Chapitre 6 : Articles et Chemin de Traverse
Ce fut un rayon de soleil qui filtrait à travers les rideaux mal tirés qui réveilla Harry trois jours plus tard. Il se redressa lentement et regarda autour de lui, il n'y avait personne. A travers l'interstice des rideaux le soleil était déjà haut, et même Ron était levé. Un coup d'œil à sa montre lui confirma que la matinée était déjà bien avancée et qu'il devrait subir les moqueries de ses amis qui ne manqueraient certainement pas de le lui faire remarquer. Il se dirigea donc vers la salle de bain, bien décidé à ne pas offrir d'autres sujets de moqueries. Cependant, alors qu'il passait devant la chambre de Mr et Mme Weasley, une voix attira son attention :
- Non, je ne pense pas que nous devrions le lui dire pour le moment, il sera toujours temps de le faire si ce n'est pas réglé avant septembre.
La voix de Molly tremblait légèrement et ce fut une voix totalement différente qui lui répondit. Celle-ci était calme, posée, profonde.
- Je suppose que tu as raison, après tout tu le connais beaucoup mieux que moi !
Un craquement en provenance de l'escalier l'informa que quelqu'un montait et il poursuivit donc son chemin. Il était frustré de ne pas en avoir entendu plus car il avait le sentiment que c'était à lui qu'on cachait des choses. Il n'eut cependant pas le temps de réfléchir plus longtemps car il se trouva nez à nez avec Ginny. La couleur rosée que prit ses joues l'alerta, il baissa les yeux et s'aperçut qu'il était en caleçon. Il prit le parti d'en sourire et déposa un baiser sur les lèvres de la jeune fille.
- B'jour Gin, évites de parler de ça à ton frère où nous pourrions avoir droit à un long interrogatoire…
- Oui je crois aussi, d'ailleurs dépêches-toi car j'ai l'impression que lui et Hermione vont bientôt monter.
En effet, des éclats voix montaient de la cuisine et ils semblaient se rapprocher de l'escalier. Harry se précipita vers la salle de bain et adressa un clin d'œil à Ginny avant de tourner la clé dans la serrure. ½ heure plus tard, il était assis à la table de la cuisine et il repensait à une conversation qu'il avait surpris trois jours plus tôt :
- Ah, Arthur déjà là !
- Oui, j'ai quelques dossiers à régler avant la réunion inter-départements de tout à l'heure et vous ?
- Oh toujours la même affaire, on continue à interroger Travers mais il ne veut plus rien nous dire sur ce comp…
Il en était certain, on lui cachait quelque chose. Perdu dans ses pensées il n'entendit pas trois personnes arriver dans la cuisine.
- Ohé Harry, tu es là ? Je vois que tes 11 heures de sommeil ne t'ont pas suffit.
- Hein ? Tu disais ?
- Non rien ! Au fait, il y a nos lettres de Poudlard qui sont arrivées. On ira sur le chemin de traverse cet après-midi.
Il lui tendit la sienne et se tourna vers Hermione qui ouvrait la gazette du sorcier. Alors qu'il décachetait son courrier, Harry leva la tête vers Ginny. Elle le fixait et semblait rayonnante, elle répondit au regard interrogateur de son petit ami.
- Je me dis que… Enfin, ça fait bizarre de rentrer en même année que vous !
- Disons que cela nous laissera un petit peu plus de temps pour nous deux qu'il y a deux ans, lui glissa-t-il à l'oreille.
- Hum !
Les deux adolescents levèrent la tête vers Ron qui les regardait avec insistance.
- J'ai tout entendu ! Aïe, Hermione c'est mon pied !
- Ronald Weasley, tu ne changeras donc jamais.
Mis à part le principal concerné, tout le monde éclata de rire. La bonne humeur persista jusqu'à ce qu'Hermione ne s'exclame :
- Hey, ils parlent de toi ! Harry, regarde !
Elle étala la Gazette sur la table, écartant le plat d'oeufs qui génaient. Une grande photo en noir et blanc occupait la partie supérieure de la une. Narcissa Malefoy les regardait avec dédain, apputée sur le bord du cadre. Au dessous, le titre était écrit en grosses lettres : « Le procès des mangemorts s'ouvre enfin ».
- Ils parlent de toi en page 3, écoute.
