Chapitre 7 : 24 Janvier 1971 : Les Fugitifs :
Le reste de la soirée passa lentement aux yeux de Scarlett, très lentement. Elle s'était comportée le plus normalement possible, cachant son impatience sous un masque d'impassibilité et de calme. Elle n'avait presque pas parlé avec Jack, personne ne pouvait se douter de quoique ce soit, seule Marian savait qu'ils se fréquentaient, car il avait bien fallut expliquer à l'intelligente blonde les raisons de ses absences répétées.
Après un dîner très calme, les trois jeunes Serpentardes retournèrent sagement dans leur salle commune où Scarlett égréna les minutes avec difficulté. Vers dix heures passées, la salle commune était vide Scarlett avait du monter avec ses amies pour ne pas éveiller de soupçon. La sécurité était en effet très élevée dans le château, à cause des temps qui couraient.
*Mais bon, le jour où des mangemorts entreront à Poudlard sous le nez de Dumbledore, je casserai ma baguette en deux !*
Scarlett descendait silencieusement les marches, la cape pliée sous le bras. Elle entendit un léger bruit, puis :
-Tu en as mis du temps, murmura JFK, j'espère que tes amies ne se sont rendues compte de rien.
-Non, assura-t-elle, bon allons-y.
-Comment ? Demanda-t-il avec étonnement, on ne peut se rendre invisible que je sache!
La jeune fille accentua son sourire et déploya avec un grand geste théâtral la cape d'invisibilité. Son ami en eût le souffle coupé. Il resta silencieux, la bouche grande ouverte comme frappé d'effroi. Puis il se reprit rapidement, et toucha d'un air appréciateur la cape. Puis les deux sorciers sortirent furtivement de la salle commune. Scarlett étendit la cape sur eux, et, tant bien que mal, les deux Serpentards se dirigèrent vers la Bibliothèque. Ils eurent quelques difficultés à retrouver leur chemin, mais y parvinrent au bout de quelques minutes.
*Ce qui est en soi un exploit, se retrouver dans le château au beau milieu de la nuit, au risque de se faire choper par Miss Teigne ou Rusard n'est pas une mince réussite !*
-Arrête toi là, chuchota soudain Jack, c'est ici.
Le jeune Serpentard pointa sa baguette sur le verrou et murmura :
-Alohomora.
La porte s'ouvrit avec un léger grincement, les deux fugitifs s'engouffrèrent dans la bibliothèque silencieuse. Il y régnait une atmosphère sombre, un silence quasi fantomatique. L'air était empreint de malaise, comme si les livres savaient que les deux enfants commettaient un délit.
-Voilà la porte de la réserve, dit Scarlett, tu avais raison, Pince n'a mit en place aucune protection…
Jack hocha la tête, et actionna le verrou, les mains tremblantes d'excitation. La porte s'ouvrit dans un grondement, et il s y entrèrent.
-Par ici, chuchota Jack, regarde qu'est ce que je te disais ! Tout un rayon…
Scarlett s'avança, hypnotisée, et attrapa un numéro jauni, datant de 1963.
-Les numéros sont classés, remarqua-t-elle, aide-moi à trouver le numéro du 4 Février 1962, c'est ma date d'adoption et mon anniversaire.
-D'accord.
Après quelques minutes de recherches, Jack murmura avec une voix d'outre-tombe :
-Regarde, j'ai trouvé un numéro datant de deux jours avant ton adoption, le 2 Février 1962.
-Et pour le 4 Février ? Questionna-t-elle.
Il hocha la tête négativement, puis ajouta :
-Les numéros des 3,4 et 5 Février ont été retirés, il ya encore des traces de poussières.
