Auteur : Kitake Neru

Traductrice : Hermi-kô


~ Amour (Ou Quelque chose Comme Ça ~


« Dîner ! » Monta sauta, de la vapeur sortant de son nez et de ses oreilles. Sena l'aspergea promptement d'eau avant qu'il ne prenne feu. « Monta, tu es trop excité. »

« Ma mère veut rencontrer tout le monde, » expliqua Mamori. « Je lui parle toujours de vous et elle trouve que vous semblez tous *cof cof* de gentils garçons. »

Rires nerveux de l'assemblée. Sentant que l'atmosphère changeait, Sena s'exclama : « La mère de Mamori-neechan cuisine encore mieux qu'elle. »

« Quand ? » Demandèrent en cœur Kurita, Komusubi et les frères Ah-ha avec un enthousiasme évident. Mamori repensa au proverbe bouddhiste Le véritable chemin pour toucher le cœur d'un homme passe par son estomac. « Ce samedi, si vous êtes dispo… »

« Disponible MAX ! » Monta était surexcité et Sena suait à grosses gouttes. « Monta… »

« Je devrais mettre mon plus beau costume ! » Déclara Taki avant de se prendre tabassé par Suzuna. « Tu ne mettras pas cet immonde truc à paillettes ! Tu ne vas pas m'embarrasser, oh ça non ! »

« Ta maman est très gentille de nous recevoir, » Kurita sourit et Mamori éclata de rire. « C'est juste une maman normale. »

« Puisque que vous êtes si pressés que ça, imbéciles, bougez-vous le cul ! » Hiruma eut un rictus. « Le dernier sur le terrain se verra enfermé à double tour dans le club samedi soir. On se magne ! »

Même sans la salve de balles qu'il ajouta en prime, l'équipe avait déjà détalé à toute berzingue vers le terrain. Mamori gloussa devant leur enthousiasme. « On dirait qu'ils n'ont jamais été invités à dîner. »

« Ce n'est pas si faux, » remarqua Hiruma en se levant de sa place habituelle. « A part toi, la putain d'crevette et le satané gros lard junior, nous avons tous quelques problèmes de famille. »

« …Est-ce que tu viendras ? »

Il marqua un temps sur le pas de la porte et commença un nouveau chewing-gum. « On verra. »


Samedi n'arrivait pas assez vite. Mamori passa la majeure partie de la journée à préparer la nourriture pour le diner, ayant chargé Sena de guider l'équipe jusqu'à la maison.

Ah, je sens que le talon de ma chaussure droite va bientôt casser.

« Wow, ça fait beaucoup de nourriture ! Combien de personnes viennent, Mamori ? » S'exclama Midori de surprise en revenant du supermarché. « Vingt ? Trente ? »

« Une dizaine, » plaisanta Mamori. « Les garçons mangent beaucoup et je ne veux pas me retrouver à court. Tu pourrais me passer le beurre, s'il te plait ? »

« Ils poussent toujours à leur âge ? » Midori passa le beurre à sa fille. « Mais tu réalises tout de même que c'est la première fois que tu amènes des garçons à la maison, hum ? »

« Sena ne compte pas ? »

« Oh, Sena est un charmant bambin, mais je veux voir tous ces beau mâles avec qui tu traines. » Midori agita ses sourcils, causant Mamori de rougir intensément. « Si tu penses à ces joueurs baraqués de Football Américain qu'on voit aux USA, tu vas être déçue. Ils n'ont pas la carrure. Enfin, à part Musashi probablement. »

« Oh ? Et ce Musashi sera là ? »

« Maman ! » Protesta Mamori, faisant éclater sa mère de rire. « Je suis navrée ma chérie, mais tu es si facile à titiller quand on parle de garçons. Non, vraiment, celui qu'il me tarde vraiment de voir est ce jeune homme que tu appelles Hiruma. »

Crack. Mamori avait par accident serré un peu trop fort un œuf, le broyant dans sa main. « … Pourquoi veux-tu le voir ? Je préférerais que tu rencontres Yukimitsu-kun. Il est poli, gentil et … »

