Résumé : La quête qui lui incombe commence. Mais en sortira-t-il indemne ?

Extrait : «Ce n'était pas une simple toile usée par les années. Harry l'avait déjà vu auparavant. C'était l'arbre généalogique des Black. »

Bon alors, voilà enfin la suite de « dans son ombre ».

Eh oui ! Ca y est, je l'ai fait ! J'ai écris la suite. Ca va, je ne vous ai pas trop fait attendre…J'ai pris plusieurs soirée à l'écrire celle là…La psycho laisse un peu la place à l'action. On rentre dans le vif du sujet et l'air de rien, c'est le début de la chute (au sens propre comme figuré, vous comprendrez avec la fin)…J'espère qu'elle vous plaira ! J'attends vos commentaires ! Bonne lecture !

Dissimulations

Ce n'est pas possible !

A l'exclamation de l'adolescente, le rouquin se retourna, abandonnant la fouille de la veille armoire désespérément vide.

Tu as trouvé quelque chose ?

Hermione lui tendit le parchemin d'un air courroucé. Ron s'en saisit et lut à voix basse les mots rédigés par son ami.

Je ne comprends pas…finit-il par déclarer, une fois sa lecture finie.

Ce n'est pourtant pas bien compliqué, répliqua avec colère la jeune fille. Il est parti !

Mais…il avait promis qu'il nous attendrait…

Et bien il a menti !

Elle s'assit brutalement sur le vieux matelas, le visage à présent triste.

Au fond je l'ai toujours su…

Su quoi ? L'interrogea son ami.

J'ai su qu'il s'en irait. Je l'ai senti pendant le mariage de Bill et FleurIl avait un air absent…annonça-t-elle le regard perdu dans le vague. Mais je ne pensais pas…je croyais…comment a-t-il pu choisir à notre place ?

Elle posa ses yeux désespérés dans ceux de Ron, qui s'était assis à côté d'elle.

Je crois que c'est parce qu'il pense nous protéger…

Je ne veux pas être protégée ! Protesta-t-elle en se levant brusquement. Je veux être là pour lui. Je veux être présente lors de ses batailles ! Je refuse d'attendre tranquillement qu'on m'annonce qu'il…qu'il…

Sa voix s'éteignit et une larme coula sur son visage. Le garçon aux cheveux roux posa doucement sa main sur son épaule, dans un signe de soutien. La jeune fille se tourna vers lui et l'enlaça, cherchant dans ce geste un peu de réconfort. Surpris et gêné par son attitude, Ron hésita un moment avant de répondre à son étreinte.

Un fin rayon de lumière pénétra par la fenêtre, illuminant d'orange pâle les mûrs de la chambre.

Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Finit-il par demander.

Elle essuya les larmes qui avaient coulées sur ses joues et son visage prit un air déterminé.

Sa main trembla sur la poignée d'argent en forme de serpent. Tant de souvenirs revenaient à la surface. Il sortit la baguette de sa poche et tapa un coup sur la vieille porte noire. Mais rien ne se produisit. Aucun cliquetis, aucun bruit métallique. Aucune des barrières qu'il avait entendu se défaire pour la première fois il y avait de cela deux ans ne bougèrent. Intrigué, il frappa à nouveau de sa baguette. Toujours aucune réaction. Décontenancé, il s'approcha d'une des fenêtres encastrées dans le mur décrépi de l'ancienne bâtisse et tenta d'y apercevoir quelque chose. Leur saleté rendait la tâche difficile. Non, il n'y avait rien à part des meubles.

La vieille demeure des Black était à présent visible pour tout sorcier qui serait passé par là. En effet, la mort de Dumbledore avait certainement rompu les sortilèges protégeant le quartier général de l'Ordre du Phénix.

Harry leva la tête pour chercher une quelconque issue, mais il ne vit qu'un corbeau posé sur un des rebords de fenêtre.

Il faut absolument que je rentre là-dedans.

