Il était tard, Tokyo devenait un peu plus sombre chaque secondes, les foyers éteignaient leurs lumières. La lune dominait le ciel, loin, parmi les étoiles. Et dans l'immeuble où vivait Otaro, il ne restait que quelques fenêtres éclairés, dont une grande bée vitrée.

Dans son salon, l'écrivain s'était installé sur le canapé en face de celui où se trouvaient les deux adolescents.

-Bon, par quoi vous voulez que je commence ?

-Par le début, ça serait pas mal, déclara Shiki.

-Hum…Le début… Bon et ben, c'est plus simple comme ça après tout. J'ai rencontré Rio au collège par le biais de Majori qui était une amie d'enfance. On a fait les quatre cent coups ensemble et tout le collège nous connaissait. C'est en troisième que j'ai eu ta mère comme professeur d'histoire, Shiki. Le dernier cours avec elle, à la fin de l'année, elle est venue me voir et m'a demander de coucher avec elle par ce qu'elle voulait un enfant, et elle me trouver assez mignon, elle n'avait que la vingtaine. J'ai accepté après en avoir parlé avec Rio et que se soit devenu une sorte de pari. J'ai gardé contact avec elle, je la voyais de temps en temps, mais avec la bande du lycée que je m'été fais, j'avais des problèmes plus grave que ça. Mes parents étaient séparés et je vivais avec mon père qui ne pensait qu'au sexe. Je ne sais pas pourquoi mais à partir du moment où j'ai eu seize ans, il a arrêté de fréquenter des femmes et il a commencé à être violent avec moi. J'en ai parlé à Majori avec qui je sortais à l'époque et elle m'avait proposé de vivre avec elle, mais il y a eu Rio au passage. On se battait tous les deux pour elle et elle nous voulait tout les deux alors on a mit en jeu un pari, j'ai perdu.

-Quel pari ? Coupa Reiki, incrédule, venant d'apprendre que son Shiro était l'ex de sa mère.

-Un pari stupide. Tu es né neuf mois plus tard et moi entre temps j'ai rejoins une mafia de la banlieue riche. J'ai vécut à la fois dans les rues et sous les coups de mon père jusqu'à ta naissance où j'ai comprit que j'avais mieux à faire. Rio avait dix-sept ans, moi seize, j'ai travaillé, j'ai vécut dans les locaux de la mafia et je passais le plus clair de mon temps à m'occuper d'un petit rouquin dont personne ne semblait faire attention. Je t'ai appris à marcher, à parler, à réfléchir et toutes les autres choses essentiels.

-Alors que moi je n'existais pas pour toi…

-Non, Shiki, je ne voulais tout simplement pas que tu aies un père comme moi, et puis, je n'avais pas prit mon rôle au sérieux, à l'époque c'était un simple pari, rien de plus. Et puis dans l'année de mes vingt-trois ans j'ai dû dénoncer des collègues de la mafia, c'était soit eux, soit moi et la famille Ritsu, alors j'ai dénoncé tout de suite les trois gars qui étaient avec moi. Je ne sais pas pourquoi, jusqu'à trois ans plus tard, personne n'a vraiment su que j'avais trahit le groupe, alors je m'en sortais idem. Et puis un soir le boss m'a tendu une embuscade. On m'a fait payer cher ce que j'avais fais, alors je me suis enfuis de Tokyo d'abord, et puis je me suis dis que la meilleur place que je pouvais avoir était avec mon fils, donc je suis parti vivre avec Mary, celle que j'avais mit enceinte et qui était toujours célibataire. Vous connaissez le gros de l'histoire.

-Mais comment se fait-il que je ne m'en suis jamais douté ?! Mes parents étaient toujours à la maison !

-Tu dois te rappeler. Je t'amenais tous les jours à l'école, je n'y manqué que très rarement, et un jour je suis arrivé en retard. Tu te rappel ?

-Oui, les voisins voulaient m'emmener à l'école et je voulais que ce soit toi.

-Oui. J'étais blessé ce jour là, j'avais un bras cassé et des blessures me recouvraient. J'avais passé la nuit dehors, dans le jardin d'Hikomi avec Hiroki. Je venais de quitter la mafia.

Un silence s'installa dans l'appartement. Shiki ne savait pas que la vie de son père était jonchée de pari en tout genre et que c'était à la suite d'un d'eux que les deux adolescents soient né. Toujours est il qu'il en voulait à Shiro de l'avoir abandonné et de ne pas avoir prit sa responsabilité plutôt que d'aller s'occuper du gamin de ses amis. Mais ce gamin en question, actuellement, ne cessait d'essayer de se remémorer le passé, de voir quels indices il pouvait y avoir, comment il avait pu être aussi naïf et ne pas avoir vus plus tôt que ses parents faisaient parti d'un quelconque groupe mafieux. Comment avait-il pus être si aveugle ?

-Bon, j'ai assez parlé, mais si vous avez des questions…

-C'est cette mafia qui a tuée mes parents ?

Shiro remarqua que cette fois, il avait bien prononcé « parent ».

-Surement. On ira au commissariat demain pour voir ce qu'ils disent. Mais c'est pratiquement sûr. Rio voulait démanteler le groupe de l'intérieur, il allait peut être mettre son plan à exécution.

Otaro but quelques gorger de son jus de fruit et regarda tour à tour les deux ados. Maintenant qu'ils connaissaient la vérité, ils pourraient peut être faire la paix et devenir amis, mais surtout comprendre tout ce qui se déroule depuis des années sous leurs yeux.

-Bon, et si on aller dormir ?

