Résumé : Après avoir sauvé Drago et Severus, Lucius et Harry se retrouvent seuls dans un des salons abandonnés de la cabane hurlante. Notre jeune survivant est de plus en plus sensible au pouvoir magique très étrange de l'ancien mangemort. Alors que Drago supplie son père de s'enfuir pour échapper à Azkaban, Harry aperçoit dans le ciel de Poudlard la marque des ténèbres… Que va-t-il advenir de nos quatre sorciers ? Qui a réalisé le sortilège terrifiant, annonciateur de mort et de guerre ? Bonne lecture à tous et à bientôt… Lilywen.

P.S. : Vous pouvez également découvrir le sequel du mystère du langue de plomb intitulé 'Tourner la page'… N'hésitez pas à aller le lire et à me laisser votre avis sur cette histoire ou sur une autre… Bises.

La quête des temps nouveaux

Chapitre 7 : Azkaban

Lucius regardait avec effarement le jeune brun posté devant la fenêtre qui avait si brusquement pâli. Il n'était pas sûr des mots qu'Harry avait prononcés à l'instant, ou plutôt il ne souhaitait absolument pas en comprendre toute la portée. Ses yeux gris cherchèrent quelques secondes une réponse à ses interrogations vers son fils et son meilleur ami, en vain, ils semblaient tous les deux abasourdis par les propos du survivant. C'était impossible, pas après cette nuit, pas encore, pas après tout ce que Severus et lui avaient déjà sacrifié. Il s'avança aussitôt et se plaça derrière le survivant.

Sans même s'en rendre compte, il posa sa main droite sur l'épaule du jeune homme, il se contenta d'une caresse à peine appuyée sur le corps svelte du brun lorsqu'il vit également la marque qui déchirait le ciel de Poudlard. Il sentit brusquement que la magie du gamin s'agitait à nouveau dangereusement autour d'eux. Harry vacilla légèrement et Lucius le rattrapa juste avant qu'il ne s'écroule, il le souleva le plus délicatement possible et le porta vers le fauteuil où il l'avait posé quelques heures plus tôt, passant devant son meilleur ami et son fils qui le dévisageaient, médusés. Il murmurait doucement le prénom du survivant, espérant inconsciemment une réaction de ce dernier :

« Harry… Harry… »

Les yeux du jeune brun papillonnèrent quelques secondes, il entrouvrit péniblement les paupières et se retrouva devant le visage apparemment inquiet de Lucius dont la main droite passait en une caresse douce et chaude sur sa joue.

L'ancien mangemort agenouillé devant lui regardait le brun qui se sentit rougir aussitôt. Il était réellement ridicule, comme si cet homme, plus que tout autre, pouvait être réellement 'inquiet' à son propos. Harry repoussa quelque peu brutalement la main du blond, s'éloignant autant que possible de lui, il se trouvait de nouveau acculé contre le dossier du fauteuil, comme quelques heures auparavant.

Lorsqu'il réalisa qu'il avait reconnu le symbole des Ténèbres au dessus de l'école de sorcellerie, il y a seulement un bref instant, il se redressa violemment et cria malgré lui :

« Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi y a-t-il cette marque ? Qui est mort ! Vous l'avez vu vous aussi, n'est-ce pas ?

- Je n'en sais rien, Harry, Je n'en sais pas plus que toi. Calme-toi. Ta magie recommence à s'agiter trop dangereusement, tu risques de te blesser gravement si tu continues à te laisser guider par le pouvoir des anciens sans le dominer réellement, tu pourrais toucher la source de ta puissance.

- Que je me calme ! Que je me calme… Alors que… On ne sait même pas qui est mort ! C'est Hermione, Ron… Qui ? Comment voulez-vous que je sois CALME ? »

Lucius serra la main du brun aussi fermement que possible, il fixa les yeux d'émeraude et lui intima l'ordre de s'arrêter par un regard perçant et intense, il usa un peu de son pouvoir magique pour apaiser le gryffondor puis il se releva et se retourna vivement vers son meilleur ami. Même s'il avait coupé court aux protestations du gamin, le brun n'en avait pas moins raison, l'apparition de la marque était des plus inquiétantes et le préoccupait particulièrement. La voix grave et sérieuse du Maître des Potions rompit le silence pesant de ces derniers instants :

