Salut tout le monde! Aujourd'hui un chapitre disons long (juste le double de d'habitude) , les prochains chapitres devraient être plus courts mais on sait jamais ;) .
Bonne lecture!
Chapitre 7
-Vous n'allez pas vous entasser tous ici? Je vais vous passer mon appartement pour la nuit, vous serez plus à l'aise.
-Nous ne voudrions pas abuser de votre gentillesse, très chère .
-J'insiste. Lui répondit-elle avec un sourire auquel il ne devrait pas résister.
-Dans ce cas nous vous suivons.
Elle ré-adressa un charmant sourire au Prof et à la Fille avant de les conduire jusque "chez elle ".
-Je vais vite me changer dans ma chambre. Il y a un canapé là, relativement confortable, et sinon moi je vous conseille le tapis particulièrement moelleux.
Elle laissa les deux le regard exorbités dans son salon et se changea en vitesse dans sa chambre. Mini-robe fuchsia, escarpin aux talons aiguille vertigineux noirs vernis, elle se remaquilla un peu puis pris du fard à paupières noir et fit un smokey-eye. Elle se regarda dans le miroir en sortant, c'était rouge à lèvres rouge et le yeux charbonneux ensemble elle avait l'air d'une pute. "Attends! Tu oublies la robe et les talons!", au fond, elle s'en moquait, et puis personne ne regarderait ses lèvres."C'est sur ils seront trop occupés avec la robe!", elle soupira et sortit devant les yeux toujours ébahis des deux clones de Mathieu. Elle se dirigea vers un des seuls endroits où elle pourrait oublier, l'oublier. Se réfugier dans l'alcool, elle faisait dans l'originalité. Elle arriva devant un bar où on passait de la musique relativement potable. Un homme la jugea de bas en haut sembla apprécier le spectacle et la laissa entrer. Elle soupira, on la laissait entrer juste parce que elle était mignonne? C'était ça le monde dans lequel elle était obligé de vivre? On se fiait uniquement à l'apparence! Elle repensa au "portrait de Dorian Gray" d'Oscar; jeune homme à la beauté incroyable qui avait fait le vœu de ne jamais vieillir, mais son âge et ses pêchés se marquait sur son portrait. Personne ne voyait sa vrai nature tout accaparés par sa beauté. Comment un homme au visage aussi beau pourrait être mauvais?
Elle se dirigea vers un endroit où elle pourrait danser, un chevalier servant lui proposait déjà de lui offrir un verre. Elle accepta avec plaisir. Combien de temps le manège de ses prétendants dura? Les verres s succédaient, sa vision commençait doucement à se brouiller et elle plongeait vers de cotonneux abysses. Elle reconnut sa silhouette s'avancer vers elle.
-Viens. Si tu ne le fais pas pour moi , fais le pour lui.
Elle prit la main calleuse qu'il lui tendit et le froid de la nuit la réveilla quelque peu.
-Tu ne devais rien payer? Lui demanda-t-il de sa voix grave.
-Non, je me suis tout fait offert.
-Tu leur offrais quoi en échange?
-A ton avis, dit-elle un sourire carnassier éclairant soudain son visage. Comment tu m'as retrouvée?
-Je ne te cherchais pas. Je suis arrivé là par hasard.
-Comme quoi les grands esprits se rencontrent, littéralement. Tu as bu encore plus que moi.
-Je tiens mieux l'alcool.
-Vu ton état je parierais pas là-dessus.
-C'est qui qui est venu te chercher dans un bar pour te ramener?
-C'est étrange que tu ne sois pas rester avec moi d'ailleurs au lieu de rentrer.
-J'essayais de t'éviter.
-Donc là tu me ramènes pour repartir ensuite!
-Non, je rentre vraiment. Et toi penses au gosse.
-Je suis pas vraiment en état de penser là.
-Moi non plus .
Ils arrivèrent bras-dessus bras-dessous à l'appartement des Sommet.
-Tu vas où?
-Chez le Geek, pourquoi? Tu préfèrerais que ce soit chez toi?
-Dégage.
Mais il lui ébouriffa les cheveux avant de rentrer dans sa chambre.
-Tu sais combien de temps ça m'a pris pour arriver à cet effet coiffé-décoiffé ?
Elle entendit un ricanement, soupira puis entra dans la chambre de son copain.
-Tu étais où?
-Je suis désolée. Ca te gêne si je viens?
-Non, bien sur que non.
-Tu as bu?
-Oui.