Il se leva et frotta les deux têtes devant lui avant de les entrainer dans la grande chambre.

Couché dans le grand lit, aucun n'osait bouger ou parler. C'était comme si l'atmosphère c'était gelé d'une étrange façon, comme si une seule parole, un seul geste, pouvait avoir des pouvoirs destructeurs sur eux. Mais même malgré toutes ses découvertes, Reiki ne fut pas plus perturber, âpres tout, il venait de vivre bien plus alors il n'allait pas s'arrêter pour ça, au contraire, il se sentait même le courage de tout découvrir, de tout savoir sur les circonstances de la mort de ses parents. Quand à Otaro, le passé refaisait surface et les souvenirs douloureux qu'il avait mis de côté devenaient le faire souffrir. Mais c'était une bonne chose d'avoir tout raconté, enfin, tout, pas vraiment, il manquait quelques petites choses…

Apres une nuit difficile, presque blanche, L'ainé avait emmené le plus jeune au commissariat pour aller voir ce qu'il se passait dans l'enquête. Ils tombèrent sur le même gendarme :

-Donc, il n'y a aucun indice sur ce gars, personne ne le reconnait, il n'existe pas même dans les dossiers de la base. Tout ce que l'ont a est ce dessin.

L'homme tendis un papier carré, qui semblait avoir était plié auparavant comme pour faire un origami. Sur ce petit papier rouge été dessiné en noir deux pétales de fleur séparées par une croix orné de petits « » à chaque bouts. Otaro reconnut tout de suite cette emblème alors qu'il était totalement inconnu par Reiki.

-C'est un groupe de terroriste, les « hanabirashi », si je ne me trompe pas, jusqu'à quelques années en arrière ils étaient connut, non ?

Le sergent Lovre le regarda étrangement.

- Comment savez-vous cela ?

-Les journaux. Vous comptez les chercher ?

-ça fait déjà des années que l'ont se démènent comme des fou, on ne les retrouve jamais, surtout que ce papier était dans la poche du meurtrier, donc il est probable qui n'est rien à voir avec ce gang.

-Donc vous ne pouvez rien faire ? Et si je vous donne leur planque, vous ferez quelque chose pour les arrêter ?

-Si c'est le cas, on déploiera toutes les unitées.

-Hum…Dans ce cas j'en fais mon affaire…

- Comment pourriez-vous être au courant de telles choses ? Si jamais il se trouve que vous en faite parti, vous serez arrêté également.

-Quoi ?! s'écria Reiki.

- Calme-toi. Je suis sûr que c'est négociable. N'est ce pas ? Il y a dix ans j'ai dénoncé des membres du groupe en échange de ma protection. Je livrais des membres de temps à autre, je suis sûr que, actuellement, n'en faisant plus parti, si je vous livre tout le gang, si moi seul en ressort, ça ne risque rien, n'est ce pas ?

-Des pots de vins ?

-Non. De la justice seulement. Je suis un ancien membre, je sais comment ça se passe. Je peux vous aider.

-Hum… Je vais y réfléchir, je vous rappellerais un peu plus tard…

Ils se saluèrent puis chacun parti de son côté. Au lieu de rentrer directement à l'appartement, Otaro préféra faire un tour dans un petit parc avec son petit protégé, histoire de se décontracter un peu.

-C'est pour ça que les journalistes me pourchassais ? demanda Reiki, incrédule, tout en marchant sur le petit chemin de terre qui parsemé le parc.

-Ils savaient d'une manière ou d'une autre que tes parents faisaient parti des « hanabirashi » et ils doivent savoir également que j'en fais parti. Tout ça ressemble à un règlement de compte. Chaque mafia a ses propres journalistes, alors ils cherchent les infos pour mettre une guerre entre eux.

-Hum…

Otaro s'arrêta sur un banc et défit la chemise du costard qu'il avait mit exceptionnellement avant de souffler un grand coup et de ramener Reiki sur ses genoux.

Faire une pause comme ça, soufflait un peu, voir qu'il y a mieux que de s'embrouiller la tête avec des histoires du passé, juste profiter du fait qu'ils n'étaient que tout les deux, c'est ce qu'ils voulaient tout les deux. Devant eux se dressait un kiosque au couleur blanche. Shiro enfonça sa tête au creux du cou de sa proie, il ferma les yeux et serra le serra plus fort encore.

-Shiro ?

-Hum… ? Qu'y a-t-il ?

-Je…Tu es fatigué de tout ça… ?

-Pourquoi le serais-je ? Rien que le fait de t'avoir prés de moi, je ne pense à rien d'autre. Laisse toi aimer sans te poser de questions, mon petit Kiss.

-Mais… à cause de moi…cette mafia…ton passé…tout ça ressort…

-C'est nullement ta faute, c'est celle de tes parents, ils auraient dû partir depuis longtemps, comme moi.

-Et tu vas les retrouver pour les dénoncer ?

-Le boss ne tardera pas à faire surface. D'ailleurs, tu iras chez ton ami quelques temps, sinon tu risque d'être en danger. Shiki aussi.

-Mais… ?! Je ne veux pas me séparer de toi !

- Calme-toi. On verra plus tard…

L'ainé souffla un coup et referma les yeux. Il était fatigué, tellement qu'il finit par s'endormir, Reiki dans ses bras qui le retenait de tomber. Ils restèrent un moment sur ce banc, et le cadet réalisa à cette instant seulement que leur relation était vraiment bâtit, que les liens qui les unissais étaient forts, que peu importait les obstacles, ils les surmonteraient. Oui. Reiki était décidément bien amoureux de son parrain, à en mourir.