« Le magenmagot a auditionné de nombreux témoins afin que la justice soit la plus juste possible. Nous voulons éviter les erreurs commises il y a 17 ans». C'est ce que déclare aujourd'hui Griselda Marchebank récemment promue à la tête de la haute cour de justice magique. Cependant, elle a déclaré n'avoir rien à dire sur la libération de Narcissa Malefoy et de son fils Drago. Ceux-ci étant pourtant convaincus d'association avec les mangemorts. Selon notre reporter Rita Skeeter qui a assisté au procès, il semblerait que Mme Malefoy ait passé un arrangement avec le magenmagot dont on ne pourra malheureusement pas parler dans ces colonnes. Autre libération, celle de Stanley Rocade. L'ex-contrôleur du magicobus a bénéficié d'un appui de choix. Celui qu'on appelle aujourd'hui l'élu ou celui qui a triomphé a en effet témoigné en sa faveur assurant qu'il avait été sous influence de l'imperium. Rappelons qu'Albus Dumbledore lui-même avait demandé sa libération immédiate sous le gouvernement du très peu regretté cornelius Fudge. La société de transports magiques a cependant refusé de réengager Mr Rocade prétextant le travail satisfaisant qu'effectuait son remplaçant en assurant que cette triste affaire n'avait aucun rapport.»
- La suite n'a aucun intérêt, les articles sont meilleurs quand ce n'est pas Rita Skeeter qui les publie je trouve !
Ginny se redressa et fit une petite moue.
- Ils sont surtout meilleurs depuis qu'Harry n'est plus considéré comme un affabulateur, un indésirable et j'en passe ! Harry, tu n'a pas une idée de pourquoi ils cherchent à retrouver Malefoy père aussi vite.
- Gin, cela fait trois jours que l'on en parle sans arrêt et non je n'en ait pas la moindre idée. A part ce que ce Jamisson a laissé échapper quand il discutait avec ton père…
- En gros, on a pas grand-chose, soupira Ron.
- Je crois que ça me concerne !
Harry avait dit cela les yeux fixés sur ses genoux . Les trois autres s'étaient tus et un silence inconfortable s'était installé. Trois paires d'yeux scrutait le jeune homme. Celui-ci releva les siens et regarda tour à tour les trois adolescents avant de poursuivre.
- En me levant ce matin j'ai entendu ta mère dans sa chambre qui parlait à quelqu'un, à travers la cheminée je pense. Peut-être que je me trompe mais j'ai l'impression qu'on me cache quelque chose. Et j'ai la désagréable impression que cela a un rapport avec Malefoy père…
- Ils n'eurent pas le temps de poursuivre cette conversation car des pas retentirent juste au dessus de leurs têtes, quelques secondes plus tard Mme Weasley entrait dans la cuisine.
- Mettez-vous à table, on mange dans cinq minutes et comme ça on pourra aller sur le chemin de traverse de bonne heure. Il y aura certainement du mode aujourd'hui et j'aimerais bien ne pas passer mon après-midi dans les files d'attente.
Une heure et demi plus tard, Harry émergeait de la cheminée du chaudron baveur. Il trébucha et se serait effondré sur le sol sans l'intervention opportune de Ginny qui le retint fermement par le bras. Mme Weasley, qui avait tenu a passer la première, leva sa baguette et la pointa vers lui. Aussitôt la poussière qui le recouvrait disparu totalement.
- Merci Gin, décidément je ne m'y ferait jamais !
- Peut-être mais si j'étais toi je m'enl…
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Ron sortait de la cheminée devant laquelle se trouvait Harry. Ils se retrouvèrent tous les deux affalés sur le sol dans une position burlesque. Des clients, assis à une table proche riaient ouvertement.
… èverait de devant ! termina Ginny, écroulée de rire
- Et bien Harry tu n'as pas assez dormi ce matin ? poursuivit Hermione qui venait d'arriver et qui regardait les deux garçons se débattre avec un petit sourire.
- Ha ha vraiment très spirituel !
