Bonjour à tous ! Je ne suis pas très fière de ce chapitre, j'aurais pu faire mieux mais j'ai pas réussi. V'la ^^

ATTENTION ! Ce chapitre contient une scène de viol. J'ai essayé de la rendre angoissante sans la rendre longue, c'est surtout de la... « traque » on va dire. Enfin, vous êtes prévenus ^^

Du coup je pense sérieusement à changer le Rating de cette histoire en M. Je vais le faire, je pense, c'est mieux.

Brefouille ~

Réponse à la review de Vivi6 : vi Orochimaru est encore en vie, c'était flag x) en même, c'est un super méchant, je peux pas le tuer si tôt o_o j'espère que ce chapitre te plaira:3 pas de scène purement Gaara x Hinata, mais bon ^^ J'ai hésité à faire un lemon à la fin, mais je me suis dis que c'était chelou de raconter sa première fois dans ses mémoires x)

Chapitre Cinq : Le Sommet des Kage.

Lorsque j'ouvris les yeux, le lendemain, j'étais seule. Gaara, la veille, était restée jusqu'à ce que je m'endorme, puis avait regagné sa chambre. Je roulai sur mon dos et posai une main sur mon front, les yeux fixés sur le plafond blanc. Des larmes emplirent mes yeux. La culpabilité me dévorait. Me rongeait de l'intérieur, attaquait mon cœur sans merci. J'avais le terrible sentiment d'avoir trahi mon Royaume. Ce qui, quelque part, était totalement vrai. J'aimais un potentiel ennemi, une potentielle cible. En cas de guerre, si j'étais amenée à devoir affronter Gaara, je serais détruite par sa perte. Le regard vide, rongée par la culpabilité, je me levai et m'habillai rapidement. Il était, d'après l'imposante horloge installée face à mon lit, dix heures du matin. Mon maître était probablement levé, il ne dormait que très peu, et il me fallait rejoindre les autres Assassins et Apprentis. Quant à Gaara, il était certain qu'il était éveillé, puisqu'il n'avait jamais dormi. Une fois prête, je quittai ma chambre et traversai silencieusement le couloir du palais, me dirigeant vers l'escalier de marbre, couvert par un tapis de velours rouge bordé d'or. Je tenais ma robe d'une main et la rampe de l'autre. Soudain, je sentis une présence derrière. Je fis volte-face, prête à actionner une lame rétractable. Il s'agissait de Zabuza, l'Assassin Royal du Royaume de l'Eau. Il était vêtu d'un haut et d'un pantalon noirs, enfoncé dans des bottes en cuir brun. Des mitaines grises recouvraient ses mains et ses avant-bras. Un parchemin était accroché à sa ceinture. J'avais eu vent de ses talents d'épéistes. De ce fait, le parchemin contenait très certainement son épée. Je fronçai les sourcils et restai immobile. Il était en haut de l'escalier, et avait l'avantage en cas de confrontation. Je frissonnai d'appréhension. Il dégageait une importante aura meurtrière. Même Gaara, dont l'envie de sang et de violence était constamment palpable, faisait pale figure à côté de lui. Il sourit largement, montrait des dents excessivement pointues.

_ Bien le bonjour, Lady Moon, ronronna-t-il. Avez-vous passé une bonne nuit ?

_ Ma nuit était fort reposante, je vous remercie monseigneur, répondis-je en m'inclinant légèrement.

_ Vous m'en voyez ravi, reprit-il en descendant les marches. Vous a-t-on déjà complimenté sur votre beauté ? Si ce n'est pas le cas, ce serait une véritable honte. Vous êtes ravissante, Lady Moon.

Je le suivis des yeux alors qu'il s'approchait de moi. Son envie de violence croissait d'instant en instant. Il était bien plus fort que moi et me le faisait savoir. Cependant, quoiqu'il désirât, je ne le lui donnerais pas sans un combat digne de ce nom. De toute manière, si je venais à hurler, on viendrait à mon secours. Il s'arrêta à mon niveau et un rictus déforma son visage.

_ Si vous désirez de la compagnie pour l'égayer, ma chambre est à côté de celle de votre père, susurra-t-il en caressant ma joue.

La gifle partit d'elle-même. Il était d'ailleurs aussi surpris que moi car sa tête tourna suite au coup que je venais de lui infliger. Il saignait légèrement de la lèvre, mais son sourire revint rapidement. Il semblait très amusé par la situation, alors que la peur m'envahissait. Cet homme avait les capacités de mettre fin à mes jours. Assuré de ses capacités, il n'avait rien à craindre de moi. J'étais peut-être forte, mais je n'avais pas autant d'expérience comme lui. Cependant, je profitai de son court instant de surprise pour m'écarter de lui.

_ Goujat ! M'écriai-je en reprenant rapidement le chemin de la salle de réception.

Je ne pus faire que quelques pas avant qu'il n'attrape mon poignet. Je gémis de douleur. Cette fois-ci, j'activai mon Byakugan, prête à me battre pour lui échapper. Il me répugnait au plus haut point, et j'étais prête à déclencher mes lames rétractables et à lui infliger une correction.

_ Vous êtes belles et vous avez du caractère. J'apprécie cela chez les femmes, déclara-t-il en se léchant les lèvres. J'aimerais bien vous épouser, si cela était possible.

_ Malheureusement, vous auriez besoin de mon consentement, et je ne vous l'accorderai jamais, tonna une voix.

Je sentis le soulagement m'envahir en reconnaissant mon maître. Il venait tout juste d'apparaître derrière Zabuza. S'il avait été déjà là, l'Assassin de Kiri ne se serait jamais permis une pareille remarque. Mon Byakugan me le montra en train de déglutir. Je souris. Personne ne défiait mon maître. Il avait beau être vieux, il restait un des plus puissants Assassins Royaux.

_ Jiraiya-san, balbutia Zabuza.

