Chapitre 7

Le week-end était passé à une vitesse folle. Sans aucune nouvelle de Clarke malgré les nombreux messages qu'elle lui avait laissé sur son répondeur, Abby s'était replongée dans les innombrables dossiers que Jake avait rassemblés sur la COL des années auparavant. Elle avait relu encore et encore les centaines de pages que contenaient chaque affaire : constatations, procès-verbaux d'audition, rapports d'autopsie...La criminologue avait repassé tous les éléments au crible dans l'espoir de trouver un lien avec le président de la Mont Wheater Compagny, en vain.

En se noyant ainsi dans le travail, Abby avait espéré pouvoir se changer les idées, s'empêcher de repenser aux reproches qui se dessinaient dans les yeux de sa fille ou bien à la haine qui semblait lacérer le visage de Marcus chaque fois qu'il posait les yeux sur elle. Pendant six ans, elle s'était évertuée à refouler au plus profond de son esprit tout ce qu'elle avait vécu en essayant de se convaincre que toutes les décisions qu'elle avait prise avaient été les bonnes, qu'elle avait fait ce qu'il fallait et que les regrets n'avaient pas leur place dans son processus de reconstruction. Elle avait tenté de se convaincre que tout finirait par s'arranger, qu'un jour, il lui suffirait de se réveiller et que tout irait mieux, que toutes les cicatrices que la COL lui avait laissées ne seraient plus que de simple marque sans importance.

Cependant, face à tous ces dossiers, la criminologue avait finalement réaliser qu'elle s'était bercée d'illusion, que les stigmates du passé étaient encore là, que tous les événements qu'elle avait vécus étaient encore gravés dans sa chair et le seraient certainement à jamais. Chaque nouvelle page tournée avait été comme faire un véritable bon dans le passé. Chaque mot, chaque nom, chaque date l'avaient brutalement ramené des années en arrière et avaient apporté avec eux leur lot de souvenirs plus douloureux les uns que les autres. Tous n'étaient pas originellement pénibles, mais les événements qui s'étaient produit postérieurement leur avaient donné un goût amer et cruel.

En relisant le dossier du meurtre d'un officier de police ainsi que de toute sa famille, Abby n'avait pu s'empêcher de repenser au soir où Jake était rentré à la maison le visage totalement décomposé et les mains tremblantes après la découverte des corps. Elle s'était souvenue de la façon dont il les avait prises, elle et Clarke, dans ses bras et serré si fort contre lui que l'espace de quelques minutes, Abby avait eu l'impression qu'il ne les laisserait jamais plus quitter son étreinte. Elle s'était souvenue de la façon dont il lui avait fait l'amour ce soir-là, de la façon dont ses bras s'étaient enroulés fermement autour de sa taille tandis qu'il n'avait cessé de lui répéter à quel point il l'aimait, à quel point il les aimait toutes les deux et que jamais, au grand jamais il ne laisserait quelqu'un leur faire du mal.

La vision d'une simple tâche sur le coin d'un relevé téléphonique lui avait littéralement déchiré le cœur. Sa gorge s'était nouée et ses mains s'étaient mis à trembler tandis que la voix de Jaha lui annonçant la mort de Jake lui était revenue en mémoire. Elle s'était rappelé la façon dont ses jambes s'étaient dérobées sous elle et du bruit de son verre de vin qui explosait en mille morceaux sur la table basse du salon où étaient empilés les dossiers de son mari.

La mention mort en service sur l'en-tête d'un rapport d'autopsie lui avait donné l'impression de sentir de nouveau cette main chaude et hésitante qui s'était discrètement glissée dans la sienne tandis qu'à quelques mètres d'eux les sanglots d'une jeune femme lui avaient semblé si cruellement familiers. Elle s'était souvenue de la fureur de vivre qui s'était emparée d'elle lorsqu'il l'avait raccompagné à son hôtel après l'enterrement et de l'irrépressible besoin de se sentir vivante, de le sentir vivant, qui lui avait tordu l'estomac tandis qu'il pressait chastement ses lèvres contre sa joue. Elle s'était souvenue de la façon dont leurs vêtements avaient volé sans aucune retenue au travers de la pièce, de la façon dont leurs corps s'étaient trouvés si naturellement et de l'impression qu'elle avait eue d'enfin pouvoir respirer de nouveau depuis une éternité.

