Chapitre 7

Jack retourna à sa chambre d'hôtel, portant plusieurs sacs. Dieu, il détestait faire les courses ! Mais le problème était qu'il n'avait plus de vêtements de rechange avec lui. Quand il avait quitté Colorado Springs, il n'avait pas du tout pensé qu'il ne rentrerait pas avant plusieurs semaines. Au minimum.

Jetant les sacs sur le lit, il appela chez lui pour annuler l'abonnement à son journal, puis le bureau de poste pour demander de garder son courrier. Ensuite il appela Daniel. Il se dit à lui-même que c'était pour informer son vieil ami, mais il connaissait la vraie raison. Il avait besoin de quelqu'un à qui parler. Quelqu'un qui les connaissait tous les deux suffisamment, lui et Sam.

Il fallut quatre sonneries, mais Daniel s'arrangea pour répondre avant que son répondeur ne se déclenche.

« Allô ? » fit une voix essoufflée.

« Salut, Danny. »

« Jack ? »

« Oui, c'est moi. J'ai pensé que tu aimerais peut-être savoir ce qui se passe ici. »

« Sûr ! Janet et moi, eh bien, nous devenions dingues à nous demander comment les choses se passaient ! Elle a essayé d'appeler Sam, mais elle n'obtenait que le répondeur. »

« Je n'en suis pas surpris, ils vivent pratiquement à l'hôpital maintenant. »

« Ils ? »

« Sam, son mari, et leur fille Kelsey. Jolie enfant. Ressemble vraiment à Sam, » dit Jack, passant rapidement sur Jeff sans le nommer par son prénom.

« Et Jon ? Comment va-t-il ? »

« Pas très en forme. Daniel, je sais que toi et Janet avez rendu visite à Sam. N'alliez-vous jamais me parler de mon fils ? »

Il y eut une absence de réponse significative au bout du fil. « Eh bien, Jack, ce n'était vraiment pas notre place, et Sam nous a demandé... »

« Vous a demandé de ne pas me dire, exact ? »

« Pas en ces termes, » dit Daniel. Même sans voir l'autre, Jack savait qu'il remontait nerveusement ses lunettes sur son nez avec son index.

« Quelles sortes de mots a-t-elle utilisés ? »

« Hum, tu vois, nous n'avons jamais vraiment parlé de ça. Je veux dire qu'il était évident qui était le père de Jon simplement en le regardant. Je crois que nous n'avons jamais vraiment ressenti la nécessité de l'énoncer. De plus, Sam semblait un peu embarrassée quand nous nous approchions du sujet. Tu sais probablement davantage que nous de toute cette situation. Au moins tu étais là. Pour cette partie-là, en tout cas. »

Jack s'éclaircit la gorge, « Ah, ouais. Mais j'ai toujours été dans le noir sur tout ça. Au moins tu savais que Jon existait, je ne savais même pas ça. »

« J'espère que tu n'as pas été trop dur avec elle, Jack. Elle a fait ce qu'elle pensait être le mieux. »

« De quel côté es-tu, de toute façon ? J'aurais pensé qu'en tant que père tu pourrais comprendre ma position ! »

« Je ne suis du côté de personne. Et, oui, étant père je peux certainement comprendre comment tu dois te sentir. Mais tu dois penser à ceci de sa perspective, aussi. Pense à tout ce qu'elle a abandonné pour avoir ton fils. »

« Je ne te suis pas. »

« Jack, elle a abandonné le meilleur travail de toute cette planète pour toi ! Tu sais comment elle se sentait au SGC ! »

« Ne crie pas sur moi ! Ce n'est pas comme si je lui avais claqué la porte au nez et lui avais dit de partir ! »

Daniel soupira, baissant la voix. « Je dis simplement que si tu avais été un peu plus compréhensif, un peu plus disposé à parler de ce qui s'était passé, elle n'aurait peut-être pas eu l'impression que partir était sa seule option. »

Jack s'assit sur le lit, soudain contrit. « Tu as raison. J'ai repassé tout ça dans ma tête, et je sais que je suis celui qui l'a poussée à partir. Mais devait-elle garder le secret sur Jon ? »

« Je crois qu'elle avait l'impression que c'était pour le mieux. Tu connais Sam. Elle ne fait pas les choses sans y réfléchir sous tous les angles. »

« Peut pas être plus vrai, » gloussa Jack.

