Voici une petite histoire pour vous amuser. En ce qui concerne les lecteurs d'Une Opinion différente, il vous faudra patienter. J'ai rédigé plusieurs chapitres, mais ma beta est en vacances. Elle ne peut donc pas les corriger pour le moment. Et je vais me reposer, moi aussi, même si j'ai l'intention d'écrire les derniers chapitres. Je ne crois pas que vous pouvez espérer en lire un nouveau avant la mi-août ou peut-être plus tard. J'attends vos avis pour cette petite histoire.

Le cauchemar de Mr Denny

Mr Denny faisait un cauchemar. Et il savait que c'était la faute de Wickham.

Celui-ci avait l'intention de s'enfuir de Brighton et d'emmener miss Lydia Bennet avec lui. Ses intentions, à ses yeux, ne faisaient aucun doute. Et Denny se sentait mal à l'aise à une telle idée.

Le fait était qu'il avait une sœur du même âge que Lydia. Et pour rien au monde il ne voudrait qu'il lui arrive une telle mésaventure. Miss Lydia n'avait pas de frère. Elle était doté d'un père négligent et égoïste qui ne pensait qu'à lui-même. Mais les deux filles aînées étaient des jeunes femmes respectables qu'il avait beaucoup apprécié lorsqu'il se trouvait à Meryton. Elles ne méritaient pas de subir la honte du déshonneur à cause des actes d'un gredin dénué de principes. Non, il ne pouvait pas permettre cela. Miss Lydia était une sotte, mais ses parents étaient responsables de son manque d'éducation. Elle n'était pas entièrement fautive.

Il avait eu le temps de se rendre compte que Wickham n'était pas le gentleman pour lequel il essayait de se faire passer : beau parleur, dénué de principes et d'honneur, faux, sournois et manipulateur, c'était aussi un joueur invétéré, un ivrogne et un coureur de jupons. Il ne payait jamais ses dettes et n'avait aucun scrupule à déshonorer les jeunes filles innocentes assez naïves pour croire à ses promesses. Non ! Il ne pouvait pas le laisser faire une chose pareille !

?

Denny se réveilla en sursaut, le cœur battant à tout rompre. Il regarda autour de lui et se rendit compte qu'il se trouvait dans sa chambre, à Brighton.

Il se rappela son cauchemar et sentit sa conscience recommença à le tarauder. Il devait agir avant que Wickham ne nuise, une fois de plus, à une famille innocente. Car il ne doutait pas une seule seconde que ce ne serait pas la première fois, ni, sans doute, la dernière.

Il devait avertir le colonel Forster des projets honteux de Wickham concernant miss Lydia. Etant donné qu'elle lui avait été confiée par son père, son honneur exigeait qu'il la protège contre un tel homme. Oui, il devait le faire. Wickham le soupçonnerait peut-être, mais peu importait ! L'honneur d'une innocente comptait plus, à ses yeux, que son amitié avec un gredin qui s'était avéré indigne de confiance.

Il se demandait, désormais, si ses calomnies envers Mr Darcy n'étaient pas des mensonges. Il s'était montrer tellement pressé de les répandre dans toute la ville ! Et puis, il n'était pas venu au bal de Netherfield. Pourquoi si ce n'était parce qu'il n'avait pas la conscience tranquille ? Peut-être craignait-il que Mr Darcy ne dénonce ses vices.

Dès que cela lui fut possible, Denny eut un entretien discret avec son supérieur. Le résultat ne se fit pas attendre. Le colonel Forster fut extrêmement choqué d'apprendre que l'un de ses officiers complotait de s'enfuir avec une jeune fille qui lui avait été confiée. Il fit le tour des commerces pour découvrir le montant de ses dettes, qui, se rendit-il compte, était considérable. Il fit immédiatement arrêter Wickham. Celui-ci n'eut pas le moindre soupçon et ne put rien faire pour l'éviter. Les commerçants avaient porté plainte. Et il n'avait pas les moyens de les payer.

Lydia Bennet prit très mal la situation. Mais elle n'eut pas d'autre choix que de garder son sang-froid car elle ne tenait pas à ce que l'on découvre son projet. Bientôt, des rumeurs coururent en ville et elle découvrit que Wickham s'était moquée d'elle et qu'il n'avait jamais eu l'intention de l'épouser. Elle en fut profondément humiliée.

Elle essaya de se tourner vers un autre officier, mais si ceux-ci acceptaient volontiers de l'inviter à danser, aucun d'entre eux ne la considérait comme une épouse potentielle. Certaines conversations d'épouses d'officiers, lui firent comprendre qu'elle n'était pas aussi appréciée qu'elle le croyait et qu'elle était seulement un objet d'amusement pour les officiers. Ce qui la rendit furieuse.

