Salut ! ^^

Merci encore à Clair-2-lune, Bergère, Eladora, Myiou, yucateca pour vos reviews qui me rendent si heureuse !

Et merci à Legelia ! ^^ Et à tous mes lecteurs anonymes qui sont toujours avec moi !

Bon, alors, c'est avec un peu de stress (mais pas autant qu'en aura Sirius dans ce chapitre ci-dessous... :P ) que je vous présente la suite de cette histoire tordue. J'espère que vous aimerez toujours autant et j'attendrai vos reviews avec hâte. :)

(Tout ce beau monde magique appartient à J.K. Rowling)

Bonne lecture !

Chapitre sept — Un stress incommensurable

Le lendemain matin, Sirius eut l'impression qu'il n'avait pas dormi. Il se sentait engourdi et terriblement lourd. Durant toute la nuit, il n'avait cessé de se tourner et de se retourner dans son lit. Ce plan du philtre d'amour lui laissait un mauvais pressentiment. Il avait peur que ça ne marche pas, que McGonagall décèle aisément l'Amortentia dans son verre et qu'elle se retourne alors aussitôt vers lui pour l'accuser une nouvelle fois. Puis il n'avait toujours pas dit à ses amis qu'il les avait dénoncés pour le Veritaserum. Une potion volée de plus dans la réserve de Slughorn ne pouvait que davantage mal tourner pour eux.

Et, par dessus tout, autant qu'il était anxieux que McGonagall découvre le philtre d'amour dans son verre, il était terrorisé à l'idée qu'elle ne s'en rende pas compte et qu'elle boive alors son jus de citrouille ou son thé d'une traite. Comment allait-elle se comporter en amour obsessionnel ? Pouvait-elle excessivement perdre la tête ? Allait-elle se ruer précipitamment sur lui, devant tout le monde, pour essayer de l'étreindre ? Et lors de la retenue de ce soir, se permettrait-elle de l'enfermer avec elle dans son bureau pour... ? Sirius ne voulait pas s'imaginer trop de choses, mais plein de questions lui torturaient l'esprit. Cela l'angoissait tellement qu'il en éprouvait, en permanence, une douleur dans le ventre.

— Cornedrue, je... je ne suis plus certain que ce soit une bonne idée, confessa Sirius d'une voix rauque, alors qu'il prenait son petit déjeuner dans la Grande Salle en compagnie de James, Remus et Peter.

Quelques Serpentard se moquaient de lui derrière son dos, mais Sirius faisait semblant de ne pas les entendre.

— Tu es inquiet, n'est-ce pas ? dit James en piquant un morceau d'œuf brouillé du bout de sa fourchette.

— Je... heu... oui, admit Sirius. Je sens que ce n'est pas une si bonne idée, après tout. Nous pourrions peut-être réfléchir à un autre plan ?

— Tu as pensé à autre chose ?

— Non, mais...

Sirius était mal à l'aise.

— C'est la meilleure chose à faire, assura James. Il faut agir vite avant que l'envie vienne à Servilus d'aller tout raconter à McGonagall et ainsi tout faire échouer.

— Servilus n'a peut-être aucune envie d'aller tout lui raconter, justement, suggéra Sirius. Vraiment, Cornedrue, tu crois que Servilus oserait lui révéler qu'il me fallait renouveler le pari pour que le maléfice me soit conjuré ? La connaissant, elle va le renvoyer de l'école et lui en vouloir à mort de m'avoir ôté la seule chance qui me restait pour me débarrasser de ces furoncles.

Remus, qui les écoutait attentivement, se caressa la lèvre inférieure d'un air pensif.

— Ça a du sens, ce que tu dis, Patmol, reconnut-il.

— Évidemment, dit Sirius, soulagé qu'il comprenne.

— Mais qu'est ce que tu essaies de nous dire, exactement, Patmol ? demanda James en soupirant. Tu as peur qu'elle s'élance vers toi dès qu'elle avalera la potion, c'est ça ? Tu as peur qu'elle essaie de t'embrasser devant tous les élèves ?