_ Lâchez ma fille, Zabuza-san. Vous n'êtes pas autorisé à vous marier, vous le savez parfaitement. De plus, je ne vous confierai pas sa main. Chacun sait que vous avez un certain tempérament lorsque cela concerne les femmes.

La tension était palpable. Les deux Assassins étaient prêts à en venir aux mains. Zabuza me jeta un coup d'œil. Sans son Apprenti, Haku, il souffrirait d'un désavantage certain. Même si ma puissance n'égalait pas la sienne, j'étais tout de même un adversaire non négligeable. S'il venait à nous affronter seul tous les deux, Zabuza mourrait. Il dut s'en rendre compte car il me lâcha et me laissa rejoindre mon maître. Nous le suivîmes du regard alors qu'il rejoignait la salle de réception avant nous. Jiraiya m'examina rapidement, et fut soulagée d'apprendre que je n'avais rien.

_ Tu sembles mal. Qu'y a-t-il ? Zabuza t'a-t-il touché de manière inapproprié ? T'a-t-il menacé ? N'aies crainte, tu peux tout me dire.

En réalité, la culpabilité d'aimer Gaara et d'avoir cédé à la tentation revenait de plein fouet, me rendant presque malade. Elle tordait mes boyaux, attaquait mon cœur et mon âme, la noyant dans la solitude, car seul Gaara pouvait comprendre ce sentiment qui m'assaillait. Ne pouvant en parler à mon maître, je décidai de mentir. J'avais, bien heureusement, une excuse toute trouvée. Je mis mon malaise sur le dos de Zabuza, prétextant qu'il m'avait fait des avances et que cela m'avait grandement effrayé. Ce n'était pas un véritable mensonge, mais plutôt un mensonge par omission. Cependant, une seconde culpabilité m'assaillit : je mentais à mon maître, mon père, celui qui m'avait élevée. Cela était dur, et me rongeait de l'intérieur. Lorsque nous atteignîmes la salle de réception, dans laquelle était servi un petit-déjeuner, je cherchai immédiatement mon amant du regard. Il était assis à côté de son maître et, lorsque nos regards se croisèrent, mon cœur sembla manquer un battement. Il hocha imperceptiblement la tête, et je souris faiblement.

_ Lady Moon, Seigneur Jiraiya, nous saluèrent tous les convives alors que nous nous installions.

Je m'assis aux côtés de Gaara durant le déjeuner, et nous parlâmes comme si rien ne c'était passé. Notre relation était et devait être un secret si bien gardé qu'il en devenait presque un mythe. De toute façon, nous n'eûmes pas l'occasion de discuter fort longtemps, car il nous fallût tous rejoindre la salle dans laquelle le Sommet devait se dérouler. Une immense table ronde était installée au centre de la pièce, autour de laquelle nous prîmes tous place. Une fois que nous fûmes installés, mon maître se pencha à mon oreille.

_ As-tu trouvé Orochimaru ?

_ Non, il n'est pas dans la pièce, ni dans le château.

_ Peux-tu étendre ton champ de vision jusqu'aux bouts des jardins ?

Je hochai la tête et m'effectuai. Rien. Personne n'utilisait de chakra sur les dix kilomètres à la ronde, et je ne reconnus pas la présence d'Orochimaru. J'en fus soulagée et m'autorisai à me détendre quelque peu, sans relâcher mon Byakugan pour autant. Les Kage discutaient de marchandises, et de relations diplomatiques. C'était peu intéressant, car le Royaume du Feu entretenaient de bonnes relations avec les autres Royaumes, bien que notre plus proche allié soit le Royaume du Vent. Si nous devions avoir un ennemi potentiel, il s'agirait du Royaume de l'Eau qui avait tenté d'assassiner nos héritiers l'année de mes treize ans. Nos relations avec ce Royaume s'étaient considérablement dégradées jusqu'à ce que la nouvelle Mizukage soit nommée. Pacifique et calme, elle avait calmé les tentions en peu de temps. Les discussions étaient calmes et courtoises, les Kage moquant gentiment le nombre d'héritiers potentiels de notre seigneur.

_ Cela montre à quel point les Clans de mon Royaume sont puissants, répondait-il à chaque fois. Je ne sais pas à qui confier la protection du Royaume.

C'était une répartie simple, mais suffisante. Le Sommet devait durer deux jours, durant lesquels de nombreux accords devaient être signés. Mon seigneur fumait sa pipe durant les discussions, observant calmement les désaccords entre le Kazekage et le Raikage, qui semblaient se détester profondément. Baki serrait les mâchoires, tandis que Killer Bee, l'Assassin de Kumo, semblait très amusé par la situation. Gaara était immobile, mais je voyais son sable s'agiter dans la petite gourde, prouvant qu'il était agacé par la situation. Soudain, quelqu'un, à environ cinq lieues de l'entrée du palais, entra dans mon champ de vision. Il s'agissait de dix personnes, qui étaient dotées de beaucoup de chakra. Ils faisaient tous un effort considérable pour masquer leur identité, et je constatai, à ma grande frustration, qu'ils y arrivaient. Cependant, cela signifiait qu'ils savaient donc que quelqu'un était capable de les localiser et de les identifier, chose que seul le Byakugan est en mesure de faire. Dès lors, il s'agissait forcément d'Orochimaru et d'un de ses acolytes.

_ Maître, Orochimaru arrive, chuchotai-je.

Il se tendit et se tourna vers l'Hokage, avant de lui murmurer quelque chose à l'oreille. Notre Seigneur fronça les sourcils et se leva, attirant l'attention de tous.

_ Mes amis, je crains qu'il ne faille couper court à ces discussions. Comme vous le savez tous, Orochimaru est un criminel recherché dans mon Royaume, et qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Il semblerait qu'il arrive.

Tout le monde se leva, et le Tsuchikage prit immédiatement la relève.

_ Je dispose que quartier où nous serons en sécurité. Les gardes royales pourront ensuite se charger des intrus, sous le commandement de nos Conseillers respectifs, déclara-t-il.