Elle se déshabilla et se glissa à ses côtés, se blottit tout contre lui et le sentit frissonner. Elle lui prit son bras et le passa autour de ses épaules. Elle se sentit en sécurité , c'était la première fois depuis longtemps. Elle craqua. Elle pleura comme elle n'avait jamais pleuré. Il ne dit rien , se contenta de la serrer contre lui et de caresser sa tête pour la réconforter. Il serait toujours là pour elle, il était son point d'attache. Elle finit par s'endormir contre lui.
Mathieu décida de les réveiller. Il était lui-même fatigué ,mais le Prof et la Fille n'étaient là qu'aujourd'hui et ils devaient commencer à tourner l'épisode le plus tôt possible. Il commença sa tournée par le Panda, qui grogna mais sorti, le Hippie qui ne répondit pas (tout à fait normal et Mathieu ne s'en formalisa donc pas). Le Patron sorti sans doute réveillé par tout le bruit. Il avait mauvaise mine et de larges cernes sous les yeux. Mathieu toqua à la porte du plus jeune. Pas de réponse, bizarre. Il ouvrit la porte
-Ne reste pas comme ça la bouche ouverte, tu risque de gober autre chose qu'une mouche sinon. Lui dit la voix grave.
Mais il ne pouvait rester que comme ça devant le spectacle qui s'offrait à ses yeux. Le Geek tenait dans ses bras une Adèle visiblement nue, au vu de ses épaules blanches découvertes et des vêtements éparpillés par terre. Le Patron le rejoignit tout aussi ébahi. Les amoureux commencèrent à émerger de leur sommeil et le Geek en se redressant fit tomber légèrement la couverture , dévoilant ainsi la poitrine de la jeune fille.
-Vous êtes trop mignon! C'était comment? Lança le Panda joyeusement.
Cela eut pour effet de le ramener à la réalité , il ferma la porte et se dirigea vers la cuisine, bien décidé à noyer son chagrin dans le café. Pourquoi cela l'avait-t-il tant gêné de voir le Geek avec Adèle? Cela n'avait rien d'inhabituel de voir une de ses personnalité dans cette situation, pourtant là cela avait été différent. Le Geek grandissait, il devenait un homme, il s'éloignait du petit garçon chétif qu'il avait été. "Ou c'est juste que tu n'aimes pas Adèle?" Oui aussi. Il fut sortit de ses pensées par l'entrée successive de ses personnalités dans la cuisine. Le Hippie était déjà complètement irrécupérable, maître Panda sifflotait rayonnant, le Prof et la Fille arrivèrent ensemble, le Patron prit une aspirine et une tasse de café, triste, …. attends attends un Patron triste? Pas en colère non. Juste triste, à la limite de pleurer. Il soupira, ça allait être dur le tournage. "Et si tu échangeais les vêtements du Patron et du Geek? Ça collerait mieux à leurs comportements d'aujourd'hui, personne ne remarquerait." Pas si mauvaise que ça comme idée. Mais cette belle idée fut détruite en voyant le Geek arrivé entièrement rouge , pas du tout patronesque . Il était à court d'idées pour se sortir de cette panade. Il était sur le point de souffler quand à la place il siffla devant la jeune fille qui arriva. La robe moulante fuchsia mettait sa silhouette en valeur, ses cheveux courts en batailles, son maquillage avait coulé. Il ne l'avait jamais trouvé aussi attirante, il y avait un mélange entre la fragilité et la fermeté. Toute en nuance, et pas juste belle, il commençait à entrapercevoir son âme. Et il avait peur de ce qu'il voyait, elle ne pourrait jamais être celle dont son petit Geek avait besoin. Elle était brisée. Elle s'assit.
-Tu me passes le café?
Il se ressaisit et le lui passa. Il ne put détacher son regard de cette bouche éternellement rouge rendue humide par le café. Comment pouvait-on être aussi sexy avec une simple tasse de café? Il fut tiré de ses fantasmes par une voix grave
-Alors c'était comment? Si vous avez besoin de conseil , je suis au bout du couloir.
Le Geek devint encore plus rouge.
-Il ne s'est rien passé. Répondit-elle.
L'homme en noir posa une main sur l'épaule de celle-ci.
-Si tu veux un homme qui te fournira du plaisir...
-Désolée de te décevoir, mais si je voulais vraiment assouvir mes désirs je choisirai quelqu'un de plus grand. Si tu vois ce que je veux dire.
Et elle retira la main de son épaule avec deux doigts, étrangement Mathieu eut l'impression qu'elle regrettait de faire ça. Le patron lui ébouriffa les cheveux, mais n'insista pas. Étrange. Devant le silence qui venait de s'installer Adèle réagit.