« Il serait préférable que nous retournions immédiatement vers le château. Lucius, occupe-toi de protéger au mieux Potter, il n'est pas encore en état de se battre contre quiconque…

- DE QUEL DROIT…

- Malgré la potion que je vous ai fait boire, si au cours des prochaines heures, vous étiez contraint d'utiliser votre pouvoir alors qu'il est en pleine métamorphose, je peux vous garantir que dans le futur, vous serez très impressionné par la puissance magique de Rusard. Est-ce suffisamment clair pour vous, Monsieur Potter ? »

Le sarcasme de Snape choqua Harry qui se renfrogna tandis que Drago ricana de la répartie de son vampire.

« Inutile d'en rajouter, Dray !

- Quoi ? Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles, Sev ?

- C'est ça ! Je suppose que je suis censé te croire sur parole.

- Parfaitement.

- Bien, en attendant, tu restes derrière moi, je ne supporterai pas une seconde fois dans une même nuit d'ignorer où tu te trouves et si tu vas toujours bien, je suis clair ?

- Par-fai-te-ment.

- DRAY…

- Il est simplement inutile que tu t'adresses à moi comme tu le fais avec un élève de première année de Poufsouffle…

- Drago, je crois que ta petite rébellion contre ton vampire pourrait attendre que nous ayons réglé ce nouveau problème, n'est-ce pas ? »

Lucius foudroya du regard son fils. Sans nul doute dirigé par son instinct de protection, le vampire s'interposa entre son meilleur ami et son calice qui soupira ostensiblement :

« C'est bon, Sev… Je resterai à tes côtés, je ne m'éloignerai pas à plus de deux mètres, tu es satisfait, j'espère ?

- Oui. »

Harry regardait quelque peu déconcerté cette scène étrange entre les trois hommes qu'il connaissait finalement si peu, il en prenait enfin pleinement conscience. Toute cette nuit avait été une remise en cause complète de ses certitudes.

Il y avait Severus Snape. Merlin qu'il haïssait cet homme depuis son premier cours de potion et pourtant, il était l'ami de sa mère, il l'avait protégé depuis tout ce temps, il l'avait même guidé par le biais de son patronus au travers de la forêt.

Il y avait aussi Drago qu'il croyait être son ennemi depuis qu'il avait refusé cette main tendue lors de leur arrivée à Poudlard. Le serpentard lui avait cependant sauvé la vie à deux reprises : d'abord en feignant de ne pas le reconnaître lorsque Ron, Hermione et lui avaient été capturés par Greyback et conduit au manoir Malefoy et cette nuit, le blond l'avait également protégé lorsque Crabbe avait voulu le livrer à Voldemort, il s'était opposé à ses anciens camarades de maison, il l'avait défendu, Lui, son ennemi d'enfance. En retour, Harry l'avait aidé lorsqu'ils s'étaient retrouvés piégés au milieu des flammes infernales dans la salle sur demande. Il l'avait également secouru en le conduisant à son vampire, en défiant la magie du calice. Jamais il n'aurait cru cela possible il y a encore quelques mois et pourtant, tout était bien réel.

Il y avait surtout Malefoy. Malefoy et son regard gris… Malefoy et cette présence magique, cette force inouïe qui se dégageait de cet homme, qui l'étouffait presque… Si étrange, si dérangeante… Tellement intense.

« Que comptez-vous faire alors ? »

Les trois serpentards se retournèrent en même temps vers le survivant qui avait préféré couper court à ses pensées ridiculement dérangeantes.

« Severus a raison, Harry. Tu dois nous faire confiance quand on te dit que le pouvoir que tu as acquis est encore bien trop fragile. Il faut que tu restes calme et que tu n'en fasses absolument pas usage, quelles que soient les circonstances. Tu as utilisé toutes tes forces pour vaincre le Seigneur des Ténèbres et ensuite pour passer outre la défense du Calice, ce que tu as accompli est exceptionnel, il faut donc te laisser du temps, compris ? »

Harry soupira mais acquiesça finalement. Severus se rapprocha d'eux et reprit :

« Puisque ce point est désormais réglé, nous allons transplaner jusqu'à l'entrée de Poudlard. Je pars en premier. Je vais d'abord m'assurer qu'il n'y a pas de danger immédiat aux alentours.