« Comment tient-elle le coup ? »

« Bien, je crois. Elle t'a dit ce qui n'allait pas avec Jon ? »

« Oui. J'en conclus que tu es un donneur compatible ? »

« Nous faisons la transplantation demain. Il semble que ce soit plus un problème pour moi que pour lui. J'en suis heureux. Il a déjà trop souffert. »

« Comment était-ce ? Quand tu l'as rencontré, je veux dire, » demanda Daniel.

« Effrayant, vraiment. Dieu, il ressemble tellement à Charlie ! Il m'a vraiment mis KO quand je l'ai vu la première fois, tu sais. Je dois l'admettre, je n'ai pas été très gentil avec Sam sur toute cette affaire. »

« Que veux-tu dire ? »

« Oh, j'ai crié sur elle pour ne pas m'avoir parlé de lui, tout le paquet, tu vois. Je ne suis toujours pas heureux de ça, mais je peux voir maintenant que j'ai été un peu dur avec elle. »

« Tu pourrais t'excuser. Je suis sûr qu'elle comprend pourquoi tu es en colère. Si c'est une consolation, je pense que t'appeler après tout ce temps fut une des choses les plus difficiles qu'elle ait jamais dû faire. »

« Eh bien, elle savait que je serais fâché ! » dit Jack, reprenant ses allées et venues dans la chambre d'hôtel.

« Ce n'était pas simplement le fait que tu serais fâché avec elle, » confia Daniel. « Je crois qu'elle était un peu effrayée que tu refuses de lui parler. Et tu lui as manqué. »

« Elle t'a dit cela ? »

« Eh bien, pas exactement à moi, mais elle a dit quelque chose dans ce ton-là à Janet. Elle a essayé d'inciter Sam à t'appeler, mais elle ne savait pas comment après tout le temps qui s'était écoulé. Nous avions l'impression qu'elle n'était pas vraiment heureuse dans son mariage. »

« Vraiment ? » demanda Jack, soudain se ragaillardissant.

« Non pas qu'elle ait jamais dit quelque chose directement à nous, » lui dit Daniel, « mais la dernière fois que nous étions là-bas, elle n'était simplement pas elle-même, tu sais ? Un peu de la vie l'avait désertée. Oh, c'est évident qu'elle est folle de ses enfants, et elle et Jeff s'entendent assez bien, c'est simplement qu'il est en quelque sorte... 'là', tu vois ce que je veux dire ? Je crois qu'elle avait plus en commun avec certaines personnes avec qui elle travaillait au SGC qu'elle n'en a avec lui. »

« Ce n'est pas ce que j'ai vu, » dit Jack, essayant de ne pas laisser la nouvelle remonter trop ses espoirs. « Il m'a semblé plutôt attentionné, et elle semblait plutôt désireuse de l'accepter. »

« Eh bien, c'est tout à fait naturel que la maladie de Jon ait cet effet. C'est quelque chose qu'ils ont en commun. Probablement la seule. Et l'ironie de tout cela est que Jon n'est pas de lui. »

« C'est peut-être pourquoi il est complètement fou de Kelsey, » observa Jack.

« Sûrement, mais aussi je crois que les pères ont un faible avec leurs petites filles. Autant j'aime Sean et Ian, Kendra me fait faire tout ce qu'elle veut. Le mauvais côté est qu'elle le sait. » Jack put entendre le sourire fier dans sa voix, mais il avait le droit d'être fier. Lui et Janet avaient des enfants super.

« Alors, tu dis que les choses ne sont pas géniales entre eux ? » questionna à nouveau Jack.

« Ecoute, Jack, je me trompe peut-être. C'était il y a deux ans, et je crois que nous n'avons eu qu'une ou deux conversations téléphoniques depuis. Ce n'est pas le genre de chose dont tu parles facilement. S'ils avaient des problèmes, je ne sais pas si elle me l'aurait dit de toute façon, et Janet n'a rien mentionné de spécial. Nous avons juste remarqué que nous pensions que Sam ne semblait pas très heureuse. C'est tout. »

A nouveau Jack essaya de réprimer la bulle d'espoir qui commençait à se former, remplissant sa poitrine. De quoi s'excitait-il de toute façon ? Il était censé être fâché avec elle, pas à penser qu'il avait une possibilité de retrouver ce qu'ils avaient eu autrefois. Quoi que fut ce 'ce'.

Pour être honnête, son amitié lui manquait, son rire à ses plaisanteries stupides, savoir qu'il allait la voir au travail tous les jours, même si cela faisait des années. D'accord, le dernier mois où elle était encore au SGC, il avait essayé de l'éviter, mais il essayait de ne pas être seul avec elle. Il ne l'avait donc pas totalement évitée. Et s'il était honnête avec lui-même, sa troisième et dernière retraite n'était pas tant qu'il ne supportait pas de ne plus aller en mission, que parce que le SGC semblait hanté par l'esprit de Sam. Partout où il regardait, il avait l'impression de voir les vestiges de Sam. Le son de son rire, elle expliquant une théorie, plaisantant avec Daniel et Teal'c. Il n'y avait pas un endroit de la base qui ne conservait pas un écho d'elle.

