Commentaire : Bonjour à tous. Comme convenu, voici un autre chapitre cette semaine. Zabuza continu sa mission en s'égarant ici et là au grès de son humeur. Je vous propose de s'intéresser un peu plus à ce personnage. J'avais déjà commencé à vous décrire un peu comment je voyais ce personnage (j'avais même dû abréger mes commentaires pour ne pas finir en petits morceaux), donc je vais en profiter pour finir le travail. Zabuza est... Versatile, teigneux, borné, passionné, plein de mauvaise foi, orgueilleux, dispersé, rancunier et son sens de l'humour égale le mien (Donc très mauvais !).

Là il doit avoir les oreilles qui sifflent, il faut que je fille. A encore une chose... Il est aussi très joueur.

Si si... Regardez donc.


Le jeu du cache-cache ! J'adore ce jeu ! J'y joue depuis que je suis tout petit. C'était même le seul jeu avec lequel j'acceptais de me mêlais aux autres enfants. Le reste du temps, ils m'évitaient de toutes manières. Je tapais déjà fort à l'époque. J'ai toujours étais un solitaire (à quoi sert les autres de toutes manières ?), mais pour ce jeux, je faisais une petite exception. Mais aucunes parties d'alors ne peut égaler celles que je fais depuis que j'ai pénétré dans ce monde sombre et froid qu'est celui des tueurs à gages. Ce n'est pas pour rien que l'on nous surnomme les « hommes de l'ombre ». Tout ne se résume qu'à un gigantesque cache-cache. Il faut ne pas faire de bruit, ne pas parler, ne pas bouger, ne pas respirer… mourir presque. Rester tapis dans l'ombre jusqu'à ce que l'adversaire ne commette une erreur, et alors… Bondir ! Dans le monde de l'ombre il n'y a qu'une seule règle : Trouver avant d'être trouvé. Tuer avant d'être tué. Vous voyez ? Au final, ce n'est qu'un jeu. N'est-ce pas amusant ? N'est-ce pas enivrant ? Excitant ? La chasse… Bien qu'étant un grand impatient de nature, toujours en mouvement, l'esprit fébrile, j'ai appris à disparaitre sans laisser de trace très tôt. C'est ce talent (en plus de mon penchant pour le meurtre) qui m'avait valu d'être repéré et recruté dans l'un des clans de yakuza les plus puissants alors que je n'étais qu'un ados. Il y avait beaucoup appris, et en particulier sur la façon de renforcer ses talents. Talents qui me sont très utile actuellement. Le bâtiment est mal éclairé, et une odeur de moisi plane dans l'air. Je traverse ce qui a dû être une accueille à l'origine. J'évite de me mettre au milieu du chemin. C'est par là que passe toutes les balles perdues. Je longe le mur tranquillement, sans faire le moindre bruit, concentré sur les ouvertures dans les couloirs. N'importe qui peut en sortir, et je ne sais pas combien ils sont. Quelques un, tout au plus. Mais voilà, quelques un, ça va de deux jusqu'à… Un bruit attire mon attention. Je m'accroupis en position de tir, visant l'origine du bruit. Cela vient d'un couloir perpendiculaire au mien. Je m'y adosse, prêt à faire feu. J'entends la respiration saccadé d'une proie isolée. Son souffle rauque qui trahit sa présence et sa peur. Peur pour laquelle elle est ici, toute seule. Paniqué, les plus faibles finissent toujours par quitter la sécurité du groupe dans l'espoir de s'enfuir. Ceux-là, ont les ramasse à la petite cuillère. Je le vois se précipiter en plein milieu du couloir, arme tendu, tirant d'un coup sans même viser. Et ratant lamentablement sa cible (en l'occurrence moi), car elle ne se trouve pas au milieu du chemin. Il a juste le temps de prendre une expression surpris de circonstance, et de se faire dessus, avant que je ne pose mon arme sur sa tempe et ne l'abat à bout portant. J'ouvre le score : 1/0.