Scarlett en fut abasourdie, elle jeta un regard désespéré au numéro du 2 Février 1962. En première page, un article sur une quelconque conférence. Elle tourna les pages avec précipitations, et tomba sur un miniscule article :
MEURTRE D'UN COUPLE DE SORCIER DANS DES CIRCONSTANCES ATROCES :
Hier soir, vers minuit, Mrs Erika S., en sortant son chat, entend, un bruit soudain. « C'était, raconte-t-elle, comme le bruit d'une personne qui vient de transplaner ». Nous sommes dans un petit village du nom de Little Hangleton, dans le nord du pays. C'est une région peuplée majoritairement de Moldus, mais quelques unes des grandes familles de sorciers y ont vécu : Les Gaunt, descendants de Salazar Serpentard, en sont la plus connue. Mais, quelques sorciers isolés vivent au sein du village, parmi les moldus ou isolés dans leurs propriétés. Mrs S. , sorcière de son état, témoigne du meurtre qu'elle a vu se commettre sous ses yeux impuissants : « Une ombre est soudain apparue sous ma fenêtre, c'était un homme de grande taille, enveloppé d'une longue cape noire. Il s'est dirigé vers la « maison des Jeux du Sort », explique-t-elle, il en est ressortit quelques instants plus tard, et a traversé la rue. Il est entré dans la maison des Hewitt-Dawlish, qui se trouve en face de la mienne. Au bout d'un moment, j'ai cru qu'il était parti, mais j'ai clairement distingué un éclair vert dans le vestibule, Ajoute-t-elle en frissonnant. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie, j'ai cru qu'il en avait fini, mais il est monté au premier, j'ai vu cachée derrière mes rideaux Renata Hewitt courir dans la chambre du bébé, elle avait l'air terrifiée, et pâle, mais elle n'a pas crié, elle a eu l'air de parler avec l'homme encapuchonné, puis celui-ci a levé sa baguette, elle a levé la sienne… Mais elle n'a pas tenu longtemps contre lui… Elle s'est effondrée sur le berceau… Je… J'ai tellement eu peur pour le bébé ! J'ai cru qu'il l'avait tué mais l'homme n'a pas eu l'air de trouver ce qu'il cherchait, alors il a dévasté la maison. C'est là que j'ai appelé les Aurors, mais ils sont venus trop tard… Il était déjà parti… Parti, en ayant tué John et Renata Hewitt-Dawlish… ».
A l'arrivée des fonctionnaires du Ministère, la maison des Dawlish est dévastée. Une partie de la maison s'est effondrée sous le choc du sortilège. Les corps ont été emportés par les médicomages, afin d'être examinés, mais selon les premières constatations, il semblerait que Mr Dawlish ait été torturé avant d'être achevé par le sortilège de mort. Quant à Mrs Dawlish, il semblerait qu'elle ait subi plusieurs sortilèges relatifs à la magie noire, avant d'être achevée par un sortilège de découpe. On ignore toujours les raisons de ce massacre.
Mrs Renata Hewitt-Dawlish était guérisseuse à l'Hopital Ste Mangouste des maladies et blessures magiques, c'était une sorcière estimée et respectée dans toute la communauté sorcière pour ses prises de positions contre le Seigneur des Ténèbres.
Son époux, John Dawlish, était membre du Magenmagot et travaillait au Ministère de la Justice. Il a jugé et envoyé à Azkaban 45 Mangemorts depuis sa prise de fonction en Mai 1954.
Nous présentons toutes nos condoléances à leur famille et leurs proches.
L.S O'Hara
Scarlett fut saisie d'étonnement, comment était-ce possible ? Depuis quand sa mère écrivait-elle à la Gazette ? Pourquoi écrivait-elle un article aussi triste sur des personnes dont Scarlett n'avait jamais entendu parler ?
-Regarde, murmura-t-elle à Jack, je suis sûre que ma mère a écrit cet article. Qu'est ce que tu en penses ?
-C'est bizarre, répondit-il, saisi d'étonnement, je croyais que les familles de sang-pur étaient pour Tu-Sais-Qui, et lui fournissaient des Mangemorts…
-Apparemment non, il existe de grandes familles qui n'ont pas voulu se joindre à lui, comme les Potter, les Weasley, les Prewett.
-Oui, mais ce sont des sorciers qui ne sont pas passés par Serpentard, rétorqua Jack.
-Il y a bien les Moon, dit Scarlett en plissant les yeux, malgré le fait qu'ils soient presque tous passés par Serpentard, ils ne se sont pas engagés du côté du Seigneur des Ténèbres, mais…
-Mais ? Insista le jeune garçon.
-J'ai entendu des trucs bizarres, au détour des conversations des adultes dans ma famille. Il paraît que…
Scarlett s'interrompît, et tendit l'oreille. Elle crut entendre un léger grincement. Comme pour confirmer ses pensées, Jack remit précipitamment les journaux dans leurs emplacements, et sortit sa baguette en tremblant. Le bruit semblait venir d'une rangée de livres non loin du rayon de la Gazette. Scarlett sortit sa baguette, et attrapa la cape de l'autre main. Jack tenait la lourde lampe à huile, qui éclairait mal la Réserve. Hypnotisés, les deux enfants s'approchèrent de la source du bruit.