« Non je...Sérieusement, je n'étais pas au courant, elle ne m'en a jamais parlé ! », déclara Octavia alors que la criminologue arrivait dans la salle de réunion pour le briefing de début de semaine.

Les yeux de l'agent Kane se posèrent immédiatement sur elle.

« Docteur Griffin ! », s'empressa-t-il de la saluer brièvement avant de reporter son attention sur la jeune agent en face de lui.

Cette dernière fit volte-face et gratifia Abby d'un simple signe de tête en la dévisageant.

« On en reparlera plus tard. », lui souffla Kane avant d'aller s'asseoir en bout de table.

Octavia la fixa encore quelques secondes et Abby eut l'étrange impression d'avoir interrompu une conversation qui la concernait.

« Il y a un problème agent Blake ? », lui demanda-t-elle en arquant un sourcil, suspicieuse.

« Aucun ! », répondit la jeune femme avant de tourner les talons non sans l'avoir ostensiblement toisé une dernière fois.

Abby ne put s'empêcher d'afficher une légère moue dubitative mais préféra ne pas insister. En seulement quelques jours, la criminologue avait pu se rendre compte que la jeune Blake n'était pas le genre de personne à s'encombrer de manière, ni de politesse. Sa conduite semblait être guidée par son instinct et non par la réflexion. Elle avait un petit côté sauvage qui semblait la rendre insaisissable et indestructible.

« Ne fais pas attention à elle, ça doit être ta jupe ! L'agent Blake pense qu'elle est la seule à pouvoir porter du cuir ! », railla Raven en pénétrant à son tour dans la salle.

« Le cuir, ça se mérite ! », lui lança Octavia avec un léger sourire en coin.

« Si tu le dis ! », lui rétorqua l'agent de liaison en lui lançant un dossier que la jeune femme attrapa au vol sans aucune difficulté.

« En tout cas, moi, je te trouve canon, et je crois que je ne suis pas la seule ! », ajouta Raven cette fois à l'intention de la criminologue en lui donnant un dossier et en désignant d'un signe de tête l'autre l'extrémité de la salle.

Abby tourna la tête dans la direction indiquée et perdit immédiatement son sourire amusé alors que l'allusion de Raven prenait tout son sens. Les yeux de Marcus étaient braqués sur elle, mais l'agent semblait perdu dans ses pensées. Abby détourna immédiatement le regard et se passa nerveusement une main dans les cheveux. S'il y a six ans ses joues se seraient probablement empourprée, aujourd'hui la jeune femme ne ressentit qu'un profond malaise.

« Arrêtes de faire ça ! », lui intima-t-elle en le fixant dans le reflet du miroir alors qu'elle accrochait ses boucles d'oreilles.

« De faire quoi ? », lui demanda Marcus innocemment alors qu'il était nonchalamment appuyé contre le montant de la porte à l'entrée de la chambre.

« Tu le sais très bien ! », dit-elle sur un ton faussement agacé.

Marcus arqua un sourcil et la questionna du regard.

« De me regarder comme si...Enfin tu sais...De cette façon là ! », répondit-elle avant de laisser échapper un léger soupir exaspéré malgré l'infime sourire qui commençait à étirer ses lèvres.

« Tu veux dire... », commença-t-il d'une voix suave alors qu'il avançait doucement et dangereusement dans sa direction.

« Comme si tu étais la plus belle femme que je n'avais jamais vue ? », continua-t-il en posant ses mains de part et d'autre de ses hanches afin de l'attirer contre lui.

