Chapitre 7 = Retour dans le passé
« Je préfère commencer mon histoire depuis le début, si tu veux bien Jasper. Je m'appelle Isabella Marie Swan, j'ai 21 ans, et suis professeur de Littérature à l'Université de Columbia. Je n'ai pas eu une enfance facile : le fait d'être fille unique et de ne pas avoir eu de mère pendant mon enfance m'a véritablement perturbée.
Oui, ma mère était présente, mais sans plus : elle ne savait pas véritablement ce qu'était l'amour maternel, puisque ma naissance a été selon elle « un tragique accident ». Le fait d'être rejetée par ma mère n'a pas été facile, surtout quand j'ai atteint l'adolescence.
Je dirais plutôt que mon père endossais les deux rôles : il était aussi ma « maman », présent à chaque fois que j'avais un souci. Mais comme tu peux le comprendre, nos conversations n'allaient pas plus lion que « Tu vas bien Bella ? Il faut que je signe ton bulletin ? » Si tu vois ce que je veux dire. Tu comprends donc que je n'ai pas pu lui parler de mes problèmes féminins, surtout quand ma puberté est arrivée.
Je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait, les changements qui s'opéraient dans mon corps, car ma mère n'était pas présente pour me dire ce qu'il se passait. Elle n'est resté que les 10 premières années de ma vie, ensuite, elle est partie je ne sais où avec un homme de 20 ans son ainé, vivre dans une autre ville, « changer de vie » comme elle le disait si bien. J'ai du donc me débrouiller toute seule, lire des livres sur le sujet, poser des questions à l'infirmière de l'école où j'étais à l'époque.
Mon père se sentait profondément coupable de toute cette situation, ne sachant pas vraiment quoi faire. C'est quelqu'un de très renfermé sur lui-même, vois-tu : il n'aime pas dévoiler ses sentiments aux yeux de tous. Il n'est pas à l'aise avec ce qu'il peut ressentir, alors forcément, ce comportement, je l'ai hérité. Je suis donc devenue comme lui une handicapée des sentiments.
Mais mes problèmes ne se résumaient pas seulement à ceux que j'avais à la maison. A l'école, toutes les filles se moquaient de moi, me critiquant surtout sur mon apparence en fait. Mon père n'avait pas vraiment les moyens de m'habiller avec des vêtements chics, mais je restais quand même une petite fille tout à fait mignonne et présentable. Sauf que bien sur, je me faisais rejeter par toutes les pimbêches de l'école, n'ayant ainsi aucunes amies.
Ce phénomène c'est accentué lorsque je suis arrivée au collège puis au lycée. On me critiquait à tout bout de champs, me prenant vraiment pour la tête de turc de service. Je ne servais qu'à une chose : faire les devoirs à la place des autres. Ils se servaient de moi, et je ne pouvais évidemment rien dire, de peur qu'ils s'en prennent à moi et me fassent du mal.
Mon père n'a surement pas vu tous ces événements et à quel point j'étais malheureuse. Mais je voyais qu'il se sentait coupable de ne pas pouvoir me donner une présence maternelle. Malgré tout, jamais je ne pourrais lui en vouloir, je l'aime trop, il s'est battu pour moi. Je sentais la fierté dans son regard, j'étais comme il le disait si bien « son rayon de soleil ».
Tu vois donc que cette période de ma vie n'a pas été vraiment joyeuse, mais la suite n'est pas meilleure, je peux te l'assurer. Lorsque je suis arrivée au lycée, j'ai connut un garçon, ses parents étaient des amis de longue date des miens. Il s'appelait Jacob, et tu vois, pour la première fois, j'ai vu que je n'étais pas repoussante à ces yeux. Pour la première fois, je ne me suis pas sentie insignifiante, sans importance. Il me regardait avec ce regard amoureux, et comme tu peux le comprendre, je n'avais encore jamais connu ce sentiment. C'était tout nouveau pour moi, car aucuns garçon ne s'était intéressé à moi précédemment. Il était doux, tout ce qu'il y a de plus agréable et enviable chez un garçon. Il avait deux ans de plus que moi, à la fin de l'année, il allait rentrer à la fac. Moi je n'y étais pas encore, je ne rentrais que deux ans plus tard, bien sur.
Ayant peur de le perde, je lui ai donc déclaré ma flamme. Il m'a fait mille promesses, disant qu'il ressentait la même chose que moi, qu'il voulait que ce soit moi qui porte ses futurs enfants et devienne sa femme. Naïve, je le croyais, et je peux te dire que les deux années suivantes, malgré la distance qui nous séparaient, sont devenues les meilleures années de ma vie.