Bien qu'encore tôt, le garçon savait que le voisinage n'allait pas tarder à libérer ses pensionnaires qui devaient à cet instant même se préparer pour commencer leur journée. Décidé à pénétrer dans cette maison qui était à présent la sienne, il remonta d'un pas décidé les marches du perron et baissa la poignée d'un geste violent. Et comme par enchantement, la porte s'ouvrit sans protestation, naturellement. Etonné, Harry observa attentivement la porte et s'aperçut qu'une partie de son bord intérieur avait été défoncé.

Qu'est-ce que…

Comme les précédentes fois, le hall était plongé dans l'obscurité, mais l'adolescent se rendit rapidement compte que quelque chose avait changé. Un meuble effondré au sol rappela tout à coup à sa mémoire un souvenir qu'il avait presque oublié.

« Vous avez pris ça dans la maison de Sirius ! Cette coupe portait les armoiries des Black ! »

Mondigus…Espèce de vaurien opportuniste !

Après avoir pris soin de refermer la porte, il avança lentement dans la pénombre, contournant la petite commode étalée sur le sol. Un de ses tiroirs était entrouvert, laissant voir quelques mouchoirs brodés à l'écusson de la famille Black. Harry se pencha lentement et se saisit de l'un d'entre eux. Un nuage de poussière et une petite mite s'échappèrent du tiroir, tandis que le jeune sorcier observait avec curiosité le bout de tissu plié soigneusement. Des pas résonnèrent soudain à l'étage, sortant Harry de sa contemplation. Rangeant le mouchoir dans une des poches de son jean, il se saisit de sa baguette, à l'affût d'un quelconque mouvement. Prudemment, il s'approcha de l'escalier et posa délicatement son pied sur la première marche. Mais le bois était vieux, et il grinça sous son poids. Le garçon maudit en silence la vieille maison, alors que les bruits de pas avaient cessés au dessus de lui.

Je tente le tout pour le tout. A trois, je fonce. Un…Deux…Trois…

Déterminé à découvrir qui était l'intrus, il monta trois par trois les marches usées et se précipita dans la première pièce qu'il rencontra.

Lumos !

Rien à part de vieux meubles recouverts par des draps jadis encore blanc. Il parcourut attentivement la pièce du regard, puis s'en détourna et avança vers celle qui lui faisait face. Mais alors qu'il s'apprêtait à ouvrir brutalement la porte, son attention fut attirée par un son rauque, une respiration saccadée derrière lui qui l'immobilisa quelques instants. Aux aguets, Harry écouta se rapprocher le souffle. Puis, sans prévenir, il se retourna, s'attendant à faire face au fouineur. Au lieu de cela, il reçut un gros coup sur le pied, puis un violent choc dans le genou qui lui fit lâcher sa baguette, ne lui laissant qu'entr'apercevoir avant de s'éteindre la silhouette d'un être aux yeux immenses et au groin proéminent. Puis il fût poussé en arrière et on lui mordit violemment le mollet. Déstabilisé par la douleur et la rapidité de son adversaire, il recula. Mais son pied droit ne trouva aucune prise et il sentit ses bras s'agiter dans le vide, ne pouvant trouver un équilibre. Alors dans un bruit sourd, son corps dévala sans ménagement les escaliers, l'arrière de sa tête frappant brutalement la dernière marche avant de s'écraser définitivement sur le sol du hall.

Encore miraculeusement conscient, mais totalement déboussolé, Harry bougea péniblement, ne sentant plus son pied droit, et retrouva une position assise. L'image de la créature se rappela à sa mémoire, provoquant en lui une forte envie de meurtre.

KREATTUR !

Le cri résonna dans toute la maison et lui donna encore plus mal au crâne.

Kreattur ! Montres toi immédiatement ou je t'obligerais à me suivre partout où j'irais !

Un crack caractéristique retentit assez près de lui, suivi d'un marmonnement.

Je vous prie de m'excuser Maître. Kreattur ne s'était pas aperçu que le Maître était rentré. Kreattur a confondu le Maître avec un voleur, Monsieur.

La silhouette floue de l'elfe de maison parut s'incliner devant lui, mais Harry avait beaucoup de mal à distinguer ce qui l'entourait sans ses lunettes qu'il avait perdu dans sa chute. Et puis la pénombre ne l'aidait pas beaucoup non plus.