Au début, sa promotion au grade de Général fut suffisante pour maintenir son intérêt dans le programme, mais une fois que cela devint une routine, les souvenirs de Sam revinrent, le raillant avec son absence. Si elle était toujours au SGC, il serait probablement encore au SGC, il serait probablement 'encore' aux manettes, sans pensées de retraite. Travail de bureau ou pas, ça en vaudrait la peine rien que pour être près d'elle.

« Jack ? Tu es là ? » demanda Daniel.

« Oui, je suis toujours là. Désolé, mon ami. Simplement en train de penser. »

« A propos de... ? »

« Oh rien. Juste sur les 'et si', je crois. »

« Jack, tu ne penses pas... Ecoute, simplement parce que Janet et moi pensions qu'elle ne semblait pas heureuse ne veut pas dire que cela a quelque chose à voir avec Jeff. C'est peut-être son travail, peut-être son père, ça pourrait être n'importe quoi ! »

« Je ne vais rien tenter pour les faire rompre, si c'est ce que tu penses, » dit Jack. « Je pense simplement que peut-être je ne suis plus si fâché que ça avec elle. Elle m'a manqué, Daniel. »

« Eh bien, voilà des mots que je pensais ne jamais entendre te les dire, » dit Daniel.

« Plus vieux et plus sage ? »

« Peut-être seulement plus vieux, » taquina Daniel. Ses prochains mots furent sérieux. « Jack ? Ne te laisse pas complètement emporter par les émotions de la revoir et ne fais pas quelque chose de stupide, d'accord ? Je veux dire que tous ces trucs de vie et de mort ont tendance à faire oublier le bon sens. Essaie de rester lucide, d'accord ? »

« Conseil d'un homme qui reste sans voix à la vue d'anciennes pierres, » taquina Jack en réponse.

« Très drôle, Jack. Je crois que je devrais laisser mes étudiants tenter quelque chose sur toi. Ils viendraient vite à bout de cette attitude. »

« Une salle pleine de scientifiques et un vieil homme ? Je leur botterais encore leurs fesses ! »

Daniel éclata de rire, mais ne fit pas de commentaire.

Un silence légèrement inconfortable tomba sur eux. « Eh bien, je devrais y aller. Tu sais, Sam n'est pas la seule qui m'a manqué de ces vieux jours. Nous devrions tous nous rencontrer quand tout cela sera terminé. »

La voix de Daniel parut plus serrée qu'il y a un instant. « Bien sûr, Jack. Souhaite-leur bonne chance de notre part. »

« Je le ferai. » Jack raccrocha, fixant le téléphone quelques minutes. Quand était-il devenu si sentimental ? 'Doit être un de ces trucs de l'âge sur lesquels on vous prévient', pensa-t-il en lui-même, secouant sa tête.

ooo

Sam arriva à l'hôpital tôt, surprise de trouver Jack dans la salle d'attente. « Jack ? Vous êtes déjà là ? Je pensais que 'j'étais' en avance. »

« Eh bien, je n'arrivais pas à dormir, et je ne voulais pas être en retard. Et vous ? Avez-vous dormi un peu ? »

Sam soupira et prit un siège à côté de lui. « Un peu, je pense. Ils m'ont 'fait' rentrer chez moi. »

« Il semble que ça vous a fait un peu de bien. Vous semblez toujours fatiguée, mais mieux qu'hier. »

« J'irai beaucoup mieux une fois que la transplantation aura eu lieu et que l'état de Jon commencera à montrer une amélioration. » Sam jeta un coup d'œil à Jack qui fixait ses mains, hochant la tête en un accord silencieux. Plaçant sa main au-dessus de la sienne, elle dit,

« Je ne peux vous remercier assez pour tout ce que vous faites. Combien vous avez été super à propos de tout cela. »

Jack retourna lentement sa main, enlaçant ses doigts avec ceux de Sam. « Cela ne fut jamais en question. Bien sûr que je vais l'aider, même s'il n'était pas mon fils. »

Sam baissa les yeux sur leurs mains liées, surprise qu'il ait initié un contact plus intime. Commençait-il à lui pardonner ? La manière qu'il avait de revendiquer Jon comme étant son fils sans l'amertume qu'il lui avait adressée hier, suggérait que quelque chose était arrivée. Même si cela bouleversait le fragile rapport qu'ils partageaient, elle devait demander.