« Marcus l'équipe nous attend ! », lui rappela-t-elle en se tortillant légèrement pour l'inviter à la lâcher.

« Comme si j'avais follement envie de te retirer cette jupe et de te faire l'amour pendant des heures ? », ajouta-t-il en refermant complètement ses bras autour de sa taille afin de l'empêcher de bouger avant de plonger sa tête dans son cou et d'aspirer délicatement sa peau.

Abby ferma instinctivement les yeux et mordilla sa lèvre inférieure.

« Comme si tu étais un tueur en série qui observe sa prochaine proie ! », répondit-elle avec un large sourire en se laissant aller contre lui, incapable de résister à la sensation de ses lèvres sur son corps.

« Désolé, c'est plus fort que moi ! », lui souffla-t-il au creux de l'oreille avant de mordiller la parcelle de peau contre laquelle il pouvait probablement sentir son pouls s'accélérer.

Abby laissa échapper un léger gémissement et leva son bras afin de laisser ses doigts glisser dans ses cheveux de son amant.

« Mais avec cette tenue, vous ne me rendez pas la tâche facile Docteur Griffin... », dit-il tandis que sa main entamait un va et vient le long de sa cuisse lui provoquant d'irrépressibles frissons malgré le cuir qui lui recouvrait la peau.

La jupe qu'elle portait aujourd'hui n'était pas celle d'il y a six ans, mais une jupe crayon en cuir noir restait une jupe crayon en cuir noir et Abby était pratiquement certaine qu'à cet instant le même souvenir défilait probablement dans l'esprit de Marcus. La criminologue se maudit intérieurement et s'empressa de s'asseoir.


« Aucun juge n'a encore accepté de nous délivrer un mandat concernant la Mont Weather Compagny mais rien ne nous empêche d'aller interroger les employés. », déclara Marcus lorsque que tous les membres de l'équipe furent arrivés.

« Je sais qu'ils l'ont déjà été par la police locale, mais nous aurons peut-être plus de chance. Les Blake, vous irez à la MWC voir s'ils acceptent de vous laisser entrer. Dans le cas contraire, vous attendrez la sortie des bureaux. A mon avis personne ne vous parlera, mais laissez leur votre carte, avec un peu de chance l'un d'entre eux acceptera de vous dire quelque chose sous couvert d'anonymat. », continua Marcus tandis que le frère et la sœur acquiesçaient.

« Miller, Docteur Griffin, voyez si vous pouvez contacter des anciens employés, la liste est dans le dossier. », déclara-t-il en se contentant de fixer brièvement le senior de l'équipe.

« Reyes il me faudrait la liste de toutes les personnes avec qui Jaha a été en contact depuis son incarcération : visites, téléphone, mail, co-détenus ! Sors-moi aussi la liste de toutes les personnes qui travaillent où ont travaillé à la prison, même les employés des entreprises sous-traitantes ! S'il a ne serait-ce que croiser le regard de quelqu'un, je veux cette personne sur la liste.», dit-il sérieusement.

« On creuse du côté de la COL alors ? », s'enquit Octavia.

« On va se contenter de cette liste pour le moment. Dès que c'est fait, tu me l'envoies directement, on s'en occupera ensemble ! », dit-il en fixant l'agent de liaison.

« Au travail ! », termina-t-il en refermant le dossier qu'il avait entre les mains.

Tous firent de même et commencèrent à se lever pour quitter la pièce.

« Docteur Griffin, je pourrais vous voir quelques minutes ? », dit-il alors que la jeune femme s'apprêtait à franchir le seuil de la porte aux côtés de David Miller.

La jeune femme acquiesça brièvement et fit savoir à son coéquipier de la journée qu'elle le rejoindrait dans son bureau.

