Je me suis rendue compte que j'étais pas à jour sur par rapport à Sweetsauce, j'en suis vraiment désolée pour ceux qui lisent ici (oh pis vous avez qu'a être inscrits sur sweetsauce aussi XD)


Wilson était assis à côté de House, lui lisant un journal médical à voix haute. Il ferma le journal avec un soupir, relevant la tête pour regarder son meilleur ami.

Deux semaines et demies étaient passées, et pourtant, House ne s'était toujours pas réveillé.

Les autres n'avaient jamais su, songea Wilson, que quand House dormait, une vision fugitive de l'homme qu'il était avant l'infarctus émergeait. Même quand il somnolait dans son bureau, la douleur et l'amertume apparaissaient sur son visage. Par contre, dans un sommeil profond, House semblait avoir plusieurs années de moins. Il n'y avait pas de froncement permanent de sourcils, pas de regard cachant une âme tourmentée.

Avec tout ce qui était arrivé ces 7 dernières années, il semblait simplement que House avait pris de longues vacances, loin de toutes les personnes qui l'avaient blessé et de la douleur qui le traquait. Pas seulement sa jambe. En rétrospective, Wilson ne pouvait pas blâmer House de faire ça. Tous ceux qu'il avait aimé ou à qui il avait fait confiance l'avait trahi, d'une manière ou d'une autre. Stacy, après avoir défini le reste de sa vie par une décision, l'avait par la suite abandonné. Même pire, elle était revenue, et mariée. Lui même avait trahi House pendant tout le fiasco Tritter, et l'avait laissé seul pour se remettre de la DBS après la mort d'Amber. Cuddy s'était embarquée dans une relation avec lui en lui disant de ne pas changer, mais l'avait finalement laissé tomber. Ils l'avaient tous blessé. Et il avait en plus sa jambe à affronter. Qui ne voudrait pas échapper à une réalité pareille?

Wilson détacha ses yeux de House et regarda par la fenêtre. Qui sait ce qui attendait House au réveil? Une partie de lui espérait de toute ses forces que House se réveillerait mais une autre était terrifiée pour son meilleur ami de ce qui arriverait inévitablement par la suite. Quoi? Rééducation? S'habituer à passer sa vie dans un fauteuil roulant?

Une série de beeps urgents interrompit les pensées de Wilson. Craignant une nouvelle crise, Wilson sauta sur se pieds et commença à examiner les moniteurs de House pour avoir un indice de ce qu'il arrivait ce coup ci.

Rien.

Wilson regarda House.

Ce serrement de la zone autour de ses yeux, cette grimace...

- House?

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Cuddy entra dans son bureau et s'effondra sur son canapé. Elle venait juste de terminer un meeting avec le conseil d'administration ( Wilson avait brillé par son absence, clamant qu'il avait un patient mourant.)

Le conseil avait convenu de discuter l'avenir du département des diagnostiques. En tant que docteurs et infirmières, ils savaient tous qu'avec chaque jour où il restait inconscient, les chances de se réveiller diminuaient. Et personne ne connaissait l'étendue des dommages cérébraux; serait-il toujours le même homme brillant s'il se réveillait?

House était un homme qui divisait le conseil en deux camps - certains l'admiraient, d'autres l'acceptaient avec réticence pour son intellect et la valeur qu'il avait pour l'hôpital, le reste lui portait une haine viscérale. Et pendant le meeting, ses suporters et ses détracteurs s'étaient montrés clairement.

Elle ne pouvait pas blâmer Wilson pour avoir manqué le meeting. Elle aurait adoré passer son tour également.

Elle se massa les tempes essayant de repousser un mal de tête grandissant. Ces deux dernières semaines avaient été un cauchemar.

Le beep d'un pager la sortie de ses pensées. Lisant le court message, elle partit en courant vers les ascenseurs.


Foreman et Chase étaient avec leur dernier patient, un homme grossier de 60 ans qui avait été admis avec un rash et un manque de sensations dans les extrémités, essayant d'avoir un historique médical précis, qui s'avérait être une tâche difficile. Comme d'habitude, Thirteen et Taub étaient en train d'entrer dans sa maison, et de chercher des toxines environnementales, et autres indices.

"Où est le docteur House? J'ai été là toute la journée et je ne l'ai toujours pas vu!"

Chase et Foreman se jetèrent un coup d'oeil. On leur avait posé cette question un certain nombre de fois au cours des années, grâce aux pratiques de House impliquant de ne pas rencontrer les patients et leurs familles. Mais ces deux dernières semaines cette question avait tendance à leur taper sur les nerfs. Elle avait une réponse remarquablement différente.

" Dr House est en congé maladie." Chase répondit de manière aussi neutre que possible.

" Quand revient-il?"

"C'est indéterminé."

A ce moment précis, les pagers de Foreman et Chase, se mirent à vibrer. Abandonnant immédiatement leurs travail, ils quittèrent la chambre du patient dans un sprint, ignorant ses fortes protestations au sujet de le manque de professionnalisme.

Cuddy, Chase et Foreman firent irruption dans la pièce, ayant tous reçu le page de Wilson.

Wilson était penché au dessus de House, parlant d'une voix douce mais pressante, "House est-ce que tu m'entends? Ouvre les yeux!"

Eux aussi notèrent immédiatement le changement de son expression faciale. Foreman et Chase commencèrent immédiatement à vérifier ses constantes vitales et à lire les informations sur les machines et les moniteurs qui avaient aidé à garder House dans le monde des vivants ces deux dernières semaines. Cuddy agrippa la main de House et la maintint contre sa poitrine, comme elle l'avait fait trois ans auparavant quand il était sorti de son coma du à la DBS.