- Et ensuite ?

- Ensuite, Drago, lorsque tu sentiras mon signal, tu pourras me rejoindre. Lucius, tu nous laisseras quelques minutes pour que ton fils et moi, nous nous assurions bien qu'aucun mangemort ne nous ait repérés et tu feras transplaner Potter. Des remarques ? »

Le survivant s'était cette fois totalement relevé du fauteuil et s'apprêtait à répondre qu'il avait au contraire un bon millier d'objections à ce plan. D'abord parce qu'il ne comptait absolument pas attendre bien sagement dans cet endroit lugubre et détestable avec pour unique compagnie son ennemi d'enfance et le père de ce dernier, ensuite parce qu'il était simplement hors de question que Lucius Malefoy le fasse transplaner ; cependant, un 'Oui' ferme et définitif de cet homme tellement arrogant et hautain le laissa momentanément sans voix et coupa court à toute discussion et tentative de négociation. Il était outré et lança un regard peu courtois à l'ancien mangemort à ses côtés ce qui lui valut en réponse un sourire amusé et un brin ironique qui le laissa totalement pantois.

Sans prêter attention à la joute visuelle que se livrait le survivant et son meilleur ami, Severus s'était éloigné vers la porte d'entrée de la pièce et son calice l'avait suivi aussitôt, Harry n'était visiblement pas le seul à trouver ce plan des plus contestables.

« Sev… C'est absolument ridicule. Je viens avec toi, tu sais très bien que ton pouvoir est bien plus fort lorsque je suis à tes côtés.

- Drago, je te remercie pour ces précisions ô combien nécessaires sur les pouvoirs vampire-calice puisque je suis évidemment totalement novice en la matière mais ma décision est prise.

- Inutile de jouer au professeur sarcastique avec moi, ça n'a jamais marché et tu peux me croire, je n'ai pas l'intention de m'y plier maintenant, pas après toutes ces années !

- Je te l'accorde volontiers mais mets-toi bien en tête que je ne reviendrais pas sur ce que je viens de dire : je veux m'assurer que tu ne risques rien avant toute chose et dois-je te rappeler qu'avec ton sang et la refondation du lien, je me sens parfaitement bien et qu'il ne peut strictement rien m'arriver.

- Ben voyons… Et c'est pour cela que tu as demandé à mon père d'attendre encore quelques minutes avant qu'il ne transplane avec la huitième merveille du monde ?

- Tu sais qu'il serait temps que tu changes de rengaine… Je croyais pourtant que tu étais d'accord avec moi pour reconnaître que nous lui devons beaucoup, tu l'as même admis lorsque nous étions à l'étage et lorsque tu redescends, tu te comportes avec lui comme autrefois… Je dois avouer que je ne te comprends pas. Qu'est-ce qui s'est encore passé ?

- Sev…

- Vas-y ! Explique-toi une bonne fois pour toute qu'on en finisse…

- C'est bon… Tu as gagné, mais fais attention à toi.

- Tu sais, Drago, un jour il faudra que tu crèves cet abcès… Et le plus tôt sera le mieux, tu peux me croire.

- Oui… Oui… »

Le jeune blond était visiblement très inquiet de voir son vampire partir seul, il se rapprocha et se câlina contre son torse, cherchant la chaleur et le réconfort dans l'étreinte puissante de son vampire. Severus ne se fit pas prier et malgré la proximité de son meilleur ami et de Potter, il le serra encore plus fermement contre lui, laissant glisser ses mains le long du dos de son calice en de simples mouvements circulaires apaisants. Les deux hommes semblaient comme seuls au monde.

Dans un premier temps, Harry n'avait pas prêté attention aux deux serpentards qui s'étaient éloignés d'eux. Il était bien trop préoccupé par l'air moqueur de Malefoy qui le narguait ouvertement, l'ancien mangemort s'était penché vers lui et avait susurré à son intention :

« Alors, Harry, pas d'opposition ?

- Vous plaisantez, j'espère ? Il est hors de question que vous me fassiez transplaner !