« Jack ? Est-ce que quelque chose est arrivée ? Hier vous étiez encore prêt à me rayer de votre vie, et aujourd'hui vous semblez être, eh bien, plus compréhensif. »

Jack continua de fixer leurs mains liées. « J'ai appelé Danny. Il a en quelque sorte joué l'avocat du diable pour vous, soulignant comment je n'étais pas le seul qui avait perdu quelque chose quand vous êtes partie. »

« Je ne comprends pas. »

« Ca doit être la première fois, » plaisanta-t-il, puis il redevint sérieux. « Il m'a simplement rappelé à quoi vous avez renoncé en quittant le SGC. Que vous n'auriez peut-être pas quitté le SGC si je vous avais donné une autre option. Penser à ce qu'il a dit est probablement la raison pour laquelle je n'ai pas très bien dormi la nuit dernière, » confessa-t-il.

Sam fut interloquée. Il commençait à comprendre les actions qu'elle avait prises ? Jack ne s'excusait pas. Elle l'avait vu le faire une ou deux fois, mais ça exigeait beaucoup de lui pour le faire. Pour Jack, de lui faire des excuses même à mots couverts signifiait beaucoup.

« J'ai toujours un problème avec le fait que vous ne m'ayez pas parlé de lui, cependant, » dit-il, levant les yeux pour rencontrer son regard.

Sam hocha la tête. « C'était une erreur, et je suis 'tellement' désolée, Jack. Si je pouvais revenir en arrière, jamais je ne vous aurais caché cela. » Jack serra ses doigts, lui disant silencieusement qu'il acceptait également ses excuses.

Juste à cet instant Jeff entra, incitant Sam à relâcha rapidement la main de Jack, espérant ne pas avoir une expression coupable sur son visage. Il n'y avait pas de quoi être coupable, mais Jeff n'interpréterait pas cela de cette façon. Cela ne donnerait rien de bon d'avoir les deux hommes se bagarrer avant que Jack ne subisse son aspiration.

« Bonjour, Jack, » dit Jeff, jetant un coup d'œil vers Sam. « Kelsey est chez Maman. J'ai dû lui expliquer encore pourquoi elle ne pouvait pas voir Jon. Ca va être dur pour elle aussi. Nous devrons nous arranger pour réserver un peu de temps pour elle aussi. »

« Tu as raison. Dès que Jon sera installé après sa transplantation, il n'y aura pas grand-chose que nous puissions faire. Nous ferons quelque chose avec elle. »

« Elle aurait vraiment besoin de passer du temps avec toi, » dit Jeff. « Maman continue de faire des commentaires sur le fait que tu sembles avoir oublié que tu as 'deux' enfants. »

Sam serra les dents. Ellen avait toujours sa manière de souligner que Sam préférait Jon. Ce qui n'était pas vrai, mais aussi Ellen n'avait jamais accepté que son fils ait épousé une femme enceinte. En fait, s'il y avait quelqu'un qui jouait les préférences, c'était Ellen. Ignorant pratiquement Jon depuis le début, puis prodiguant toute son attention sur Kelsey. Jon n'avait pas été sans remarquer l'attitude de sa grand-mère. Il lui avait même demandé pourquoi Mamy aimait plus Kelsey quand il essayait de bien se comporter chez elle. Sam avait tenté d'expliquer à Jon que ce n'était pas à cause de lui, que l'attitude d'Ellen était dirigée envers elle et non envers lui, mais il n'avait pas été convaincu. Ce n'était pas une notion simple à comprendre pour un enfant.

Sam fut arrachée à ses pensées par une infirmière qui s'approchait.

« M. O'Neill ? » demanda-t-elle, regardant entre les deux hommes.

« Ca doit être moi, » dit Jack levant la main.

« Il est l'heure de vous préparer. Si vous voulez bien me suivre ? » Jack se leva, commençant à suivre l'infirmière dans le couloir. Il se retourna, regarda Jeff pendant une seconde, puis sourit à Sam, qui lui sourit en retour. Jack avait disparu dans une salle quand Jeff se tourna vers elle.