-C'est juste pour jeter un coup d'œil, mumura Scarlett, plus pour elle-même que pour Jack, on va juste voir…
Le bruit s'accentuait, et semblait provenir de l'un des livres. Scarlett attrapa le lourd volume marron, il avait pour titre : « Renata »
*Renata ? C'est pas le nom de la guérisseuse morte ?*
Elle montra le livre à Jack, qui fronça les sourcils et lui demanda :
-Je me demande ce que fait un livre sur des moldus dans la Bibliothèque.
-De Moldus ? S'étonna Scarlett, mais… Ce livre parle de la guérisseuse morte, Renata Hewitt.
-Ne sois pas ridicule Scarlett, ce livre a pour titre « La véritable Histoire des Kennedys », répliqua Jack.
-Comment est-ce possible ? Demanda Scarlett avec une petite voix, pourquoi est-ce qu'on ne lit pas la même chose ?
-Il n'ya qu'un seul moyen de le savoir, répondit Jack, ouvrons le livre.
D'un ample mouvement, il ouvrit le livre au milieu. Une plainte spectrale en sortit, et un visage semblait se dessiner dans les plis de la double-page. Désorienté, Jack le referma d'un coup brusque, et dans son élan, renversa la lampe dans un vacarme épouvantable.
Les deux Serpentards se regardèrent, épouvantés, et sortirent en courant de la Réserve. Soudain, Scarlett se rappela de la cape et s'empressa de la jeter sur la tête de Jack et la sienne.
Il s'en était fallu de peu ! Au détour du couloir, ils se trouvèrent face à Miss Teigne et à son patibulaire propriétaire, Rusard. Scarlett se raidit et attrapa le coude de son ami.
*On est fichus…*
Jack l'attrapa par les épaules et doucement, sans gestes brusques, il la guida de façon à contourner le concierge. Celui-ci passa devant eux sans les voir et entra dans la Bibliothèque, Miss Teigne les fixa intensément, comme si elle pouvait les voir, puis trottina à la suite de son maître avec un miaulement sinistre. Jack soupira de soulagement, Scarlett respira.
-On doit y aller, chuchota-t-elle, on déjà eu de la chance de ne pas s'être fait prendre par Rusard.
Jack approuva d'un signe de tête, et les deux Serpentards se mirent à courir vers la Salle Commune, ou du moins, vers ce qu'ils croyaient être la Salle Commune, car au bout d'un moment, ils se surent perdus dans le château.
-On est perdus, annonça sombrement Scarlett, et on va avoir des problèmes…
-De gros problèmes, ajouta Jack, mais on doit continuer à chercher.
Ils entendirent des bruits de pas arriver dans leur direction, c'étaient des pas secs, résonnant, comme ceux de bottines à talons.
*Le genre de bottines ringardes qu'affectionne Mcgonnagall…*
Elle regarda Jack, paniquée. Il semblait penser la même chose. Ils remirent la cape, et accélérèrent le pas.
-Entre dans la première salle que tu trouveras sur ton chemin, chuchota Jack.
Elle opina et poussa doucement la porte de la salle des enchantements. Jack poussa le verrou, et ils purent enfin respirer.
Il se tourna vers Scarlett avec un sourire de soulagement.
-C'est notre première escapade dans le château, et on ne s'est pas fait prendre.
Scarlett approuva avec un sourire de fierté.
-Ca ne saurait tarder Kennedy.
Ils sursautèrent, et s'approchèrent du coin d'où provenait la voix. Scarlett fut soulagée immédiatement quand elle reconnut son propriétaire.
-James ! Je croyais que tu ne devais pas sortir ce soir, s'écria Scarlett.
-Je ne devais pas sortir avec la cape, nuance, répondit James, amusé. Et puis, on s'est dit que c'était plus drôle.
-Salut Scarlett, dit Remus en souriant.
Scarlett remarqua que la bande était là au complet : James, Remus, Sirius et Peter souriants, le regard légèrement moqueur.
-Euh… Je vous présente Jack Kennedy dit-elle, Jack, voici James, Sirius, Remus et Peter.
Jack hocha la tête.
-Qu'est ce que vous faites ici ? Demanda Sirius.
-On pourrait vous retourner la question, répondit Jack.
Sirius le foudroya du regard.
-Du calme, dit Scarlett, ne vous tuez pas. On avait décidé de faire un petit tour dans le château.
-Nous aussi, dit James, on voulait vérifier quelques pistes pour le passage des cuisines.
-Et tu as trouvé ? Demanda Scarlett intéressée.