C'est avec lui que j'ai tout découvert en amour, et pas seulement. Il a été mon premier baiser, mon premier attouchement, ma première fois, bref, en domaine de sexe, j'ai tout découvert avec lui. Pendant ces deux années, nos vies étaient un véritable bonheur, sans aucunes ombres au tableau. Nos parents étaient ravis, certains qu'un mariage se dévoilerait sous cet amour.
Sauf que ces rêves, cette utopie a pris fin, comme toutes les bonnes choses. Aujourd'hui encore, je ne pourrais pas te dire ce qu'il s'est passé, étant incapable moi-même de te l'expliquer.
Avec Jacob, nous venions de fêter nos trois ans en vie de couple. J'étais heureuse avec lui, je venais de rentrer à la fac, nous avions emménagé dans le même appart, bref, c'était génial.
Je ne sais pas pourquoi, petit à petit, notre relation s'est commencé à se dégrader. Cela a commencé dans nos relations intimes. Si tu vois ce que je veux dire, Jacob était quelqu'un de très…demandeur en la matière. On est passé de faire l'amour tous les soirs à ne plus que le faire en fin de semaine, et encore. Je le trouvais de plus en plus bizarre, il me parlait parfois avec agressivité alors que je ne lui avais rien fait, enfin, je ne comprenais plus rien.
A partir de ce moment-là, j'aurais du me dire que notre histoire était finie. Mais naïve, je mettais ça sur le compte de l'énorme travail qu'il devait fournir à la fac, et sur la fatigue qui en découlait. Je me laissais donc faire, sans rien dire.
Il a bien vu que je me laissais faire, il est alors passé à l'étape supérieure. En plus de ma parler avec agressivité et de mettre fin à notre vie intime, il m'a prit comme un véritable objet, pensant qu'il pouvait faire tout ce qu'il voulait de moi.
Cela se résumait à ce que parfois, sans même que je le comprenne, en rentrant à la maison, il venait précipitamment vers moi, une lueur furieuse dans son regard, m'arrachais littéralement tous mes vêtements, et me violais, je dis bien violais, car bien sur, je protestais, ne connaissant pas ce côté de sa personnalité. Il me faisait ça plusieurs fois par jours, et moi, en pauvre conne que j'étais, à chaque fois je me laissais faire. En plus de cela, il me battait, car il voyait bien que je ne voulais plus de lui, qu'il me touche, qu'il ne pense ne serait-ce qu'à moi.
Les professeurs de la fac ont commencé à se poser des questions en voyant mon état, mais bien sur, je ne pouvais rien dire, ayant trop peur de ce qu'il pourrait me faire une fois à la maison.
Cette situation a duré pendant encore deux autres années. Ma santé se dégradait à vue d'œil, je ne mangeais plus rien, ma bourrais d'antidépresseurs et de vitamines pour tenir le coup. Je ne dormais plus la nuit, ayant peur qu'il me tue de ses propres mains. Ma vie est donc passée de l'utopie à un véritable enfer, en un claquement de doigts.
Personne ne savait ce qu'il se passait. Tout le monde était convaincu qu'entre Jacob et moi, c'était le grand amour avec un grand A. Mais je lisais dans certains regards la pitié, et je pense que c'est ce qui m'a fait le plus mal. Car oui, les personnes qui me regardaient ainsi avec peine avaient déjà été des victimes de Jacob, toutes des filles. Et oui, lorsque j'étais encore chez mon père, ce monstre en a profité pour me tromper avec d'autres. Je l'aurais bien encaissé ça, ne m'attendant plus à rien de sa part. Mais le pire, c'est qu'il avait fait du mal à ces filles. Comme il en faisait à moi. Elles ont réussit à s'en sortir, elles étaient surement plus courageuses que moi. Bref, elle savait quel enfer je vivais quotidiennement.
Lors de ma dernière année de fac, j'ai rencontré Alice, ma délivrance. Grâce à son arrivée, j'ai pu avoir la force de quitter ce monstre, et de ravoir de l'espoir. Elle m'a aidé, comme elle a pu, m'a conseillée. Elle m'a supplié de porter plainte, mais je ne l'ai pas écouté. Il fallait me comprendre, à l'époque, tout ce que je voulais, c'est qu'il me laisse tranquille et sorte de ma vie.