« Oh j'en suis sûre, » Midori sourit affablement en se penchant. « Mais garde ça à l'esprit, ma chérie : tous les filles aiment les méchants garçons. »

Mamori se dépêcha de récupérer un autre œuf dans le frigo et se mit à battre furieusement la mixture. « Ils seront là dans deux heures et j'ai encore beaucoup de choses à faire, Maman. Tu comptes m'aider ? »

« Hum… je suppose que oui. Je ne voudrais que ma fille accueille ses invités recouverte de farine, n'est-ce-pas ? »

En fait, avec l'aide de sa mère Mamori finit tout suffisamment tôt pour prendre une douche. Elle était juste en train de se sécher les cheveux lorsque la sonnette de l'entrée résonna. « J'arrive ! » Chantonna Midori et Mamori pâlit, mais elle ne pouvait pas aller ouvrir les cheveux encore humides.

Midori ouvrit la porte de façon théâtrale et fit face aux garçons plus nerveux les uns que les autres qui se tenaient sur le porche. « Bienvenue, bienvenue. Veuillez rentrer, allez, Mamori sera là bientôt. »

« Midori-obasan, » la salua poliment Sena en montrant le chemin aux autres.

« Propre, » chuchota dans sa barbe Kuroki, se prenant un coup discret de la part de Juumonji. « Ne fais pas des commentaires stupides comme ça ! »

« Hugoh, » lâcha Komusubi en regardant autour de lui, apparemment mal à l'aise. Midori les dirigea rapidement dans le salon et adressa à tout le monde un grand sourire. Remarquant Monta, elle frappa dans ses mains. « Tu es Monta-kun ? Oh, tu es bien plus mignon en personne. »

Les autres ne purent qu'assister impuissant au court-circuitage de Monta sur le canapé.

« Et vous devez être Juumonji-kun, Togano-kun et Kuroki-kun. Vous êtes certains de ne pas être frères ? »

« Parfaitement. » Les trois suaient à grosses gouttes dans un bel ensemble.

« Kurita-kun, je suppose ? Et la petite copie doit être Komusubi-kun. »

Kurita hocha poliment la tête et Taki se jeta soudainement en avant. « Bonsoir, madame ! Je m'appelle … »

« Taki-kun, c'est ça ? Je dois te demander d'arrêter de tourbillonner sur le tapis –tu vas finir par y faire un trou. Et ce doit être Suzuna-chan ! »

Des ricanements se firent entendre alors que Taki affichait une expression consternée. Musashi s'avança calmement en tenant une boite joliment enrubannée. Sa coupe Mohawk était cachée sous un bandana –sans doute dans un effort de paraitre plus présentable. « Un cadeau de notre part. »

« Oh, que c'est gentil, » déclara Midori tandis que Mamori arrivait au bas des marches. Monta revint aussitôt à la vie. « Mamori-san ! Mignonne MAX ! »

« Merci, Monta-kun, » répondit Mamori en couvant l'équipe d'un œil critique. Il était clair que Musashi n'était pas le seul à s'être fait beau. Les frères Ah-ha étaient sur leur trente-et-un et Monta avait enfilé un smoking (oh mon dieu). Toutefois, le visage de Mamori s'assombrit quelque peu lorsqu'elle remarqua que les Devil Bats n'étaient pas au complet… « Hiruma-kun n'est pas là ? »

L'assemblée échangea des regards et Musashi parla : « Occupé, sans doute. »

« Oh… » Mamori retrouva son air enjoué en tapant dans ses mains. « Et si nous passions à table ? »

Elle n'eut pas besoin de redemander.

Le dîner fut une délicate affaire, puisque Kurita et Komusubi étaient intimidés et mangèrent autant que tout le monde. Midori et Suzuna s'entendirent bien dès le départ et passèrent le repas à papoter. Les frères Ah-ha ricanèrent devant les photos de bébé de Mamori. Monta continua à couvrir d'éloges la cuisine de Mamori même en mangeant aussi finit-il par s'étouffer avec un os. « Monta ! » Sena lui tapa vite-fait dans le dos mais le mouvement entraina d'autres problèmes et Monta courut vers les toilettes.