Nous hochâmes tous la tête et, quelques minutes plus tard, les héritiers et les Kage étaient en sécurité. Alors que je fermai la porte, Hanabi se jeta contre moi.

_ Lady Moon ! Vous ne pouvez pas sortir, vous serez en danger ! Itachi-san m'a dit que vous étiez fragile, je ne veux pas que vous soyez blessée ! Gémit-elle en se cramponnant à ma robe bleu nuit.

Je fus très surprise de ma réaction, mais me repris aussitôt. Je m'accroupis devant elle et la saisis délicatement par les épaules, plantant mon regard vert dans le sien.

_ Lady Hanabi, ne vous en faîtes pas pour moi. Mon rôle est de conseiller l'Hokage mais aussi de le protéger. De plus, je suis capable d'utiliser le peu de chakra dont je dispose pour détecter la présence d'ennemi. C'est un atout non négligeable. Je suis peut être faible physiquement, mais les Conseillers doivent diriger les opérations militaires, et savent tous manier l'épée. De toute façon, les gardes royaux sont là. Vous n'avez rien à craindre.

_ M-Mais...

_ Allons, est-ce ainsi qu'une grande Lady doit se comporter ? Montrez aux autres à quel point les Hyuga sont courageux, Lady Hanabi.

Elle hocha la tête et tendit son petit doigt.

_ Promettez-moi de revenir saine et sauve, alors.

Je scellai notre promesse et me relevai. Mon regard croisa rapidement celui des héritiers. Neiji serra sa cousine contre lui et hocha la tête dans ma direction. Itachi me fixait silencieusement. J'étais agacée d'avoir dû expliquer ma capacité à détecter des ennemis, mais il était évident que tous m'avaient vu discuter avec mon maître, et avaient donc compris que j'étais celle ayant donné l'alerte. Je serrai les mâchoires. Quelle idiote j'étais! Je me morigénai silencieusement en quittant la salle, que les gardes fermèrent derrière moi. Mon maître se tourna vers les gardes royaux, qui attendaient nos ordres en silence.

_ Restez ici et empêchez Orochimaru et ses hommes de pénétrer dans cette pièce. Vous êtes la dernière ligne de défense des Kage, si nous venions à être vaincus. Bien que cela n'arrivera pas. Cependant, il est possible qu'Orochimaru planifie une seconde attaque, profitant de l'attention que nous lui porterons. Tenez-vous prêt à toute éventualité.

Les hommes hochèrent la tête. Je laissai également mes chaussures à talons et ma robe à côté de la porte. Une fois prête, et pieds nus, je rejoignis les autres Assassins, et nous nous mîmes en route vers l'extérieur du palais. Il nous fallait les intercepter au plus vite. Rapidement, nous atteignîmes les jardins. J'en profitai pour jeter un coup d'œil à Gaara. Sa gourde avait repris sa taille originale, et un sourire sadique déformait son visage.

_ Moon, où sont-ils ? Demanda mon maître.

_ Ils se sont séparés ! M'étonnai-je. Je ne comprends pas, il y a un instant, ils étaient tous au même endroits. Là, quatre sont presque de l'autre côté des jardins ! C'est impossible !

_ Une technique de substitution ?

_ Possible. Mais elle est redoutablement efficace ! J'ignorais que l'on pouvait le faire sur une aussi longue distance, grommelai-je, agacée par la situation.

Quelque chose avait échappé à mon Byakugan, et cela ne me convenait pas du tout. Je possédais l'œil ultime, celui capable de tout voir. Que s'était-il passé ?

_ Du brouillage, intervint soudainement Zabuza. C'est extrêmement compliqué à mettre en œuvre, mais mon maître était capable d'une telle prouesse. Il pouvait brouiller, l'espace de quelques minutes, n'importe quelle technique sensorielle ou de vision. Même les Kekkei Genkai étaient affectés. J'ignorais que quelqu'un pouvait faire de même. J'en suis moi-même incapable, malgré mes années d'entraînements.

_ Cela ne m'étonne pas de Kio, sourit mélancoliquement mon maître. Mais là n'est pas le sujet. Nous allons devoir nous séparer. Moon, comment se sont-ils répartis ?

_ Six ici, quatre là-bas. Orochimaru vient vers nous.

_ Bien. Haku, Zabuza, Gaara, Moon, vous allez là-bas. Killer Bee, Roshi, Baki, vous restez avec moi, décréta Jiraiya.

Tout le monde hocha la tête. Une seconde plus tard, mon équipe et moi-même nous dirigions vers notre destination. Plus je me rapprochais, plus il m'était facile de distinguer nos ennemis. Il y avait trois hommes et une femme. La femme possédait moins de chakra que les deux hommes, et tenait une flûte. Je plissais les yeux. Une experte du genjutsu auditif, probablement.

_ Il faut viser la femme en premier, déclarai-je. À en juger par la flûte qu'elle a, elle doit maîtriser le genjutsu.

_ Haku, occupe-toi d'elle, ordonna Zabuza. Tes miroirs lui renverront son propre son.

Haku hocha la tête et bondit immédiatement vers elle. Les deux adversaires engagèrent immédiatement le combat, mais je ne pus m'y intéresser car un garçon immense se jeta sur moi et me frappa en pleine poitrine, me projetant une dizaine de mètres en arrière, la respiration coupée. Comment avait-il pu se déplacer aussi vite ? J'avais tout juste eu le temps de le voir sauter vers moi et de lever mes bras pour me protéger. Je m'écrasai au sol dans un bruit sourd, et me relevai difficilement. Heureusement pour moi, je pus éviter un nouveau de justesse en roulant au sol. Il avait une force physique impressionnante. Je me relevai et pris un peu de recul afin de juger correctement mon adversaire. Il possédait énormément de chakra, et était fort et rapide. Un expert du corps à corps, comme moi.

