Note de l'auteur :

Merci à tous ceux qui lisent ma fanfiction, et encore plus à ceux qui ont pris le temps de laisser une review, vous n'avez pas idée à quel point ça me motive!

J'espère que ce chapitre et la suite vous plaira; bonne lecture!

Disclaimer :

Twilight appartient à Stephenie Meyer uniquement, et c'est pour ça que je suis en train d'écrire ma première fanfiction et non pas un livre.


Résumé :

Après la mort de ses parents, Angéline se retrouve perdue dans ce monde où elle n'a aucune accroche, et se réfugie dans les livres et les rêves. Mais ce n'est pas ce à quoi elle est destinée, et elle meurt pour se retrouver... Dans le monde de Twilight. Arrivée à Forks, elle se voit accorder quelques jours pour s'installer, et visiter la ville. Elle rencontre Jacob et les Cullens, et tente de nouer des amitiés avec eux. Y arrivera-t-elle ?


C'était mardi matin, et je ne m'étais jamais sentie aussi fatiguée de toute ma vie. Lorsque mon réveil sonna pour m'informer que c'était l'heure de me lever pour faire ma course matinale, je le jetais par terre. La journée commençait mal.

Je roulais sur le lit en grognant, et tombai sur le parquet. Toujours emmitouflée dans les couvertures du sommeil, je me dirigeai vers la salle de bain. Tant pis pour la course : j'allais prendre une douche, tout simplement. Une douche froide.

Claquant des dents sous le jet d'eau bien trop glacial à mon goût, et surement déjà trop chaud pour le bain d'un nourrisson, je me tapotai les joues pour essayer de me réveiller totalement. Ça ne marchait pas vraiment : je baillais à m'en décrocher la mâchoire.

J'avais toujours était douée pour me concentrer uniquement sur l'instant présent, mais mon inconscient, lui, aimais bien penser au passé. Mes parents étaient morts un mois auparavant, et ce n'était que la veille que j'avais réellement fait mon deuil, après être passée par une grande roue d'émotions. Entre joie intense et peur de ne pas réussir à être amie avec les personnages de Twilight, j'avais réussi à me fragiliser assez pour que ma carapace se brise.

Jamais de j'aurais pensé que tomber dans son livre préféré était aussi stressant. Les héros des livres arrivaient toujours à être amis avec les personnages que les lecteurs préféraient, si ce n'étaient pas justement les grands méchants, mais dans la vraie vie ce n'était pas comme ça.

Ou simplement, ces personnages sont nos préférés parce qu'ils sont amis avec le personnage principal, et qu'on apprend ainsi à les connaitre.

Je n'étais en rien comme Bella. J'avais réussi à obtenir une sortie entre filles avec Alice Cullen que par pur coup de chance, parce que le désespoir avait eu raison de l'équilibre de mes émotions. Elle avait semblé très amicales lorsqu'elle était partie, peu avant que je fonde en larmes parce que mes parents me manquaient. Mais Alice n'agissait-elle pas toujours ainsi ?

Je me laissai tomber sur le sol de la douche pour prendre ma tête entre mes mains et soupirai. Je n'avais jamais assez bu d'alcool pour avoir une gueule de bois, mais j'imaginais que ça ne devait pas être très différent que ce que je ressentais à ce moment-là.

Quand tu te sens triste, tu peux aller rendre visite au supers loups garous en devenir, non ? Je gloussai en entendant cela, mais je ne savais pas moi-même si c'était d'hystérie, ou par le choc d'entendre la voix parler ainsi, ou parce qu'elle avait, comme toujours, tout à fait raison.

Enfin motivée pour bouger, je me décidai à me laver les cheveux, puis descendis dans la salle du rez-de-chaussée où Charlie était encore en train de manger son petit déjeuner.

« Bonjour Oncle Charlie ! » lançai-je joyeusement en allant récolter dans la cuisine ce qu'il me fallait pour me faire un bon petit repas.

« Bonjour Angéline, » dit-il en me regardant attentivement. Je m'étais écroulée en pleurs devant lui hier soir, et il devait se demander si je faisais semblant d'être aussi joyeuse ou pas.