- Ta magie est bien trop instable maintenant pour que tu puisses le faire seul. L'aide que tu as apportée à Drago a réellement trop déstabilisé ton pouvoir. »

Lucius s'était penché vers lui et ses cheveux blonds et fins frôlèrent le visage du survivant qui s'écarta vivement et rejoignit la fenêtre aux carreaux brisés. La marque des ténèbres zébrait toujours le ciel, le brun se tendit, il n'aimait pas cette sensation qui ne le quittait plus, cette impression qu'un drame se déroulait sous ses yeux, malgré lui. Il se retourna vers Malefoy. Son regard gris était bien différent, cette fois. La lueur d'amusement avait fait place à une gravité certaine. Sans qu'aucun des deux ne prennent la parole, il avait l'étrange sentiment qu'ils se comprenaient réellement, que l'un comme l'autre avait espéré qu'après cette nuit, tout serait enfin nouveau, qu'un monde meilleur serait né de cette guerre et toutes leurs certitudes s'écroulaient complètement. Après de longues secondes, son regard se détacha de celui de son vis-à-vis et se concentra sur les deux serpentards qui étaient près de la porte d'entrée.

Harry était assez subjugué par l'incroyable complicité qui semblait se dégager du couple. Le calice cherchait du réconfort auprès de Snape et même si cette idée surprenait sincèrement le jeune brun, les gestes de ce dernier étaient d'une tendresse évidente. Lorsque Severus sentit son regard sur eux, il se détacha légèrement de Drago qui ne put retenir un faible grognement de désapprobation. Le maître des Potions serra fermement la main de son calice et ils s'avancèrent ensemble vers Lucius qui se tenait tout à côté du gryffondor.

« J'y vais. Si je n'ai pas réussi à contacter Dray d'ici dix minutes, sauvez-vous tous loin de Poudlard, compris ?

- Ne dis pas ça, Sev.

- Drago, s'il te plaît. »

Le vampire passa une main sur la joue très pâle de son calice qui finalement acquiesça avec résignation :

« Bien… Fais attention. »

Il n'eut pas le temps d'en dire davantage que Severus lâchait sa main et qu'il disparaissait du salon laissé à l'abandon. Drago resta figé quelques secondes, observant l'emplacement où se trouvait il y a encore un instant son vampire, puis il s'installa sur le vieux fauteuil, croisant ses jambes en tailleur, il ferma ses yeux aussitôt.

Harry se sentit brusquement tiré vers l'entrée de la pièce. Malefoy serrait la main du survivant qui tentait par tous les moyens de lui échapper. Lorsqu'ils furent sortis du salon et qu'ils se retrouvèrent dans le couloir au plancher abîmé et usé par le temps, Lucius était simplement exaspéré par le gamin. D'un sortilège informulé, il referma la porte du salon pour ne pas déconcentrer davantage son fils et ne put se retenir plus longtemps :

« Arrête un peu, Harry !

- Je vous ai déjà dit que pour vous, c'est 'Potter', pas 'Harry' et pourquoi m'avez-vous traîné jusqu'ici ?

- Salazar ! Il faut vraiment que je t'explique tout sur le lien entre un calice et un vampire !

- Peut-être que vous êtes au fait de ces relations puisqu'il s'agit de votre fils et de votre meilleur ami, ce n'est pas mon cas !

- J'avais remarqué, merci bien.

- Et inutile de me parler sur ce ton !

- Je te parle… Oh et puis… »

Lucius laissa agir juste quelques secondes son pouvoir magique, Severus le lui aurait certainement reproché mais il n'avait pas l'intention de le lui dire de toute façon. Il laissa libre cours à son aura car il n'en pouvait plus de parlementer avec le brun. Il voulait qu'il se taise, il voulait qu'il se calme enfin, que cet état de rébellion perpétuel soit quelque peu atténué même s'il doutait sincèrement que cela soit réellement possible. Au bout d'un moment, le blond se redressa et asséna un sourire satisfait à Harry qui respirait bruyamment et semblait légèrement perdu et hagard :

« Bien, tu es calmé cette fois… »

Le survivant se sentit vacillé et se cala du mieux qu'il put contre le mur poussiéreux et couvert de toiles d'araignée qui auraient probablement donné des cauchemars à son meilleur ami.