J'entre maintenant dans une pièce plus large, encombrer par des reste de vieille machine et d'établi, sans doute pour travailler le bois. Malgré ça, je ne parvins pas à deviner à quoi avez bien pu servir cet endroit. D'un autre côté, ce n'est pas comme si je cherchais vraiment à le savoir. Maintenant que tout le monde sait que je suis là, ils ne vont pas commettre la même erreur que le « monsieur j'ai les nerfs qui lâchent » que je viens juste de butter. Je sais qu'ils étaient à l'étage, mais je sais aussi qu'à la base il y a deux sorties. Donc peut être deux accès sur l'étage du dessus. Maintenant, le choix de leurs prochaines actions appartient à l'autre bigleux dégingandé, qui avait pensé pouvoir rouler mon patron (toujours « actuel »). Alors, que vas-tu faire ? Pensais-je. Vas-tu chercher à fuir, ou vas-tu vouloir défendre tes positions ?

J'entends des pas de course à l'étage supérieur. Ils doivent tenter de s'échapper en se précipitant vers l'autre sortie. Il y a donc bien un autre escalier de l'autre côté. Pfff… quelle galère. Je traverse le couloir silencieusement en laissant le corps de ma victime trainer là où elle est tombée. J'étudie rapidement le décor où j'évolue. C'est un long couloir avec plusieurs ouvertures. Il est assez large, et pas mal encombré. Ce qui ralenti un peu ma progression, mais m'offre tellement plus de cachettes et de protections derrière lesquelles je peux me planquer. C'est équitable je pense. Un type se jette sur moi depuis un recoin masqué par une armoire qui trainée à moitié au milieu du passage. Il ne m'atteint jamais. Je lui écrase mon arme dans la figure sans même y faire attention. Il part en arrière le nez en sang, et je l'accompagne en allongeant le pas pour porter une deuxième attaque de tout mon poids. Le son a été censuré, et pour ce qui est des images… Et bien disons que le visage s'est un peu enfoncé sur lui-même. J'entends quelqu'un crié depuis derrière l'armoire.

« Il est là ! Vite ! »

Je tire dans l'armoire plusieurs fois, et fini par entendre un cri. En passant à côté de l'armoire je suis obligé d'enjamber le corps. La partie ne s'annonce pas très palpitante. J'en suis déjà à 3/0, et je n'ai toujours pas vu le bout du nez de ma cible. J'arrive dans une pièce un peu plus grande qui semble donner sur la sortie. Comment je le sais ? Il y a du monde qui tente désespérément d'ouvrir la porte…

« Mais qu'est-ce que tu fous !

-J'y arrive pas ! Je n'y arrive pas ! Elle est coincé la garce.

-Mais ce n'est pas possible. On la laisse toujours ouverte !

-Merde ! Il est là ! »

J'ai un poil pitié pour eux. Mais pas plus. Ils se retournent tous armes aux poings, mis à part celui qui s'excite sur la porte depuis tout à l'heure et qui… continue… Je me jette sur le côté en tirant dans le tas. Il y a un cri qui résonne avant que je ne me relève dans une roulade, et ne remette en joue mes cibles. Elles s'éparpillent dans tous les sens en me tirant dessus à leur tour. Je pars me mettre à couvert derrière une vieille machine qui trainée là, et ouvre le feu de nouveau. Deux d'entre eux s'écroule pendant qu'un autre se précipite vers l'intérieur du bâtiment. Je m'apprête à le suivre, quand je me rappels le type qui s'excitait sur la porte. S'entend mon regard, il se fige et se retourne lentement. Il croise mon regard et se remet immédiatement à paniquer.

« N'approche pas ! Hurle-t-il en dégainant un couteau d'une main tremblante.

-T'inquiète. Je n'en ai pas l'intention. » Lui répondis-je avant de lui tirer dessus.

Je me sens un peu lasse et même la tâche rouge qui vient d'apparaitre sur la porte ne suffit pas à faire passer ce sentiment. L'adrénaline est retombée on dirait. Il n'y a rien d'amusant dans cette partie, dans cette chasse. Je pensais avoir affaire à des gros durs près à tout pour éliminer un gros conçurent et je tombe sur des petites frappes tout au long de ma traque. Non mais sérieux ! Maintenant je suis en rogne. Et l'autre demeuré là ! Il croyait faire quoi avec son couteau ? Il n'avait pas de flingue ou quoi ? Il n'avait pas… Il n'avait pas de flingue ? Je retrouve mon calme dans la seconde et me précipite pour le fouiller (ça commence à devenir une habitude). Il y a quelque chose de vraiment bizarre maintenant que j'y pense. Le mec devant la porte n'avait pas d'autre arme qu'un couteau, et celui qui vient de s'enfuir n'avait pas ouvert le feu. N'avait-il pas pu, plutôt ? J'arrête de fouiller. Et me relève lentement.