Elle m'a accueillit à bras ouverts, comme si elle me connaissait depuis toujours. Elle m'a réappris à avoir confiance en moi, et à ne pas me préoccuper du regard des autres. Elle a été ma bouée de sauvetage.
Depuis Alice, plus aucuns nuages n'est venu perturber ma vie. J'ai fini mon cursus, fait ma petite vie. Je n'ai raconté cette histoire à personne sauf à Alice et maintenant toi.
Aujourd'hui, je me rends compte que je vis en permanence avec cette peur au fond de moi. Je n'arrive plus à faire confiance aux hommes totalement, aveuglement depuis cette histoire. J'ai sans arrêt peur qu'il ne me retrouve un jour, et me refasse vivre ces souffrances.
Tous ces souvenirs sont remontés lorsque Tanya a prononcé son nom. Encore une autre victime à son tableau, je peux te l'assurer. Ce mec est un grand malade, elle ne sait pas dans quoi elle s'embarque.
Ma rencontre avec Edward a aussi fait naître des doutes en moi. Je ne sais pas quoi : d'un certain côté j'ai envie de prendre un nouveau départ, et refaire ma vie, si possible avec un homme comme Edward. Mais d'un autre côté, vu comment s'est passé notre rencontre, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je…je n'aurais pas la force…..de revivre… »
Je n'en pouvais plus, je venais de me livrer corps et âme à Jasper. Je me rendais soudain compte que j'étais en larmes, complètement dépassée par les événements. Jasper me tendis un mouchoir, et me prit dans ses bras compréhensif, le temps que je me calme.
Cela prit un bon moment avant qu'il ne réussisse à la calmer. Il me regarda alors dans les yeux. Je pouvais voir qu'il avait lui aussi du mal à retenir son émotion.
« Bella, je vais te dire une chose très importante. Cette douleur que tu portes ne vas jamais partir, tu le sais autant que moi, tu l'as senti. Maintenant, tout ce que je peux te conseiller est d'en effet, tourner la page, et refaire confiance à des gens. Je ne dis pas que tu dois le faire tout de suite, mais progressivement. Tu ne dois pas seulement le faire pour les autres, mais aussi pour toi, et avant tout pour toi. Il faut que tu comprennes que tu ne peux rien changer au passé, il restera tel quel. Par contre, tu peux changer ton futur, et faire en sorte à ce que tu sois heureuse dans ta vie.
En ce qui concerne Edward, le seul conseil que j'ai à te donner, c'est de suivre ton cœur. S'il te dit que tu peux lui faire confiance, alors vas-y, fonce. Par contre, s'il il te dit que tu n'es pas encore prête, ne te force pas, et va à ton rythme.
En tant que meilleur ami du concerné, je vais te dire une chose : Edward ne serait jamais capable de te faire ce que t'a fait cet…je n'ai même pas le mot assez fort pour te définir ce que cet individu, si s'en est un, t'as fait. Il a un profond respect pour les femmes, dues à son éducation. Il serait incapable de faire quoique ce soit qui puisse te nuire. Et puis, d'après ce que j'ai pu observer tu ne le laisses pas indifférent si tu vois ce que je veux dire… »
Je rougis immédiatement, sachant parfaitement ce qu'il voulait dire. Et il avait raison. Il fallait avancer petits pas par petits pas. Je réalisais en regardant ma montre que cela faisait deux bonnes heures que nous étions en train de parler. Les autres allaient s'inquiéter.
« Bella, si tu veux encore te confier à moi, ne serait-ce que me raconter ta vie, il n'y a aucuns problèmes : je serais là. Tu peux me faire confiance. »
Je le pris dans mes bras, heureuse qu'il me soutienne d ans cette épreuve difficile.
Nous descendîmes dans le salon retrouver. Personne ne fit de commentaires, ils étaient tous plongés dans leurs occupations. Nous rejoignîmes Alice, Rosalie, Emmett et Edward dans le patio. Une belle fin de journée s'annonçait…
Voilà voilà….
Milles excuses pour ce retard, je suis vraiment désolée, en ce moment je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire. Mais ça devrait s'arranger ce week-end, je vous promets de publier la suite !!!
Je remercie encore une fois toutes les personnes qui me soutiennent, à savoir=
Vinie65, phika17, Becky1497, lapiaf83, midsum, sissi75-friend, alinette 74 et enfin bejaerce24
Je remercie aussi ceux qui me mettent en alert, ou en favourite story !!!!
Encore une fois merci, et des reviews, des reviews, des reviews !!!!!!!!!!!!!!!!