Elle était fort dépitée lorsqu'elle regagna Longbourn à la fin du mois d'Août. La milice devait quitter Brighton pour une autre destination et on ne l'avait pas invitée à rester plus longtemps. Elle rentra donc chez elle sans mari, contrairement à ce qu'elle l'avait escompté.

Mme Bennet en fut fort désolée pour elle mais elle la consola en lui disant que les officiers étaient pauvres et qu'ils ne pourraient pas lui offrir tout ce qu'elle voulait. Il fallait mieux jeter son dévolu sur un homme riche. Elle aurait une vie beaucoup plus agréable.

Mme Bennet eut droit à plusieurs surprises lorsque Lizzie revint de son voyage. D'abord parce que Mr Bingley avait envoyé un message pour ouvrir Netherfield, mais aussi parce que Lizzie était fiancée à Mr Darcy. Elle n'arrivait pas à comprendre comment une telle chose était possible. Mais elle était tellement heureuse qu'elle en demeura presque muette.

Peu de temps après, Mr Bingley se fiança avec Jane. Il avait eu une scène très déplaisante avec ses sœurs et leur avait fait clairement comprendre qu'il ne se marierait pas en fonction de leurs ambitions personnelles mais pour son propre bonheur. Il conseilla à Caroline de cesser de repousser les prétendants si elle ne voulait pas finir vieille fille. Darcy avait fait un autre choix et elle perdrait son temps en continuant à se faire des illusions.

Caroline fut extrêmement mortifiée par les paroles de son frère, mais elle comprit qu'il disait la vérité lorsque Darcy annonça ses fiançailles avec miss Elisabeth Bennet. Elle se rendit compte alors qu'elle avait gâché plusieurs années de sa vie à attendre une demande qui ne viendrait jamais.

Elle était furieuse qu'il lui ait préféré une autre femme qu'elle jugeait inférieure à elle.

Lady Catherine n'eut pas plus de chance car ses protestations indignées ne furent écoutées ni par Darcy ni par Elisabeth et elle n'eut pas d'autre choix que de se résigner à l'inéluctable.

Les mariages de Jane et d'Elisabeth fut suivi, quelques mois plus tard, par celui de Mary avec Mr Warren, le clerc de son oncle Phillips.

Mme Bennet en fut choquée. Elle avait toujours pensé que Mary finirait vieille fille. De toute évidence, elle l'avait sous-estimée. En tout cas, elle était ravie.

Mr Bennet le fut moins car il se retrouva avec une femme et deux filles idiotes. Une lettre du colonel Forster l'avait informé de ce qui avait été évité par miracle. Il s'était rendu compte qu'il aurait dû écouter les avertissements de Lizzie. Désormais, il passa plus de temps avec elles et contra les actions de sa femme envers Lydia lorsqu'elles étaient déraisonnables. Il diminua leur argent de poche et leur conseilla de ne pas faire de dettes car les commerçants ne leur ferait plus crédit. Elles en furent indignées, mais obligées d'obéir.

Lydia fut obligée de surveiller sa conduite désormais. Mr Bennet l'avait avertie qu'il était au courant de son projet de fugue avec Mr Wickham et qu'elle devait s'estimer heureuse d'avoir échappé à la honte et au déshonneur. Il allait lui apprendre les règles de la bienséance et si elle refusait de s'y conformer de façon stricte, elle ne serait plus autorisée à sortir en société. Et il était inutile de lui casser les oreilles avec les officiers car ceux-ci ne seraient plus la bienvenue à Longbourn.

Mme Bennet fut indignée par les restrictions subies par sa favorite, mais une conversation privée avec son mari la rendit muette et elle ne protesta plus jamais contre ses exigences, ni ne se plaignit de ses nerfs pour obtenir ce qu'elle voulait.

Ce fut ainsi que, parce qu'un jeune homme avait eu un problème avec sa conscience, une jeune fille idiote échappa à un mariage avec un bon à rien qui aurait fait son malheur. Il contribua aussi au bonheur de deux jeunes filles respectables.

Il trouva son propre bonheur, un jour, et se rendit compte qu'il avait bien fait d'agir. Il aurait eu honte de livrer une jeune fille au déshonneur, parce qu'elle était trop stupide pour voir à quel genre d'homme elle avait affaire. Il veilla à ce que ses filles soient élevées de façon stricte pour éviter qu'une telle chose se produise.

Wickham ne sortit jamais de la prison pour dettes en vie. Il y rencontra un homme à qui il avait volé une grosse somme d'argent et dont il avait déshonorée la sœur. Celle-ci, âgée d'à peine seize ans, n'avait pas survécue aux conséquences.

Cela ne surprendra donc personne qu'il finisse sa vie avec un poignard entre les omoplates.