Marcus attendit que tous les autres membres aient quitté la salle pour fermer la porte derrière eux. Il pouvait sentir le regard inquisiteur de la criminologue braqué sur lui et pendant quelque secondes, il se contenta de fixer le sol à la recherche de la meilleure façon de débuter cette conversation.

« Écoutes je... », commença-t-il avant de s'interrompre et de se racler nerveusement la gorge.

« Clarke était dans mon bureau ce matin. », se lança-t-il finalement en relevant les yeux vers la jeune femme.

« Clarke ?! », répéta Abby en écarquillant les yeux.

« Elle voudrait faire un stage ici. », l'informa-t-il en tentant de garder un visage impassible malgré le malaise qu'il ressentait depuis que la jeune étudiante avait quitté son bureau.

Cette dernière ne tenait très clairement pas à ce que sa mère apprenne qu'elle était en contact avec Jaha et quand bien même l'agent Kane désapprouvait totalement cette situation, il n'avait aucune envie d'inquiéter Abby plus que nécessaire ou d'envenimer la relation visiblement déjà tendue entre la mère et la fille.

« Qu'est-ce que... Non ! Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ? », s'exclama Abby en fronçant les sourcils, le reproche encré sur son visage.

« Je ne savais pas que c'était elle ! Enfin, Octavia m'a seulement demandé de recevoir une de ses amies de l'académie, elle ne m'a pas donné son nom.. », se défendit Marcus.

« Qu'est-ce que tu lui as répondu ? », s'empressa-t-elle de lui demander en faisant un pas presque menaçant dans sa direction.

« Je lui ai dit que j'allais y réfléchir. », dit-il avec aplomb comme pour anticiper la réaction de son interlocutrice.

« Pardon ? Il n'y a pas à réfléchir si jamais il s'avère que le meurtre de Wallace est véritablement lié à la COL alors... », s'offusqua la criminologue tandis que ses mains commençaient à s'agiter devant elle.

« Je sais ! », acquiesça-t-il avec sérieux.

« C'est ce que je lui ai dit mais elle est...Comment dire...Convaincante. Ce qui est loin d'être surprenant. », ajouta-t-il sur un ton plus léger alors qu'un infime rictus étirait le coin de ses lèvres.

« Convaincante ? », s'exclama Abby en le fusillant du regard.

Alors qu'il s'attendait à une nouvelle tirade interminable sur les raisons qui pourraient être opposées à la venue de Clarke, Marcus fût surpris de voir le regard de son interlocutrice se troubler soudainement.

Abby baissa les yeux et s'éloigna de quelques pas, pensive.

« Est-ce qu'elle...A-t-elle... !», bredouilla-t-elle avant de s'interrompre brusquement et de se passer une main sur le visage.

« Peu importe ! C'est non ! », se reprit-elle finalement avec force.

« Je ne veux pas prendre le risque de la mêler à cette histoire, elle a déjà trop souffert à cause de Jaha ! C'est hors de question ! », insista-t-elle sur un ton non équivoque, en croisant les bras sur sa poitrine.

Marcus se contenta d'acquiescer et resta silencieux tandis que la jeune femme tournait les talons pour ouvrir la porte.

Au même instant Marcus se surpris à faire un pas dans sa direction.

« Abby ! », souffla-t-il en attrapant son coude pour la retenir.

La criminologue fit volte-face, non sans jeter un rapide coup d'œil à la main posée sur son bras et arqua un sourcil interrogateur.

L'agent Kane déglutit difficilement et se maudit intérieurement. Abigail Griffin avait fait le choix de sortir définitivement de sa vie et de ce fait, il n'avait plus aucune raison de se soucier d'elle. Cependant, même six ans après, il n'en était toujours pas capable.

« Je crois que vous devriez parler de ce qui s'est passé...Elle a besoin de réponse. », lui fit-il savoir sur un ton qui se voulait bienveillant.

Abby sembla rester un instant sans voix. Elle le fixa étrangement quelques secondes puis secoua négativement la tête.