« C'était un piège. C'est ça ?! » Demandais-je en me retournant lentement.


Dans la pièce, sans bruits, une poignée de personnes c'étaient rassemblées. Dans des tenues de ninja, masqués de la tête aux pieds, plusieurs hommes me faisaient face. Les lames de leurs katanas lançaient de froids éclats qui trahissaient sans mal leurs intentions. Ils s'étaient avancés en arc de cercle pour m'encercler et se maintenaient désormais immobile pour m'évaluer. Les motifs de leurs tenues et la sorte d'armure de cuir bleu qu'ils portent me rend nostalgique. Ce sont des membres de Kiri. Comme moi… Avant. Derrière eux, ce tenait ma proie (entrain d'essuyer ses lunettes frénétiquement) et les derniers de ses hommes encore vivants. Regarder moi ça si sa fait pas plaisir ! Plus j'en tue plus il en vient ! Un sourire aux lèvres (que je lui renvois d'ailleurs), l'air profondément rassuré maintenant que ce trouve quelque chose qui semble pouvoir le défendre, entre lui et moi. Je m'adresse à lui d'un air chagriné.

« Ben alors ? T'invite du monde à notre petite fiesta sans me prévenir ?! Moi tout seul ça ne te suffisait pas ? Ce n'est pas grave, ça me fait plaisir. Comme on dit « Plus on est de fous plus on rit ».

-Rigole tant que tu peux, me jette-t-il. Toi et tes petits copains vous allez tous y passer.

-Mes petits copains ? Demandais-je un brin étonné.

-Ne fais pas le malin ! Je sais que tu n'es pas venu seul ! Personne ne peut tuer autant de monde à elle seule.

-Toi tu ne sais pas qui je suis ? Pas vrai ?! »

C'est une affirmation que j'énonce d'une voie froide et mortelle. Implacable. Il sursaute en entendant se changement d'intonation. Lui et ses hommes ne sont plus aussi sur d'eux d'un coup.

« Je me disais bien qu'il y avait quelque chose de bizarre dans toute cette histoire. Mais là où j'ai compris que c'était un piège, c'est quand j'ai remarqué que vous n'étiez que de la petite pointure qui connaissent à peine le milieu. On ne vous a jamais dit de ne pas se baigner avec les requins quand on ne sait pas nager ?

-La ferme ! Dis-moi où sont tes comparses ! »

Je me tourne vers les assassins de Kiri.

« Vous ne lui avais pas expliqué qui je suis ? Écoute le bigleux, je ne le dirais qu'une fois ! Je travaille en solo. Et pour tuer des petites merdes comme vous, c'est bien plus qu'il en faut.

-C'est cela oui. Répondit-il en s'épongeant le front. Prend moi pour une…

-Plus important ! Le coupais-je sans ménagement (et avec beaucoup de plaisir non dissimulé). Je ne me rappel pas t'avoir déjà vu avant. En fait c'est bien simple. Si cela avait été le cas, tu serais mort. Donc je ne vois pas qu'est-ce que j'ai bien pu te faire pour que tu engages sept assassins de Kiri pour m'éliminer. Sois dit en passant, cela m'étonne que tu aies pu le faire. C'est plutôt cher.

-Je m'en fou de toi ! C'est la mort de ton boss que je veux ! » Rugi-t-il.

Il se met à rire tout seul d'un coup (cherchez pas, c'est nerveux...), puis il nous lâche :

« Et pour ce qui est du prix, ne t'inquiète pas. On a un arrangement.

-Ah oui c'est vrai. La prime. Pensais-je tout haut en me frottant la gorge. J'ai toujours été flatté par tout cet argent mis sur ma tête. Bon c'est vrai que j'ai une belle gueule, mais là quand même… Enfin bon. Je vois le genre. Tu leur offre l'opportunité de me tuer et en échange ils te buttent mon employeur gratis. C'est un sacré pari que tu fais là !

