Coucou tout le monde. Excusez-moi pour ce retard mais ces derniers temps, ce n'est pas trouvé une minute pour vous poster ce chapitre. :) (Pour compenser... Il est très long!^^)

Voici un petit voyage en Suisse qui promet bien des surprises.

Merci pour toutes vos reviews, j'espère que ce voyage dans les Alpes suisses sera à la hauteur de votre patience :)

Ceux qui avait prédit du Sadisme... Je pense que vous allez être servit. :)

Je vous souhaite une bonne lecture et espère être de retour très vite.

K.


La beauté des Alpes enneigées émerveillait Jane qui se levait tôt chaque matin pour partir courir dans le froid, sous la lumière du jour naissant. Elle avait trouvé un chemin agréable à arpenter. La Suisse lui avait permis de se vider la tête et d'oublier les problèmes même si il lui arrivait parfois de vouloir savoir où en était l'enquête sur la mort de Matthew. Heureusement, Maura lui avait interdit d'allumer son téléphone pour l'aider à résister à cette tentation de se tenir au courant. S'il y avait une urgence, la consigne avait été claire, Angela appellerait le docteur Isles et seulement elle. Jane avait accepté cette condition et finalement, cela avait du bon. Elle profitait des paysages et du bon air qui venait la ressourcer. Malgré ce bien-être que lui apportait les Alpes, elle était partagée entre le plaisir de profiter de Maura loin des horreurs du travail et le mal-être face aux regards et aux réflexions de Constance qui n'avait finalement pas si bien acceptée la situation. Quand Maura et Edouard était là, elle était plutôt raisonnable mais dès qu'elle se retrouvait seule avec Jane, la situation devenait douloureuse et plus que délicate. C'était souvent ce que fuyait Jane le matin en partant courir. Constance était la première à se lever pour préparer le déjeuner de son mari et de sa fille. Jane se levait une heure plus tôt, se préparait et partait regarder le jour naître sur la neige immaculée. Elle profitait du grand air jusqu'aux environs de sept heures, heure à laquelle Maura se levait.

Quand elle arriva, ce matin-là, Maura était assise devant son café, elle se pencha au-dessus d'elle et l'embrassa. Elle offrit un sourire à Constance avant de murmurer un « bonjour » respectueux.

« - Tu vas finir par attraper froid à partir si tôt. Tu t'es levée à quelle heure ? Je ne t'ai pas entendu partir.

- Cinq heures, j'aime courir dans la nature endormie. On n'a pas cette paix à Boston.

- Asseyez-vous et servez-vous un café, cela va vous réchauffer. Intervint Constance alors que Jane n'avait d'yeux que pour Maura. Nous partons dans moins d'une heure pour la station.

- Merci mais j'ai déjà déjeuné avant de partir et j'vous avouerez que je suis barbouillée.

- Tout va bien, Jane ? Demanda Maura inquiète.

- Oui, j'ai trop mangé hier.

- Tu es sûre parce que…

- Maura, si mademoiselle Rizzoli te dit que…

- Jane, elle s'appelle Jane ! S'exclama Maura en se levant de table.

- Où vas-tu, chérie ? Demanda Constance d'une voix faussement maternelle.

- Me préparer. Répondit sèchement Maura. »

Jane se leva et suivit sa compagne sans même regarder Constance. Elle n'avait pas besoin de la regarder pour savoir que ses yeux étaient remplie de défi, d'adversité et de colère dont elle était la seule destinataire. Quand elle entra dans la chambre, Maura était perdue dans la contemplation douloureuse de son placard. La belle Italienne se glissa derrière la jeune femme et l'enlaça de ses bras tendres et amoureux. Elle posa son menton dans le creux de l'épaule de Maura et lui murmura un doux « Tu m'as manqué » qui vint la faire sourire.

« - La noire, c'est ma préférée. Continua-t-elle avec tendresse.

- Ma mère dit que…

- On s'en fiche de ta mère, tu es sexy, merveilleusement agréable à admirer quand tu portes cette tenue.