Kreattur se fiche bien d'avoir fait du mal à Harry Potter. Kreattur est plutôt content de s'être trompé, marmonna immédiatement dans sa barbe le petit être, suffisamment fort pour que le garçon l'entende.

Est-ce que j'ai l'air d'un voleur ! S'énerva le sorcier.

Kreattur doit-il vraiment répondre à cette question ?

Espèce de-

Harry agita ses bras en direction de la silhouette floue dans un excès de colère, sans succès.

Apportes-moi mes lunettes !

Contraint d'obéir, l'elfe revint quelques secondes après l'ordre formulé et lui tendit les lunettes suffisamment loin pour que l'adolescent ne réussisse pas à s'en saisir. Le jeune homme entendait le petit rire sournois du serviteur qui se délectait de la scène.

Donnes-les moi immédiatement !

Bien Maître. Il posa sans ménagement les lunettes dans les mains de Harry. Kreattur ne devrait pas être forcé d'obéir à cette vermine aveugle. Si la Maîtresse voyait qui doit aujourd'hui servir Kreattur… Continua-t-il plus bas tandis que l'apprenti réparait ses montures cassées par le choc de sa chute.

Ayant enfin retrouvé la vue, Harry se releva péniblement, ne pouvant poser son pied droit qui semblait gonfler à vue d'œil. Il s'était certainement cassé quelque chose. Heureusement, il se rappela de la formule qu'avait utilisé Tonks pour soigner son nez amoché l'année précédente.

Episkey !

Immédiatement, sa cheville dégonfla et la douleur disparut après une intense sensation de chaleur.

Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu ne devrais pas être à Poudlard ? Demanda distraitement le jeune homme en s'époussetant.

L'elfe de maison fit une grimace à l'évocation du château.

Kreattur et les autres elfes de maison ont droit de revenir dans la demeure de leur Maître pendant les vacances d'été cette année. Le meurtre du vieux Directeur par les amis de ma Maîtresse a été une aubaine pour Kreattur…

Harry lui jeta un regard noir. Le sourire du petit être ne fit qu'augmenter sa haine pour cette créature qui avait également condamné son parrain à la mort. Il eut beaucoup de mal à se retenir de donner un violent coup de pied dans le vieux serviteur.

Je veux que tu repartes là-bas et je veux que tu y restes jusqu'à ce que je décide de ton sort, déclara l'adolescent d'une voix dure et qui ne souffrait aucune réplique.

Kreattur refuse ! Veut pas-veut pas-veut PAS !

OBEIS ! Cria le garçon, le menaçant de sa baguette.

Surpris et impressionné, le petit être s'enfuit dans un nouveau crack, laissant le jeune homme seul au milieu du couloir.

Fatigué et courbaturé par les dernières minutes qu'il venait de vivre, il avança péniblement vers ce qui était autrefois un salon, et s'assit dans le fauteuil délabré en face de l'ancienne cheminée. A moitié étalé dans son siège, protégé par la semi-obscurité procuré par les rideaux tirés, il observa distraitement la pièce. Le sol couvert de poussière laissait apparaître du marbre blanc dessiné de noir qui devait être superbe à voir dans une autre vie. Un vieux tapis le cachait en partie. Les meubles travaillés étaient décorés d'une multitude de toiles d'araignées. Le mur était fait de bois ancien, verni et noué. Il semblait lui aussi appartenir à un autre temps. Harry leva la tête pour voir le plafond. Il était blanc et sculpté de deux serpents qui se déroulaient et se rejoignaient en son centre, comme pour gober le vieux lustre de verre. Et soudain, dans son ombre, il perçut un mouvement. Intrigué, une main sur sa baguette afin de parer toute attaque, il se leva lentement pour mieux distinguer la masse sombre qui y était perchée. A son approche, elle s'immobilisa totalement, semblant attendre que l'autre bouge à son tour. Harry prononça un lumos et leva doucement sa baguette pour ne pas l'effrayer. Un corbeau.

Comment es-tu entré ici ? Se demanda le garçon en se rappelant de la présence de l'oiseau sur le rebord de la fenêtre.

Tout d'abord ébloui, le volatile reprit rapidement contenance et fixa longuement le sorcier.