-Exactement ! Quand j'ai découvert que ce salopard de Kato avait employé pour se protéger un seul mercenaire don la tête est mise à prix par les yakuzas de Kiri, je n'en ai pas cru ma chance. J'ai tout misé sur ce coup ! Banco ! Mais ça en a valu le coup, car quand j'ai lâché ton nom que j'ai fini par dénicher grâce à des informateurs, ils se sont tous pliés en quatre pour me servir. Juste pour avoir une chance de te tuer eux-mêmes. Ça a était une merveilleuse surprise.

- Après ce que je leur ai fait. Tu m'étonnes. Enfin bon, passons. Je te trouve bien confiant alors que tu n'as que sept d'entre eux entre toi et moi. Où sont les autres ?

- Soi pas trop prétentieux le mort en sursis. Sept des meilleurs assassins au monde c'est plus qu'il n'en faut pour te tuer, l'insecte. »

Et cette fois c'est moi qui explose de rire. Ne voyez-vous pas pourquoi ? Ne comprenez-vous pas toute l'ironie de l'histoire ? Moi elle me tord les boyaux de rire.

« Juste trop drôle ! Tu appelles ça « les meilleurs assassins au monde » ?! Mais c'est une blague ? Et en plus tu en as eu que sept pour tout l'argent sur ma tête ? Mais tu aurais pu en avoir le double de cette pointure pour ce prix-là.

-La ferme ! Je ne reculerais devant aucuns sacrifices pour tuer ce connard. Et puisque ta vie en est le prix… Allez-y ! Faite vous plaisir. » Dit-il à l'attention des assassins qui commençaient à se faire un peu chié.

« Les meilleurs. Vraiment trop drôle. Je te le dis tout de suite, tu t'es fait arnaquer. Mais le plus drôle, continuais-je pendant que les assassins commençaient à se rapprocher en s'étalant autour de moi afin de mieux m'encercler. C'est que même après toutes tes recherches sur moi, tu n'as vraiment pas compris à qui tu as affaire. »

Ils se jettent sur moi dans un ensemble parfait. Leurs sabres traçant des arcs de cercles dans un sifflement perçant. Je lâche mon gros calibre bien inutile, et les accueils avec le sourire.

« La partie reprend ! »


Enfin ! Enfin ! Enfin ! Enfin ! Enfin… enfin quelque chose d'amusant. Jusqu'à maintenant, je n'avais rien eu de croustillant à me mettre sous la dent. J'avance à la rencontre de celui qui est en face de moi. Voyez-vous. Quand on se retrouve pris entre plusieurs agresseurs, il ne faut jamais rester au centre de leur assaut. Je n'ai jamais été bon en math ou en géométrie (surtout vue le peu de temps que j'ai passé à l'école), mais s'il y a une chose que j'ai retenue, c'est que tous les points d'un cercle sont à même distance du centre (Au la vache ! Ça fait super intello ça !). Bref. Si vous ne vous vous trouvez pas au centre, alors il y a des points qui vous atteindront plus tardivement que d'autres. En me jetant sur leurs attaques, je les surprends et met de la distance entre certains d'entre eux. J'arrive à repousser l'un d'entre eux en dehors de leur formation. Mais l'effet de surprise ne dure pas longtemps. Ce sont des professionnels qui ont suivi un entrainement rigoureux, et pas un des moindres. A Kiri on ne prend les choses au sérieux que quand on frôle la mort. Apprendre en s'amusant quoi... Les attaques pleuvent les unes après les autres manquant de peu d'arracher une partie de mon corps à chaque fois. J'ai beau les forcer à me courir après, ils ne se laissent pas emporter. L'une de leurs attaques passe un cheveu de mon visage. Si prêt. Si proche de me tuer. Oh mon dieu ! Que j'aime ça (Non je ne suis toujours pas croyant) ! Alors que les premières gouttes de sang commencent à perler de mes blessures, que l'odeur du danger enivre pleinement mes sens et que l'adrénaline boue dans mon corps. Alors seulement à ce moment j'éprouve un réel plaisir dans cet affrontement. Voyez ! La mort est au rendez-vous ! Soyons galant ! Il faut la faire danser… Mes gestes deviennent moins dispersés. Mon souffle se calme. Ma vue englobe l'ensemble de la scène et pas un détail ne m'échappe. Que ce soit le placement de leurs mains sur leurs sabres, la lueur de meurtre dans leurs yeux, les légers signes qu'ils s'échangent entre eux. Rien ne peut m'échappe. Rien. Pas même les regards de stupeur des spectateurs qui se sont étalés tout autour, devant cet affrontement à mort, comme si ils comprenaient enfin que l'on vie dans deux mondes différents. Je m'approche lentement d'eux. Alors que je suis sur la défensive, sans aucuns moyens de me défendre, un autre plan malsain germe dans mon esprit. Il est sans doute plus juste de dire que je ne fais que suivre mon instinct, mais le résultat est là. J'attrape l'un de ses idiots et le jette sur mes assaillants. Il s'empale sur une lame dans un grand cri de douleur et immobilise mon ennemi sous son poids. Je me jette sur lui, et l'un d'entre eux se jette à ma rencontre afin de m'intercepter. Enfin l'un d'entre eux commet une erreur.