« Eh bien, 'quelle' petite scène intime ! Pourquoi ce sourire ? »

Sam s'adossa sur son siège, frottant sa main sur son front. « S'il te plait, Jeff, devons-nous discuter de cela maintenant ? »

« Quand penses-tu que nous devrions ? Hier il te sautait à la gorge et aujourd'hui il te fait un petit sourire secret ? Ca semble un changement radical, qu'en dis-tu ? »

« Jeff, il a eu l'occasion de se calmer. De réfléchir à tout cela. Il a dit qu'il avait parlé à Daniel et peut-être qu'il l'a aidé à voir un peu plus clair sur la raison pour laquelle je ne lui ai jamais parlé de Jon. C'est tout ! »

« Oh, super ! Daniel ! Il ne m'a jamais accepté, Sam. Jamais pensé que j'étais assez bien pour toi. Il a probablement dit à son vieux patron qu'il devrait retenter le coup avec toi. »

« Arrête ça ! » cria Sam. « Jeff, je n'ai 'vraiment' pas besoin de ça maintenant ! Il ne se passe 'rien' entre Jack et moi ! Il est ici pour donner à 'notre' fils – à toi et à moi – une chance de vivre. Ne peux-tu mettre ta jalousie de côté suffisamment longtemps pour en être reconnaissant ? »

Jeff s'éloigna, passant une main à travers ses cheveux. Sam pouvait dire par la manière dont ses épaules étaient abaissées que ses mots l'avaient atteint. Revenant s'asseoir à ses côtés, il s'excusa.

« Je suis désolé, Sam. Tu as raison. C'est simplement très difficile de ne pas se sentir menacé quand ton ancien petit ami se manifeste pour être le sauveur de notre fils. »

« Il n'est pas mon 'ancien petit ami'. Tu sais ce qui s'est passé entre Jack et moi. Je suis surprise que tu puisses même l'appeler ainsi. Au mieux il pourrait être considéré comme un vieil ami. »

Jeff laissa tomber le sujet, mais Sam savait qu'il n'était pas clos. Ce n'était sûrement pas la dernière des disputes qu'ils auraient à propos de Jack. Sam remarqua l'infirmière se dirigeant dans leur direction encore une fois. Se levant, elle attendit de voir s'il y avait un problème.

« Mme. Greenfield ? M. O'Neill a demandé à vous voir avant qu'il ne soit emmené en chirurgie. »

« Est-ce qu'il y a un problème ? » demanda Sam.

« Non, je ne sais pas de quoi il s'agit. »

Sam jeta un regard à Jeff. « Je reviens tout de suite. » Elle vit qu'il n'était pas heureux de cette dernière demande de Jack, mais il n'y avait rien qu'il pouvait faire.

Entrant dans la chambre, Sam vit Jack étendu sur un lit à roulette. Il était relié à une perfusion, semblant somnolent.

« Coucou, » dit-elle. « Ca fait remonter des souvenirs, » dit-elle en souriant. « Vous, étendu sur un lit à roulette. »

« Oui, sauf que le décor est mieux ici, » répondit-il en lui souriant. « Et les infirmières sont trop gentilles. Janet me manque. »

Le sourire de Sam s'agrandit. Cela avait été une plaisanterie récurrente entre eux tous que Janet adorait se servir de SG1 pour ses projets personnels de recherche. Et sans trop de gentillesse quand elle le faisait.

« Oui, elle me manque aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Il y avait quelque chose que vous vouliez, Jack ? Je crois qu'ils doivent vous emmener en salle de chirurgie. »

« Eh bien, » hésita-t-il, s'agitant sous la couverture légère qui le couvrait, « j'espérais que je pourrais obtenir un baiser, vous savez, pour souhaiter bonne chance. »

Sam rougit. Il était simplement un ami, pas vrai ? N'est-ce pas ce qu'elle venait de dire à Jeff ? Si Daniel avait fait la demande, elle n'aurait pas hésité un instant. Mais ce n'était pas Daniel, ou Teal'c, ou 'simplement un des garçons'. C'était Jack. Un homme qui continuait de la rendre incertaine avec ses sentiments.

Sam se pencha en avant, frôlant légèrement ses lèvres contre les siennes. Elle commença à se relever quand elle sentit la main de Jack se faufiler dans ses cheveux, la ramenant vers lui. Il l'embrassa à nouveau, pas un baiser profondément passionné, mais sûrement plus long qu'un simple baiser de « bonne chance ».

Sam fut embarrassée par sa réaction au baiser. S'écartant rapidement de lui, elle sourit brièvement.

« Bonne chance, Jack. »

Il lui fit un sourire effronté, touchant légèrement sa joue. « A dans quelques heures. »

Sam hocha la tête, ne faisant pas vraiment confiance à sa voix. Observant les infirmières emmener Jack hors de la pièce, elle ne vit pas l'homme se tenant debout dans l'encadrement de la porte.

ooo