Merci à tous ceux qui m'ont reviewée pour les parties précédentes J, je vais essayer d'être digne de vos compliments cette fois encore…

Alana Chantelune : j'ai tablé sur le fait qu'Aragorn Theoden connaissait surtout les histoires de Numenor, mais peut-être pas toutes…et ça me donnait aussi une occasion de les mentionner…

***************** Chapitre 7 : La fièvre du combat Cair Andros

La bataille fait rage sur l'île qui sépare l'Anduin en deux…Faramir, revenu de sa surprise, a repris son épée maintenant sans danger pour aller prêter main forte à Elessar, qui a affaire à forte partie.

Eowyn combat elle aussi, prise par la fièvre du sang, mais son esprit est focalisé sur une seule chose : trouver son fils aîné. Eolain, de son côté, cherche aussi son frère, fauchant des pirates…

Sur le fleuve, la nasse posée par Elessar fonctionne à merveilles : les bateaux pirates qui tentaient de s'échapper sont pris, et sont seuls gardés en vie ceux qui en savent assez pour parler et fournir des informations, ainsi que les pirates haut gradés.

Eldarion, transpirant et sanglant, se retrouve face à l'un des pirates combattus lors de son escapade mais qui en avait réchappé. L'homme combat bien, et donne du fil à retordre au jeune prince, qui, même s'il combat bien lui aussi, manque d'expérience. Derrière Eldarion, Aragorn Theoden tente lui aussi de résister, mais il combat moins bien que son ami et parvient moins bien aussi à éviter les coups de lame de son adversaire.

Eomer et les cavaliers de Rohan ont choisi de purifier le reste de l'île, et de leur côté aussi vient la clameur et les cris du combat. Elessar a chargé des soldats de rassembler et surveiller les prisonniers, mais il reste encore des nids de résistance dans la forêt qui recouvre une partie de l'île. Remontant sur son cheval, il rallie quelques bataillons de ses troupes, chargeant Faramir de terminer de s'occuper avec sa compagnie du village où ils étaient.

Eolain cherche toujours son frère, et le voit soudain à terre, il a glissé sur une flaque de boue et a perdu son épée et son bouclier. Elle ne tergiverse pas, lance Tempestwind au galop et abat le pirate d'un seul coup de son épée. Puis elle sourit à son frère interloqué et repart au combat en faisant volter d'un geste sûr son cheval…

Eldarion, qui en a fini avec son adversaire, se précipite vers Aragorn Theoden et voit Eolain tuer le pirate. Il ne la reconnaît pas à cause du casque, mais le cheval lui dit quelque chose…mais il n'a pas le temps de s'appesantir dessus, le combat n'est pas fini.

Dans un coin sombre, un mercenaire, qui a suivi l'armée, prépare une fléchette empoisonnée qu'il lancera à Aragorn Theoden pour le tuer sur le coup, comme on le lui a ordonné…c'est sans compter Eolain, qui est descendue de cheval pour y voir plus clair... Elle voit l'homme, et entreprend de s'approcher en le contournant. L'homme, trop occupé, ne la voit ni ne l'entend arriver, et ressent vite la morsure d'Elewinë sur sa gorge alors qu'Eolain dit :

« Encore un mouvement et je vous abats comme un chien !! »

Mais l'homme fait le fier-à-bras et dit :

« Vous n'oseriez pas ! vous aimeriez bien savoir qui est mon patron, non ? »

Mais, à sa grande surprise, Eolain dit :

« Je sais qui il est, et qui vous deviez tuer…vous n'êtes pas si discret, monsieur l'assassin ! »

Et un rire clair s'élève de sa gorge, montrant à l'homme que le guerrier qu'il a en face de lui est en réalité une femme…Eolain le lie soigneusement, et l'attache à un pilier de bois pour qu'il ne puisse pas s'échapper, il y a encore beaucoup à faire sur le champ de bataille.