- Alors ce sera la noire. Tu devrais te préparer aussi, ma mère semble de mauvaise humeur, ce matin. »

Ce matin ? C'est une vraie mégère depuis quatre jours qu'elle est là ! Pensa Jane.

« - Elle n'a peut-être pas aimé que son amie Edna ne vienne pas la voir à cause de sa sœur qui était malade. Ajouta-t-elle connaissant très bien la vérité.

- C'est étrange d'ailleurs. Edna n'a jamais aimé sa sœur.

- Maura, qu'est-ce que tu peux être naïve, des fois. Ouvre les yeux ! La fille de Constance Isles est devenue une paria à cause de cette pauvre petite inspecteur lesbienne ! Donc Constance Isles et sa famille ne sont plus les bienvenues dans les cercles privés de la bourgeoisie internationale.

- Non, mais enfin, ma mère n'a rien avoir avec moi. S'indigna Maura.

- Pour toi, chérie. Pour toi, pas pour ses abrutis de bourgeois. Dit-elle en l'embrassant sur la joue. »

Jane se changea dans la chambre pendant que Maura squattait la salle de bain. Jane avait encore fait parler d'elle lorsqu'ils étaient montés à la station, la seule de la famille à dévaler les pentes en snowboard. Encore des points dans la colonne « point négatif » pour la belle italienne qui ne cherchait plus du tout à plaire à sa belle-mère. Elle profitait à fond et faisait tout pour voir le visage de Maura s'illuminer d'un merveilleux sourire.

Cette matinée-là, Jane ne la sentait pas mais elle ne voulait pas se laisser avoir par son mauvais pressentiment. En haut de la piste, Jane empêcha Maura de descendre juste derrière sa mère. La belle scientifique n'aimait pas cela, elle regarda Jane avec inquiétude.

« - T'as juste ta poche qui est ouverte. Dit-elle en refermant la poche de la veste de Maura.

- Oh, merci. Tout va bien ?

- Si j'avais le droit à un bisou, ça irait mieux mais je ne veux pas obliger. »

Maura l'embrassa avant de partir comme une bombe. Jane sauta pour atterrir directement dans la pente et gagner de la vitesse. Elle rattrapa Maura et lui montra un immense monticule de neige en dehors de la piste. La jeune femme lui fit signe « non » mais Jane n'était pas de cet avis.

« - Come on, Maura ! On est là pour s'amuser.

- Tu risques de multiples blessures en prenant des risques pareils.

- Ou alors voir naître des millions d'étoiles d'admiration dans tes yeux, je prends le risque. »

Jane fit un demi-tour sur place, remonta quelques mètres et se lança dans la pente. Maura suivit sa course avec inquiétude et intérêt. Jane fonçait droit sur le monticule, elle avait tout, la vitesse, la technique et la folie pour réaliser ce saut. La belle italienne sentie sa planche quitter la neige, c'était le moment, elle donna un violent coup d'épaule, Elle fit un 180 pendant que sa main avant s'emparait de sa carre pour réaliser un « japan ». Son grab était plus que tweaké, ce qui rendait sa figure sublime. Maura admira la scène et fut soulagée quand Jane toucha enfin le sol. Elle était sauvée, elle avait réussie. La belle scientifique était tout à coup fière de sa compagne, elle allait la rejoindre quand Jane s'effondra dans la neige.

Le côté scientifique et médecin de Maura reprit immédiatement le dessus. La violence de l'atterrissage avait surement endommagé la colonne vertébrale et les articulations de Jane. Il fallait faire quelque chose et vite. Maura se rendit jusqu'au bord de piste et déchaussa pour courir droit vers son amie. Jane était morte... De rire, elle attrapa Maura et la plaqua dans la neige.

« - T'as vraiment cru que j'étais morte ?

- T'es pas drôle, Jane ! J'ai eu la trouille ! S'exclama Maura en la frappant sur les épaules.

- J'voulais pas, désolée. Murmura Jane avec son regard de cocker. Tu m'pardonnes ?

