Chapitre 7 : Anarchy In The UK

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Je débarque dans le salon après avoir battu Fred à plate couture à Utopie. Bon, d'accord, les jumeaux qui le chatouillaient m'ont bien aidé.

« Branle-bas de combat matelots ! Le vil Ministre à bâbord ! hurle Virginie de sa chambre. »

Je saute aussitôt sur la canapé.

« Vautour sur le sentier de guerre ! Armez canons et arquebuses ! répondis-je en beuglant et en brandissant un sabre imaginaire »

« Tiens bon la vague et tiens bon le vent, hissez haut ! Santiano ! Si Dieu veut toujours droit devant, nous irons jusqu'à San Francisco ! chantonne Jessica. »

« En avant mes frères ! Tir à volonté ! s'époumone Fred. Mourons dignement ! Le Black Pearl ne sombrera pas ! »

Eric complète le tout par un hurlement de guerre destiné à effrayer les ennemis. Je m'écroule de rire sur mon canapé. Pandora pénètre dans le salon.

« Mais enfin, c'est insensé, on vous entend de la rue ! fait-elle avec un accent snob au possible. »

« C'est fait pour, rétorque Jessica. Que nous vaut le plaisir de votre visite Mr le Ministre ? »

Les intrus ne remarquent pas l'ironie de sa phrase.

« Je voulais te parler Jessica. A propos de la plainte que tu as déposé. »

« Et ? demande Jessica. »

« Zacharias Smith a été viré. Tu prends sa place. »

« Et si je ne veux pas ? Minerva me proposait justement un poste de professeur à Poudlard. »

« Tu gâches ton potentiel. Tu mérites mieux que ça. »

« Qu'y a-t-il de mieux que d'enseigner aux générations futures ? A moins que tu n'aies peur que ta fille ne brille pas autant, étant donné qu'il ne suffit pas de montrer ton titre pour m'impressionner, contrairement aux précédents professeurs ? »

« Je ne te permets pas ! s'exclame Percy. »

« Mais je n'ai jamais demandé ta permission réplique Jessica. »

Jessica : 1, Percy : 0.

Le ministre se drape dans sa dignité.

« Je peux comprendre que tes hormones influent sur ton comportement, mais il y a des limites. On a besoin de toi Jessica. On ne peut pas se permettre de laisser tomber ce projet. Tu es celle qui le connais le mieux, Smith a déconné, il est viré, on passe l'éponge, tu montes en grade ! »

« Ecoute, je te donne ma réponse à la soirée des Applewhite, d'accord ? J'ai envie de passer un peu de temps avec les enfants, j'ai bossé comme une malade pendant 2 mois pour le projet 'Kebla' . »

Percy acquiesce et prend congé. Pandora le suit, tel un petit chien habillé en Prada.

Je réalise subitement quelque chose.

« Merde ! La soirée des Applewhite ! J'avais zappé ! Comment Boîte sera habillée ? demandais-je à l'intention de Virginie. »

« D'après Audrey, qui le tient de Lauren, qui le tient de Jane, qui le tient de Guenièvre, elle aura une nouvelle robe rose pâle avec les coutures dorées, tu sais, celle de la collection printemps-été de chez Patil et filles ? »

« Meeeeeeeeerde ! trépignais-je. Il n'y a plus qu'à espérer qu'elle ne lui ira pas du tout, cette robe est sublime ! Je dois rentrer à la maison, je n'ai pas mes catalogues ici ! »

Je me tourne vers Jessica et Fred.

« Je peux emmener Virginie ? S'il te plaît s'il te plaît s'il te plaît suppliais-je. »

Fred craque rapidement devant mon regard de chien battu.

« Ok, ok, ok, emmène-la, mais elle est de retour avant 19 heures, sinon je te jure que je vais tester tous mes nouveaux produits sur toi, et je travaille sur une nouvelle ligne de produits enlaidissants. »

Je jubile, embrasse Jess, Fred, range mes affaires d'un coup de baguette, prend Virginie par le bras, et me retrouve chez moi. Tadaaaaaaa, home sweet home.

Je file dans le salon, Virginie sur les talons. J'ouvre ma valise d'un coup de pied, sort mon Miroir à Double-Sens et appelle Vivien.

« 911, niveau 3 ! »

Il acquiesce et éteint le miroir. Je refais la même chose avec Dan.

« Dis, Amy, c'est quoi '911, niveau 3' ? » me demande Virginie.

« 911, c'est le numéro américain des urgences, paragraphe 3, ça veut dire qu'on a un gros problème pour les fringues. Niveau 1, c'est hébergement, et niveau 2, rupture. »

Virginie ouvre de grands yeux.

« Tu vas bientôt comprendre fis-je en souriant. »

Ils débarquent dans les 10 secondes qui suivent.

« Scouts toujours près ! dit Vivien en claquant des talons. »

Dan, essoufflé, s'affale dans le canapé.

« Putain, j'ai dû tracer toute la maison pour arriver à temps ! »

« 3 mots : Soirée. Des. Applewhite. Fis-je en levant 3 doigts. »

« Meeeeeeeeeeeeeeeeerde souffle Vivien. C'est quand ? »

« Mercredi soir intervient Virginie. »

« Et on est ? demande Dan. »

« Lundi ? risque Vivien. »

« On est dans la merde d'hippogriffe là dit sombrement Dan. »

« Choupi, tu peux me ramener les catalogues qui sont dans ma chambre ? »

Virginie obtempère. 20 secondes plus tard, assise sur la canapé, Virginie sur les genoux, entourée de Dan et Vivien, je feuillète la collection printemps-été de chez Patil et filles.