Je souris cruellement. Malheureusement pour lui, mon niveau de taijutsu était bien meilleur que le sien. Je fonçai donc droit sur lui, paumes tendues, lames rétractables sorties. Il était aussi rapide que moi malgré sa corpulence, mais n'avait pas mon agilité. À présent qu'il avait perdu son effet de surprise, mon Byakugan me permettait d'éviter ses attaques. De plus, il était assez répétitif dans sa manière de frapper, et je pus rapidement prévoir ses coups. D'abord, il tentait de me frapper, puis, lorsque j'esquivais, frapper le sol pour me déséquilibrer puis courrait vers moi. C'était très simpliste. Il misait tout sur sa force dévastatrice, qui pouvait très certainement passer la défense de sable de Gaara. Perchée sur un arbre, je bondis en arrière lorsqu'il sauta à ma hauteur pour me frapper. Il grogna.

_ Reviens ici traînée à la solde des Royaumes ! Cracha-t-il.

_ Je dispose d'une chose nommée « loyauté » envers ma terre natale. Ce n'est visiblement pas ton cas, répondis-je froidement.

_ Je suis loyal à Orochimaru-sama !

_ Merci pour l'information, ironisai-je. J'aurais été incapable de le deviner sans ton aide précieuse.

Je devais mettre fin à ce combat. À une vingtaine de mètres de nous, Gaara riait cruellement en torturant lentement son adversaire, du sable dansant joyeusement autour de lui. Il lui avait arraché les bras, et une des deux têtes avait été détruite par le sable de mon amant. Je souris, amusée. En affrontant Gaara, cet homme avait signé son arrêt de mort. Je décidai de mettre fin à ce combat, et formai quelques mutras, faisant appel à une de mes affinités, l'eau.

_ Suiton : Suiryuu !

Un dragon d'eau se forma et fonça droit son mon adversaire. Il possédait un chakra de type Doton, qui lui permettait de contrôler la terre, la faiblesse de l'eau. Cependant, je maîtrisais sa faiblesse : la foudre.

_ Raiton : Raging Bolt !

Un éclair frappa mon dragon, et se transmit à mon adversaire, qui ne put éviter cette attaque de zone. Son corps fut secoué par de violents spasmes alors que l'électricité détruisait son système nerveux et ses muscles. Je courus vers lui, prête à l'achever. Ses yeux exprimaient sa panique, et je m'en délectais. Voilà ce qui arrivait à ceux qui osaient s'en prendre aux Kage.

_ Juuken Hou !Hakke rokujyuyon shô ! Ni shô ! Yon shô ! Hachi shô ! Juroku shô ! Sanju ni shô ! Rokujyuyon shô ! M'écriai-je en frappant soixante-quatre tanketsu.

Il s'écroula au sol dans un gémissement de douleur. Ses organes internes étaient ravagés, et il était condamné. Cependant, il aurait été insensé de ne pas l'achever, et je lui tranchai froidement la gorge. J'aurais aimé lui demandé s'il connaissait l'espion, mais il était évident qu'il ne dirait rien, et je n'avais pas le loisir de le torturer. La technique que j'utilisai précédemment est une version plus puissante de celle m'ayant permis de vaincre Kabuto. Elle deux fois plus rapide, et permet donc de frapper deux fois plus de tanketsu. Je contemplai le corps de mon adversaire sans nom, et désactivai mon Byakugan. Je me tournai, et cherchai rapidement Zabuza, Haku et Gaara du regard. Zabuza était assis en tailleur sur sol, sifflant tandis qu'il nettoyait son épée des traces de terres. Le cadavre de son adversaire traînait au sol, quelques mètres plus loin. Il me jeta un coup d'œil lorsque je passais à côté de lui pour rejoindre Gaara, qui jouait toujours avec son adversaire. Haku venait également d'achever l'utilisatrice de genjutsu, et se reposait, allongé dans l'herbe. Je finis par atteindre Gaara, qui ricanait devant les supplications de son adversaire. Il le maintenait au sol avec son sable et était accroupi à côté de lui. Sa voix était aiguë et chantante, comme celle d'un petit enfant.

_ Tue-moi, pitié, suppliait l'homme.

_ Non, non, non, non, non, non ! Je vais te garder encore un peu, et jouer avec toi ! Je n'avais jamais tué de personnes avec deux têtes. Je me demande ce que je vais te faire, maintenant.

Un rire hystérique et fou le secoua. Je déglutis. Je savais que Gaara était fou, et adorait la violence. Il ne le cachait pas. Le démon dans son corps avait rongé une partie de son âme, et il constamment tiraillé par les voix de la créature dans son esprit. Comment, dès lors, rester sain ? La veille, alors que nous étions étendus l'un près de l'autre, il m'avait raconté comment, malgré ses nombreuses supplications et prières, Erin ne lui avait jamais accordé la possibilité de dormir. Je posai une épaule, le faisant sursauter. Il se retourna violemment en grognant, mais se figea en me reconnaissant.

_ Hinata, chuchota-t-il.

_ Achève cette créature, déclarai-je. Nous devons retourner auprès de nos seigneurs.

Il se leva, soupira, et tendit la main vers sa victime.

_ Sakabu Kyû, gronda-t-il d'une voix froide.

Le sable s'enroula autour de l'homme, et Gaara ferma son poing en souriant cruellement, alors que le sang nous giclait au visage.

_ Sabaku sôsô !

Le sable retourna ensuite dans la gourde de mon amant, et nous rejoignîmes Zabuza et Haku. L'Assassin de Kiri considéra un instant Gaara puis sourit largement.

_ Je t'aime bien, toi. T'es un type intéressant ! Allons-y, les hommes du vieil Onoki s'occuperont des corps.