« Je me demandais, vu que les cours finissent tôt, est-ce que tu pourrais s'il te plait m'amener cet après-midi à La Push ? Peut-être que je pourrais y rencontrer Jacob ? Ou juste me balader sur la plage ? J'ai besoin de me changer les idées. » Je me laissai tomber dans la chaise en face de lui, et commençai à éplucher une orange pour me faire une petite salade de fruits. Charlie me dévisagea quelques instants, et accepta :

« Bien sûr. Tu sais, je suis content que tu te fasses des amis ici. »

Me faire des amis. Oui. J'espère. Pendant ce temps, je n'étais toujours proche de personne. Mais une amitié réelle et durable ne se construisait pas en un clin d'œil, non ? Ou peut-être que j'étais simplement trop difficile à vivre pour que quelqu'un soit un jour suffisamment proche de moi. J'aurais aimé avoir des frères et sœurs : eux, ils m'auraient aimée telle que j'étais, sans se soucier de mes défauts.

« J'espère que je m'en ferais. Jacob semble très gentil et ouvert d'esprit, et Alice Cullen aussi. »

« J'étais très fière de voir qu'elle t'accompagnait hier, le Dr Cullen et sa famille sont vraiment des gens bien. »

« Je pense aussi. »

Je m'étais habituée à vivre avec Charlie, et aussi à discuter avec lui. Il était plutôt brusque, mais parlait rarement. C'était plutôt agréable.

« Pourquoi n'as-tu presque que des amis Quileute ? » demandai-je soudain alors que la pensée me traversait l'esprit. De ce que j'en savais, les amis les plus proches de Charlie étaient Billy Black et Harry Clearwater.

« Tu remarqueras rapidement que les Quileutes sont pratiquement les seuls locaux à être très joyeux et ouverts d'esprit. »

Ouverts d'esprit. Oui, oui, sauf quand il s'agissait des vampires ! Si je m'en souvenais bien, et ce n'était qu'une expression parce que j'en étais certaine, ils détestaient les Cullens simplement parce qu'ils étaient des sangs froids. Mais n'avait-ce pas également un lien avec le fait que Sam les tenait pour responsable de sa rupture avec Leah et de l'accident avec Emily ?

Hum… Est-ce que je pouvais changer ça ? Je ne pensais pas que Sam avait déjà imprégné, et je n'étais même pas sûre qu'il était déjà un loup. Peut-être pouvais-je intervenir, et aider les loups garous et les Cullens à être des alliés dès le début ?

C'est une excellente idée ! me félicitai-je. Il ne reste plus qu'à trouver comment faire.

La première étape était clairement de rencontrer Sam, ou Leah, ou Emily. Et cela n'était possible que si j'allais à La Push. Ce que j'avais prévu de faire le soir même. Parfait !

Je courais à l'école au lieu de trottiner comme j'en avais l'habitude, mon cœur empli de joie et d'espoir. J'étais d'excellente humeur. J'avais pensé que la journée commençait mal ? Peut-être. Mais n'était-ce pas là l'avantage d'avoir des émotions volatiles ?

A chaque grande enjambée, j'avais l'impression de m'envoler. J'étais exactement à l'opposé de ce que j'avais ressenti la veille. Je me sentais légère, et pleine : comblée.

L'ENCRE DE LA VIE

J'arrivai au lycée avec une bonne vingtaine de minutes d'avance, et me dirigeai tout de suite vers le bâtiment d'anglais. Je ne croisai personne que je connaissais, mais je dis bonjour à tous ceux qui croisaient mon regard. Peu importait que la pluie claquait sur les fenêtres, le soleil réchauffait mon cœur autant que le haut des nuages argentés.

J'attendis le début des cours assise à ma place d'anglais, me tenant parfaitement droite, saluant les élèves qui rentraient dans la salle. Ce jour-là, je ne serai pas timide.

Les premières heures passèrent comme dans un rêve, sans aucun problème, puis arriva l'heure du déjeuner. La première chose que je remarquai en entrant, c'était que les Cullens étaient tous à leur table. Mon cœur se mit à battre à tout rompre, perçant le ballon de la montgolfière qui m'avait porté toute la matinée. Je posai pieds à terre. Ils savaient que je savais désormais. Comment allaient-ils réagir ?