- Ne me refais plus jamais ça. »

Jane embrassa Maura qui pour se venger, profita de ce moment de faiblesse pour lui envoyer de la neige en plein visage. Les deux femmes explosèrent de rire. Jane se laissa tomber à côté de son amie et se mit à admirer le ciel.

« - J'me suis quand même bien tué le genou.

- Tu aurais pu faire pire. Cette figure complètement désaxée est très dangereuse. Si tu n'avais pas lâché ta planche, tu aurais pu pulvériser ta cage thoracique et avoir de sévères lésions. Et une mauvaise réception aurait pu avoir d'autres conséquences tout aussi graves.

- Mais ce n'est pas le cas, je suis encore en vie. De toute façon, ce n'était qu'un backside 180 japan. Si tu voyais Frankie faire son switch backside rodeo, tu ferais une crise cardiaque.

- Je n'ai rien compris.

- Et c'est mieux comme ça. S'exclama Jane en se relevant. Tu viens tes parents vont nous attendre et ça va être encore de ma faute.

- Cette fois-ci, c'est le cas. Répondit Maura en attrapant les mains que Jane lui tendait pour l'aider.

- Merci pour ton soutien. »

Elle lâcha Maura qui retomba dans la neige. Après un échange de regard, Jane s'excusa et l'aida à se relever. Maura rechaussa les skis et toutes deux dévalèrent la pente pour rattraper leur retard. Constance et Edouard attendaient tranquillement en bas de la piste. Edouard semblait admirer le paysage alors que Constance avait déjà fusillée Jane du regard. La belle italienne lui offrit un grand sourire avant de répondre une excuse en même temps que Maura.

« - Problème de fixation/Problème de chaussure !

- Ce n'est rien les filles, on a pu se reposer et admirer le paysage. Intervint Edouard pour sauver la mise aux deux jeunes femmes. »

Alors qu'ils s'apprêtaient à repartir, Edouard s'arrêta et fixa Jane avec inquiétude. La jeune femme ne le vit pas immédiatement trop accaparée par la vue qui défilait devant elle. Les Alpes sous le soleil et au premier plan, Maura, sourire aux lèvres laissant tomber ses cheveux en cascade sur ses épaules simplement pour les rattacher dans une queue-de-cheval sauvage. Quand elle réalisa enfin qu'on l'observait, elle revint immédiatement à la réalité.

« - Un problème, monsieur ?

- Qu'est-ce qui vous êtes arrivée à votre main ? »

Jane eut un instant d'arrêt pensant qu'Edouard faisait référence aux cicatrices qu'elle avait aux mains, puis elle réalisa qu'il connaissait déjà l'existence de ses marques. Elle le regarda avec surprise. Il pointait de son doigt vers sa main droite.

« - Pu… Mince, se rattrapa Jane, j'ai dû me couper avec la carre de ma planche. Ce n'est rien.

- Cela n'a pas l'air d'être rien. Vous ne l'avez pas sentie ?

- Je n'ai pas fait attention, vous en faites pas, j'ai connu pire.

- Non, non, ne bougez pas. Dit-il en forçant Jane à s'asseoir sur le bord de piste.

- Faites pas ça… Dit-elle en le voyant se tourner vers Maura. Trop tard !

- Maura, au lieu de parler avec ta mère de la prochaine collection de Fendi viens t'occuper de Jane. »

Maura avait fait volte-face. Quand elle vit Jane assise dans la neige se tenant la main, elle comprit que quelque chose se passait. Elle laissa ses skis, ses bâtons et ses gants sur place et se précipita vers Jane qui lui offrit un regard désolé.

« - Maura, ce n'est rien, ton père s'est inquiété un peu trop.

- Sache que mon père ne s'inquiète jamais pour rien ! Montre-moi ta main ! »

Jane s'exécuta et tendit sa main vers Maura qui déglutie avec douleur. La paume de Jane était entaillée de la base du pouce au petit doigt. Maura tenait la main de son amie entre ses mains et analysait la situation avec un regard froid et inquiet. Constance s'était rapprochée alors que Jane baissait déjà les yeux pour ne pas croiser ceux de sa belle-mère. La belle italienne sursauta quand son amie vint toucher les bords de la blessure.