Il éclata de rire, et prit tranquillement le chemin que nous avions emprunté pour venir. Nous le suivîmes. Alors que nous marchions, je contemplai avec dégoût le sang qui tâchait ma chemise blanche et mon corset en cuir brun. Mon visage était lui aussi plein de sang, mais cela était plus facile à nettoyer que des vêtements. Nous fûmes accueillis par une technique Suiton qui se chargea de rincer le sang. Je criai de surpris, tandis que Gaara évita la technique grâce à son sable. Je jetai un regard agacé à mon maître, qui était celui qui nous avait arrosé.

_ Il faut se débarrasser du sang, déclara-t-il calmement, comme s'il s'agissait d'une excuse miraculeuse.

Soudain, je remarquai que Zabuza me regardait avec insistance, de même que Killer Bee et Roshi. Gaara tentait vainement d'être discret, tandis que seul Baki, mon maître et Haku semblait désintéressé de ma personne.

_ Qu'y a-t-il ? Demandai-je.

_ Votre chemise est transparente, Lady Moon, répondit Haku.

Je baissai les yeux et couinai de surprise. En effet, l'eau avait rendu le tissu blanc transparent, et, malgré mon corset pour dissimuler une partie de ma poitrine, le haut était aisément visible. Je me sentis rougir violemment, et plaquai mes bras dessus.

_ Regardez ailleurs ! Goujats !

La garde royale nous attendait toujours devant la porte lorsque nous arrivâmes. Ils nous accueillirent silencieusement. Mon maître leur raconta les événements tandis qu'Anko Mikazuchi m'aidait à remettre ma robe et à rattacher dignement mes cheveux. Lorsque nous ouvrîmes la porte, les héritiers se dirigèrent vers nous pour nous saluer et les gardes furent accueillis en héros.

_ Sans l'organisation des Conseillers, nous aurions eu du mal à les vaincre, déclara Hatake Kakashi. Leurs stratégies ont été redoutablement efficace. Malheureusement, Orochimaru a pris la fuite. Nous avons tenté de le poursuivre, mais ses hommes de mains nous ont barrés la route. Le temps que nous les vainquions, il était déjà loin. Nous avons entamé des recherches, mais il avait échappé à nos capacités de détection.

_ Pourquoi n'élaborez-vous pas les stratégies vous-mêmes ? Demanda soudainement Itachi.

Il était appuyé contre un mur et nous observait tous froidement. Il savait que quelque chose ne tournait pas rond, et ma suspicion quant à sa possible trahison grandit à nouveau.

_ Nous sommes un peu occupés à nous battre, monseigneur, répondit Anko d'une voix sarcastique.

Notre implication dans ce combat était beaucoup trop évidente. Je triturais mes doigts, agacée et frustrée par la situation. Cependant, je ne pus me morigéner trop longtemps, car Hanabi courrait vers moi pour me poser des questions sur l'affrontement. Je lui racontai donc que j'avais aidé les Conseillers à monter une stratégie pour défaire Orochimaru, tout en utilisant les gardes royaux comme cobayes pour déceler les techniques adverses. Elle fût choquée de la manière dont je nommai les gardes royaux mais c'était, malheureusement, ce qu'ils étaient. Anko Mikazuchi la rassura immédiatement, déclarant qu'elle aimait le combat et que cela lui convenait parfaitement. Hanabi fronça les sourcils, et retourna auprès de son cousin, plongée dans ses pensées. Le regard de Neiji passa de moi à Gaara, puis il fronça les sourcils, ce qui m'étonna. Avait-il deviné notre amour ? Si c'était le cas, cela était dangereux, car cela signifiait que mon maître pouvait lui aussi le deviner. Je déglutis, et reportai mon attention sur la discussion en cours. Il était question d'annuler le Sommet pour cette année. Les relations entre les royaumes étant pacifiques, et l'attaque d'Orochimaru ayant mis en danger de nombreuses vies, il aurait été inutile et dangereux de le poursuivre.

_ Le Sommet est annulé, déclara le Tsuchikage. Des soldats vous escorteront jusqu'à la frontière de mon Royaume dès demain. Je dois reconstruire mon palais, et j'ai une chasse à l'homme à organiser. Roshi, va rassembler les meilleurs traqueurs du Royaume. Dans deux jours, je veux qu'il soit prêt à retrouver et occire Orochimaru. Personne n'attaque Iwa sans me rendre de compte.

Sur ces mots, la réunion prit fin, et le reste de la journée fut dédiée au repos, et à la reconstruction du palais d'Iwa. Je visitai les jardins avec les héritiers, Haku, et Gaara. Les Conseillers nous avaient donnés l'ordre de les protéger, et de chercher un quelconque indice quant à l'espion de Konoha, ou tout autre chose pouvant nous mener à Orochimaru. Son comportement me laissait perplexe. Pourquoi réapparaître si c'était pour fuir aussitôt ? Il s'agissait du Sommet des Kage, il était au courant du nombre d'Assassins Royaux qui seraient présents. Dès lors, pourquoi lancer une attaque qui serait aussitôt repoussée ? Voulait-il étudier nos techniques de combat ? Ce serait étonnant. Nous connaissant, il connaissait nos techniques et très certainement leur limite. C'est grâce à cela qu'il avait réussi à outrepasser la surveillance de mon Byakugan. Alors pourquoi ? Voulait-il faire une démonstration de force ? Ce serait très inconscient et très peu productif, sans compter que ce serait totalement différent de sa manière d'agir habituelle. Peut être voulait-il nous annoncer qu'il était toujours vivant, et avait assez d'hommes pour en sacrifier dans une attaque surprise lors du Sommet des Kage ? Ce serait une perte de ressources énormes. Quelle que soit la raison de cette attaque, elle m'était inconnue. Je fis part de mes doutes à Haku et Gaara. Ce dernier haussa les épaules.

_ Je penche pour la démonstration de force. Orochimaru est fier de son savoir et de ses capacités. Dès lors, il n'est pas étonnant qu'il nous attaque simplement pour s'amuser, déclara-t-il.