— Heu... oui... en quelque sorte, avoua Sirius d'une voix réticente, mais j'ai surtout peur qu'elle décide de vous renvoyer, toi et Queudver. Elle sait déjà que vous êtes allés voler du Veritaserum dans la réserve de...

— Ah non, Patmol ! s'exclama James. Tu ne nous as quand même pas dénoncés ?

Peter se figea, la fourchette à mi-hauteur de sa bouche.

— Non !

— Elle m'a forcé, répliqua Sirius, sur la défensive. Je n'avais pas le choix, sinon elle me renvoyait.

— Bon, fit James d'un ton acerbe, alors je suppose que McGonagall va venir nous convoquer à son bureau bientôt.

— Je suis désolé, dit Sirius. Mais il est difficile, parfois même impossible, de lui cacher des choses. McGonagall sait toujours tout, et ça m'agace énormément ! Je me demande si elle n'a pas déjà découvert que ma seule chance de lever le maléfice est de retourner relever ce défi stupide.

— Non, je ne crois pas, assura Remus.

Sirius tourna les yeux vers la table des professeurs. McGonagall et le professeur Goldstein, le visage grave, étaient en grande conversation et il se demanda s'ils n'étaient pas en train de parler de lui.

— Ce ne sera que quelques gouttes seulement, chuchota James, penché vers Sirius. Juste assez pour la troubler un peu quand elle sera à proximité de toi. Tu n'as pas à t'inquiéter, Patmol, je suis sûr que ce sera plus amusant qu'autre chose.

— Ça, c'est si tu ne te fais pas prendre... avisa sombrement Sirius.

— Je ne me ferai pas prendre, voyons. La rumeur qui dit que tu es amoureux de McGonagall circule encore dans le château. Rien que pour cela, il est certain qu'elle pensera que l'idée du philtre d'amour viendrait de quelqu'un qui aurait voulu te jouer un mauvais tour. Mulciber, par exemple. Que ce soit l'un de tes amis qui aurait fait cela n'aura aucun sens pour elle, j'en suis persuadé. Tu n'auras qu'à regarder ailleurs lorsque j'irai verser la potion dans son jus de citrouille lors du dîner de ce soir, au cas où ça éveillerait des soupçons, et tout devrait bien aller.

— Bon, d'accord, accepta Sirius, un peu rassuré. Dans ce cas, si ce n'est que quelques gouttes, je veux bien essayer. Mais tu es sûr que cela suffira pour ne pas qu'elle songe à me punir cette nuit, lorsque j'irai frapper à ses appartements une nouvelle fois ?

— Patmol a raison, Cornedrue, dit aussitôt Remus. Verse au moins la moitié de la fiole !

— La moitié de la fiole ? s'affola Sirius dans un geste qui faillit renverser la carafe de jus d'orange. Ce sont des plans pour qu'elle me saute dessus dans un coin sombre, Lunard !

— Prenons plus de temps pour réfléchir, alors, proposa Remus avec fermeté. Tu n'auras qu'une seule chance pour réussir ton défi, Patmol. Nous devons donc être très prudents dans nos choix si nous voulons que tu y parviennes.

— Oui, bonne idée, approuva Sirius, réfléchissons encore. Mais il ne faut pas oublier que je n'ai que trois mois en tout. Après ça, j'aurai terminé mes études et il me sera alors impossible de me libérer du maléfice. À moins de revenir à Poudlard en tant que professeur de défense contre les forces du Mal, ajouta-t-il d'un ton ironique.

— Mais, réfléchir à quoi ? demanda James d'un air agacé. On a déjà réfléchi et le philtre d'amour me semble être la meilleure solution.

— Mais pas du tout, objecta Remus, ce n'est pas la meilleure. La meilleure solution, quant à moi, est de la séduire...

— Oh, Lunard ! soupira Sirius, irrité. Mais qu'est-ce que vous avez tous à tant vouloir que je la séduise ?

Peter déposa bruyamment son verre sur la table après en avoir bu une longue gorgée.

