avis."
"C'est un plaisir d'être entourée de cerveau !" Ricana la commandante en changeant de poster. Vint celui de Zoro. Ils le connaissaient déjà, mais ses hommes trouvèrent intelligent de vérifier que long nez ligoté n'était pas lui. Des fois qu'il ait mis une perruque et ait changé de caractère.
Suivit Nami, la chatte voleuse. Même chose. Ses hommes vérifièrent qu'il n'y avait bien aucune ressemblance. Ne sachant jamais, des fois que leur captif au torse dénudé cachait une poitrine.
Franky vint ensuite.
"Il lui manque un je-ne-sais-quoi." Pointa un de ses frères.
"La peau plus claire ? Des cheveux bleus ? Des métaux ? Vingt centimètres ? Trois tours de taille ?" Proposa Haruta.
"Une chemise !" Devina l'imbécile. "Et puis, il a un pantalon, ce serait troublant."
"Et on le connaît déjà aussi. Vous pouvez le prendre en compte."
"Mais, commandante, imaginez que l'on se soit fait berner par un acteur ! Puis que le vrai arrive, et qu'on le rejette à cause du faux !"
"Ils sont trois, il aurait fallu que les trois soient faux." Posa la commandante, voyant arriver la théorie du complot de masse. Bientôt, la terre entière se liguera contre les Mugiwaras pour que les Shirohiges ne les trouvent jamais.
"Ou qu'une partie de l'équipage se soit aussi fait duper !"
"Alors, ceux qui ont partagé des aventures avec eux se feraient prendre au piège, et vous, qui ne les connaissez ni d'Eve ni d'Adam, passeriez au travers ? J'aimerais bien voir ça !"
Haruta changea de photo, passant au dessin de Sanji, la jambe noire.
"Moi, je trouve qu'il y a une petite ressemblance." Osa un des idiots. "Ils ont un peu les mêmes lèvres."
"Je t'emmènerais chez un ophtalmo à la prochaine île. Suivant."
Nico Robin, le démon d'Ohara.
"Ne cherchez pas, il n'a toujours pas de poitrine."
"Mais si c'était la fille de la photo qui était en réalité un gars ?"
Haruta se souvint alors d'une discussion entre Izou et Fossa sur la débilité de leurs troupes. Haruta avait rigolé dans son coin, ignorant le dialogue. Après mûre réflexion, elle se rendit finalement compte de la véracité de ses propos. Peut-être que les renvoyer sur les bancs de l'école un petit moment ne leur ferait pas trop de mal.
"Cela fait plus de vingt ans que la Marine la recherche. Ils auraient quand même pu s'apercevoir si ce n'était pas une fille !"
"On ne sait pas, commandante. Si ça se trouve, c'est pour ça qu'ils l'ont jamais trouvé ! À chaque fois qu'ils pensaient l'avoir, elle déroulait son tuyau et était mise hors de cause..."
Ce fut la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Pour couper court à la discussion, Haruta créa une troisième bosse, près des deux autres. Réflexion faite, elle était peut-être en train de détruire les derniers neurones qui lui restaient. Bof, au point où il en était. Elle s'offrit même de lui en faire une quatrième.
"C'était de la violence gratuite, commandante !"
"Tout à fait !"
Elle changea de page.
Sogeking, le roi des snipers. Que de modestie.
"Il a le même nez." Remarqua-t-elle.
"Non, ça ne pas être lui." Décidèrent, dans un commun accord, les trois nouilles.
"Ah, et pour quelle raison ?"
"Il porte un masque sur la photo. Et notre type n'en a pas !" Expliqua l'un, soutenu par les autres.
Leur débilité était-elle donc illimitée ?
"Et si, je dis bien si, il avait retiré son masque ?"
Ses hommes en restèrent sans voix.
"Quelle intelligence commandante !"
Pour une fois, le compliment avait un goût amer. Elle commandait ses hommes, se rappela-t-elle. Cela voulait-il dire qu'elle partageait leur niveau intellectuel ? Elle qui ne s'était jamais aperçue de la profonde idiotie dont faisaient preuve ses troupes.
"De toute façon, il n'a pas les mêmes yeux."
Haruta inspira.
"Probablement parce qu'il porte des lunettes sur la photo ?"
Nouvelle surprise générale. Les pirates étaient bluffés.
"De toute façon, ce Sogeking ne peut pas être identifié sans son masque. Ils auraient aussi bien pu photographier n'importe quel masque de Venise, ça aurait eu le même effet !"
"Je sais où je l'ai vu !" S'exclama un des hommes présents. "Il est accroché dans la cabine du commandant Izou !"