_ Peut-être veut-il faire passer un message, intervint Haku. Il veut nous signifier qu'il est prêt à un affrontement et qu'il n'est pas mort.

_ Ce serait beaucoup d'effort pour peu de choses, grommelai-je. Non. Cela n'est pas la raison. J'en suis certaine. Il est beaucoup trop réfléchi pour agir de la sorte.

_ Alors, il veut sûrement nous agacer afin que nous agissions illogiquement. En nous attaquant de manière irrégulière et assez violemment pour nécessiter notre intervention, il désire nous provoquer. Son but est que nous agissions sous le coup des émotions, afin qu'il en tire partout.

Je restai silencieuse, peu convaincue. Ce serait en effet une bonne stratégie si les Assassins Royaux n'étaient pas calmes et réfléchis, n'agissant que lorsque c'est strictement nécessaire, comme aujourd'hui. Habituellement, nous n'aurions jamais dû intervenir aujourd'hui. Or, la présence d'Orochimaru changeait la donne. Même tous les gardes royaux réunis n'auraient rien pu contre lui. Trois Assassins Royaux n'étaient pas de trop pour le vaincre. Je soupirai et allai répliquer quand Hanabi, qui semblait en avoir marre des jardins, décida de héler l'attention de l'étrange groupe que nous formions.

_ Jouons à quelque chose ! Nous sommes tous murés dans le silence, ce n'est pas une bonne façon de nous occuper.

Je souris, et enjoignis les héritiers à jouer à quelque chose. Les voir agir insouciamment serait agréable, car cette insouciance était la raison pour laquelle nous avions sacrifié notre innocence. Itachi voulut au début refuser, prétextant qu'il était trop vieux pour ce genre de choses, mais Kurotsuchi le força, en déclarant qu'il n'avait pas le choix, purement et simplement. Sa tête était fort amusante, et je ne pus m'empêcher de pouffer discrètement. Je m'assis dans l'herbe sous un cerisier, de même que Gaara et Haku. Cependant, ma sœur semblait avoir décidé que tout le monde jouerait, y compris nous. Nous répétâmes quelques fois le mot « jouer », car il nous était inconnu. Nos seuls « jeux » étaient les entraînements au combat et à la concoction de poison. Comment, dès lors, comprendre l'intérêt d'une simple partie de cache-cache ? Ces choses étaient futiles à nos yeux, bien que nous apprécions les voir effectuées par d'autres personnes. Nous n'étions pas sur nos gardes lors des moments d'allégresse et de jeux, ce qui était dangereux.

_ Lady Hanabi, s'il vous plaît, souffrez que nous nous reposions le temps des jeux. Établir une stratégie n'est pas de tout repos, répondis-je doucement en levant la main.

_ Vous devez vous détendre. Itachi-san, Lady Kurotsuchi, dîtes-leurs ! La tension est mauvaise pour le teint.

_ Lady Hanabi dit vrai, Lady Moon, ajouta Itachi. Ne vous en faîtes pas, ce n'est pas un jeu fatiguant.

_ Il semblerait que nous n'ayons pas le choix, soupira Gaara en se levant. Allons. Qui compte ? Demanda-t-il.

Je fus abasourdie de sa réaction. Parmi toutes les personnes que je connaissais, Gaara était celle que je me figurais le moins jouant à quelque chose d'aussi futile de cache-cache. Il me tendit la main pour m'aider à me relever, et Neiji se porta volontaire pour compter. Il fut interdit de Byakugan, et nous partîmes tous à la recherche d'un lieu où se dissimuler. Je finis par trouver un large massif de fleurs qui ferait l'affaire. Je m'assis dans l'herbe et fixai le reste des jardins devant moi. Des cerisiers poussaient à perte de vue, et des jardins de graviers blancs sillonnaient entre les arbres. J'activai mon Byakugan, surveillant ainsi tous les jardins. Ainsi, je pus trouver les autres joueurs. Hanabi s'était faufilé sous un temple surélevé, Gaara était perché dans un arbre, de même qu'Itachi. Sasuke s'était dissimulé au centre d'un immense massif de fleurs, Naruto s'était perché, grâce à ses capacités, au sommet d'un pigeonnier, Haku s'était installé dans l'écurie tandis que Lady Kurotsuchi avait opté pour la même solution que moi. Neiji marchait de manière hasardeuse, regardant autour de lui. Le premier qu'il trouva fut Gaara, qui n'avait pas fait de réel effort pour se dissimuler. Mon amant atterrit gracieusement sur le sol, et les deux jeunes hommes commencèrent à chercher les autres. Ils finirent par trouver Naruto, puis Itachi, et enfin Sasuke. Finalement, tous contournèrent le massif derrière lequel j'étais assise et me trouvèrent.

_ Voici probablement une des pires cachettes que je n'ai jamais vu, déclara Neiji en souriant.

_ Ne vous moquez pas je ne suis pas la première a avoir été trouvée.

_ En effet, intervint Naruto en m'aidant à me lever.

Nous trouvâmes rapidement les derniers joueurs, et Gaara se vit confier la tâche de compter. La partie dura une heure, puis nous changeâmes de jeu. Hanabi semblait toujours avoir une idée, et nous garda occupés durant toute la journée. Pour ma part, la fatigue me gagna rapidement, car je gardai constamment mon Byakugan activé, de sorte à ce que personne n'échappe à ma vigilance. J'étais essoufflée, car mon Kekkei Genkai était activé depuis maintenait six heures sans que je ne le désactive. L'heure du dîner fut pour moi un soulagement, et je me dirigeai rapidement vers mon maître. Il était en pleine discussion avec Roshi, mais j'étais trop épuisée pour comprendre leur débat. Je titubai presque. Le combat de cette journée, additionnée à l'utilisation abusive de mon Kekkei Genkai m'avait totalement vidée de mon énergie.

_ Père? Le hélai-je.

_ Qu'y a-t-il Moon ? Répondit-il en se tournant vers moi.