Je change de cible immédiatement, et l'attire à moi en attrapant son poignet. Il y a un moment de flottement, puis l'assassin lâche un :

« Oh ! »

Les autres s'immobilisent étonnés par ce sont. Peut-être imaginez-vous ce genre de scène rythmé par les cris de guerre et les insultes que les ennemies se jettent à la figure comme dans les films d'arts martiaux ? Il n'en est rien. Depuis le début de notre affrontement aucuns son n'est venu perturber le combat. Le monde de l'ombre est un monde sombre, froid et silencieux. Y pénétrer, signifie s'immerger dans des abysses infinie. S'y noyer… pour mieux entrainer nos proies avec nous. Nous ne sommes pas des guerriers ! Nous sommes des assassins. Des meurtriers. Pas un bruit, pas un mot, pas même un souffle n'avez accompagné le bruit des lames qui déchire l'air à toute vitesse. Alors forcément, ce « Oh ! » est surprenant. Mon adversaire se décale et tombe à genoux, la main porté sur sa poitrine. Sa main est poisseuse et d'une étrange teinte carmin. Mais la douleur, elle, d'où vient-elle ? Sans me départir de mon grand sourire, j'agite un petit canif ridicule entre deux doigts.

« J'ai récupéré ça tout à l'heure pendant que je fouillais le macchabée contre la porte. Je vous remercie de n'avoir rien remarqué. Et maintenant, je t'emprunte ceci. » Déclarais-je en arrachant l'arme de l'homme à genoux.

Dans un geste rapide, je m'en sers pour lui ouvrir la gorge. Une brève mais brusque averse de sang s'envole avant de tous nous recouvrir dans une tiède sonorité de pluie. Pensez-vous que cela les déstabilise ? Les met mal à l'aise ? Même pas. Pour seul réaction, il reforme leur groupe après que celui qui était coincé ai dégagé son arme, alors que tous les autres personnes présentes se mettent à crier de peur et de dégout. La mort de nos frère d'arme est monnaie courante à Kiri. On y est habitué très tôt…

« Allez les filles. C'était pas mal comme échauffement. Et si on passait aux choses sérieuses ? Les provoquais-je.

-Avant que l'on ne te tue, traitre (il y a beaucoup de mépris dans ce mot), dis-nous où est la Kubikiribôcho. Où est la trancheuse de tête ?

-A quoi cela pourrez bien vous servir de le savoir ? Vous allez mourir ici.

-Ne te surestime pas. Nous sommes ceux qui deviendront les prochains « Sept épéiste de Kiri ». La récupérer est notre devoir.

-Là c'est insultant ! Que vous puissiez vous croire de notre niveau, de mon niveau, est insultant ! De plus, leur dis-je d'un ton mauvais, vous n'êtes déjà plus que six ! »

Seul le silence me répond après cette remarque. Le fait qu'un traitre les méprise autant doit être une véritable insulte pour eux (ils boudent !). Alors que les spectateurs paniqués essaient de se pousser, notre combat reprend plus violent que jamais. Mais cette fois, je suis en mesure de riposter. Avant je ne pouvais que subir leurs assauts à l'affut d'une ouverture. Mais maintenant je suis armé, et en plus ils ont commis une grave erreur. Ils ont osés déclarer être digne de récupérer Kubikiribôcho, digne de la manier. Ma lame, mon âme. Ils ont osés dire qu'ils étaient dignes de la toucher. Cette seule déclaration, bien que je n'en ai rien montré, ma fait bouillir de rage. Tellement, qu'il pourrait bien me prendre l'envie de devenir sérieux…