Ils se relevèrent et se dirigèrent vers la sortie sous les yeux amusés des clients. Arrivés sur le chemin de traverse, ils regardèrent autour d'eux. Jamais l'ambiance n'aurait pu être aussi différente de celle des années passées. Le chemin était noir de monde et les gens s'arrêtaient volontiers pour discuter. Ils n'eurent pas fait vingt mètres que déjà deux hommes avait demandé un autographe à Harry. Il refusa poliment, légèrement décontenancé. Les choses se gâtèrent légèrement lorsqu'un groupe de filles s'approcha en gloussant, le montrant du doigt. Ginny commença à s'avancer avec une expression qui ne présageait rien de bon. Heureusement Harry s'en aperçut et il saisit la main de la jeune fille. Mme Weasley ne s'était aperçu de rien et continuait à avancer. Harry tira sur la main de sa petite amie et après un dernier regard de braise vers les groupies, elle le suivit, lui et les autres. Le reste de l'après-midi se passa sans aucun accident notable mis à part un léger accrochage avec quelques gobelins qui ne voulaient pas les laisser rentrer en souvenir d'une dernière rencontre plutôt mouvementée. Ils finirent tout de même par pouvoir accéder à leurs coffres mais sous bonne garde, ce furent 6 gobelins qui les accompagnèrent après les avoir menacés de toutes les morts possibles, toutes les plus atroces les unes que les autres, s'ils tentaient quelque chose.
Sur le chemin du retour, alors que les adolescents bavardaient gaiement, Ginny se mordit soudain les lèvres :
- Maman, j'ai oublié d'acheter un livre chez Fleury&Bott ! Hermione, tu veux bien venir avec moi, tu pourra m'aider à le trouver…
- Pas question ! répliqua Mme Weasley, on ne se sépare pas !
- Maman !!!
Elle regarda sa mère avec un air qui mélangeait supplication, détermination et peut-être même un soupçon d'inquiétude. Sa mère sembla soudain réaliser quelque chose puisque un petit sourire éclaira son visage.
- Vous avez un quart d'heure ! On se retrouve au Chaudron baveur.
Les deux filles s'éloignèrent en courant sous le regard perplexe d'Harry.
- Ben, Fleury&Bott c'est pas par là !
- Pfff, toujours aussi discrète ma sœur.
- Quoi ?
Harry se retourna vers le grand rouquin, ne comprenant pas vraiment où il voulait en venir. Un large sourire illuminait son visage et il semblait un brin moqueur, même plus qu'un brin réflexion faite.
- Il n'y a bien que toi qui n'a rien vu, on ne se demande pas pourquoi vous êtes ensemble ! Sauf si je me trompe, dans cinq jours on est le 31 ! Et tout le monde n'est pas aussi prévoyant que moi.
La lumière se fit enfin sur l'étrange comportement de Ginny mais une autre préoccupation lui succéda :
- Ron, je n'ai encore rien acheté pour l'anniversaire à ta sœur !
- Et allez, un autre point commun ! Maman, nous avons-nous aussi une mission d'urgence à effectuer. Disons qu'il s'agit … euh… d'ingrédients de potion !
- Et bien je crois que je vais attendre toute seule ! Il vous reste 13 minutes. Dépêchez-vous !
Dix minutes plus tard, ils étaient de retour. Harry avait tout d'abord penché pour un bijou mais il avait changé d'avis après être tombé sur LE cadeau. Il s'agissait d'une toute petite échoppe dans une ruelle peu fréquentée. D'ailleurs Harry ne se souvenait même plus comment ils étaient arrivés devant celle-ci. Sur une peinture orange écaillée se détachaient en lettre vertes "Omar Veilleux, objet exotiques". Il étaient entrés par pure curiosité. Le marchand s'était approché alors qu'il observait un petit pendentif dans une boîte. Il était vieux, voûté, ses longs cheveux blancs tombant sur ses épaules frêles.
- Je peux vous aider ? Oh, ceci est un objet rare. Je peux vous en parler si vous voulez.
- Pourquoi pas mais nous sommes un peu pressés.
- Je comprend, la jeunesse a toujours mieux à faire que d'écouter les élucubrations d'un vieux fou comme moi. Je vais faire vite, rassurez-vous ! Je suppose que vous voulez offrir cet objet, et pas à n'importe qui !
- En effet.
- Très bien.
L'homme tira sa baguette et en donna un petit coup sur la boîte noire qui s'ouvrit. Il essuya la poussière et prit le pendentif entre ses doigt frêles. Il représentait un cœur en or, deux chaînes du même métal restaient au fond de la boîte.
- Avant de vous vendre cela je dois m'assurer d'une chose. Etes vous absolument sûr de vos sentiments pour cette personne.
Ron le devança dans la réponse :
- J'espère bien, parce que sinon il pourrait passer un mauvais quart d'heure !