_ Puis-je me retirer et me reposer, s'il vous plaît ? Je suis épuisée, et je n'ai point d'appétit, demandai-je faiblement.

Il sembla remarquer mon état et hocha la tête. Je fis demi-tour et me retirai dans ma chambre, où je désactivai enfin mon Byakugan avant de m'écrouler sur le lit, épuisée. Mes yeux et mes veines faciales me brûlaient, j'avais l'impression que l'on frappait mon crâne répétitivement avec une masse. J'attrapai vainement ma tête, dans l'espoir que la douleur me laissât en paix, mais c'était peine perdue. Il me fallait me reposer et attendre. Je retirai donc mes chaussures et me mis en tenue de nuit. Une fois allongée sur mon lit, je sentis le sommeil m'envahir, et je me laissais aller dans les bras de Morphée.

Je fus réveillée par l'ouverture de la porte de ma chambre. Je me redressai violemment et activai mon Byakugan. Une douleur aiguë m'envahit, mon corps me rappelant que j'étais toujours trop épuisée pour utiliser correctement mes yeux. Cependant, malgré la noirceur de la pièce, je pus reconnaître l'intrus.

_ Zabuza-san, que faîtes-vous ici ? Demandai-je le plus poliment possible.

_ Oh, je suis simplement venu profiter de votre compagnie, ronronna-t-il.

_ C'est-à-dire ?

J'essayai de contenir ma peur. J'étais épuisée, incapable de combattre face à un Assassin Royal dans la force de l'âge et en pleine possession de ses capacités. Oh Erin, envoyez quelqu'un à mon secours, suppliai-je silencieusement. Mon corps tremblait de tous ses membres. J'étais prête à déclencher mes lames rétractables pour me défendre, même si cela serait sûrement futile.

_ Une si belle femme comme vous... Sûrement les hommes se retournent-ils à votre passage. Refusez-vous donc toujours leur compagnie ? Vous êtes bien cruelle.

_ Il semblerait que je le sois. De toute façon, je ne suis pas autorisée à avoir d'attaches autre que l'Hokage.

_ Je ne demande rien de tel. Simplement d'apprécier ma compagnie cette nuit.

Il se rapprochait petit à petit de moi. En un bond, j'étais levée et près du balcon, prête à sauter pour lui échapper. Zabuza n'était probablement pas du genre à prendre non pour une réponse, et le rictus sadique qui déforma son visage confirma cette supposition. Je déglutis.

_ Comme vous avez pu le remarquer, nous ne trouvons pas ici un accord. C'est pourquoi je propose de remettre cette discussion et cette rencontre à plus tard.

_ Malheureusement, nous ne sommes pas d'accord ici non plus. Je vous aurai ce soir, Lady Moon. Avec ou sans votre consentement.

C'était peine perdue. Je sortis sur le balcon et sautai dans le vide, espérant atterrir sur un massif de fleurs, ou n'importe quoi pouvant amortir ma chute. J'étais au premier étage du palais, et un atterrissage à même le sol me blesserait à coup sûr, au vu de mon état. Malheureusement pour moi, ce fut le cas. Mes pieds atterrirent sur des pierres anguleuses. Le choc, bien qu'amorti par mes genoux, résonna à travers tout mon corps, et je sentis les os d'un de mes pieds se briser, m'arrachant un piaulement de douleur. Je me mis cependant à courir, ignorant la douleur qui transperçait mon pied. Zabuza était derrière moi, et semblait s'amuser. Il marchait lentement, son imposante épée sur l'épaule. Mon Byakugan me permettait tout juste de voir à cent mètres autour de moi. Je voyais dans le noir, ce qui restait un avantage. Je finis par atteindre une zone d'ombre et m'y engageai immédiatement. C'était ma seule chance de m'échapper. Je me faufilai sous un massif de ronces, espérant dissuader Zabuza de s'approcher de moi. Erin, oh pitié, Erin, aidez-moi ! Priai-je. Des larmes de peur dévalaient mes joues. C'était la première fois que j'éprouvai un tel sentiment. Je mordais mon poing pour ne pas faire de bruit, terrorisée à l'idée qu'il me trouve. Il était prêt, si prêt ! Des brindilles se brisaient sous ses pas. Il aurait pu être silencieux, mais il voulait que je l'entende, que je sache qu'il était là. Il se délectait de ma peur. Soudain, le silence se fit, et ma peur redoubla. Où était-il ? Avait-il abandonné ? Non. Impossible. Je jetai un coup d'œil vers l'extérieur du massif. Je ne voyais rien. Je fermai les yeux pour me calmer. Il fallait que je respire, que ma peur diminue. Lorsque je les rouvris, il était là. Allongé face à moi.

_ Bouh !

Je hurlai de peur. Il attrapa mon poignet et me tira hors du massif pour me jeter au sol à ses pieds. Je gémis de douleur alors qu'il attrapait mes cheveux pour me relever. Je me leva péniblement, et désactivai mon Byakugan. Il ne me serait plus d'aucune utilité maintenant. Je tentai vainement de le frapper de mes lames, mais il n'eût même pas à éviter. Je n'avais pas la force de le frapper réellement. Il ricana, et embrassa ma joue.

_ Une si, si jolie Lady ! Si vous aviez accepté, tout ce serait si bien passé !

_ Erin vous punira. Le viol est un péché capital, balbutiai-je.

_ Erin ? Ah ! Elle me pardonnera bien cet écart ! Combien d'hommes ai-je punis pour elle et les Mizukage que j'ai servi ?

Je serrai les dents et levai les bras pour trancher d'un coup net mes cheveux. Zabuza, pris par surprise, mit une seconde à réagir. Ce fût la seconde qui me permit d'appeler à l'aide. En chargeant le peu de chakra que j'avais, je le lançai vers le château. C'était semblable à la technique Hakke Kushô, mais sur une plus longue distance. Zabuza me rattrapa immédiatement et me plaqua au sol. Il posa ses mains sur ma gorge et commença à serrer. Pas assez pour m'étrangler, mais assez pour me faire mal.