— Tu as toujours eu toutes les filles que tu voulais, répéta-t-il vivement. Je ne vois pas pourquoi tu ne t'essaierais pas ! Ce serait si facile et naturel pour toi et beaucoup moins dangereux qu'un philtre d'amour !

— Elle ne se laissera pas duper, Queudver ! s'écria Sirius, s'attirant les regards curieux des élèves à proximité. On ne peut pas s'attendre, reprit-il dans un murmure, qu'elle ne trouvera pas cela bizarre que je me montre soudain gentil avec elle. Et je vous rappelle à tous que je ne peux pas séduire quelqu'un que je n'aime pas !

— Tu n'aimais pas non plus Jessica Doyle, l'année précédente, quand tu as décidé de la charmer pour lui emprunter son jeu de Bavboules, fit remarquer Peter.

— Ce n'est pas la même chose ! protesta Sirius. Doyle n'était pas un professeur ! Et elle n'avait pas cinquante ans !

— L'âge n'a pas d'importance lorsqu'on est en amour, Patmol, mentionna Remus avec calme.

— MAIS JE NE SUIS PAS EN AMOUR !

La carafe de jus d'orange tomba sur le côté, renversant son contenu dans l'assiette de James et de Peter. Sirius se rendit compte qu'il était debout alors qu'il ne se souvenait pas de s'être levé. Le tumulte de conversation dans la Grande Salle s'estompa et tous les élèves autour le regardèrent d'un air intrigué. Sirius se sentit gêné. Même McGonagall avait cessé de causer avec le professeur Goldstein.

— Viens, dit James en se levant de table.

Suivi de tous les regards, il entraîna Sirius hors de la Grande Salle.

— Nous savons que tu n'es pas en amour avec McGonagall, Patmol, murmura James avec sérieux, tandis qu'ils se rendaient à la salle commune.

— Je sais, répondit Sirius avec mauvaise humeur.

— On essaie seulement de t'aider, mais ce n'est pas facile. Tu es toujours en train de t'emporter contre nous.

Ils s'arrêtèrent dans un étroit corridor désert et Sirius alla s'asseoir sur le socle d'une armure.

— C'est parce que je n'en peux plus, Cornedrue, gémit-il en se prenant le visage dans les mains, je n'en peux plus ! Je n'aurais jamais dû accepter de tenir ce pari stupide. J'ai été tellement idiot ! Maintenant, on dirait que je suis condamné à le regretter toute ma vie !

James s'assit à côté de lui et lui tapota doucement l'épaule.

— Tout ça sera fini ce soir, tu verras.

— Ah oui ? hoqueta Sirius entre ses mains. Eh bien, je ne le sens pas, tu vois. McGonagall est trop intelligente. On ne peut pas gagner contre elle !

— Gagner ? Il ne s'agit pas de compétition, Patmol. Il est uniquement question de te libérer de ton sort, et je m'y arrangerai personnellement. Ce soir, je vais aller verser de l'Amortentia dans le verre de McGonagall — s'il te plaît, Patmol, écoute-moi jusqu'au bout avant de protester — et, à ce moment-là, tu vas devoir être ailleurs pour ne pas qu'elle ait aucun doute envers toi — et aussi pour ne pas qu'une envie soudaine la prenne d'aller te sauter au cou au beau milieu de la Grande Salle. Ensuite, je demanderai à Lunard ou à Queudver pour que l'un d'eux t'accompagne lors de ta retenue, par précaution. Ils seront bien capables d'intervenir si jamais l'Amortentia s'avérait trop puissant...

— Pourquoi ne pourrait-on pas lui faire boire le philtre d'amour après ma retenue ? interrompit Sirius qui restait sceptique quant à ce plan hasardeux.

— Oui, je sais, ce serait mieux ainsi, admit James, mais l'as-tu souvent vue boire quelque chose lors des retenues ?

— Non, répondit Sirius, enfin, si... J'ai cru remarquer une tasse de thé sur son bureau.