"Il est fort." Constata un autre. "Cela fait bien cinq ans que je passe devant sans l'avoir jamais remarqué ! Félicitation. Allons le chercher, il doit s'ennuyer à se faire passer pour un mur !"
Haruta les attrapa juste à temps, et leur administra la correction habituelle.
"La violence ne résout rien !" Pleura l'un d'eux.
"C'est vrai. Ace en est la preuve vivante. Mais ça fait un bien fou !"
Elle attrapa la dernière affiche, sous le regard de ses hommes.
"Retourne-le." Ordonna-t-elle au plus costaud. "Éloigne-le. Encore un peu. Parfait ! Qu'en pensez-vous ?"
"Alors là, il n'y a pas d'hésitation commandante ! C'est lui !"
"Je suis prêt à en mettre ma main à couper !"
"Je suis de votre avis. Viens voir Cortus !"
"Effectivement, commandante, il n'y a aucun doute !"
"N'est-ce pas ? Ramène-le."
Cortus s'exécuta.
Les quatre Shirohiges encerclèrent le sniper, s'accroupissant pour être à sa hauteur.
"C'est toi là !" Affirma-t-elle en levant l'avis de recherche du capitaine Mugiwara. Elle pointait fièrement la petite tête sur la gauche qui dépassait.
"Oui." Avoua désespérément Usopp. Il avait juste été reconnu comme un détail sur l'affiche de son Capitaine. Les Aventures du Grand Capitaine Usopp battaient de l'aile. "Laissez-moi me présenter ! Je suis le grand Capitaine Usopp ! Le plus grand tireur de tous les temps !"
"Tireur... tireur... tireur... Ce n'est pas sur la liste."
"Quelle liste, commandante ?"
"Celle écrite par Vista de la description du Mugiwara sur son équipage. Il y a 'un épéiste'," elle cocha la case. "On l'a. 'une voleuse". C'est bon, si on omet qu'elle est partie. 'Un cuisinier'. Il manque toujours à l'appel. 'Un menteur'. Ce n'est pas une fonction, personne ne l'a expliqué au petit ? 'Un médecin'. Normal. 'Une archéologue'. Voilà qui est original ! Ah oui, ce doit être le démon d'Ohara."
"Elle s'appelle Robin !" S'insurgea Usopp.
"Robin, si tu veux. Mais ça fait plus cool le démon d'Ohara ! 'Un charpentier naval', voilà une bonne idée ! 'Un musicien', comme tout bon pirate qui se respecte. Et pour finir, 'deux navires'."
"Oui, le Vogue Merry et le Thousand Sunny Go." Informa le tireur.
"Qui parie qu'il ment pour qu'on le croie ? Ou qu'il dit la vérité, mais que l'on est trop méfiant ?"
"Ou encore, qu'il croit mentir, mais qu'il a dit la vérité !"
"Intelligent !" Conspirèrent les trois idiots.
Haruta regarda sa montre. Si elle ne se trompait pas, Rakuyou allait passer par là dans les dix-vingt minutes qui suivaient, pour sa promenade de contrôle habituel. Elle n'aurait plus qu'à se jeter sur lui, inventer une quelconque obligation, et lui laisser les simples d'esprit et les intrus. Elle jeta un coup d'oeil à ses hommes qui montaient toute une machination, avec pour but de les envahir. Oui, il ne fallait absolument pas qu'elle rate Rakuyou.
En fond, un autre pirate arriva avec des planches et des clous, et commença à installer un petit cagibi. Une fois que quatre planches tinrent les unes aux autres grâce à trois bouts de ficelle et, majoritairement, grâce à la chance, le pirate entra à l'intérieur et releva une fenêtre que la commandante n'avait pas remarquée. Il sortit ensuite un panneau qu'il placarda sur sa devanture.
"Syndicat d'initiative."
Une fois fait, le guide touristique croisa ses mains et prit un grand sourire accueillant en attendant des clients. Il agitait sa tête en tout sens, cherchant des intéressés.
Mélangée entre la curiosité et la pitié, Haruta s'approcha de ce dernier, leurs prisonniers complètement oubliés.
"Je peux savoir de quoi il s'agit ?"
L'homme étincela de joie.
"Commandante Haruta ! Quel bon vent vous amène ?!"
"J'étais en train de faire passer un... un interrogatoire ? Juste en face. Et que veut dire..." Elle pointa vaguement la cabane branlante dans laquelle se terrait son interlocuteur. "Ceci ?"