_ Qu'as-tu fait ?

Je me contentai de sourire moqueusement. J'avais appelé à l'aide n'importe qui avait senti mon coup de chakra. Il serra un peu plus fort.

_ Qu'as. Tu. Fait ? Rugit-il.

Je lui crachai au visage. Croyait-il qu'il m'aurait ainsi ? Il me gifla si fort que je dus cracher du sang, et mon nez se mit à saigner. Voyant que je ne répondais pas, il retira une de ses mains et défit son pantalon. Je fermai fortement les yeux. Je refusai de voir ça. Où était l'aide que j'avais appelé ? N'avaient-ils pas senti ma vague de chakra désespéré ? Je me mis à douter. J'avais peur. J'avais si peur. Je me mis à ruer comme un cheval sauvage dans l'espoir d'échapper à sa poigne, mais rien n'y fit. Il était beaucoup plus fort que moi. Soudain, une douleur déchira mes cuisses et je me mis à sangloter. Il avait ce qu'il voulait, et ma lutte n'avait fait que retarder l'échéance. Je l'entendis rire dans mon oreille et, malgré mes coups désespérés, il ne me lâchait pas.

Soudainement, un rugissement de rage déchira l'air nocturne et quelque chose percuta Zabuza comme un taureau. Je m'écartait rapidement, et tentai de déterminer qui était là. Torse nu, vêtu d'un simple pantalon lâche, Itachi se tenait devant moi, armé d'une simple épée. Zabuza recula de quelques mètres et remonta son pantalon, prêt à se battre. L'Assassin Royal prit son épée et se mit en garde.

_ Tu ne la toucheras pas, salopard, siffla Itachi.

_ C'est déjà fait, gamin. Que vas-tu faire, avec ton couteau ? Me vaincre ? Allons. Les Conseillers sont des maîtres du maniement de l'épée, et ton cher Sharingan ne te protégera pas éternellement de moi !

_ Effectivement, je ne suis pas un expert du maniement de l'épée. Mais je ne suis pas le seul à avoir entendu Lady Moon appeler à l'aide.

D'autres personnes arrivèrent. Naruto, dont les yeux étaient devenus rouges et les mains dotées de griffes, Gaara, qui tenait deux épées fines. Il était totalement vêtu, contrairement aux autres. Ensuite venait mon maître, qui tenait une fine rapière, Lady Kurotsuchi,et Neiji, dont le Byakugan brillait dans le noir. Ce dernier et Lady Kurotsuchi se précipitèrent à mon chevet, tandis que Zabuza déglutissait en voyant les autres. Je me rendis alors compte que j'étais roulée en boule au sol, et que je pleurais.

_ Lady Moon, tout va bien, murmura Lady Kurotsuchi en me berçant doucement. C'est fini, il ne vous touchera plus.

Elle répétait des paroles réconfortantes pour me rassurer. Pourtant, je ne pouvais détacher mon regard de la confrontation qui avait lieu. Itachi, Naruto, Gaara et mon maître faisait face à Zabuza, qui hésitait à révéler ses capacités. Heureusement, désamorçant la situation, les Kage arrivèrent escortés par les autres Assassins et Haku.

_ Zabuza range ton arme ! Tonna la Mizukage.

Zabuza sembla hésiter, mais obéit. Il n'était pas de taille face aux autres Assassins. Gaara se précipita alors vers moi, et je me blottis contre lui. Il me berça doucement, tout en caressant mon dos. Je sanglotais comme un petit enfant, mais personne n'y faisait vraiment attention. On arrêta Zabuza, et mon maître me rejoignit. Gaara me souleva comme si je ne pesais pas plus qu'une plume, et tout le monde regagna le château. Tandis que mon maître me faisait couler un bain, on s'occupait de moi. J'étais allongée sur mon lit, et tous les héritiers du Royaume du Feu étaient présents. Naruto tremblait de colère, et Hanabi s'était blottie contre moi et s'était endormie. Gaara caressait mes cheveux. C'était peu, mais c'était réconfortant. Finalement, mon maître réapparut et ordonna à tout le monde de regagner sa chambre.

_ Vous ne pouvez rien faire d'autres. À moins que Moon ne désire que quelqu'un la veille, mais je doute que la présence d'un homme dans la pièce soit bénéfique.

Tout le monde hocha la tête, mais Hanabi décida de rester à mes côtés. J'en fus soulagée, et, après mon bain, durant lequel je me frottai violemment chaque partie du corps jusqu'à ce qu'elles en deviennent rouges, elle se blottit contre moi et s'endormit. Je jetai un dernier coup d'œil à la fenêtre, et remarquai une silhouette. La panique reprit le dessus, mon estomac se tordit. Cependant, je remarquai une étrange forme dans le dos de la silhouette. Une grosse gourde. Je me détendis et m'allongeai. Gaara. Gaara veillait sur moi et, rien que par sa présence, occulta tous les monstres qui tiraillait mon esprit. La culpabilité de l'aimer, l'horreur d'avoir été forcée et frappée, le sentiment d'être sale, l'humiliation de ne pas avoir pu me défendre.

Voilà ! Ce chapitre est clairement pas celui dont je suis la plus fière, surtout que j'ai carrément improvisé la scène de viol. À la base, elle ne devait pas avoir lieu, mais, comme j'avais précédemment évoqué que Zabuza était attirée par Hinata, et bien autant aller jusqu'au bout. Donc ça a donné naissance à ça.

Dans le prochain chapitre, Hinata va avoir une période du « c'est ma faute si c'est arrivée ». C'est FAUX. Je n'ai absolument pas cet avis sur le viol, il se n'agit jamais de la faute de la victime, quel que soit son accoutrement. Non, c'est non. Et dire « ouais mais elle l'a cherchée », c'est être un salopard de la pire espèce.