-Aucun de vous ne le demandes, mais vous voulez tous savoir ce qui s'est passé hier. Très bien hier j'ai décidé d'aller boire dans un bar, le Patron en chevalier servant et tout aussi bourré que moi m'a raccompagnée. Arrivée à l'appartement je suis directement allée dans la chambre du Geek, où je me suis déshabillée. Je me suis endormie dans ses bras. Il ne s'est absolument rien passé et nous n'allons pas épilogués là-dessus. Sur ce j'ai du travail, je vous laisse.
Et ils la regardèrent partir, pieds nus.
-Salut tout le monde! Ca faisait longtemps!
-La dernière foi c'était hier, je n'appelle pas ça longtemps. Et pour tout te dire je pensais passer au moins trois jours sans devoir te supporter.
Entendit-il Tatiana répondre à Adèle.
-T'es pas amusante Titi (il imaginait déjà la petite moue boudeuse qu'elle devait arborer). Et puis c'est pas de ma faute si on sait plus se passer de moi. Au travail donc!
Il la vit rentrer dans le bureau suivit du pas rageur de Tatiana. La pauvre allait finir par craquer, elle détestait Adèle. Lui aussi. Il s'en convaincrai. Elle s'assit sur le bord du bureau et se mit à balancer ses longues jambes. Il regarda le visage qu'il n'avait plus le droit que de contempler depuis deux semaines. Deux semaines qu'elle et le Geek filaient le plus parfait amour et tout cela dans la plus pure chasteté. Deux semaines qu'il essayait de l'oublier, alors qu'il la voyait tout les jours. Deux semaines aussi qu'il travaillait avec elle .
-Sympa tes bottines. Dit Tatiana en désignant les bottines en serpent rouges.
-Thanks.
Non, non, non! Elles n'allaient pas devenir amies? Tout mais pas ça!
-Vous avez fini? Grogna-t-il. On a du travail, Adèle je sais que vous en rêvez, carte blanche pour celui-là. Prévenez moi juste du plan. Je veux un exemple, pas d'accident ou de suicide. Aucun lien pour les flics, mais énorme pour les autres.
-Ça va peut-être vous décevoir mais j'ai des rêves bien plus excitants que ça. Mais je sens que je vais bien m'amuser. C'est qui?
Il lui tendit une photo.
-Aucune idée mais la personne sur la phot est le numéro deux.
-En plus il y a un challenge! Bon j'ai du travail, je ne sais pas quand on se reverra à bientôt j'espère!
-Restez. Je dois vous parler. Seul à seul.
Il jeta un regard à ses collaborateurs, qui partirent comprenant que la conversation qui allait avoir lieu n'était plus professionnelle. La porte se ferma. Adèle le regarda inquiète.
-Qu'est-ce que tu veux?
-Je t'ai menti.
-Pardon?
-Tu m'as demandé si je t'aimais. J'ai répondu non, mais c'est faux. Je t'aime.
-Sorry, c'est trop tard.
-Quoi?
-Je t'ai laissé ta chance, tu n'as pas su la saisir. J'ai fait un choix, tu aurais pu m'empêcher, tu ne l'as pas fait. C'est trop tard. J'ai choisi l'homme que j'aimerai, j'ai choisi ma vie.
Ca ne devait pas se passer comme ça. Elle aurait dû lui dire qu'elle l'aimait elle aussi et se jeter dans ses bras. Elle ne pouvait pas le rejeter. Alors il réagit comme à chaque foi que quelque chose l'énervait: par la violence. Il prit sa mâchoire dans sa main droite et la plaqua contre le mur. Devant l'aire moqueur qu'elle continuait d'afficher, il ne put se retenir et de sa main gauche il lui donna un coup de poing dans la pommette. Il vit ses yeux se charger de colère et elle se dégagea avec une incroyable facilitée et lui rendit son coup dans un mouvement agile. Il entendit un craquement.
-Voilà, comme ça on est ex-aequo. On ne me frappes pas! Je ne suis pas une de tes putes moi!
Elle sembla se calmer, se rapprocha de lui et vint poser ses lèvres contre les siennes. Il entrouvrit sa bouche et sentit sa langue se glisser puis s'enrober autour de la sienne. Il ne s'y ferait jamais. Ils ne formaient qu'un. Les mains qu'il avait placées dans sa nuque commencèrent à descendre le long du dos de la jeune femme, il la sentit frissonner et descendit jusqu'à ses reins. C'était une invitation, qu'elle perçut très bien. Elle le fit basculer contre le bureau, s'assit sur son bassin et défit sa chemise d'une main experte. il arrêta leur baiser.
-Tu m'aimes? Demanda-t-il dans un souffle.
Elle hésita. Le regarda, lui caressa la joue. Il lui demandait de tout sacrifier.