« - Outch.

- Pardon, ça fait mal ?

- Oui, mais ce n'est rien. Ma planche est neuve donc les carres sont aiguisées, ce n'est qu'une égratignure.

- Non ! Tu vas avoir besoin de points, ici et là. Expliqua Maura en montrant deux parties de la blessure. Il faut désinfecter rapidement et protéger cela.

- Maura, on va pas faire ça, ici. Tu n'as rien pour… Ah, ben si. Dit-elle en constatant que Maura sortait une dosette de désinfectant et un bandage. T'as ton labo dans ta veste ou quoi ?

- On ne sait jamais. La preuve ça serre. Allez tiens-moi ça. S'exclama Maura en posant le bandage dans la main gauche de Jane. Tu as déjà de la chance, tu vas pouvoir continuer à écrire.

- C'est vrai que j'écris beaucoup, en ce moment. Répondit Jane avec ironie. Aïe !

- Bien fait ! Ajouta Maura en continuant son travail. »

Après avoir nettoyé la plaie, Jane compris que Maura n'avait peut-être pas tort. Une belle marque de plus sur sa main. Elle regarda Edouard qui lui offrit un sourire désolé, croisa un regard indifférent de Constance qui ne semblait pas se soucier de ce qui se passait. Maura travaillait avec précision, le bandage était trop serré pour la jeune italienne et elle ne se gêna pas de la faire remarquer.

« - Maura, tu serres trop là.

- Plus c'est serré, mieux c'est.

- Mais là…

- Mademoiselle, laissez Maura travailler, elle sait ce qu'elle fait. »

Jane allait répliquer mais les regards d'Edouard et Maura la dissuadèrent. Elle reporta son attention sur sa main, sa compagne venait de terminer le travail. La belle scientifique embrassa son amie avant de se relever. Elle décréta que la journée était finie pour Jane et qu'il était hors de question qu'elle rentre seule au chalet.

« - Je vais la raccompagner. Intervint Edouard. Profite pour skier avec ta mère.

- Non, je vais l'accompagner, il faut qu'elle voie un médecin. Je vais m'en charger. Répondit Maura. Profitez, on se retrouve au chalet.

- D'accord. Faites attention. Ajouta Edouard avant de rejoindre Constance qui s'était éloignée. »

Maura aida Jane à se relever et alla rechausser. Les deux femmes descendirent direction le chalet. Maura du presque se battre avec Jane pour conduire. La belle italienne finie par céder. En chemin, Maura appela l'un de ses confrères qui accepta de les rejoindre au chalet.

Jane se retrouva allongée sur le canapé du salon, la main posé sur les genoux de Maura pendant qu'un médecin qui parlait un français étrange, refermait la blessure. Les deux confrères parlaient sans que Jane ne comprenne un mot, cela fini par l'ennuyer. Elle ferma les yeux et essaya de se reposer. Une fois que le médecin eut terminé son travail, Maura l'invita dans la cuisine pour un café. Jane avait fini par s'endormir et sa compagne refusait de la réveiller.

Quand la belle italienne fini par se réveiller, l'après-midi touchait à sa fin. Sa main était douloureuse, elle grogna en se redressant. Un petit mot était posé sur la table. Elle reconnue immédiatement l'écriture de sa compagne.

Ma Janie,

J'espère que tu en as profité pour te reposer, ne fais pas de bêtise, je suis allée au village chercher la commande que ma mère a faite pour ce soir. Je reviens le plus vite possible. Je t'aime. M.

PS : y'a du café et des sandwichs à la cuisine.

Jane se leva et glissa le mot dans la poche de son pantalon de ski. Après avoir « admiré » la main blessée, protégée par un bandage tout neuf, elle traversa la pièce direction la cuisine. Elle aurait dévoré tout ce que Maura lui avait préparé avec amour mais au milieu du premier sandwich, des voix la coupèrent dans son élan. Edouard et Constance étaient de retour.