— D'accord mais ce ne serait pas très astucieux d'aller verser de l'Amortentia dans sa tasse, à ce moment-là. Tu seras seul avec elle. Ce serait alors facile pour elle de t'accuser de l'avoir fait, après ça. Le mieux reste de le faire dans la Grande Salle, là où il est possible que n'importe qui puisse le faire.

— Mais je vais passer au moins quatre heures, enfermé dans son bureau, seul avec une femme qui ne pensera qu'à me... qu'à me...

— Tu ne seras pas seul, assura James. Lunard ou Queudver sera avec toi, sous la cape d'invisibilité ! J'aurais bien voulu que ce soit moi, mais je suis, hélas, en retenue avec Rusard.

— Et qu'est-ce qui me dit que son obsession pour moi durera jusqu'à une heure du matin ? objecta Sirius en se tortillant les doigts avec nervosité. Elle pourrait très bien penser aller voir Slughorn pour qu'il lui donne un antidote...

— Lorsqu'on est sous l'effet d'un philtre d'amour, Patmol, rappela James, l'obsession est tellement intense qu'on ne se rend pas compte qu'il puisse s'agir d'un philtre d'Amour. On croit à nos émotions fortes ! Surtout lorsqu'on parle de l'Amortentia qui est le plus puissant des...

— Oh, oui ! Super ! trancha Sirius d'un ton ironique. Que c'est rassurant d'apprendre ça pour quelqu'un qui va devoir passer des heures, dans la même pièce, avec une McGo intensément obsédée !

— Tiens le coup, Patmol ! insista James. Après ça, tout rentrera dans l'ordre ! Nous serons avec toi, cette nuit, lorsque tu te rendras à ses appartements. Et si jamais elle est sur le point de déclarer que tu fais perdre des points à Gryffondor ou bien que tu es renvoyé, nous nous arrangerons pour l'interrompre à temps pour que tu puisses prendre la fuite. Mais ça me surprendrait. Quant à moi, elle serait plutôt encline à te croire et t'inviter à entrer chez elle.

Sirius eut un petit rire incrédule.

— C'est trop facile à dire...

— Eh bien, c'est ça ou la séduire, Patmol, dit James avec défi.

Il y eut un silence, puis Sirius soupira en grimaçant.

— Puisqu'il le faut...

...

Jamais Sirius n'avait souffert d'autant de stress en une seule journée. Son estomac s'était contracté de plus en plus, à mesure que la soirée approchait, et il lui semblait qu'il serait beaucoup moins terrifiant de braver sous sa forme humaine Remus lors de la pleine lune, que d'affronter une McGonagall follement amoureuse de lui.

Pendant le cours de métamorphose, il n'avait cessé de lui jeter des regards furtifs, analysant chacun de ses mouvements, comme s'il pouvait y apprendre là la façon de mieux la repousser si jamais elle se ruait sur lui pour le serrer étroitement dans ses bras. Il avait examiné ses poignets, ses épaules droites, sa taille fine. Puis il se rappela la force avec laquelle elle lui avait empoigné le bras, quatre jours passés, devant la porte de ses appartements. Serait-il capable de la tenir à distance de lui ? Il avait la nausée de n'avoir pu s'empêcher d'imaginer une tonne de scénarios dans lesquels il se voyait victime d'une terrible tigresse acharnée.

— Tout va bien aller, ne cessait de le rassurer James entre chaque cours. Et arrête de te passer tout le temps les mains dans tes cheveux comme ça. Tu n'as jamais été aussi échevelé. Tu es supposé agir naturellement. J'ai vu McGonagall, tout à l'heure, te regarder avec soupçons. Si tu continues comme ça, Patmol, tu vas finir par tout faire rater.

— Mais j'essaie, répliqua Sirius en se triturant les doigts, mais ce n'est pas facile ! Tu n'as pas idée à quel point ça m'énerve de devoir passer ma retenue avec une McGonagall sous l'effet d'un philtre d'a...

Chut ! murmura James en lançant un regard inquiet au groupe de Serdaigle qui les suivaient derrière eux. Tout va bien aller, je te dis !