« Fini de jouer ! »


Les lames chantent et dansent entre nous. On tourbillonne dans un ballais de sang et d'étincelles qui naît à chacune de leurs rencontres. Honnêtement, c'est loin d'être un combat à sens unique. Ils ne sont pas si faible que ça pour arriver à tenir à seulement six contre moi (quelle modestie, oui je sais !). Je m'arrange pour toujours en garder un entre moi et les autres, mais ils ne sont pas stupides au point de ne pas s'en rendre compte. Ils compensent leurs manques de force et d'expérience par une formation impeccable. Lorsque j'en isole un du groupe, il recule immédiatement à l'abri, puis ils attaquent de manière à me prendre en tenaille. Pour que je m'écroule sous une pluie de lames, sous une averse de métal venant de tous les côtés. Je ne sais pas vous, mais moi, finir en pièces détachées ne m'a jamais intéressé. Je reste en mouvement constant, jamais au même endroit. Profitant de leur grand nombre contre eux, je pousse mes premières attaques avec une véritable flambé de violence. Je manque de peux la gorge exposée du plus proche et poursuivi mon mouvement pour parer une autre attaque. Ils commencent à se rendre compte du fossé qui nous sépare. Que faire face à l'un des sept épéistes de Kiri, ce n'est pas aussi simple qu'ils l'avaient imaginé. Ils ne peuvent égaler ma force, ma vitesse et mon endurance. Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est tenter de me fatiguer. M'avoir à la longue en se relayant. Mais je n'ai pas l'intention de les laisser faire. Je les force à se défendre, à se battre pour leur vie. Ce qui va faire la différence au final, c'est la technique. Et c'est pour cela que je suis persuadé de l'emporter. Leurs techniques est bonne. Excellente même. Mais trop académique Trop prévisible. La mienne est aussi violente et aussi fourbe que le diable incarné. Nous n'avons pas du tout suivi le même entraînement. Entre celui de l'un des sept épéistes et celui attribué aux larbins, il y a un monde qui s'étend. C'est pourquoi, il leur est impossible de prévoir ce que je vais faire, où je serais après la prochaine passe. Après le prochain pas. Démonstration...

Soudain ! Je plonge au milieu même de leur formation, et agresse le plus au fond qui tentait de reprendre son souffle, d'une succession de coups de taille et de quelques estoques au visage. J'arrive à lui laisser une balafre et un cri lui échappe. Mue par l'instinct, je me retourne pour parer un coup qui prévoyait de percer ma gorge par derrière. Je le repousse et me décale en crabe pour accueillir le suivant. Mais son voisin revient à la charge avec violence. Il lance à son tour une estocade, que je dévie avec force vers son partenaire. La lame vient lui mordre le bras. Immédiatement, l'attaquant tente de se dégager. Mais immédiatement, c'est long ! Je suis INSTANTANÉMENT sur lui (notez la différence) et lui tranche les deux bras tenant son arme d'un seul coup. Son collègue tente de l'aider, mais son bras blessé l'empêche de porter une attaque sérieuse. Je passe en-dessous dans une roulade. En me rétablissant sur mes pieds, ma lame vient mordre son bas ventre dans la diagonale. Je sens la lame déchirer la chaire et l'éventrer dans un grand cri de douleur. Le sang ce déverse à nouveau en trombe dans la pièce, avec d'autres choses plus… consistantes. Et la peur aussi. Surtout la peur. Elle inonde leurs regards. Parasite leurs gestes. Les fait reculer, et se propage comme une maladie, contaminant tout le monde sur son passage. Comme une trainée de poudre jusqu'aux spectateurs qui ne savent pas comment réagir. Je ris de nouveau. Je suis un alcoolique, un fou ivre par la victoire qui se rapproche à grand pas. Je ris de leur douleur. De l'odeur que je sens sur eux. Je me délecte de leurs faiblesses devenues si évidentes. Ils perdent toute cohésion et l'un d'entre eux se jette sur moi dans une attaque désespérée. J'attrape son arme avant qu'il ne m'atteigne et lui balance mon poings et la garde de mon katana (on appelle cela la tsuba) en plein dans sa face. Il part en arrière, mais je le ramène sur moi en tirant sur son bras et lui enfonce ma lame jusqu'au bout dans le ventre. Je l'y laisse et lui prend la sienne pour repousser un autre attaquant en dardant sa pointe vers ses yeux. Alors qu'il recule précipitamment, j'achève celui qui a les bras tranchés en le décapitant. Sa tête vient rouler jusqu'aux pieds de ma cible, le binoclard. Je vous ai dit que la peur se répandait comme une trainée de poudre, non ? Là, ce fut l'explosion.