« - Maura n'est pas là ? Demanda Edouard en entrant dans la pièce.

- Non, elle est allée au village. Alors comment c'était ?

- Très bien, très bien. Et votre main, comment va-t-elle ?

- Douloureuse mais soigné, protégée sans plus aucun danger. Répondit Jane avec le sourire.

- Bon, c'est l'essentiel. Je peux ? Demanda-t-il en montrant un sandwich au beurre de cacahuète.

- Bien sûr, servez-vous.

- Ne dites rien à Constance, elle déteste qu'on mange ce genre de nourriture.

- Ce sera notre secret. Répondit-elle avec le sourire.

- J'apprécie. Je suis à l'étage si mon épouse me cherche. »

Jane lui offrit un sourire avant de le laisser partir. Elle avait trouvé en Edouard, un allié et un soutien de taille dans ce monde qui n'était pas le sien. Quand il était dans la pièce, elle se sentait beaucoup plus détendu surtout lorsque Constance était là aussi. Et justement quand on parle du loup, il sort du bois. Enfin pour cette fois, il entre dans la cuisine. Jane se redressa et déglutie discrètement en évitant de peu l'étouffement avec son sandwich beurre de cacahuète.

« - Votre mari est à l'étage, si vous le cherchez.

- Où est Maura ? Demanda-t-elle faisant comme si elle n'avait pas entendu les propos de Jane.

- Au village, elle ne devrait pas tarder.

- Vous ne l'avez pas accompagnée ?

- Non, je dormais quand elle est partie. Elle m'aurait réveillée si elle avait eu besoin de moi.

- Maura ne demande jamais de l'aide, vous devriez le savoir depuis le temps que…

- S'il vous plaît, ne commencez pas, Maura n'a pas que moi dans sa vie et je n'ai pas qu'elle. Elle a sa vie à côté et je la respecte. Si elle avait eu envie que je l'accompagne, elle me l'aurait demandé.

- Au lieu de dormir, vous auriez mieux fait de vous occuper d'elle.

- Maura n'a pas besoin qu'on s'occupe d'elle, elle a simplement besoin de profiter de ses vacances et ce n'est pas en étant désobligeante que vous allez l'aider à passer de bonnes vacances.

- Et vous croyez que vous l'aider en lui offrant des frayeurs. Ne croyez pas que vous êtes passé inaperçu avec votre petite figure. Vous avez éblouie tout le monde surtout avec le petit cinéma qui a suivi.

- C'était une plaisanterie, vous savez l'humour, une chose que l'on n'vous apprend surement pas dans vos petites écoles huppées ! Se vexa Jane.

- L'humour, vous avez trouvé ça drôle ? Vous êtes ridicule, mademoiselle.

- Et bien comme ça, on est deux. Votre petit numéro ne fonctionnera pas bien longtemps. Maura vous idolâtre, vous admire mais elle n'est pas suffisamment naïve pour ne pas voir ce que vous faites.

- Mais qu'ai-je donc fais ? Enfin, mademoiselle Rizzoli, vous êtes une femme impulsive et vos origines ne vous aident pas…

- Madame, ne me forçait pas à devenir désobligeante !

- C'est vous qui vous énervez pour un rien, ma chère.

- Pour rien ? S'exclama Jane en haussant d'un ton. Vous défendez votre fille en public et ensuite vous la reniait dès qu'elle a le dos tourné ? Vous inventez des excuses pour vous décommander à la dernière minute ! Et vous appelez ça, aimer votre fille ?

- Vous ne comprenez rien ! Maura est fragile !

- Maura ? Fragile ? Vous ne connaissez vraiment pas votre fille ! Dit-elle avec froideur et violence dans la voix. C'est la femme la plus courageuse que je connaisse.

- Elle a besoin d'être protégée !

- De qui ? De moi ? C'est ça ?

- Vous voyez vous vous exposez en victime ! Maura a besoin de quelqu'un de fort et sûr de lui.