-Non, répondit James dépité, mais je suis presque sûr qu'elles sont dans les sous-sols, puisque les plats passent à travers le plafond jusque dans la Grande Salle.
-Oui, c'est ce qu'on m'a dit, répliqua Scarlett, mais tu finiras bien par trouver.
Il y eut un moment de silence.
-Vous fuyez Mcgonnagall ou Rusard ? Demanda soudain Scarlett.
-Les deux, dirent les Gryffondors en chœur.
Jack esquissa un sourire.
-Je crois que Mcgonnagall est passée, dit Jack, on devrait retourner à la salle commune, il est presque cinq heures du matin.
-On va faire pareil, répondit James, mais je ne comprends pas, ajouta-t-il, vous êtes à l'opposée de la Salle commune de Serpentard.
-On s'est perdu, répondit Jack.
-D'accord… Dit Remus avec un léger sourire, si vous voulez vous pouvez venir avec nous jusqu'au couloir principal. De là, vous pourrez retrouver votre chemin jusqu'à votre salle
-Et pourquoi vous feriez cet acte de gentillesse et de générosité envers nous ? Demanda Jack en haussant un sourcil sarcastique.
-Parce qu'on risque de se faire prendre tous ensemble et de passer une joyeuse soirée dans le bureau de Rusard, accrochés par les poignets au plafond à gémir, répondit James.
-C'est une bonne raison, conclut Jack, allons-y.
Les six élèves sortirent furtivement de la salle de classe, et se dirigèrent vers les dortoirs. Arrivés à une intersection, Scarlett se heurta bruyamment à une silhouette vêtue d'une robe de chambre rouge, jurant horriblement avec les cheveux de sa propriétaire.
-Lily ! S'écria James.
-Evans ! Qu'est ce que tu fais là, demanda Scarlett.
-Tu devrais être dans ton dortoir, ajoutèrent Remus et Peter en chœur.
-Et vous aussi d'ailleurs ! Répliqua-t-elle d'un ton mauvais.
Lily Evans, du haut de son mètre quarante-huit, fulminait de rage et d'indignation. Elle les jugea sévèrement du regard, et, d'un ton moralisateur, ajouta :
-James ! Je suis vraiment déçue ! Je te croyais plus mature que ça ! Et toi Remus, comment oses-tu prendre le risque de perdre tous les points que tu as fais gagner à notre maison !
James rougit violemment et baissa les yeux, on aurait dit qu'il s'était fait remonter les bretelles par Merlin lui-même.
-Quant à vous deux ! Ajouta-t-elle en se tournant vers les deux Serpentards, vous rendez-vous compte des problèmes que vous pourriez vous attirez, quel égoïsme ! Prendre le risque de vous faire prendre ! Je suis outrée !
-Calme-toi Evans, rétorqua Scarlett, t'es pas ma mère ! Et puis je n'ai pas à me justifier, tu n'es ni un prof, ni un préfet Et puis d'ailleurs, toi aussi tu es en dehors des dortoirs ! Donc, toi aussi tu es impliquée !
La rousse pâlit immédiatement, et ne trouva rien à répondre, elle se contenta de leur lancer un regard réprobateur et de grommeler dans sa barbe :
-Si on se fait attraper, je vous jure qu'on aura de sacrés ennuis…
Scarlett s'apprêtait à ouvrir la bouche pour répliquer, mais se tut en voyant le regard de James. Ce dernier voulait éviter les problèmes avec la jolie rouquine.
Scarlett se tut et se renfrogna. Ils continuèrent leur marche silencieusement.
-Au fait, dit soudain Lily, qu'est ce que vous faisiez en dehors du dortoir à cette heure ?
-On voulait faire un tour, répondit évasivement Sirius.
-Tous les six ? Rétorqua-t-elle, avec deux élèves qui n'appartiennent même pas à la même maison ?
-On les a croisés, dit James.
-Alors qu'est ce que vous faisiez là, insista-t-elle en regardant Jack avec suspicion.
-J'avais besoin de respirer, répondit-il, et j'ai trouvé Scarlett dans la Salle Commune.
-Prends-moi pour une idiote ! S'indigna-t-elle.
-De toute façon, je t'ai déjà dit que ça ne te regarde pas, dit Scarlett, agacée.
-T'es mal placée pour…
-Silence, dit Sirius.
Les deux filles se tournèrent vers lui.
-Non mais, s'indigna la rousse.
-Pour qui tu te prends ? Ajouta la brune.
-Silence, répéta-t-il, vous entendez.