- Ce n'est pas à vous que je pose la question ! répondit le vieil homme d'une voix sèche, Monsieur ?
- Oui.
- Bien, ceci est un saraï. C'est un objet de magie hindoue, il est très précieux et très rare. Je pense d'ailleurs que celui-ci est le dernier qui ait été fabriqué par les moines du temple de... Passons, cela ne vous intéresse pas . Connaissez-vous le principe des miroirs à double sens ?
- Oui.
- Et bien, le saraï fonctionne de la même façon mis à part que l'on communique par la pensée. Le cœur que vous voyez se séparera en deux lorsque je l'aurais activé. Vous devrez placer une partie autour de votre cou et votre bien-aimée devra porter l'autre. Si vos sentiments sont purs, alors la communication sera possible, elle ne sera pas faisable dans le cas contraire. Sachez cependant que la magie du saraï est extrêmement puissante et ainsi vous devrez être très prudent. A partir du moment où vous l'aurez touché, il ne pourra marcher que pour vous et quiconque tentera de le porter s'exposera à de graves conséquences !
- Euh, graves comment ?
- Il sombrera dans la folie, ajouta simplement le vieil homme.
Harry et Ron se regardèrent. Ron semblait sceptique mais Harry était fasciné.
- C'est exactement ce qu'il me faut ! Excusez moi, vous m'avez dit que le saraï était très rare…
- En effet.
- Je suppose donc qu'il n'est pas donné.
- Oh il est vrai que le prix un peu élevé mais j'ai besoin d'argent pour prendre ma retraite et mon stock ne se vend pas bien. Je vais vous faire un prix. Au lieu de 75 gallions, je vais vous le faire à… disons… 45. C'est vous qui voyez !
- Je prends, par contre je n'ai pas l'argent sur moi. Je vais vous signer un papier et vous irez prendre l'argent dans mon coffre. Pouvez-vous me l'activer s'il vous plaît ?
L'homme le regarda et après un petit sourire énigmatique se dirigea vers son bureau et en sortit une paire de gants. Il les enfila et prit le petit cœur entre ses mains puis récita une longue litanie dans une langue étrangère qu'Harry ne connaissait pas. Après quelques secondes le cœur s'illumina puis se sépara en deux parties. Il accrocha la première partie à une des deux chaînes et l'accrocha au cou de Harry.
- Rappelez-vous, tant que vos sentiments seront purs la connexion sera possible. Cependant, si l'un des deux la refuse elle ne se fera pas. Elle peut être bloquée par un sort très simple mais je vous laisserais le trouver, ajouta-t-il en regardant Ron, un air espiègle sur le visage. Il a également d'autres propriétés mais vous devrez les découvrir par vous-même car elles sont uniques à chaque saraï en fonction du sorcier qui l'a fabriqué. Je suppose que je vous fais un paquet cadeau.
- Harry acquiesça distraitement, trop occupé par la douce chaleur qui se diffusait peu à peu dans l'ensemble de son corps. L'objet semblait prendre possession de lui, diffusant sa magie dans tout son être.
- Puis-je l'enlever ? il ne faudrait pas qu'elle ne le voie avant son anniversaire.
- Bien sûr, mais souvenez-vous, ne laissez personne le porter à votre place !
- Oui, merci !
Il glissa le pendentif dans sa poche et les deux adolescents sortirent de la boutique.
- C'est bon il nous reste deux minutes pour arriver, heureusement que tu t'es décidé vite !
Une minute plus tard ils arrivaient devant le Chaudron baveur, où les filles n'étaient pas encore revenues. Elles furent tout de même à l'heure mais on voyait à leur teint rougeâtre qu'elles avaient couru.
- Et bien les filles, vous n'avez pas trouvé le livre. Vous étiez bien parties pour ça non ? dit Ron en regardant Hermione avec un petit sourire sarcastique.
- Euh… oui… mais non, on l'a pas trouvé. Il va falloir que Ginny fasse sans.
- Ah ok, je vois…
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Voila j'espère que cela vous a plu, je ne peut que vous encourager à me donner votre avis même si vous n'aimez pas. Je remercie au passage ceux qui l'ont déjà fait même si je leur ai déjà répondu par message.
J'espère poster le plu rapidement possible pour ce qui sera un chapitre un peu spécial mais je vous laisse la surprise. Je crois avoir dis tout ce que j'avais à dire. Il me reste à vous souhaiter une bonne journée à tous.
Kévin