« T… Tuer-le. Tuer-le. Mais bon dieu. TUER-LE ! Rugit le patron complètement paniqué. Tuer-le. Celui qui fera taire ce rire empochera la prime. Il aura TOUT. Alors TUER-LE ! »

D'abord, il ne se passa rien. Puis ce fut la rué. Ils s'armèrent de tout ce qu'ils trouvèrent. Pelles, ache, katana, ou simple en ferre. Ce n'est pas la promesse de la récompense qui les motiva. Mais la peur. La peur d'être le suivant. En soit, ce n'est pas de mourir qui fait peur. Mais la façon de mourir. La douleur et la solitude qui l'accompagne. Et je viens juste de leurs en donner de très bon exemples de morts sales et violentes. Alors ils avancent, ils se précipitent et se ruent à ma rencontre. Leurs cris viennent noyer accompagner mon rire, et je m'élance à mon tour. Nos pas baignent dans le sang, et piétinent les corps des défunts. Et là, ce fut un massacre en sens unique. Une boucherie comme je les aime tant. Les assassins de Kiri n'avaient au fond pas eues la moindre chance contre moi. A partir du moment où ils ne s'étaient pas jeter sur moi dès qu'ils m'avaient en face d'eux (au lieu d'attendre la fin de la discute entre moi et leur employeur), ils avaient perdu toutes possibilités de l'emporter. Ils avaient réussi à tenir en restant uni, mais là, ce n'est qu'une meute d'abrutis courant droits à leurs morts. Désordonnés, ils viennent gêner les survivants et les noyers sous la masse. Alors je les accueils. Avec cette lame que j'ai ramassée, je taille le monde en pièces. Je le découpe en morceaux de hurlements et en lamelles de souffrances. Des monceaux de membres rougeâtres viennent s'entasser à mes pieds. Je les gravis comme on gravit l'autel dédié à la victoire. En laissant encore plus de cadavres dans mon sillage. Toujours plus.

J'avance au milieu de cette foule qui tente autant de me fuir que de m'atteindre. Je m'amuse, mais ne perd pas de vue ma proie. Mon job s'est de te tuer ! dit mon regard. Il le voit et le sens qui pèse sur, et qui fait fondre ce qui lui reste de confiance et de courage. Il frémit d'effroi ne pouvant le soutenir. Il tourne les talons et se précipite en dehors de la salle. Je le suis, presque tranquillement. Le dernier membre des assassins s'interpose. Il m'attaque d'un coup haut en hurlant « Meurt traitre ! ». Je l'ouvre en deux. Depuis son entre-jambe jusqu'à sa gorge. D'un coup, d'un seul, et le plafond ce retrouve divisé en deux par une trainée vermeille. Je m'apprête à sortir de la salle, quand je me retourne, attiré par la sensation d'avoir oublié quelque chose. Les derniers survivants sont tous contre la porte, tentant de l'ouvrir désespérément. J'ai comme une impression de déjà vue. Je reviens au cœur de la pièce et cherche du regard. Finalement je retrouve mon flingue complètement poisseux, puis je me tourne vers eux en sortant les clés de ma poche. Je la fais tourner entre mes doigts.

« Vous cherchez quelque chose ? » Leur demandais-je avec un clin d'œil cynique.

Ils ont à peine le temps de se lamenter et de commencer à supplier que les détonations résonnent dans la pièce. Je jette les clés sur la pile de corps, et quitte la pièce.

« Tenez ! Faites-en bon usage. Veuillez m'excuser de ne pas vous tenir compagnie plus longtemps. Mais j'ai un rendez-vous qui n'a que trop été retardé. »

Je me lance à la poursuite de ma cible d'un pas léger. Toutes ses festivités, c'est un truc à perdre de vue ses priorités. La mienne actuellement, c'est de finir le travail.