« La blanche fait Vivien. »

« Non oppose Virginie. Trop risqué. T'as vu comment elle est décolletée ? Si Oncle Harry voit, ça, il va piquer une crise, et Amy sera obligée de remettre une de ses vieilles robes. »

Dan appuie le raisonnement de Virginie. Je soupire et tourne la page.

« Beurk, du rose marmonnais-je. Quelle horreur. »

« C'est joli le rose dit Vivien. »

Je le regarde, incrédule. Virginie exprime ma pensée.

« Pas sur des rousses. En plus, je suis prête à parier que Chrystale la portera. On passe. »

Après avoir vu et revu toutes les collections de cette année, je referme le dernier magazine de mode d'un coup sec.

« On s'occupe de vous d'abord déclarais-je. J'ai encore le temps. »

Dan choisit un costume Armani, Vivien un Gucci.

« Et toi Choupi ? demandais-je à ma cousine. »

Elle grimace.

« Pas le droit d'y aller. En plus, j'ai rien à me mettre. Enfin, si, j'ai des vieux trucs, mais Maman veut pas que je récupère ses robes à elle. »

« Et elle a raison, ça fait définitivement ringard. Le vintage est passé de mode. Mais, si tu veux les miennes, ne te gêne surtout pas. »

Le visage de Virginie s'éclaire.

« Oui, Amy, allons fouiller dans ton placard se moque Dan. Histoire de voir quelles horreurs ta mère a réussi à te faire porter. »

Je souris.

« Cherche, cherche. Mais tu ne trouveras rien, j'ai fait disparaître toute preuve compromettante. »

« Hé ! proteste Vivien. T'es pas drôle ! »

On passe l'après-midi à fouiller dans mon dressing, et à essayer de paraître le plus ridicule possible. J'avoue que Vivien en orange et en bleu était à hurler de rire. Surtout lorsqu'il imitait son père.

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Comme convenu, j'ai ramené Virginie à 19h.

« Tu ne veux pas rester un peu plus ? Ça fait 3 mois qu'on ne t'avait pas vue se plaint Jessica. »

« Non, merci, j'adorerais mais là, c'est vraiment pas possible. Par contre, n'hésite pas à m'envoyer Fred et les jum's si t'en a trop marre. »

« Ok. Bye ma chérie. »

Jessica me serre dans ses bras.

Je repars, après un dernier bisou aux jumeaux.

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2 heures plus tard, mon Miroir vibre.

« Yep ? répondis-je en jetant un coup d'œil à mon interlocuteur. »

« Devine quoi ? fait sombrement Dan. Mon père vient d'être nommé directeur de Poudlard. »

Je cille. Gros blanc pendant 20 secondes.

« Oh merde. Oh putain de merde. On est dans une bouse d'hippogriffe bien puante là. »

Je frappe la table du poing.

« Bordel ! »

« Comme tu dis. On est mal. »

« Vivien le sait ? »

« Nan, tu es la première que j'appelle. Ça vient juste d'être décidé. Et devine qui a appuyé sa candidature ? »

Je ferme les yeux.

« Mon père. Enfin, le truc chevelu qui me sert de figure paternelle. »

« Exact. Ta dernière retenue a dû lui rester en travers de la gorge ironise Dan. »

Je lui jète un regard venimeux. Il bat en retraite.

« J'aurais fait la même chose, mais avoue que c'était un peu excessif … »

« C'était totalement approprié, et je suis carrément prête à recommencer ! Le prochain qui me demande un autographe de mon père, je te jure que je … »

« On a compris l'idée générale Amy me coupe Dan. »

« Dis tout de suite que je suis gore ! m'indignais-je. »

« Tu es gore. »

« Hey ! protestais-je. C'est même pas vrai ! »

« Pas ma faute si ton enfance passée avec un Auror t'a retourné la tête grommelle Dan. »

« Ok, je sais que la promotion de ton père t'énerve mais je ne suis pas un punching-ball Daniel et si tu ne veux pas que je sorte quelque chose de très méchant, tu ferais mieux de te calmer. »

Il inspire profondément.

« Bon, je te laisse le soin de mettre Vivien au courant. Lui, ça ne le dérange pas de servir de défouloir dis-je d'un ton sec. »

J'éteins le Miroir. Nan mais c'est pas vrai ça ! Si même lui se met à sauter à la gorge de tout le monde, on ne va pas s'en sortir…

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Mardi soir, 22h14.

J'ai enfin trouvé ma robe. Blanche (couleur imposée, pas juuuuuuuuuste. Imposée par ma mère, bien sûr. Mon père aurait voulu du vert. Grmbl. Suis à Gryffondor moi, pas à Serpentard. Nan mais. Tss. Pas possible. Sous prétexte que j'ai les yeux verts, je devrais mettre du vert 24h/24. Ouais ben compte là-dessus et bois de l'eau fraîche papounet, ok ?), vaporeuse, imitant l'écume, traînant par terre, pas trop décolleté et qui me va suuuuuuuuuper bien. Mwahahaha. Accroche-toi Pandora, Lilian Ginevra Samantha Potter arriiiiiiiive.

Suis crevée. Ferait mieux d'aller me coucher au lieu de débiter des inepties dans mon journal.

Lalala. Life is wonderful. Je vais écraser Pandora, encore une fois. Je crève d'envie de voir sa tête demain.

En attendant, au pieu. Qui pioncera verra comme dit le proverbe.