            Eowyn parcourt encore le champ de bataille, ferme sur ses étriers et l'épée à la main, cherchant du regard son mari, son fils et sa fille et tailladant au besoin d'une main sûre quand les pirates essaient de la désarçonner. Elle respire cependant mieux quand elle voit son fils, bien debout mais blessé, sécurisant les maisons avec Eldarion. Elle descend de son cheval, toujours l'épée à la main et, pour ne pas se faire repérer, sécurise les maisons, en faisant sortir les pirates cachés et libérant les prisonniers et les esclaves qui s'y trouvaient…

            Eldarion se retourne vers le fleuve, et passe sa main gantée sur son front, créant une traînée rougeâtre, puis il jette ses gants sanglants sur le sol, comme s'ils le brûlaient. Il se sent comme un homme ivre, ivre d'horreur, ivre de sang, et tremble légèrement…une légère nausée le prend à l'odeur âcre du sang et de la chair brûlée, et il vacille de fatigue.

Il abaisse Eärendil, dont les caractères elfiques gouttent de sang, semblant brûler, et respire un grand coup pour essayer de faire passer son malaise. Doucement, sa respiration reprend son rythme normal, et son sang cesse de battre à ses tempes…

Mais il ne voit pas un pirate blessé sortir d'une maison où il était encore caché, et se précipiter sur lui avec un poignard…Eolain, elle, le voit et son cœur s'arrête. Tentant de garder son calme, elle tire son poignard du fourreau où il est suspendu et le jette avec l'énergie du désespoir. Le poignard file avec la vitesse de l'éclair et va atteindre le pirate, qui s'écroule aux pieds d'Eldarion.

Le prince, comprenant alors ce qui vient d'arriver, regarde son sauveur…il s'approche et reconnaît sans aucun doute les yeux gris de la dame qu'il aime sous le casque.

Mais il n'a pas le temps de réagir vraiment, Faramir rassemble les troupes, Elessar a besoin d'eux dans la forêt car on a entendu le cor sonner. Une fois à cheval, Eldarion se demande ce qu'Eolain peut bien faire ici…il sait qu'elle n'a de leçons à recevoir de personne lorsqu'il s'agit d'un combat singulier, mais sa place n'est pas dans un combat comme celui-ci, où la mort peut venir à chaque instant…

De son côté, Eolain a assommé l'assassin pour éviter qu'il ne s'enfuie, et a sauté sur Tempeswind pour suivre son père…

Eldarion, en entrant dans la forêt, sent le malaise qui le tient depuis le début du combat s'estomper…Legolas lui a appris à estimer et respecter les arbres, et, vu qu'il est demi-elfe, il doit avoir une certaine affinité avec ce milieu naturel. Même s'il n'a pas la vue perçante des elfes, il a une meilleure vue que les simples humains, et a décroché son arc de sa selle. Ce n'est pas l'arc de Legolas, mais un autre arc de facture elfe, et Eldarion estime que c'est l'arme adéquate pour la forêt.

Sa respiration se fait presque inaudible, comme Legolas le lui a appris, mais il entend Aragorn Theoden, derrière lui, respirer vite. Il se retourne vers lui et lui fait signe de se calmer…

La compagnie de l'Ithilien a appris à se fondre dans la forêt, et ne fait nul bruit en se dirigeant vers le repaire de pirates qu'ils doivent prendre d'assaut. C'est un repaire haut perché, construit dans les arbres…

Au signal de Faramir, les soldats lancent les cordes et commencent à monter le plus silencieusement possible vers les cabanes construites dans les arbres. Eldarion se sent au début gêné par sa cotte de mailles et tout son attirail, mais parvient à s'en affranchir assez vite, alors que le pauvre Aragorn Theoden, paralysé par le vertige, le ressent plus durement Les pirates, se croyant en sécurité dans les arbres, ont laissé peu de gardes, et les vaillants soldats d'Ithilien ont tôt fait de couvrir le secteur. Mais il n'y là que peu de pirates, ils ont surtout construit cet abri pour mettre à l'abri leurs trésors, fruit de tant de rapines…

Mais Faramir n'a pas vu un archer embusqué dans le lacis des feuilles, et reçoit une flèche dans la jambe droite. Voyant cela, Eldarion prend son arc et tire le plus rapidement possible une flèche qui touche l'archer, pendant qu'Aragorn Theoden prend soin de son père. Depuis qu'il est enfant, il voit sa mère soigner maladies et blessures…il déchire donc son mouchoir, étanche le sang puis arrache la flèche, provoquant un cri de son père. Voulant les laisser en sécurité, Eldarion prend le contrôle des opérations et entreprend de finir de sécuriser la zone avec les soldats, puis revient ensuite pour voir comment se porte l'Intendant. Aragorn Theoden a étanché le sang et il a fait un bandage compressif de fortune qui empêche la plaie de trop saigner.