Au beau milieu du chaos, personne n'entendit la sonnette. Ce n'est que cinq minutes plus tard que Mamori remarqua quelque chose devant la porte d'entrée. « Est-ce que vous avez oublié quelque chose ? » Mamori récupéra le gros sac en papier et regarda son contenu. « …un cheesecake à la vanille… ? »

Les autres se firent silencieux un instant avant que Musashi ne parle : « Hiruma a dut passer. »

« Quoi ? »

« Je pense bien avoir entendu la sonnette tout à l'heure, » déclara Juumonji et Mamori fourra rapidement le sac entre les mains de Musashi avant d'attraper la première paire de chaussures qui lui passait sous la main. « Je reviens tout de suite ! »

Dehors, la rue était vide et silencieuse. Mamori regarda autour d'elle, paniquée. De quel côté était-il parti ? Sur la gauche il y avait un pont et elle pouvait voir assez loin. Sur une impulsion, elle partit en courant sur la droite.

Au bout d'un moment elle arriva dans un parc et son cœur bondit dans sa poitrine lorsqu'elle aperçut une touffe de cheveux blonds au-dessus d'un banc. « Hiruma-kun ! C'est là que… ah ! » Son pied droit se tordit et elle tomba à genoux, en pleurant de douleur.

Hiruma était à ses côtés en un quart de tour et l'aida à s'asseoir. « Qu'est-ce que tu fous dehors, putain d'manager ? »

Mamori essaya de ravaler ses larmes. Ses genoux saignaient maintenant et son pied droit l'élançait. « Je … te cherchais. »

Hiruma semblait vouloir dire quelque chose mais il se contenta de se saisir du talon cassé. « Personne ne t'a jamais dit de ne pas courir en talons ? »

Ah, je sens que le talon de ma chaussure droite va bientôt casser, se rappela-t-elle.

« Et mince… » Lâcha Mamori de dépit. « J'ai vu le gâteau… et j'ai couru pour te retrouver. Pourquoi es-tu parti ? »

« … J'avais quelque chose à faire ce soir, » répondit Hiruma d'un ton bourru alors qu'il l'aidait à s'asseoir sur le banc. Elle lui donna un petit coup de poing dans l'épaule. « Menteur. Tu étais juste assis là à ne rien faire. Pourquoi n'es-tu pas entré ? »

Hiruma murmura quelque chose d'incompréhensible. Une étrange pensée la frappa. « Ne me dis pas… que ça t'intimide ? »

« C'est pas drôle, » grogna Hiruma et Mamori dut se mordre la lèvre pour ne pas rire. « Enfin… tu dois me ramener à la maison maintenant. Je ne peux pas marcher toute seule. Et ne crois pas pouvoir filer sans saluer ma mère, » ajouta-t-elle pour faire bonne mesure. Hiruma devait être aculé sans moyen de s'échapper ou sinon il évitait ses responsabilités.

Il la regarda d'un sale œil. « Tu es sûre de ne pas être tombée exprès ? »

Mamori secoua la tête, souriant à travers ses larmes. Ils restèrent assis un moment, Mamori endurant silencieusement la douleur et Hiruma réfléchissant à ses options. Jetant l'éponge, Hiruma lui fit signe de monter sur son dos. « Tu viendras à l'entrainement demain, pas d'excuses. T'entends ? »

Mamori hocha la tête et enroula ses bras autour de son cou, sentant de singuliers papillons prendre leur envol dans son ventre. Il la souleva sans trop de peine et commença à marcher vers sa maison. « J'ai l'impression d'être un putain de petit copain. » Grogna-t-il au bout d'un moment et Mamori ne put pas s'empêcher de rire cette fois. « Est-ce que c'est une mauvaise chose ? »

Il ne répondit pas tout de suite mais alors qu'ils approchaient de la porte, il parla de nouveau : « Tu viens toujours à l'entrainement demain. »

Mamori rayonnait.


Note de l'auteur : Je vous en prie, tuez-moi. C'est si horriblement cliché -_-