Soudain, je regrettai d'avoir dévoilé mon secret la veille. Je n'aurais pas dû – pourquoi n'avais-je pas suivi ce que j'avais décidé après réflexion ? Pourquoi fallait-il toujours que je me contente de suivre mon instinct ? A quoi est-ce que ça servait d'avoir un cerveau si je ne m'en servais pas ?! J'étais en colère contre moi-même lorsque je me forçai à me rapprocher des vampires, et je les saluai non pas avec l'enthousiasme que j'aurais voulu exprimer, mais avec l'angoisse qui me comprimait la poitrine.

« Bonjour, » fis-je timidement.

« Bonjour Angéline, » me retourna Alice en souriant. Je sentais la méfiance et l'attention que me portaient les vampires. Ils ne me regardaient pas, ils semblaient détendus, mais j'avais l'impression d'être une souris passant sur le tapis de paille d'un chat. Un moindre faux pas le réveillerait, et il se jetterait sur moi, plantant ses crocs dans ma gorge.

« Je voulais vous remercier pour hier soi, surtout toi, Alice, » improvisai-je. « Et je voulais aussi m'excuser, si j'ai été rude. J'étais épuisée, et je ne réfléchissais pas aux conséquences de mes actions. »

« Il n'y a aucune chose pour laquelle tu as besoin de t'excuser, » me rassura Edward. « Et c'est nous qui devrions te remercier, car le maquillage est une excellente idée. Grâce à toi, nous pourrons désormais rester à un même endroit plus longtemps. »

« Ah, euh… D'accord. De rien. Hum… On se verra en biologie, je suppose. … Salut ? » dis-je maladroitement. Je n'étais peut-être pas captivée par le regard d'Edward au point d'en perdre toute faculté mentale comme Bella dans les livres - en réalité je regardais même partout sauf dans leurs yeux - mais il semblait qu'ils avaient tout de même le don de me faire perdre ma raison en leur présence, et de me réduire à la fille timide, bafouillante et peu sure d'elle que j'étais réellement.

« Oui, salut Angéline ! » chantonna Alice. « Je viendrai te chercher samedi matin à 8h, d'accord ? »

« Oui, pas de problèmes, » marmonnai-je avant de détaler. Etait-elle sincère, ou avais-je raison d'avoir l'impression qu'elle prenait sur elle pour être aussi joyeuse et enthousiaste ?

Le temps que j'aille chercher un plateau et que j'aille retrouver Jessica qui avait bien égaillé mon cours de maths, je n'étais plus qu'à moitié consciente de l'attention des Cullens. A moins que je m'imaginais tout ça, et qu'ils n'étaient pas en train de me surveiller pour me percer à jour.

Je m'assis à côté d'Angela, et lui demandai d'un ton léger comment se passait sa journée de cours. J'oubliai les Cullens, jusqu'au cours de biologie.

« Par pure curiosité, c'est la combientième fois que tu entends ce cours ? » demandai-je dans un souffle. Je commençai à me demander si j'avais bien produit un son, lorsque Edward me répondit :

« Cela va peut-être te surprendre, mais ce n'est que la quatrième fois. »

« La quatrième fois ? » répétai-je, effectivement surprise. Il avait été transformé en 1918 ou quelque chose comme ça si je m'en souvenais bien, disons 1920. Nous étions en 2017, … Non, en 2005. En 2004. Bref. Il avait vécu environ 80 ans en étant un vampire. Même s'il avait passé 40 ans à chasser des humains avant de revenir vers Carlisle, ce dont je doutais fortement, ça lui faisait seulement un cours de ce type tous les 10 ans. Mais ils ne restaient pas aussi longtemps dans un endroit, non ?

« Je pensais que vous aviez répété le lycée bien plus de fois, » avouai-je.