Si je ne connaissais pas ta nature, je dirais que tu es en colère…

Mais malgré la pointe d'humour avec laquelle il avait formulé mentalement cette réplique, il ne pouvait s'empêcher de se sentir comme déstabilisé par cet oiseau hors du commun.

Car il était hors du commun. En effet, le corbeau possédait des yeux d'un marron intense et profond, qui le fixaient sans même ciller à la lumière, d'un air de défi. Il n'avait jamais vu de corbeau, ou un quelconque autre oiseau se comporter ainsi et avoir un regard aussi brun. En l'observant attentivement, il aurait presque pu penser qu'il était…humain.

C'est seulement à cet instant, alors que sa baguette illuminait une partie de la cloison, qu'il vit la toile plaquée contre le haut de la grande cheminée. Ce n'était pas une simple toile usée par les années. Harry l'avait déjà vu auparavant. C'était l'arbre généalogique des Black.

Oubliant sa dernière pensée et l'animal étrange dont elle était issue, ses yeux se posèrent plus attentivement sur la vielle tapisserie abîmée par les insectes ou par la main de l'homme. Il la parcourut vaguement à la recherche d'un souvenir. Rapidement, il trouva le trou où avait été autrefois inscrit le nom de Sirius Black. Son cœur se serra douloureusement.

De sa main, il suivit le contour brûlé par une baguette, puis glissa lentement sa paume au grès des ondulations du tissus, suivant les lignes généalogiques dorés. La poussière qui s'en dégageait l'obligea à fermer les yeux quelques instants. Quant il les rouvrit, ses doigts étaient posés sur le nom de Regulus Black.

« Il était plus jeune que moi et un bien meilleur fils… » résonna la voix de son parrain.

Harry se souvenait du jour où Sirius lui avait pour la première fois parlé de sa famille. « Toujours pur » d'après la broderie en tête de l'arbre. Nombre d'entre eux étaient farouchement partisans de Voldemort. Le frère de Sirius en faisait parti.

« Il s'est enrôlé dans les Mangemorts »

Et cela lui avait coûté la vie…

« Il a été assassiné par Voldemort »

Il ne savait pour quelle raison, mais il avait la sensation que ce nom aurait dû lui rappeler quelque chose…Mais il avait beau chercher, rien ne lui revenait en mémoire.

Regulus Black…

Vous admirez notre noble lignée ? Elle est impressionnante, n'est-ce pas ?

Le jeune homme sursauta. Il chercha du regard la provenance de la voix. Ses yeux se posèrent sur le lustre, comme s'il s'était attendu à que ce soit le corbeau qui lui parle.

C'était une idée ridicule…se réprimanda-t-il, en constatant de surcroît que l'oiseau avait mystérieusement déserté son perchoir.

C'est donc vous, M. Potter, qui possédez à présent mon ancienne demeure…Déclara d'un ton lugubre la voix.

Un mouvement dans le tableau en face de lui et Harry comprit qu'il s'agissait de Phineas Negellus, l'ancien directeur de Poudlard.

« Le directeur le moins aimé de toute l'histoire de Poudlard », rectifia l'écho de son parrain.

L'arrière arrière grand père de Sirius changea de cadre et apparut dans un tableau mettant en scène un épisode de chasse à coure, à quelques centimètres de la tapisserie.

Nous, les Black, sommes tous issus d'une des plus vieilles familles de sorciers d'Angleterre. Certains de nos ancêtres ont côtoyé Merlin et Morganne, lui expliqua-t-il d'un air hautain.

Voulant rapidement coupé court à la longue et ennuyante biographie que Phineas s'apprêtait certainement à lui exposer, il posa son index sur l'inscription nommant le frère de Sirius.

Que pouvez vous me dire sur Regulus ?

Regulus Alphard Black, du nom de son père, Regulus et de son oncle, Alphard. Annonça, telle une encyclopédie, l'image du sorcier. Regulus est issu d'un Black et de Pénélope Negellus, ma seule petite fille. Il est né en 1957 à Londres, ici même. Il était le frère cadet de Sirius Phineas Black, dont le comportement était indigne à sa famille et à son rang. Il lui jeta un regard en coin, semblant vouloir en dire plus mais il s'abstint. Au contraire, Regulus était un garçon bien comme il faut. Très jeune, il a compris que les non-purs représentaient une menace pour notre monde et il a rapidement souhaité se joindre aux groupes de résistance contre cette nouvelle invasion.