« Elle sait déjà tout ce qu'i savoir ! », répondit-elle froidement en retirant son coude de son étreinte.

Marcus se retint de soupirer face à cette réaction. Il n'était absolument pas en train de remettre en cause la façon dont elle s'occupait de sa fille, loin de là, mais sans surprise c' était très probablement la façon dont elle interprétait ses mots à cet instant.

Jusqu'à ce jour, Marcus n'avait jamais rencontré Clarke mais il savait qu'Abigail Griffin était une bonne mère. Elle n'était certainement pas parfaite, personne ne pouvait l'être, mais il savait parfaitement à quel point Abby aimait sa fille et qu'elle serait prête à faire n'importe quoi pour la protéger.

« Ce n'est pas ce qu'elle pense ! », insista-t-il tout de même en s'efforçant de garder un ton amical.

« Je sais ce qui est bon pour ma fille Marcus ! Je me passerais de tes conseils ! », lui lança-t-elle visiblement piquée au vif.

« Ce n'est plus une enfant ! », lui objecta Marcus en soutenant son regard.

« Tu ne l'as connait pas ! Ce n'est pas parce que tu l'as vu une fois que tu sais tout sur elle, même si tu as fait ton truc de profiler ! Il y a certaines choses qu'elle n'a pas besoin de savoir ! Je me dois de la protéger ! », déclara-t-elle alors que la colère commençait à déformer ses traits.

« Ce n'est pas en leur cachant des choses que l'on protège les gens Abby ! », rétorqua-t-il plus froidement qu'il ne l'aurait voulu alors que les mots de Clarke concernant les sentiments de Jaha lui revenaient en mémoire.

Il ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi elle ne lui en avait pas parlé, pourquoi elle avait gardé cette information pour elle. En soit cela n'aurait rien changé au profil qu'ils avaient établi et aux explications que l'équipe avait fournies à la Cour lors du procès. Alors pourquoi n'avoir rien dit ?

Abby s'était toujours montrée relativement discrète sur ses sentiments et ses états d'âme, ils étaient tous deux semblables sur ce point, mais à l'époque, Marcus avait cru que leur relation était assez forte pour qu'aucun d'eux n'ait besoin de passer ce genre d'information sous silence. Du moins, c'était ce que lui ressentait et visiblement, cela n'était, en définitive, pas réciproque. Cette pensée lui serra un instant le cœur, mais il s'efforça de rester concentrer sur le moment présent.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? », lui demanda-t-elle sur la défensive.

« Rien ! », répondit-il finalement en détournant le regard.

« Est-ce...Est-ce qu'elle t'a dit quelque chose ? », s'enquit-elle avec, lui sembla-t-il, une légère pointe d'appréhension.

« Non ! », se contenta-t-il de répondre.

Alors que son regard rencontrait de nouveau le sien, Marcus remarqua le soulagement qui sembla traverser furtivement le visage de la jeune femme. Il la fixa quelques secondes tandis qu'un léger doute commençait à s'insinuer en lui.

« Attends ! Qu'est-ce que tu crois qu'elle aurait pu me dire ? », s'empressa-t-il de lui demander en faisant un pas dans sa direction.

« Je...rien ! », répondit-elle le regard fuyant avant d'ouvrir la porte.

La réaction de la jeune femme ne fit que renforcer sa curiosité.

« Réponds-moi ! », exigea-t-il en posant sa main droite sur la porte afin de la refermer.

Abby laissa échapper un léger hoquet de surprise alors qu'elle se retrouvait coincée entre la porte et l'agent du F.B.I.

« Laisses moi passer Marcus ! », lui ordonna-t-elle la mâchoire crispée en le regardant droit dans les yeux.

« Ca n'a rien à voir avec la COL n'est-ce pas ? », s'enquit-il en faisant un nouveau pas vers elle, obligeant ainsi la jeune femme à se coller totalement contre la porte dans son dos.