« Mais nous ne choisissons pas toujours les mêmes matières, » répondit-il. Je me tournai vers lui, surprise, pour voir qu'un sourire flottait sur ses lèvres. C'était ça le sourire qui plaisait tant à Bella ? Moi ça me donnait la chair de poule, et en plus j'avais l'impression qu'il se moquait de moi. En fait, j'en étais quasiment sure.

« Ce n'est pas drôle, » grondai-je.

« Peut-être pas pour toi, » concéda-t-il, « mais moi, cela m'amuses. Tu es très susceptible. » Cette dernière phrase sonnait comme un reproche, et j'eus soudain la sensation que mes poils se hérissaient de colère et que mes oreilles se plaquaient en arrière, comme si j'étais un loup.

« Ce n'est pas de ma faute si tu as le don de me mettre en colère ! » me défendais-je. C'était juste que j'avais l'impression qu'il se considérait comme supérieur à moi.

Ce qui est bizarre, puisque tu es sensée parfaitement savoir qu'il se considère comme un monstre sans âme.

Oui, peut-être, mais j'ai vraiment l'impression qu'il me prend de haut !

« Est-ce que beaucoup de personnes se parlent à elle-même ? » demandai-je soudain à Edward. C'était la meilleure occasion que j'avais pour savoir si j'étais folle ou pas !

« Une des premières choses dont j'ai pris conscience en développant mon don, » commença-t-il, « c'est qu'une grande majorité de la population humaine de ce monde discute intérieurement pour prendre des décisions ou pour se rassurer. Cela est moins présent parmi les miens qui ont souvent quelqu'un en qui ils font suffisamment confiance pour se confier. » Hum, intéressant, ça mérite réflexion… Mais ma bouche décida que ça pouvait attendre que le souvenir de cette discussion me revienne plus tard.

« Tu sais pourquoi je suis si susceptible lorsque tu me parles ? C'est à cause de la façon dont tu parles. Tes mots sortent sans aucun problème, fluidement, tes phrases toutes correctement tournées et formulées. N'importe lequel ''des miens'' peut facilement développer un complexe d'infériorité en ta présence. » Alors que les mots se formaient, je me rendais compte de la justesse de ma remarque.

« Il se peut que tu ais raison, » admis Edward. Comme il ne me semblait pas du tout repentant, je continuai :

« En plus de cligner des yeux trois fois par minutes et de marcher lentement, vous devriez aussi rajouter des ''euh'' et des ''hum'' et des choses de ce genre dans votre vocabulaire. Et tu devrais encourager » Je m'arrêtais brusquement en me rendant compte de ce que j'allais dire. Et tu devrais encourager Emmett à vous jouer des farces. Oh non, il fallait que ça soit moi qui lui en parle ! Et je le mettrais au défi de réussir à atteindre Edward.

« Tu portes le sourire de quelqu'un qui prépare quelque chose, » commenta mon voisin de biologie.

« N'importe quoi ! » me défendis-je.

« Et, euh… Qui devrais-je encourager, hum… et… euh… à faire quoi ? Enfin, encourager qui à faire quoi ? » Je me mordis l'intérieur des joues pour ne pas éclater de rire, jamais je n'aurais cru l'entendre parler comme ça ! En effet, ça diminuait beaucoup son côté intimidant. Mon amusement était tel que même l'idée qu'il riait clairement à mes dépends ne l'étouffa pas.

« J'espère que tu ne m'imitais pas, » gloussai-je. « Mais, tu devrais un peu réduire l'utilisation des ''euh'', ''et'' et ''hum''. Un tout petit peu, » dis-je, en écartant légèrement mon pouce et mon index pour illustrer mes propos.

« Tu voulais peut-être dire je devrais réduire mon utilisation des interjections ? »

« Interjection ? C'est le mot que je cherchais. Mais encore une fois, Monsieur, vous avez fait preuve de condescendance. Je vous prie d'avoir pitié de nous, pauvres mortels au savoir limité, et d'abaisser votre langage à une hauteur que nous pouvons appréhender. »

« Vous venez de me montrer, mademoiselle, que vous êtes plus que capable d'utiliser un langage raffiné. Pourquoi ne choisissez-vous donc pas plutôt de parler ainsi plus souvent ? Pour obtenir l'égalité, il vaut mieux élever certains qu'en baisser d'autres. »

« Vous me semblez de fort bonne humeur, » éludai-je. Je n'étais pas vraiment à l'aise avec le langage pompeux des siècles précédents, et cela pour la simple raison que je le pratiquais bien rarement. Mince, je n'arrivais même pas à écrire des textes complets sans faire quelques ''phôtes d'horteaugrafe'' ou des erreurs de conjugaison, et j'avais encore du mal à éviter le langage grossier !