Vous voulez parler des Mangemorts, qui tuaient sans état d'âme tout sorcier n'étant pas né dans une famille de sang-purs orgueilleux et imbus de leur personne, je suppose… Ne put s'empêcher de répliquer Harry.

De quel droit osez vous parler ainsi de la lignée des Black et de mon arrière-arrière petit fils ! S'exclama le portrait d'un air outré. C'était un garçon très bien, qui voulait servir son sang et lui apporter la gloire…Le regard de Negellus se perdit alors dans le vague, et une sorte de mélancolie se dessina sur son visage. Je me souviens qu'il m'admirait beaucoup. Enfant, il se réfugiait dans le grenier de la maison pour échapper à son frère qui était sans cesse entrain de le tourmenter.

Un faible sourire se dessina sur ses lèvres à cette évocation et pendant un instant, Harry eut de la pitié pour le souvenir de cet homme qui n'avait plus aucune famille dans cette maison.

A son entrée à Poudlard, il a été réparti dans la maison des Serdaigle. C'était un garçon très intelligent. Il aimait beaucoup Poudlard et quand il rentrait pendant les vacances scolaires, il passait des journées à me raconter ses péripéties, ses rêves…Pendant quelques secondes, son regard rencontra à nouveau celui du jeune homme. Il voulait être professeur…

Et puis soudain, son visage changea d'expression. Il fronça les sourcils.

Alors quand il m'a annoncé qu'il rentrerait dans la résistance au service du Seigneur Noir, j'ai d'abord été surpris de son changement d'avis, mais je l'ai rapidement encouragé à suivre ses idéaux tout à fait respectables. Et puis les choses ont dérapé…Comprenez moi bien, dit-il à Harry, je n'ai jamais aimé les Cracmols ou les sorciers issus en partie de Moldus ; mais je n'ai jamais pensé que cela irait aussi loin ! Quand Regulus m'a appris ce que lui demandait le Seigneur des Ténèbres, quand j'ai vu l'horreur sur son visage, quand j'ai assisté aux cauchemars dont il était victime, je lui ai dit d'arrêter immédiatement, de s'enfuir loin d'ici pour échapper à ses anciens compagnons. Nombre d'entre nous voulions interdire aux sang-mêlés l'accès à nos institutions, nous souhaitions limiter le nombre de naissance de non-purs, mais nous n'avons jamais voulu les massacrer, les éradiquer de la terre !

Il s'agita dans son cadre s'éloignant du bord et laissant ainsi apparaître la totalité de son corps. Il faillit d'ailleurs piétiner un renard qui tentait désespérément d'échapper à ses bourreaux.

Mais quelque chose le retenait…un secret…une chose qu'il n'a jamais révélé à personne, même pas à son vieux arrière arrière grand père, continua-t-il. Il est resté et il a fini par être tué…

Savez-vous qui l'a assassiné ? Demanda doucement Harry.

Comment ? L'homme sembla seulement à cet instant s'apercevoir que le jeune sorcier l'écoutait toujours. Oh !…Et bien, il paraît évident que ce soit l'œuvre d'un de ses anciens coéquipiers…Cependant, une rumeur court dans la famille Lestrange selon laquelle c'est le Seigneur Noir lui-même qui l'a tué…Je ne sais pas vraiment qui croire…

« Je doute que Regulus ait jamais été assez important pour que Voldemort se donne la peine de le tuer lui-même » résonnèrent les paroles de Sirius.

Qu'aurait bien pu cacher le jeune frère de son parrain ?