"Ceci, commandante, est une idée révolutionnaire ! Comme vous le savez, nous accueillons en ce moment les Mugiwaras. Mais, notre navire est très grand, on s'y perd facilement, et comme ils n'auront probablement la chance de monter à bord qu'une unique fois, il faut qu'ils en profitent au maximum ! C'est ainsi que les commandants Blenheim et Blamanco ont eu l'idée de créer un Office du tourisme, dont j'ai eu l'honneur de recevoir la direction."
"Ces deux-là n'améliorent vraiment pas notre quota d'actions intelligentes..."
"Pardon ?"
"Rien, continuez."
"Je disais donc que j'ai été nommé à la tête de l'Office. C'est donc moi qui me charge de donner les plans et de faire les visites. Et nous avons déjà reçu plusieurs commandes !"
"Des commandes ?! De qui ?!"
"Une de l'Ex-Vice-Amiral Garp La Poigne, avec une demande spéciale d'encadrer en rouge la chambre de son petit-fils et de lui signaler toutes les entrées et sorties de secours. Une autre de..."
"Attendez. Comment Garp à fait pour savoir qu'on vendait des cartes de la Moby Dick ?!"
"Ce doit être la Marine qu'il en a informée."
"Et comment la Marine l'a-t-elle su ?"
"Parce qu'on lui a dit, pardi !"
"Vous lui avez dit ?!"
"Oui. Vous n'êtes pas au courant, commandante ? Il faut un permis pour installer un Syndicat d'initiative. En plus, il me semble que le Gouvernement mondial devait nous subventionner. Mais ils ont répondu qu'ils n'en avaient rien à faire et que je pouvais rêver avant de faire main basse sur l'argent de l'État. Tino a reçu à peu près le même courrier."
"Hein ? Tino ? Qu'est-ce qu'il a fait celui-ci ?"
"Eh bien, pour attirer plus de touristes, le commandant Vista a proposé d'installer un stand de nourriture et une boutique de souvenir. Et Tino en a la charge. Du coup, on a écrit nos lettres ensemble ! Mais on ne s'est pas laissé abattre ! On a donné nos lettres et les reçus au commandant Marco, pour qu'on ne se fasse pas berner par le travail administratif ! Comme il était un peu occupé, on les a posés sur son bureau."
"Ah oui ! Je m'en souviens ! Zut, j'ai cru que c'était une blague et les ai collés sur sa porte."
"La prochaine visite est à quelle heure'un ?" S'intéressa Héraclès, un plan dans la main.
"Il y en a une dans une demi-heure, c'est la grande. Mais si vous préférez, vous pouvez prendre la petite, elle évite les cales et se concentre sur le plus important."
"Nous prendrons la première'un."
"D'accord, à quels noms ?"
"Usopp'un et Héraclès'un."
"C'est noté !"
"Nous aussi !" Se jetèrent les trois idiots.
"Vos noms ?"
"Mais vous vous connaissez !" Hurla de désespoir Haruta.
"André."
"Cortus."
"Binus."
"C'est dans la boîte ! Soyez ici dans une demi-heure."
"D'accord !" S'exclamèrent joyeusement les cerveaux.
"J'ai hâte de visiter ce navire ! Depuis le temps que j'en rêvais !"
"Et moi donc ! J'ai cru que ce jour n'arriverait jamais !"
"Héraclès !" Appela Usopp, perdu.
"Qu'y a-t-il Usopp'un ?"
"Quelle est cette histoire de visites ?!"
"Regarde Usopp'un, d'après le plan, nous sommes ici'un. Notre plante doit être amarrée par là. Et nos armes, retenues ici'un. Et là il y a…"
"Monsieur ! Monsieur !" Demanda un cinquième intervenant, qui passait par là.
"Oui'un ?"
"C'est vous le jardinier qui est arrivé hier ?" Le pirate lui passa un bras autour du cou. "Parce que voilà, j'ai planté des tomates l'année passée, j'en ai pris soin, je les ai arrosées..."
Haruta tapa sa main contre sa figure. Il y en avait pas un pour rattraper l'autre ! Elle soupira et aperçu Rakuyou. Instantanément, elle se mit à courir sur lui.
"Rakuyou ! Il faut que tu m'aides. J'ai du pain sur la planche. Il y a le feu au lac. Je dois me magner. Fissa fissa. Rapidement. Immédiatement. Tout de suite. Je te laisse les glandus et les détenus. Bye !"
Aussi rapide que l'éclair, elle s'enfuit en direction de la cuisine. Elle ne s'arrêta qu'une fois la porte franchie.
"Alors Haruta, tu es prête ?" Demanda Thatch, debout devant elle, avec un sourire malin.
"Oh, oui !" Son sourire valait bien celui de son frère.
Même avec un membre en moins, ils ne comptaient pas laisser diminuer la quantité de farce.