« Tenteriez-vous d'éviter ma question fort pertinente ? »

« Je ne vois pas ce qui vous fais penser cela, » dis-je en faisant la moue. « T'es pas gentil, alors je vais bouder, » me plaignis-je en essayant d'imiter ma façon de parler de quand j'étais en primaire. Je n'en avais pas beaucoup de souvenirs, ce qui rendait la tâche ardue. D'ailleurs, je venais de trouver un ENORME avantage à être dans un monde où je n'avais pas de passé : personne ne se souviendrait de mon arrogance dans ma jeunesse. J'avais été persuadée d'être la meilleure à l'époque… Du moins, c'est ainsi que je m'étais comportée. Ça m'était passé désormais.

Un monde où je n'avais pas de passé. Mais Charlie et son cousin avaient échangés des mails ! Est-ce que je connaissais des gens en Angleterre, et est-ce que certains d'entre eux me connaissaient ?

Silence.

Eh, la voix qui n'a toujours pas de nom ! Je t'ai posé une question !

Silence. Je venais de me prendre un vent par une voix dans ma tête. Génial.

L'ENCRE DE LA VIE

Je n'ai jamais aussi été contente de ne prendre la voiture qu'avec un seul adulte. Cela me permettait d'être assise à la place passager - Ce n'était pas la première fois que j'étais hors la Grande Bretagne, alors pourquoi est-ce que je sursautais à chaque fois qu'une voiture venait de la gauche, et pourquoi étais-je si terrifiée par le fait que nous roulions à droite, alors que je sais que c'est ainsi dans le monde non britannique ? - et je pouvais ainsi regarder par les deux fenêtres latérales et par le parebrise sans qu'aucun obstacle ne me gâche la vue.

Je n'étais pas encore prête à essayer d'apprendre à conduire à cause du côté de circulation et continuerai donc à me déplacer à pied jusqu'à ce que j'arrêtas de sursauter à chaque véhicule que je croisais, mais j'étais déçue de ne pas pouvoir aller à La Push de mes propres moyens. Il me faudrait toujours un chauffeur.

Je ne pourrais pas venir admirer le paradis sur terre de moi-même quand je voulais être seule.

Parce que oui, La Push est pour moi le lieu le plus magnifique au monde, et était mille fois plus intéressant que le cadeau de mon père entre mes mains (un téléphone portable dernier cri de la fin de l'année 2004, ouais !).

J'avais regardé des images sur Internet après avoir lu Twilight, par pure curiosité. J'avais trouvé ça magique. Maintenant, j'étais en train de rouler en voiture dans ce paysage. Et je ne voulais plus jamais quitter ce lieu de toute ma vie. Je voulais être toujours capable de venir m'y réfugier.

La forêt, la première chose que nous avions traversé. Ce n'était pas très différent de celle sur le chemin de Forks ou de celle qui entourait la maison, mais c'était la première fois que j'étais si concentrée sur le paysage. Les arbres étaient proches, leurs branches feuillues si hautes et peu touffues. Mais il y en avait tant que le ciel n'était pas visible, et avec la fine bruine, ça ajoutait à l'aura de magie et de mystère. Les arbres semblaient s'écarter sur notre passage, comme si le chemin - on ne pouvait pas appeler ça une route - s'élargissait pour nous laisser passer.

Vert. La forêt était verte. Le haut, et le bas. L'automne n'avait pas encore commencé, et la forêt était déjà naturellement si vivante !