Mais Sirius n'arriva pas à se convaincre que tout allait bien se passer. Son anxiété décupla au moment où Queudver vint lui apprendre qu'il avait réussi à se procurer une fiole d'Amortentia, et lorsqu'il fut le temps de dîner, Sirius eut l'impression qu'il allait mourir d'une crise cardiaque, tant son cœur battait violemment entre ses côtes.

— Calme-toi, dit Remus en regardant Sirius se verser un jus de citrouille.

Ses mains tremblaient tellement qu'il en répandait partout autour de son verre. Peter s'éloigna un peu de lui avec son assiette.

— Si tu veux, proposa Remus, il n'est pas trop tard pour changer d'avis. Cornedrue devrait arriver sous sa cape d'invisibilité dans quelques instants. Tu peux toujours lui demander de...

— Non, ça va, interrompit Sirius en s'efforçant en vain de tenir un ton égal. Si ce n'est pas maintenant, ce sera pour un autre jour. Et je n'ai vraiment pas envie de passer une autre journée comme celle-là, à me rendre malade.

Il engloutit son jus de citrouille d'un trait et reprit la carafe en marmonnant :

— Un philtre d'amour, c'est toujours mieux que de devoir se ridiculiser à essayer de lui faire des beaux yeux, non ?

Cependant, il lui sembla soudain que séduire le professeur McGonagall serait beaucoup plus facile que de devoir la supporter sous l'effet de l'Amortentia.

— Salut, Patmol, c'est moi !

Sirius sursauta et la carafe lui glissa des mains. Une grosse flaque orange se rependit sur la table.

— Ah non ! se plaignit Peter en se levant. Pas encore !

Remus sortit sa baguette de sa poche et fit aussitôt disparaître le dégât.

— Je suis désolé, murmura James à l'oreille de Sirius, invisible sous sa cape. Je ne voulais pas te faire peur.

— Ça va, répondit Sirius en se passant les mains dans les cheveux. Je suis simplement un peu nerveux.

— Hé, Black ! s'écria la voix de Avery derrière lui. Qu'est-ce qui se passe chez toi ? Cela fait deux fois aujourd'hui que tu renverses la carafe ! Je ne savais pas que le professeur McGonagall te faisait autant d'effet lorsqu'elle se trouvait dans les parages !

— Va te faire cuire une grosse crotte de troll, Avery ! répliqua Sirius en se retournant vers lui, les poings serrés.

— Patmol, attention, avertit Remus à voix basse, voilà justement le professeur McGonagall qui s'avance vers nous.

Avery se leva de la table des Serpentard et regarda Sirius d'un air menaçant. Rogue, à côté de lui, souriait férocement.

— Tu peux me répéter ça, pour voir ? lança Avery. Vas-y, répète !

— Eh bien, si tu veux ! répondit Sirius en se levant à son tour pour lui faire face.

Remus allongea le bras par-dessus la table et essaya en vain de l'attraper.

— Non ! Patmol, non !

Mais Sirius l'ignora et répéta d'une voix forte :

— Va-te-faire-cuire-une...

Qu'est-ce qui se passe, ici ?

Le professeur McGonagall s'arrêta entre les tables de Gryffondor et Serpentard et regarda successivement Sirius et Avery. Tous les élèves autour tournèrent la tête vers eux, l'air curieux.

— C'est lui, professeur, dénonça précipitamment Remus en pointant Avery du doigt. Lui et ses amis Serpentard n'arrêtent jamais d'harceler Sirius. Ils n'arrêtent pas de dire que... Enfin, c'est eux qui ont lancé la rumeur sur...

Il leva les yeux vers Sirius en rougissant.

— Oui ? dit sèchement McGonagall.

— Ce n'est pas nous qui avons lancé cette rumeur ! protesta Avery. Professeur, Black m'a insulté !

— Moi ? T'insulter ? s'insurgea Sirius dont les entrailles bouillonnaient. Et toi, Avery, je suppose que tu ne m'accables jamais avec tes sarcasmes tous les jours ?