Non, pas tant qu'ils seraient de ce monde.
Rakuyou regarda la fumée laissée par sa soeur. Il n'avait strictement rien compris à ce qu'elle avait dit. Il avait juste retenu l'essentiel. Elle lui laissait son travail. Encore.
Il se faisait toujours prendre ! Pourtant, ce genre de choses n'arrivaient jamais à Thatch, Izou ou Blamenco ! Pourquoi toujours lui ? Il faudrait absolument qu'il pense à leur demander leur technique. Comment pouvaient-ils en être immunisés ?
Avec l'espoir que, cette fois, il ne s'agisse de rien de grave et de trop épuisant, il dirigea ses pas vers l'Office du tourisme.
"...Et là, si vous regardez à droite, vous voyez la mer."
"Wouha !"
"Incroyable !"
"Stupefiant !"
"Attendez ! Ce n'est pas encore fini ! Tournez votre tête sur la gauche. Vous allez être encore plus étonné."
"Non, ce n'est pas vrai ?!"
"Je n'y crois pas !"
"Mais attendez que je vous le dise !"
"Ah oui, pardon."
"Désolé."
"Alors, qu'y a-t-il ?"
"Sous vos yeux ébahis, si vous vous tournez vers la gauche vous verrez... La mer !"
"Époustouflant !"
"Renversant !"
"Effarant !"
"Et encore, vous n'avez pas tout vu ! Retournez-vous, vous verrez..."
"La mer !" Devina un auditeur chevronné.
"Chut ! C'est moi qui dis ! Vous verrez... la mer !"
"J'en reste sans voix !"
"C'est la première fois que je vois ça !"
"Il faut que je le photographie ! Ce n'est pas donné à tout le monde de l'admirer."
"Et qui sait combien de temps survivra cette merveille !"
Rakuyou fit demi-tour. Marco disait qu'ivres, leurs frères et soeurs faisaient preuve d'une débilité sans fin. Il devait penser à lui faire remarquer que sobres aussi.
"Et tu dois les arroser tous les jours'un."
"Tous les jours ?! Mais je les ai déjà arrosés l'année dernière !"
"Autrement, elles vont mourir de soif'un."
"Oh !"
"Et tu dois aussi les mettre dans de la terre'un."
"Les. Mettre. Dans. De. La... Vous pouvez répéter le dernier mot ?" Pris note l'apprenti jardinier.
"Terre'un."
"Terre'un. Vous l'écrivez comment ?"
"T. E. R. R. E'un."
"Ah, je ne connais pas la dernière lettre. Et vous en trouvez où ?"
Rakuyou était sûr que l'homme à l'armure ne faisait pas partit de l'équipage. Mais alors, il devait s'agir d'un des deux intrus. Alors, pourquoi n'est-il pas attaché ? Il avait été reconnu comme un Mugiwara ? À côté, son ami avait l'air aussi perdu que le commandant. Ce dernier décida donc d'aller discuter avec lui.
"Vous vous appelez comment ?"
"Je suis le Grand Usopp ! J'ai plus de dix mille hommes à ma solde ! Et si vous ne me libérez pas sur-le-champ, ils viendront me délivrer ! C'est à vos risques et périls !"
Qu'étaient advenus déjà des calmants ? Ah oui, Marco les avait tous avalés. Ce qui ne servait rien puisque ses pouvoirs en ont annulé les effets. Non, le mieux serait que l'épéiste Mugiwara vienne identifier les suspects, et l'affaire serait close. Sauf que, évidemment, on avait encore perdu le borgne.
"L'herbe ? Mais qu'est-ce donc ?" Continua l'apprenti jardinier, un cahier à la main et un stylo à l'autre.
"L'herbe constitue la pelouse. C'est un assemblage de petites tiges vertes qui pousse plus ou moins librement'un."
"Vert comment ? Vert pomme ?"
"Vert... Vert comme les cheveux de cet homme'un !"
To be continued
J'adore l'effet de cette phrase ! Je m'excuse pour ceux qui espéraient voir les conneries d'un mugiwara, les shirohiges ont pris toute la place ! Quelle bande d'égoïste ! Ils ont pas pensés aux autres ! Jetez leurs vos tomates pourris ! Vous pourrez me les lancer un autre jour ! Ah, plus à gauche ! Presque, un peu court comme lancer, essaye de relever ton bras… Voilà…
Laisser un commentaire ! À chaque commentaire que vous laisser… Euh… un raton laveur clignera des yeux ! Génial, non ? Ça vaut le coup d'essayer !
À la prochaine ! Et vous perdez pas en rentrant !