« Il L'a suivi jusqu'à un certain point, puis il a été pris de panique devant ce qu'on lui demandait de faire et il a essayé de se retirer »

D'après ce que lui avait dit Sirius, Regulus ne paraissait pas quelqu'un de bien courageux. Cependant, le récit de Phinéas laissait penser qu'il ne souhaitait pas s'enfuir, malgré la menace qui pesait sur lui. De plus, plusieurs choses avaient intrigué Harry. Tout d'abord, la description qu'en avait fait l'ancien directeur. Regulus semblait être un garçon tout à fait ordinaire, pas tant intéressé par la Magie Noire. Et puis le fait qu'il aie été envoyé à Serdaigle…Ca aussi, c'était étrange pour une famille qui se ventait d'être partisante de l'héritier d'un Serpentard. D'un autre côté, Sirius aussi avait été envoyé dans une autre maison que celle des pires crapules. Mais Harry connaissait son parrain. Il avait le cœur pur et de bonnes intentions. Alors comment expliquer toutes ces incohérences ?

Un grand fracas à l'étage ramena le jeune homme sur terre.

Qu'est-ce qui se passe encore…

KREATTUR ! Cria de dépit l'apprenti. SI C'EST TOI, TU AS INTERET A DEGUERPIR RAPIDEMENT !

Harry c'est toi ? Répondit quelques secondes plus tard une voix féminine, étouffée par la distance et le plafond qui les séparaient.

Alors qu'il tentait d'identifier la provenance de l'appel, il fut interrompu par une seconde interpellation, bien plus pressante et alarmante que la précédente.

Harry Potter, des hommes cagoulés se dirigent vers la porte ! J'ai été attiré par un bruit au dehors. Alors, je me suis placé dans un des cadres en face de la fenêtre et j'ai reconnu leurs vêtements. Il faut fuir !

Le garçon n'eut pas le temps de lui répondre que la porte céda dans un bruit d'explosion. Phineas s'était déjà volatilisé quand l'adolescent se tourna à nouveau vers le cadre. Une première porte claqua.

Qu'est-ce qu'on cherche ? Interrogea alors un homme au fond du couloir.

Tu n'as donc rien compris…L'apostropha sèchement une voix de femme. Le Maître veut que l'on surveille la maison.

Apparemment, ils ne sont pas au courant que je suis là. Cette pensée le rassura quelque peu, tandis qu'il tentait de se camoufler dans la pénombre de l'escalier tout proche du salon.

Qu'est-ce qui peut bien intéresser le Seigneur des Ténèbres dans une vieille baraque en ruine comme celle là ?

Tais-toi ! Le coupa violemment une sorte d'aboiement que Harry reconnut immédiatement…Il y a quelqu'un ici…il a une odeur que je connais…

A cette réplique, le jeune homme se déplaça, le cœur battant la chamade, vers la première marche, prenant bien soin de ne pas toucher la zone qui craquait. Il voulait profiter du peu de temps de tranquillité qu'il lui restait pour tenter de s'éloigner le plus possible des Mangemorts.

Un bruit sourd retentit à nouveau à l'étage, rappelant la présence d'autres personnes à Harry, tandis qu'il atteignait miraculeusement la moitié de son ascension. La main qui serrait sa baguette trembla.

C'est pas vrai…c'est pas vrai !…

Un frisson parcourut son dos, alors qu'il tentait de monter plus vite les marches sans attirer l'attention de ses ennemis sur lui.

Des pas résonnèrent dans le couloir quand le garçon sortit enfin de l'escalier. Il resta un instant immobile, entendant la respiration saccadée du Mangemort juste en dessous de lui. Le sang battait à ses tempes.

J'entends rien ! Cria alors l'homme en direction de ses compères.

Harry profita de l'appel pour camoufler les bruits de ses pas et rentrer dans la pièce en face de lui.

Harry ! Qu'est-ce qu'il se passe ? L'interrogea alors la voix féminine, ayant la présence d'esprit de murmurer.

Chuut…

Le jeune homme poussa la porte pour se dissimuler, mais la laissa suffisamment entrouverte pour entendre et surveiller le hall.

Amycus ! Tu n'es qu'un idiot ! Pesta alors la femme au rez-de-chaussée. Qu'est-ce que tu attends pour monter aller voir !