— Quels sarcasmes ? répondit Avery avec défi. Quels sarcasmes, hein ? Allez, tu peux me répéter une phrase que je t'aurais dit ?

Avery savait que Sirius serait mal à l'aise de répéter une de ces phrases en rapport avec son soi-disant amour en face du professeur McGonagall. Mais Peter, apparemment, n'éprouva aucun malaise lorsqu'il répondit à sa place :

— Tu n'arrêtes pas de clamer à tout le monde que Patmol est amoureux d'elle, dit-il en désignant le professeur McGonagall d'un mouvement de menton, alors que ce n'est pas vrai !

— Merci, Queudver, marmonna Sirius en se refusant de tourner la tête vers McGonagall.

— Je ne clame pas, je pose des questions, c'est tout, répliqua Avery, sur la défensive. J'ai entendu parler, tout à l'heure, que tu n'arrêtais pas de lui jeter des regards en biais, durant tout le cours de métamorphose. On dit aussi que tu es très troublé quand elle est près de toi, comme en ce moment, d'ailleurs.

Plusieurs Serpentard, dont Rogue, ricanèrent.

Tais-toi, espèce de...

Sirius voulut lui sauter à la gorge. Cependant, une main ferme l'en empêcha.

— Ça suffit ! s'écria McGonagall. Black, apprenez à maîtriser vos humeurs ! Quant à vous, Avery, j'enlève trente points à Serpentard ! Comment pouvez-vous avoir l'audace de proférer de telles balivernes ?

Elle sembla choquée. Sirius vibrait de colère.

— Mais regardez-le, professeur, insista Avery, et voyez vous-même que je ne raconte pas de balivernes. Black a vraiment l'air troublé...

Avery !

McGonagall lui décocha un regard d'avertissement et Avery se tut aussitôt.

— Bon, fit-elle en se retournant vers Sirius. Black, le professeur Goldstein vous demande à l'infirmerie dans une demi-heure. Vous pouvez y être ?

Derrière le dos de McGonagall, Sirius vit Avery échanger des sourires moqueurs avec Rogue et ses amis Serpentard.

— Oui, répondit-il froidement.

— Bien. Vous viendrez me rejoindre ensuite dans mon bureau.

Puis elle retourna rejoindre la table des professeurs.

Frustré, Sirius se rassit en face de Remus, repoussa son assiette et posa les coudes sur la table.

— Tu l'as échappé belle, souffla Remus, soulagé. Tu aurais pu écoper d'une autre semaine de retenues.

Sirius resta silencieux. Toutes ces rumeurs et ces sarcasmes l'exaspéraient énormément. Il avait hâte que toute cette horrible histoire de pari se termine enfin, que tout redevienne comme avant, comme dans le temps où les filles se pâmaient encore devant lui et qu'elles ne le pointaient pas du doigt comme elles le faisaient maintenant, pour se moquer de lui.

— Tu crois que le professeur Goldstein a trouvé quelque chose contre tes furoncles ? demanda Remus en fronçant les sourcils.

— Je ne sais pas, répondit Sirius d'un air absent. Probablement pas...

Remus se frappa le front du plat de la main.

— Ah, c'est malin ! s'exclama-t-il. Et si le professeur Goldstein parvenait à te lever le maléfice ?

Il se pencha vers Sirius et poursuivit à voix basse :

— Il aurait été plus sage d'attendre avant de passer au philtre d'amour tout de suite, tu ne crois pas ?

Sirius hoqueta de surprise. Avec l'épisode récente de Avery, il avait momentanément oublié qu'il allait bientôt devoir subir une McGonagall sous l'effet de l'Amortentia. Il tourna la tête précipitamment vers la table des professeurs et son cœur se serra lorsqu'il la vit saisir son verre et l'attirer lentement à ses lèvres.

— Va-t-en, Patmol, murmura soudain la voix de James à son oreille. Elle est sur le point de boire le philtre d'amour !

Merci d'avoir lu ! :) Maintenant dites-moi tout ! X) J'attends vos reviews avec impatience !