Ses paupières bougèrent.


Il se frayait un chemin pour sortir de la brume, mais au fur et à mesure que la brume se dissipait, il était de plus en plus fatigué. il avait l'impression qu'un énorme poids pesait sur son corps tout entier. Il ne pouvait rien bouger, mais quelque chose lui dit qu'il devait ouvrir les yeux.

Alors qu'il luttait pour prendre le contrôle de son corps, il le sentit.

Ce qui avait été sa maîtresse effarouchée pendant tant d'années était revenue. Ca se faufila lentement sur lui, ses tentacules s'enroulant perversement et presque tendrement autour de lui, rampant sur lui, encerclant se os. Il frissonna à ce contact, sachant ce qui allait suivre.

Les tentacules se changèrent en fils de fer. Ils se resserrèrent, coupant sa chair, et la douleur le frappa à pleine puissance. Son torse, ses bras sa tête, tout lui faisait mal. La brume se dissipa instantanément, et il ouvrit les yeux.

" House, est-ce que tu m'entends?"

Les paupières de House s'ouvrirent pour révéler ses yeux céruléens. Vides et aveugles au départ, il se réglèrent instantanément.

Cuddy caressait le front de House, Wilson avait la main sur son bras. Ils essayaient tout deux de le ramener à la réalité avec leurs touchers. Ils sentirent tous deux la tension revenir dans ses muscles. Ils regardèrent ses yeux et virent immédiatement la panique et la douleur.

House commença immédiatement à se battre contre le ventilateur, s'étouffant et le mordant. Quelque part dans sa tête était enregistré qu'il devrait le laisser, mais la douleur l'abrutissait et le faisait agir instinctivement, pour combattre l'objet inconnu dans sa bouche et sa gorge qui l'empêchait de prendre une profonde inspiration. Oh seigneur, sa tête. Il y avait des poignards dans sa tête, se tournant, et se tordant. Sa poitrine. Il ne pouvait pas respirer. Pourquoi?

"House! Calme toi, on va l'enlever, House!"

Mais il ne pouvait pas l'entendre. Pas avec la douleur, le rugissement dans ses oreilles.

Wilson se pencha plus près de House, plaçant son visage juste en face de celui de son ami.

"House, arrête de te débattre. On va l'enlever après que tu te calmes. Ne résiste pas."

Wilson. Wilson lui disait de se calmer. House tenta de se relaxer.

Chase enleva rapidement le tube avec le moins de douleur possible, et aussitôt, un masque était collé sur le visage de House. Dû à ses côtes cassées, ses poumons avaient été endommagés, et sa respiration était compromise. Personne ne se risquerait à le laisser respirer par lui même.

Le processus était brutal, et aussitôt que l'oxygène frais recommença à entrer dans ses poumons, House sentit ses paupières commencer à se fermer. Il était épuisé, il avait mal. Il bougea, tentant de calmer la douleur. Il eu le souffle coupé. Tout faisait mal. Il voulait succomber à l'obscurité accueillante, laisser la douleur derrière lui dans l'inconscience.

"House, restez éveillé." La voix de Foreman entra dans sa tête. House l'ignora, continuant de remuer. Mais là, une voix féminine perça le mur de douleur. Il sentit une paire de petite mains familières s'agripper aux siennes.

" House, laisse Foreman faire les tests cérébraux.

Il grogna et continua à gigoter dans le lit en guise de réponse.

"House, ouvrez les yeux, pouvez vous me dire où nous sommes?"

Mais il ne le pouvait pas. Il avait besoin de se remuer. Mais chaque petit mouvement lui rapportait plus de douleur. Tout lui faisait mal. un gémissement s'échappa de ses lèvres. Il fallait bouger, trouver une position plus confortable. Échapper à la douleur. Il ferma ses yeux plus fort. Des larmes s'échappèrent de ses yeux. Pourquoi tout lui faisait si mal?

"Sa blessure au cerveau l'empêche d'avoir un sommeil réparateur."

" Sans parler de la douleur, nom de Dieu! Donnez lui les médicaments!"

"Mais ça va compromettre le test cérébral!"

'Au diable les tests! Arrêtez son agonie, on fera les tests plus tard!"

Quelques instants plus tard House sentit le soulagement courir dans ses veines. Un soupir de soulagement. Il ferma les yeux et s'échappa de sa conscience et de la douleur.


Cuddy Wilson Foreman et Chase regardait alors que House s'immobilisait et se détendait peu à peu alors que les antalgiques étaient injectés dans son IV.

Cuddy essuya doucement les traits salés des larmes qui avaient trouvé leur chemin hors des yeux de House avec ses pouces. Ça et ses gémissements étaient des réponses naturelles et instinctives du corps à la douleur- elle le savait- mais elles venaient d'un homme qu'elle savait habitué à cacher constamment une douleur atroce. Sa poitrine se serra douloureusement face à ses souffrances.

Wilson Foreman et Chase échangèrent des regards. House avait été totalement insensible à leurs questions et instructions, et avait seulement gigoté nerveusement et marmonné des mots incohérents. Ils n'avaient aucun moyen de déterminer s'il souffrait de dégâts cérébraux ou non. Ils pouvaient seulement attendre et observer.

House flottait entre conscience et inconscience pendant les deux jours suivant, à chaque fois, marmonnant de manière incohérente, et s'agitant dans le lit alors que son niveau de douleur atteignait un sommet. Les lignes retournèrent sur son visage et se creusèrent plus profondément. C'est uniquement après qu'une dose d'antalgique et de sédatifs ait été injectée qu'il pouvait se rendormir paisiblement.

A chaque fois, ses jambes n'avaient pas bougé.