« Qu'est-ce… Qu'est-ce que vous m'avez fait ?

- Serait-il trop te demander de cesser tes simagrées ? Je n'ai rien fait qui nuise à l'intégrité de notre héros national !

- JE…

- SILENCIO ! »

Lucius avait finalement hurlé le sortilège de silence, les lèvres du brun bougeaient à une allure prodigieuse et semblait le maudire à tout jamais ce qui le fit sourire. Ce n'était pourtant pas la meilleure des tactiques avec le gamin, il allait probablement croire qu'il se moquait de lui.

« Excuse-moi, je ne riais pas de toi… Enfin, je veux dire… »

Les yeux verts le foudroyèrent, visiblement, sa pitoyable tentative d'excuse n'avait pas atteint son but.

« Ecoute-moi… »

Le gamin se renfrogna encore davantage et croisa ses bras contre son torse dans une attitude enfantine que Lucius trouva encore plus adorable à sa plus grande stupéfaction.

« Je suis désolé pour le sortilège mais je n'avais pas d'autre choix. »

Cette fois, il lui sembla qu'Harry se montra plus réceptif car il cessa de vouloir le tuer d'un seul regard et au contraire, ses deux sublimes émeraudes se plissèrent dans une question muette.

« Bien, sois attentif, pour que je n'ai pas à le répéter plusieurs fois. »

Au temps pour lui, il n'avait pu retenir cette pointe de sarcasme et le gamin lui décocha une légère tape sur le bras pour protester.

« Refais ça et je te lance un sortilège qui t'empêche de bouger. »

De façon très mâture, le gamin lui tira la langue et il se retint de toutes ses forces pour ne pas pouffer de rire devant les yeux émeraude qui semblaient cette fois réellement amusés par la situation.

« Soit, si ça t'amuse tant, la prochaine fois, je ne me contenterai pas d'un Silencio. »

Lucius passa sa main droite sur la joue du jeune homme et enleva machinalement une marque un peu noire, une trace de poussière sur cette peau si pâle et délicate.

« Il ne faut pas déranger Drago. Il tente quelque chose d'extrêmement délicat. Severus et lui tentent de communiquer à distance. »

Harry secoua brièvement la tête en signe d'attention et l'autre homme reprit, sa main continuait de flatter lentement la joue du gamin, même si la trace noire avait totalement disparu.

« La communication psychique entre un vampire et un calice fait parti des très nombreux pouvoirs magiques qui peuvent se développer avec le lien. Ce don est généralement d'autant plus fort que le vampire et son calice sont puissants. S'ils sont proches l'un de l'autre, Drago et Severus peuvent communiquer très facilement par la pensée, c'est même un des premiers pouvoirs qu'ils ont su maîtriser ensemble et je sais qu'ils ont déjà réussi par le passé à rester en contact sur de longues distances et pendant plusieurs heures mais, là, Drago est terriblement inquiet pour lui, son pouvoir en tant que calice est altéré, il a besoin de se concentrer davantage pour y parvenir. C'est pour cela que je t'ai entraîné jusque là… Pour qu'il soit seul, tu comprends ? »

Harry secoua brièvement la tête en signe d'assentiment. Lucius murmura le contre-sort, le brun toussota légèrement avant de reprendre sur un ton pour le moins provocant et désinvolte :

« Vous ne pouviez pas me le dire simplement ?

- J'ai essayé, il me semble.

- Non, vous m'avez seulement traîné hors de cette pièce sans aucun ménagement.

- Faut-il que tu contestes toujours tout, ainsi ?

- Oui. C'est pour cela que je suis encore en vie aujourd'hui, il me semble. »

Lucius ne put retenir son sourire devant la répartie du brun qui lui renvoyait avec tant d'aisance, ses propres mots. Sa main quitta la joue douce et glissa sur la bouche rosée capable de tant d'aplomb. Pendant quelques secondes, il flatta de son pouce la lèvre inférieure du gryffondor qui était toujours adossé au mur. Les yeux verts étaient littéralement fascinants, son regard était intriguant, presque hypnotique et en cet instant, il lui semblait tout bonnement impossible de s'éloigner du brun, ne serait-ce que d'un pas.