Faramir dit alors, avant qu'Eldarion puisse lui demander quoi que ce soit :

« Il ne faut pas traîner ici, redescendons… »

Il marche avec précautions, mais arrive tout de même à se déplacer…

Eowyn, qui était avec les autres soldats qui sécurisaient la zone, se retient de se précipiter pour soigner son mari. Ce serait pis s'il savait qu'elle est ici…en tout cas, son fils a bien réussi son bandage, et elle ne peut s'empêcher de sourire, fière de lui.

Tous les soldats redescendent, et remontent à cheval pour rejoindre Elessar, qui termine de purifier la forêt de la présence malfaisante des pirates qui restent…

Quand ils y arrivent, c'est le débordement, des pirates tirent et arrivent de partout, provoquant des pertes chez les soldats de Gondor. Voyant son père en difficultés, Eldarion se précipite, l'épée au clair, et taille en pièces plusieurs pirates avant de se faire blesser lui aussi. Eolain fait de même, tentant de protéger son père qu'elle sait affaibli…

Les archers bien entraînés du Gondor entrent en action, et tirent méthodiquement sur les pirates…il faut l'intervention des cavaliers d'Eomer pour que la situation tourne à l'avantage du Gondor…

Eldarion n'a pas l'habitude de tirer depuis un cheval, mais il prête main forte autant qu'il le peut aux archers, et ses flèches atteignent leur cible presque à tous les coups. Il ne s'en rend pas bien compte, mais cette capacité qu'il a de faire comprendre à son cheval ce qu'il attend de lui sans lui parler est elfique. Pourtant, il ne peut rester longtemps à tirer à l'arc, il lui fut reprendre son épée et rentrer de nouveau dans la mêlée…Eolain ne peut s'empêcher de l'admirer, il est si beau l'épée à la main, les cheveux dans le vent, il a l'air d'un prince tout droit venu de Numenor…

Bientôt, la place est nette, il n'y reste plus de pirates vivant autrement que prisonnier…Eomer s'approche d'Elessar et lui dit :

« Nous avons rassemblé tous nos prisonniers là-bas, sur la plage, à l'extrémité de l'île… »

Le silence tombe sur Cair Andros, nul ne dit plus rien…Eowyn s'est approché de sa fille, et voit dans ses yeux le même syndrome qui est en train de frapper Eldarion et Aragorn Theoden : la chute de l'adrénaline, lorsque le guerrier sort de l'ivresse du sang et découvre le spectacle horrible du champ de bataille…

Elessar donne alors l'ordre aux soldats de ramasser et d'enterrer les corps de leurs camarades tombés, de brûler ceux des pirates, et aux cavaliers de retourner au village où ils ont débarqué…il a l'habitude des batailles, mais se sent toujours mal à la fin de l'une d'entre elles, cela a toujours été. Il regarde Eldarion, qui chevauche près de lui, et voit que ses mains tremblent et que son visage est défait…

Une fois arrivés au village, il ordonne de monter le camp là, puis va s'enquérir de l'état dans lequel on a trouvé les prisonniers que les pirates détenaient, puis visite les blessés de ses troupes. Il n'a pas oublié qu'il a longtemps été un homme de troupe, un Ranger, aussi reste-t-il très proche de ses troupes, même étant roi…

Eowyn et Eolain interrogent l'assassin, mais n'arrivent pas à tirer de lui le nom de son commanditaire, il ne sait pas son nom…par contre, il sait que, si la tentative contre l'Intendant avait échoué, il aurait dû le tuer aussi…

La mère et la fille se regardent : elles savent que le roi peut être aussi un juge. Elles savent aussi que, si elles se démasquent, Faramir ne manquera pas de mal réagir. En effet, toutes deux sont blessées, heureusement pas gravement, quelques écorchures…pourtant, il leur faut amener l'assassin au roi.