Un premier craquement indiqua à Harry l'imminente arrivée du Mangemort, qui entamait apparemment à son tour l'ascension du vieil escalier. Il se tourna vers l'intérieur de la pièce, cherchant une idée pour s'échapper. Ici aussi les rideaux étaient tirés. Son champ de vision se retrouva alors limité au visage de Ron, juste derrière lui.

Qu'est-ce que vous faîtes ici ! Qu'est-ce qui vous a pris de venir ? S'énerva-t-il à voix basse, afin de ne pas attirer l'attention.

Et toi, qu'est-ce qui t'as pris de nous mentir ! Répliqua le rouquin.

Chut ! Taisez-vous…j'entends quelque chose…Les interrompit Hermione, qui avait pris la place de Harry.

L'apprenti observa à nouveau le couloir, pour l'instant vide. Une nouvelle marche craqua et une faible lumière provenant du rez-de-chaussée étalait son halo sur les murs du hall.

Par où êtes vous arrivés ? Les interrogea le garçon précipitamment.

Par la cheminée, répondit la jeune fille en lui désignant l'âtre.

Vous avez encore de la Poudre de Cheminette ?

Ses amis remuèrent de la tête en signe de dénégation. A leur tour, ils parcoururent du regard la salle dans l'espoir de trouver une issue. L'unique fenêtre ne leur aurait pas permis de s'échapper. Et il n'y avait aucune autre porte débouchant sur une nouvelle partie de la maison.

Les craquements se faisaient de plus en plus proches.

Soudain, des battements d'ailes résonnèrent dans la pièce, faisant sursauter les jeunes sorciers. Harry se tourna et reconnut l'étrange corbeau aux yeux sombres. L'oiseau était au sol, devant une ancienne bibliothèque. En regardant plus attentivement, il s'aperçut qu'un espace d'une quarantaine de centimètres séparait la cloison et les étagères remplies de livres, laissant entrevoir un passage plongé dans les ténèbres. Le volatile, après quelques instants, y pénétra.

Un pas résonna dans le couloir, rappelant au garçon l'urgence de la situation.

Par ici…Leur indiqua-t-il, en s'approchant de la bibliothèque.

Ron fut le premier à entrer dans le passage. Mais une fois à l'intérieur, il ne semblait n'y avoir aucune issue. A peine le jeune homme aux cheveux roux avait il fait quelques pas que le sol où il se trouvait s'effrita.

Je vais passer à travers ! S'affola le rouquin, un peu trop fort au goût de Harry.

Chuut !…Ne t'en fait pas, le corbeau y est allé…Tenta-t-il pour le rassurer, profitant de l'occasion pour se convaincre lui-même.

Quoi ? Demanda Hermione juste au moment où le sol céda sous les pieds de leur ami.

AAAAAHHHH !

Les pas accélérèrent dans le hall et la porte s'ouvrit à la volée.

Vas-t-en ! S'écria Harry en poussant son amie dans le passage.

Stupéfix !

Mais l'adolescent s'était attendu à l'attaque et il avait bondit de côté pour éviter le sort.

Expelliarmus ! Lança-t-il à son tour, la baguette déjà prête à l'emploi.

Cette fois, le sort atteignit sa cible et la baguette du Mangemort vola de ses mains.

Venez m'aider ! Potter est ici ! Appela immédiatement Amycus.

L'homme en cagoule s'approcha dangereusement de Harry, qui se précipita dans le passage laissé libre par Hermione. Le sol était à nouveau formé. Le voyant immobile et bloqué, le serviteur du Seigneur Noir se mit à sourire.

Alors…Le petit Potter essaie de se cacher…Dit-il d'un ton mielleux mais menaçant.

Dépêches-toi…Allez !Allez ! ALLEZ !

Le garçon sentit enfin le sol se craqueler sous son poids et son corps descendit de quelques millimètres. L'homme resta pendant un court instant perplexe puis sembla comprendre ce qu'il se passait. Il se jeta sur la bibliothèque mais il était trop tard. Harry venait de passer à travers le plancher de l'excavation. Il eut juste le temps d'apercevoir les mains du Mangemort se refermer dans le vide et l'entendre pousser un juron, avant d'être englouti par l'obscurité abyssale du tunnel dans lequel il glissait inexorablement…

A suivre….