Puis, la plage. Lorsque je vis la mer, je crus que mon cœur allait arrêter de battre. Comment pouvait-il exister un endroit si beau dans le monde ? Jamais je ne m'étais sentie aussi reconnaissante envers mère nature qui veillait sur certains de ces trésors alors même que la croissance de l'humanité les détruisait. Que ce soit dans ce monde, avec les Quileutes loups garous ou dans celui d'où je venais, ce lieu était une pure merveille, conservée par l'amour et le respect de certains hommes pour la nature.

Je ressentis à la fois de l'horreur face au dégâts que nous, humains, faisions au monde, et à la fois de l'espoir. De l'espoir, parce que nous n'avions pas tout détruit. De l'espoir, parce que je pensais sincèrement qu'il y avait suffisamment de personnes sensibles à la beauté pour conserver les perles les plus merveilleuses. Reconnaissance. L'héritage culturel d'un peuple ne m'avais jamais autant intéressé que celui des Amérindiens, maintenant que j'avais découvert une des merveilles du monde.

Aucune architecture, aucune création humaine ne pouvait surpasser en beauté les plus grandes œuvres d'art de la nature, et celles-ci étaient si nombreuses, et si diverses !

Peut-être que je ne voulais pas rester toute ma vie ici. Je voulais découvrir d'autres de ces paysages…

Mais d'abord, j'allais profiter de chaque instant que je pouvais passer sur cette plage issue d'un conte de fée. C'était encore plus impressionnant et magique que les plages du nord de l'Irlande ou de l'Ecosse !

Une bande de sable courait tel un ruban séparant la forêt verte et la mer couleur bleu riche et profond. Des troncs et autres débris de bois s'amassaient sur la plage de sable sombre, aussi sauvage et naturel que presque toute la péninsule que j'avais pu voir. Il y avait des rochers et des falaises coupées au couteau, et ces monticules au milieu de la mer formaient des îles à couper le souffle.

L'odeur était parfaite. Pas très salée, humide et fraiche. L'air n'était pas lourd, il était… parfait. Tout était parfait. La péninsule Olympique était une des merveilles du monde, et j'avais été assez obnubilée par un livre pour ne pas m'en rendre compte tout de suite.

Soudain, je détestai Twilight. Pas l'histoire, pas les personnages, le livre. Le livre attirait des touristes dans cette région qui vivait de bois, dans cette réserve naturelle et ces territoires Amérindiens. Les touristes qui venaient parce qu'ils étaient fans du livre étaient sans aucun doute bien moins respectueux de la nature que ceux qui venaient pour l'admirer elle. L'idée même qu'un territoire d'une telle beauté puisse être commercialisé était révoltante.

J'avais envie d'en apprendre plus.

J'avais envie d'en apprendre sur plus sur la vie ici, sur la nature, sur les légendes Amérindiennes, sur leur mode de vie.

J'avais tout pensé connaître parce que j'avais lu Twilight. Je ne connaissais rien. Seulement une histoire au sujet d'une adolescente folle amoureuse.

Ma cousine. Ma cousine avait le droit de vivre une magnifique histoire d'amour, mais celle-ci ne pourra jamais surpasser en importance la nature de cet endroit. Jamais.

Je pourrais vivre la plus merveilleuse des relations en ces lieux, mais elle ne pourra pas éclipser la beauté. Non, je ne vivrais pas quelque chose en ces lieux, mais avec ce lieu. Elle ferait partie du paysage, et ne serait pas rajoutée par-dessus.

Je te le promets, chuchotai-je. Merci, merci beaucoup. J'ai compris, enfin.

Je n'avais pas besoin de loups garous ou de vampires. Je n'avais pas besoin de créatures surnaturelles. La nature était déjà suffisamment magnifique pour émerveiller quelqu'un à jamais. Non, personne ne pouvait s'en lasser.

La voiture s'arrêta au bord de la route.

« J'ai appelé Billy pour lui dire que tu allais te promener sur la première plage, Jacob viendra surement avec des amis, » déclara mon oncle, me sortant de ma torpeur, mais pas de mon état d'admiration profonde.