            Eldarion, l'air morne, s'est assis près du feu. Il n'a pas encore fait soigner les blessures qu'il a sur les mains et les quelques endroits où il n'avait pas de cotte de mailles. Il reste là, retrouvant lentement son calme mais l'esprit hanté par le champ de bataille couvert de morts. Il a jeté son épée devant lui, ne supportant plus son contact pour l'instant…

Près de lui, Aragorn Theoden a planté la sienne dans le sol, et reste là, les bras ballants, assis sur une pierre, complètement étranger à ce qui se passe autour de lui…

            Faramir, lui, est en train de se faire soigner, et le médecin de l'armée estime que la blessure ne devrait pas trop l'handicaper. Près de lui, Eomer et Elessar sont assis, graves…la bataille a été un succès, mais aucun d'entre d'eux n'a le cœur à s'en réjouir.

Faramir regarde alors Elessar, et lui dit :

« J'ai été très agréablement surpris par le comportement d'Eldarion…quand j'ai été blessé, il a pris le commandement des hommes immédiatement pour sécuriser la zone, sans hésiter. »

Alors Elessar sourit, et Eomer dit :

« Il a de qui tenir… »

Faramir continua :

« Je suis fier de mon fils aussi, il s'en est bien sorti…dire qu'il se faisait tellement de souci avant la bataille ! »

Elessar regarda son Intendant et ami et lui dit :

« Avec un père comme toi et une mère comme Eowyn, comment n'aurait-il pas pu être un bon guerrier ? »

Pourtant, s'ils sourient, les trois hommes ressentent encore l'amertume de la fin du combat…

            Dehors, les soldats ont achevé de rassembler les pirates prisonniers, et ont nourri les esclaves qu'ils utilisaient pour ramer et à d'autres tâches ingrates. Ils essaient de savoir d'où ils viennent afin de pouvoir les renvoyer chez eux. Eldarion et Aragorn Theoden, ne voulant surtout pas trop penser, les aident comme ils peuvent…certaines personnes les reconnaissent, et s'inclinent bien bas, mais Eldarion les relève toujours, il ne veut pas d'étiquette ici, il en a son compte au palais. Pourtant, s'il paraît assez calme, son esprit est en ébullition : où est Eolain ?Il se doute bien qu'elle doit être là contre l'avis de son père, aussi n'a-t-il pas ébruité sa présence et ne l'a-t-il pas cherchée. S'il lui est arrivé quelque chose…

Se sentant soudain oppressé, il sort de la cabane dans laquelle il se trouvait et reste là, à respirer l'air frais de la nuit…même s'il sait qu'elle ne se laisserait pas tuer facilement, il sait aussi maintenant que la mort peut venir vite et surtout d'où on ne l'attend pas…

Arrivent alors les soldats qui se trouvaient sur les rives du fleuve, ainsi que les cavaliers laissés en arrière, le camp sera monté ici pour cette nuit, le roi a envoyé des messagers le dire ainsi que porter la nouvelle de la victoire à Minas Tirith et à Edoras. Autour de lui, le camp se monte, et l'armée s'installe pour prendre un repos bien mérité autour des feux de camp…

            Eowyn et Eolain s'apprêtent à emmener le prisonnier au roi, même si elles meurent d'envie de faire justice elles-mêmes, mais Eowyn remarque soudain l'air pâle et défait de sa fille, elle aussi victime du syndrome de fin de combat. Sans dire un mot, elle la fait asseoir et lui tend un peu de nourriture qu'elle a emportée avec elle. Elle a enlevé son casque, elle se moque d'être reconnue maintenant, et enlève celui de sa fille pour qu'elle puisse mieux respirer. Eolain reprend enfin un peu de couleur, et sa mère lui dit :

« Toi qui rêvais d'en découdre, tu vois maintenant la vraie face du combat… »

Eolain hoche seulement la tête, puis elle répond, d'une toute petite voix que ne lui connaît pas sa mère :

« Oui, mais nous avons sauvé papa et Aragorn Theoden… »

En effet, c'était cela l'essentiel, mais la princesse d'Ithilien regarde le ciel étoilé et se dit que pour elle un autre combat va commencer, qui est loin d'être gagn

A suivre…