« Je ne vois pas de quoi tu parles ! », rétorqua-t-elle effrontément.

« C'est à propos de moi ? », insista-t-il en posant sa main gauche de l'autre côté de son visage.

« Arrêtes de jouer au profiler Marcus ! Tu te fais des idées ! Tu n'es pas le centre du monde. », lui répondit-elle alors que ses yeux semblaient chercher un échappatoire.

« Qu'est-ce que tu lui a dit à propos de nous ? », lui demanda-t-il un ton plus bas en la fixant intensément.

Cette fois Abby tourna la tête et ferma les yeux, alors qu'une légère grimace déformait les traits de son visage. A cet instant Marcus senti que la vérité était proche, qu'il allait peut être enfin savoir ce qui lui avait réellement traversé l'esprit six ans plus tôt.

« Abby ?! », insista-t-il dans un souffle en posant délicatement son index sous son menton pour la forcer à le regarder.

La criminologue résista encore quelques secondes. Ses yeux restèrent clos et elle se mordit la lèvre inférieure.

« Abby... », répéta-t-il, sa voix se faisant presque suppliante tandis que son front n'était plus qu'à quelques centimètres du siens.

Finalement, la jeune femme se décida à ouvrir les yeux et Marcus sentit son cœur se serrer alors que le regard de la criminologue se révélait empli de larme. Il ne s'était pas du tout attendu à ce genre de réaction et il regretta instantanément de l'avoir ainsi poussée dans ses retranchements. Légèrement déstabilisé, Marcus s'apprêta à reculer mais les doigts de la jeune femme agrippèrent sa veste et elle pressa son front contre le siens.

Marcus sentit tous ses muscles se tendre et sa respiration se couper. Il ferma les yeux et lutta de toutes ses forces pour ne pas immédiatement enrouler ses bras autour de ce corps qui hantait ses nuits depuis six ans et pour ne pas laisser son visage se perdre dans cette chevelure dont le parfum lui avait si souvent fait perdre la tête.

A cet instant il réalisa que malgré la colère, malgré la rancune et malgré toute la peine que cette femme avait pu lui causé, elle lui collait à la peau.

« Arrêtes...Je t'en pris ne m'oblige pas à... », souffla-t-elle finalement la gorge nouée.

Au même instant, le portable de Marcus se mit à sonner. Ce dernier jura intérieurement et fit à contrecœur quelques pas en arrière pour décrocher. Abby en profita pour ouvrir la porte, mais au moment où elle s'apprêtait à franchir le seuil la main de Marcus agrippa de nouveau son bras.

« Il y a eu un nouveau meurtre ! », se contenta-t-il de lui dire, le visage blême.


LadyJenkins : C'est par encore gagné pour la venue de Clarke héhéhé :)

Mathou85o0o : Aaaaah la chance pour Ian, j'ai failli aller à la convention cette année mais en fait ça m'aurait couté trop cher et heureusement que mon compte en banque a dit non sinon j'aurais été trop trop deg vu qu'il a annulé ! Tu lui ferras un gros calin de ma part :p

Math-Jisbon : Le suspense c'est la vie haha :D

: Bienvenue nouvelle lectrice ! J'avoue moi aussi je ne lis plus qu'en anglais depuis un bon bout de temps (je m'y suis même mise à l'écrit mais bon je préfère quand même écrire en français, c'est plus facile pour jongler avec les mots vu mon piètre niveau en langues étrangères). Je t'avouerais que pour le AU criminal Minds je sais pas où mon esprit à été chercher ça XD En tout cas merci d'avoir laissé une trace de ton passage, j'espère que la suite te plaiera tout autant !

En tout cas merci à tous et à toutes pour vos reviews, elles sont adorables ! Et n'hésitez pas, s'il y a des ptits trucs qui vous chagrinent dans l'histoire ou dans mon style, faites moi le savoir, c'est grâce à ça qu'on progresse ! A bientôt !