« C'est magnifique Oncle Charlie, » murmurai-je. « C'est le plus bel endroit au monde. »

Il ria brièvement et me posa une main sur l'épaule :

« Charmée, n'est-ce pas ? Billy sera content d'apprendre ça. »

« Hum, » acquiesçai-je distraitement. « Je vais me promener, et je t'appelle quand je veux rentrer je suppose ? J'ai ton numéro ? »

« Je l'ai enregistré dans ton téléphone avec celui de Billy. Bonne soirée, Angéline. »

Je sortis de la voiture en claquant la portière pour être sure qu'elle se ferme bien, et m'approchai d'un pas hésitant du sable. Je posai un pied dessus. Et un autre. Je fis quelques pas. Je me laissai tomber au sol. Couchée sur le ventre, la tête reposant dans mes deux mains, j'admirai le paysage.

L'ENCRE DE LA VIE

« J'en connais une qui est tombée raide dingue de La Push. Tu sais que les visages pâles sont sensés ne pas aimer la pluie ? »

« La pluie c'est très bien, » protestai-je lassement, avant de rouler sur le dos pour voir qui était là. Jacob, bien sûr, j'avais reconnu sa voix. Lui et deux autres Quileutes me surplombaient.

Ils étaient tous trois énormes, mais c'était peut-être dû au fait qu'ils étaient debout, et moi couchée. Leurs cheveux noirs tombaient sur leurs épaules, encadrants leurs expressions gentiment curieuses. Ils avaient la tête baissée pour me regarder, et souriaient, amusés.

Au moment où Jacob me tendit la main pour m'aider à me relever, je sus que j'allais passer une excellente soirée.


Note de l'auteur :

Pour écrire ce chapitre je suis allée faire un tour sur Internet, question de décrire La Push correctement. Et vous savez quoi ? Je vous conseille vraiment de le faire aussi. Vraiment. Vous ne le regretterez pas. Je vous autorise même à le faire au lieu de prendre le temps de laisser un commentaire.


Réponse à la review d'Angline :

(le 'é' ne passe pas dans les noms...)

Déjà, merci pour ta review. Après, euh... Je sais! Je n'ai pas envie de répondre à tout en détail, alors je vais juste répondre aux questions qui peuvent être intéressantes pour tout le monde, d'accord?

Premièrement, pourquoi tu as 16 ans: cela facilite ton intégration dans le monde de Twilight, ainsi il n'y a pas trop de décalage avec les personnages. De plus, sinon tu n'aurais aucune raison d'aller vivre chez Charlie. Si tu veux, imagine simplement que tu as rajeuni pendant le changement de monde.

Deuxièmement, pourquoi tes parents sont morts: tu penses vraiment que tu aurais aimé les quitter à jamais en allant dans un autre monde? L'absence d'attaches facilite le départ, et ainsi, tu n'as pas non plus à souffrir parce qu'ils te croient morte alors que tu es en vie.

Troisièmement, pour les amis, je te rappelle que je précise ''proches''. Une amitié comme celles dans les livres, tu sais? Une amitié où les personnes concernées sont toujours là pour l'autre, et où elles peuvent partager n'importe quel délire ensemble, acceptant tous les défauts des autres, et se soutenant et s'aidant mutuellement.

Pour finir, ce que je pense de Twilight... Est-ce que vous (tous ceux qui lisent les notes en fin de chapitre) me taperez dessus si je suis franche?

C'est juste une histoire d'amour pour adolescents. Ce n'est pas mauvais, mais... Il y a mieux?

Par contre, il faut que je l'avoue, c'est pas mal pour les fanfictions quand on a envie de se détendre, et quand on en à marre de Harry Potter (pourquoi n'y a-t-il presque que des fanfictions de romance? Ça en devient ennuyant à la fin... Ah oui, parce que la plupart des personnes qui les écrivent le font pour projeter un rêve. Tu sais quoi? Je vais écrire une fanfiction sans romance! J'ai déjà des idées ;-) )

Petite note: s'il vous plait, ne soyez pas offensés par mon dernier commentaire! Il y a d'excellentes fanfictions qui ne sont pas des projections de fantasmes, et il y a également des très bonnes romances ! Mais je suis sure que vous l'aviez déjà remarqué, puisque vous connaissez le site ;-)