- Vous me dégoutez ! Votre bénédiction a vite été oubliez. Trois jours, voilà, tout ce dont j'aurai eu droit de votre part. Trois jours de respect et d'attention, votre réputation est plus importante que votre fille. Le monde vous rejette alors vous rejetez votre fille ! Vos amis vous quittent un à un parce qu'ils n'ont rien compris à l'amour qui nous unis mais vous n'êtes pas mieux ! Vous ne savez même pas voir quand votre fille est heureuse. Vous avez fait le show chez les Delano mais les conséquences n'ont pas été celles que vous souhaitiez alors vous me le faites payer !

- Bien sûr, vous êtes une pauvre victime, vous n'avez pas pervertie ma fille, vous ne l'avez pas embarquée avec vous sur le chemin de la honte et du déshonneur !

- Mais c'est elle ! C'est elle qui m'a fait découvrir cet amour ! C'était tout aussi déshonorant dans mon monde ! Sauf que dans mon monde, on aime les gens pour leur qualité et leur dévouement ! On s'en fou de l'argent et du paraître.

- Maura n'est pas de votre monde et ne le sera jamais ! Elle n'est pas faite pour s'encanailler avec des gens qui ne respectent rien ! Elle a des valeurs et un honneur qui…

- Arrêtez ! Arrêtez ! Vous parlez de Maura sans même savoir quoique ce soit sur elle. Vous ne connaissez rien des choses importantes à son sujet. S'énerva Jane. Son plat préféré, le thé qu'elle aime boire en relisant ses rapports, la couleur qu'elle aime porter, son passe-temps favori, toutes ses choses qui font d'elle une perle rare que vous écrasez avec vos codes au lieu de la faire étinceler !

- Vous devriez faire poète plutôt que flic. Sappho doit avoir une place dans son monde. Je suis sûre que vous trouverez une femme comme vous.

- Vous…

- Non, mademoiselle Rizzoli, je connais ma fille, je sais ce qu'elle aime, ce qu'elle souhaite, ce qu'elle vit et surtout ce qu'elle a vécu. Vous ne savez rien de sa vie. Vous ne la connaîtrez jamais autant que je la connais. »

Jane allait vraiment exploser, son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Elle allait devenir plus qu'irrespectueux envers Constance quand cette dernière vint lui assénée un uppercut moral droit au cœur. Jane resta figée sur place sans comprendre ce que Constance venait de lui envoyer à la figure. Elle enfonça le couteau dans la plaie en répétant les paroles de manière froide et moqueur.

« - Et oui, mademoiselle, ma fille a fini par me dire ce qui s'était passé quand elle avait vingt ans. Cette chose que vous voulez tant savoir et qu'elle a refusé de vous dire. »

La belle italienne ne pouvait pas croire cela. Maura lui avait dit qu'elle ne voulait pas en parler que c'était entre elle et son père. Qu'aucune autre personne sur cette terre n'aurait à connaître l'histoire. Et juste après cela, elle était allée le raconter à sa mère ? A la personne qui torturait Jane par pur plaisir et sadisme. Et le sadisme n'était pas fini, loin de là.

« - Vous voyez, elle n'a pas tellement confiance en vous. Elle ne vous en pas parlé, n'est-ce pas ?

- Vous, vous êtes… »

Jane se battait contre elle-même, elle refusait de craquer devant cette femme, elle ne lui offrirait pas ce plaisir. La jeune femme se redressa et fusilla Constance du regard. Cette femme était un monstre en privé mais Jane avait connu pire.

« - Vous croyez que je vais gober vos mensonges ? J'aime Maura et ce n'est pas comme ça que vous me ferez changer d'avis.