-Oui, c'est ça le pire. Et toi tu m'aimes?
-J'en ai bien peur.
Il vit un sourire de soulagement se dessiner sur son visage d'ange. Elle se pencha pour terminer se qu'elle avait commencer. Oh, oui il l'aimait.
Elle avait toujours aimé les quelques secondes qui succédaient l'acte. C'était comme si le temps s'arrêtait, les membres était légèrement engourdis et le cerveau encore embrumé. Elle aurait voulu rester une éternité comme cela. Mais elle savait que tout cela n'était qu'éphémère, elle devait partir. Elle caressa la pommette bleuie de son amant. Il grimaça, cela la fit sourire.
-Il ne faut jamais essayer de faire du mal à quelqu'un dont le métier est de faire mal.
-Je m'en souviendrai, mais toi aussi tu es violette petit ange.
Il passa à son tour une main sur la pommette de la jeune fille. Elle frissonna. Elle se releva brusquement, ne pas rester dans la bulle qu'ils s'étaient crées. Elle commença à se rhabiller. Le voyant ne faire aucun geste dans ce sens, elle lui jeta sa chemise et son pantalon, qu'il attrapa et avec un soupir qu'il enfila. Il se leva et vint dans son dos l'entourer de ses bras. Il posa sa tête sur son épaule.
-Tu vas le quitter? Lui murmura-t-il.
-Nous avons déjà eut cette conversation et la réponse est toujours non.
Elle se retrouva à nouveau plaquée contre le mur, le visage de son amant déformés par la colère à quelques centimètres du sien. La situation n'était pas pour lui déplaire, ça allait être intéressant tout ça. Elle ne se défit pas de son emprise. Toujours faire croire à l'adversaire que c'était lui qui avait le dessus.
-Pourquoi? Pourquoi tu fais tout ça?
-Ça peut paraître con, mais j'espère enfin être heureuse. Et je pense que le Geek pourra me rendre heureuse. Toi? Aucune idée. Je ne sais même pas ce que je fais encore là.
-Tu ne tiendras pas longtemps comme ça.
-Oui, je sais.
-Tu ne peux pas vivre une simple vie, comme celle que le Geek te proposes.
-Je sais. Et c'es là que tu rentres en jeu. Tu sera celui qui m'offriras le piment, mon adrénaline.
-Tu ne t'en satisferas pas indéfiniment.
-Alors je partirai, je n'ai aucune raison de rester ici à part un bonheur hypothétique.
-Tu ne peux pas simplement partir comme ça!
Il voulu la frapper, mais elle intercepta son poing à quelques centimètres de son visage, lui tordit le bras pour se dégager puis le frappa à nouveau sur la pommette déjà bleuie. Elle quitta la pièce sans se retourner. Ne jamais regarder en arrière. Elle ne fit pas attention aux regards intéressés qui la suivirent jusqu'à la sortie quand elle sorti du bureau. Elle se moquait de ce qu'ils pouvaient penser. Ils auraient tord. "Tu ne pourras pas vivre éternellement comme ça", bien sûr elle le savait. Mais elle avait besoin de jouer avec le feu, de se sentir vivante, d'être libre et la seule chose qui lui permettait cette liberté totale c'était de tuer ses semblables. Pourquoi se priver de cet argent alors qu'elle ne ressentait rien? La première foi elle avait cru qu'elle se sentirait coupable , mais non , rien, pas la oindre once de culpabilité. La vie humaine n'avait aucune valeur, à part celle de son compte en banque. Elle soupira. Combien de temps sa vie sans attaches durerait elle? Pas longtemps au vu des derniers événements. D'habitude tout se passait bien. C'était elle qui inventait les règles du jeu, les autres devaient se contenter de suivre. Elle avait le contrôle, et elle aimait tellement ça. Pourquoi c'était différent maintenant? Elle avait commis erreur sur erreur. Pourtant elle avait essayer de s'en tenir au plan. "Etre le plan cul du Patron, comme ça tu pouvais être mieux payée, puis au bout de quelques mois tu te casses! Simple non? Pas de sentiments! Tu l'as déjà fait combien de foi ce coup là? Pourquoi ce serait différent maintenant ? Pourquoi!" Elle le savait le pourquoi, mais se l'avouer s'était reconnaître qu'elle était faible, vulnérable, qu'elle n'avait plus aucune liberté.
Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle était déjà arrivée à l'appartement. Elle poussa la porte sans se rendre compte qu'elle avait oublié de remettre son masque.
Voilà j'ai essayé de mettre le point de vue de plus de personnages vous me direz si vous préférez :)