Grâce à la potion de Severus, il était heureusement moins sensible, moins attiré par sa magie d'une extrême pureté, ou du moins, il parvenait à contrôler sa réelle nature. Cependant, il n'était pas homme à se mentir et la proximité de ce gamin était vraiment dure à gérer, il s'en rendait compte un peu plus à chaque seconde. Finalement, il se racla péniblement la gorge et s'écarta avec difficulté du gryffondor qui restait immobile et le fixait toujours de son regard émeraude.

Il arpenta de long en large le couloir tandis que le brun retrouvait peu à peu contenance lorsqu'ils entendirent brusquement un cri provenant du salon :

« Père ! Père ! Potter ! »

Sans attendre davantage, les deux hommes se précipitèrent vers la porte du salon et se retrouvèrent face au blond, debout au milieu de la pièce :

« Sev vient de me contacter, il m'attend.

- Et tout va bien, Drago ?

- A priori, oui. Il vous demande de patienter quelques minutes le temps que nous nous assurions qu'aucun mangemort n'ait repéré notre arrivée.

- Il l'a déjà dit ça !

- HARRY !

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait encore ? »

Lucius soupira ostensiblement à la remarque du brun avant de reprendre :

« Drago, ne tarde pas ! Dans cinq minutes, Harry et moi, nous vous rejoindrons, c'est clair.

- D'accord. »

Le calice disparut, laissant seuls son père et son ennemi d'enfance. Chaque seconde leur parut une éternité. Aucun des deux n'osait parler, bouger de peur de déclencher entre eux une nouvelle bataille.

Ce fut Lucius qui rompit le premier le silence de la cabane hurlante au bout de ces cinq minutes qui paraissait une éternité. Il attrapa fermement la main du brun et le tira rudement vers lui, au point que le gamin fut déséquilibré et se retint lourdement à son bras :

« Tu es prêt ?

- Vous auriez pu me le demander plutôt que de me tirer comme un vulgaire…

- TU NE VAS PAS… »

Lucius s'arrêta brusquement. Le sourire du brun lui fit réaliser que le gamin venait de se jouer de lui.

« Un peu de délicatesse, enfin.

- Tu es sûr que tu es véritablement gryffondor car je commence à douter, tu es aussi pénible et retors que mon fils.

- Hé ! Vous m'insultez là… »

Lucius ricana et reprit plus sérieusement :

« Concentre-toi uniquement sur moi et ne me lâche pas… Sous aucun prétexte, d'accord ?

- C'est bon, j'ai compris.

- Et pas de magie !

- Oui, je sais… Rusard. »

Lucius resserra sa prise sur la main fine du survivant et l'attira encore un peu plus vers lui. Il passa son bras gauche autour de la taille svelte et hocha simplement de la tête pour demander à Harry s'il était prêt. Le brun murmura un faible 'oui' alors que les yeux gris le transperçaient tant le blond le fixait intensément. L'instant suivant, il vit disparaître le décor à l'abandon du salon et retrouva les sensations particulièrement désagréables du transplanage.

Le reste se passa trop vite pour qu'Harry réalise vraiment ce qui s'était produit devant l'école de Poudlard. Il vit d'abord la lumière rouge frappé le blond qui fit rempart de son corps pour le protéger. Comme dans un ralenti mal filmé, il vit Lucius s'effondrer à ses pieds tandis que Madame Weasley se précipitait vers lui pour s'assurer qu'il allait bien, une agitation incroyable régnait tout autour de lui, il ne comprenait rien, des cris, des pleurs… Il chercha des yeux le maître des Potions et son calice et il les vit se débattre un peu loin alors qu'ils étaient retenus fermement par plusieurs sorciers, vêtus du costume traditionnel des aurors du ministère.

Il se dégagea violemment de l'étreinte possessive de celle qui avait été tout au long de son enfance comme une mère pour lui et il se baissa tomber au côté du corps étendu, inconscient. Il sentait une panique incroyable dans sa magie, il savait qu'il devait rester calme, il respirait si fort, si vite. Il s'entendit répéter en boucle des 'Pourquoi ?' sans réponse, jusqu'à ce qu'Arthur Weasley s'approche de lui et pose délicatement sa main sur son épaule pour le faire réagir :

« Il va être conduit à Azakaban, Harry. »

A suivre…