- Ma pauvre, vous croyez vraiment que Maura a souhaité m'accompagner au village l'autre soir, simplement pour m'aider à porter une vulgaire tarte à la crème ? Elle avait besoin de parler. De me parler de vous, de votre amitié avec le jeune Delano. Ce gamin vous idolâtre un peu trop à son goût et elle n'ose pas vous le dire simplement parce qu'elle a peur que vous piquiez une colère comme la fois où elle vous a lâché la veille de votre départ pour le Vermont. Elle ne supporte plus vos colères. Je vous l'ai dit, vos origines vous font une fois de plus du tort. »

Le cœur de Jane se brisait un peu plus à chaque parole de Constance, elle se voyait dépeinte comme une femme violente et incontrôlable. Elle se mit à repenser à toutes ses affaires de violences conjugales qu'elle avait traitées par le passé. Jamais elle ne lèverait la main sur Maura, jamais l'idée de faire du mal à celle qu'elle aimait lui avait traversé l'esprit. Et pourtant Maura la craignait en silence. Constance ne pouvait pas inventer tout cela, Maura lui avait donc parlé, elle lui avait confié sa crainte. Le cœur de la belle italienne eut un raté, elle dut se rattraper au plan de travail pour ne pas s'effondrer sur le carrelage. Elle vit la satisfaction naître dans le regard de Constance. Comment une femme si distinguée et si admirée en public pouvait être un véritable tyran en privé ? Jane se redressa et après avoir lâché les seuls mots qui lui vinrent à l'esprit, elle abdiqua.

« - Echec au test. Il faut bien un début à tout. »

Elle sortit de la pièce sans même un regard pour son adversaire. Elle monta les marches avec douleur. Constance avait ce qu'elle voulait, Jane s'en allait. La belle italienne ferma la porte avec délicatesse avant de littéralement exploser. Elle vida son armoire sur le lit, attrapa son sac et se mit à faire ses bagages. Ses vacances s'arrêtaient là, elle irait n'importe où tant que cela l'éloignait de cet enfer. Elle ferma l'armoire avec rage, fonça à la salle de bain, ramassa toutes ses affaires et les jeta en vrac dans le sac qu'elle ferma avec violence. Elle était si anéantie qu'elle oublia complètement son environnement et faillit percuter de plein fouet Edouard qui sortait de sa chambre prêt à descendre pour le dîner. Il comprit que sa femme avait encore fait des siennes et empêcha Jane de descendre les escaliers. La jeune femme laissa échapper un grognement de douleur lorsqu'il la saisit par la main.

« - Pardon, je ne voulais pas vous faire mal.

- Laissez-moi passer.

- Vous allez quelque part ? Demanda-t-il avec une froideur qui fit sursauter Jane. Vous semblez pressée.

- Je m'en vais, désolée, monsieur Isles mais je n'ai pas ma place ici.

- Déjà mes élèves disent des âneries mais là, je crois que c'est la plus belle de l'année. Vous avez tout à fait votre place dans cette maison et dans ma famille. Qu'est-ce que Constance vous a dit pour que vous craquiez face à elle ? Je vous croyais plus coriace que cela!

- Vous ne préfériez pas savoir. Je ne veux pas que Maura se retrouve seule avec votre femme. Je suis désolée de vous abandonner après tout ce que vous avez fait pour moi mais j'ai besoin de changer d'air. Dit-elle en descendant les escaliers.

- Inspecteur Rizzoli ! Arrêtez-vous immédiatement ! »


L'histoire se complique! Constance qui joue double-jeu, c'était à prévoir, non? Edouard se fâche... :/ Ce n'est pas bon pour la suite. Et vous d'après vous, que va-t-il se passer?

Désolée pour ceux qui n'aiment pas le snowboard. :/ J'en suis une vraie mordue et mon plus grand regret est d'avoir du arrêter la compétition. La scène de la figure est inspirée d'une histoire vraie sauf qu'elle n'a pas fini tout à fait pareil... ;) (plutôt pire que mieux d'ailleurs^^). En tout cas, pour les non-initiés en termes de snowboard. La figure de Jane (Backside 180 Japan) c'est ça: watch?v=Rca2XYqehjU et la figure de Frankie (Backside Rodeo) c'est ça: watch?v=1UYC1UeficA

Pour ceux qui veulent mieux comprendre le snowboard freestyle: Allez voir Wiki, il ne dit pas trop de connerie sur le sujet. ;)

J'espère que cela vous a plus. Hâte de vous lire.

Je vous adore.

K.