Ils tendirent l'oreille, un bruit sourd semblait venir d'une salle de classe. D'une main tremblante, James poussa la poignée. La pièce état petite et poussiéreuse, et elle tenait plus du placard à balai que de la salle de classe. Au fond de la pièce, une grande malle, fermée d'un simple loquet, bougeait dans tous les sens, comme si quelqu'un se trouvait dedans, et tentait de sortir par tous les moyens.
Dévorés par la curiosité et la peur, les enfants se regardèrent. Ils levèrent leur baguette, et semblaient hésiter.
-Pas la peine de tergiverser, dit Scarlett, il faut l'ouvrir.
-Fais le alors, répliqua Sirius.
-On devrait peut-être retourner tranquillement dans nos salles communes, suggéra timidement Peter.
-Non, dit James, surexcité, ouvrons la malle.
-Peter a raison, répliqua Lily, agacée, on a déjà assez trainé, retournons dans nos dortoirs.
Mais personne ne semblait l'écouter. Jack, qui n'avait rien dit jusque maintenant, leva sa baguette, et prononça d'une voix mal assurée.
-Alohomora.
Le loquet tomba sur le sol, et la malle s'ouvrit sur le champ les premières années serrèrent les rangs avec appréhension.
Une ombre sortit de la malle ouverte, et s'approcha de Scarlett. La créature tourna sur elle-même et prit la forme d'un clown immense, terrifiant. Un clown sorti droit de l'imagination d'un écrivain moldu à succès.
Scarlett se sentit pétrifiée, comment la créature pouvait elle savoir qu'elle était coulrophobe ?
Elle était paralysée par la terreur, ne sachant que faire, inconsciemment, elle s'approcha du clown géant, et ne put détacher son regard de sa silhouette menaçante.
-Pitié… murmura-t-elle en palissant.
James l'attrapa par les épaules, et la repoussa en arrière. Aussitôt la créature changea de cible, et se tourna vers Jack et Lily. Il sembla hésiter, puis se changea en une jeune fille maigre, au visage chevalin et au regard froid qui cria à Lily :
-Espèce de monstre ! Tu n'es pas ma sœur…
Lily Evans parut accuser le coup et ferma les yeux, elle dit d'une voix tremblante :
-S'il vous plaît, allons nous-en. On n'a pas le niveau contre lui, c'est un épouvantard.
Scarlett reprit ses esprits, et acquiesça. L'épouvantard continuait de tourner sur lui-même, et de prendre différentes formes : un tigre, un détraqueur, un clown, le spectre de la mort, une araignée…
Les jeunes fugitifs reculèrent lentement, et sortirent de la pièce. Jack ferma la porte brutalement, et la verrouilla. Dans sa hâte à fermer, il oublia de ne pas faire de bruit, et la porte se ferma dans un lourd gémissement. Le jeune Serpentard grimaça.
-Allons nous-en maintenant, dit impatiemment Lily, s'il vous plaît, ajouta-t-elle avec une grimace.
Elle était encore pâle et semblait secouée, Peter haletait, la respiration sifflante, et Sirius avait le teint légèrement verdâtre.
-P…Pourquoi t'as peur d…des c…clowns S…Scarlett ? Bégaya James entre deux claquements de dents.
Scarlett haussa les épaules, l'air hagard :
-Je sais pas, je n'essaye pas de me l'expliquer, à ma connaissance j'ai toujours eu peur des clowns, mentit-elle.
*Je ne peux décemment pas leur dire que j'ai lu il y a quelques temps un bouquin moldu terrifiant dessus... Comment s'appelait le type qui l'a écrit déjà ? Bing ? Ring ?*
Ils se mirent à marcher en silence.
*Sing peut-être…*
Le reste du trajet se passa en silence, les jeunes fugitives se remettant lentement de leur rencontre avec leurs peurs d'enfants.
Au couloir principal, ils se séparèrent. Jack et Scarlett descendirent les escaliers vers le cachot, James et ses amis montaient à la tour.
Lorsque Scarlett se coucha , épuisée mais satisfaite de son escapade, il faisait déjà jour, et le réveil d'Angela allait bientôt sonner. Cette dernière allait se lever bruyamment, en jurant, et monopoliserait la salle de bain pendant une demi-heure.
Marian, de sa bonne humeur habituelle, réveillera Scarlett avec un sourire rassurant et quelques sages réparties.
Ce sera une nouvelle journée.
*Une journée comme les autres… La Terre continuera de tourner, malgré toutes ces morts…*
Scarlett sombra peu à peu dans un sommeil profond, loin de tous problèmes, et de tous soucis.
