Et c'est un septième chapitre qui fait son entrée avec une semaine de retard ! Mais que faisait la traductrice ?! Eh bien la traductrice a la mémoire courte, donc elle avait juste oublié que le week-end où elle devait poster, c'était celui du 9... Toutes mes excuses...

Mais elle a encore assez de mémoire pour ne pas zapper de remercier toutes les personnes qui lisent, et d'embrasser chaleureusement toutes celles qui commentent !

Evidemment les remerciements vont aussi à celle que l'on ne présente plus après tant de chapitres, l'irrésistible, la séduisante Ljioze !

N'oublions pas non plus le disclaimer : Harry Potter fut engendré par J.K Rowling, puis perverti par Terrific Lunacy.

.


Chapitre 7

Harry vola quasiment à travers la porte de l'auberge.

Il avait descendu au pas de course toute la rue - il fallait justement qu'elle soit longue - et commençait seulement à réaliser à quel point il n'avait pas la forme.

Il se tourna vers la personne la plus proche, qui se trouvait être la délirante Bellatrix.

Bien sûr.

« Où il est ? dit-il en respirant bruyamment.

— Oh, regardez qui m'est revenu ! Viens jouer avec moi trésor, je n'ai pas eu la chance de te saluer convenablement la dernière fois, fit-elle de sa voix pétillante de folle à lier.

— Où-... Oh oublie ! »

Harry se dirigea directement vers les escaliers. Il n'avait pas le courage de supporter Bellatrix pour le moment. Pas s'il n'était pas certain que Riddle n'était pas en train de blesser Remus de quelque manière que ce soit.

Il sprinta jusqu'à l'étage et criait déjà avant de défoncer la porte, celle de la chambre où il avait parlé à Riddle la dernière fois.

« Toi bâtard tu ferais mieux de garder tes mains loin de-... euh- »

Il se figea dans l'embrasure. Remus et Riddle étaient assis nonchalamment dans deux fauteuils, chacun avec une tasse de thé dans les mains et en plein milieu d'une partie d'échec. Après les images infernales de ce que ce sadique de lord pouvait être en train de faire subir à son ami, la scène semblait véritablement bizarre.

Ils paraissaient tous deux amusés de l'entrée fracassante d'Harry. Sur l'échiquier, il restait encore quelques pièces, indiquant qu'ils ne jouaient pas depuis longtemps.

Harry ne put s'empêcher de remarquer que Remus perdait âprement.

« Ah Monsieur Potter, très gentil à toi de passer nous voir ! Voudrais-tu te joindre à nous ? railla Riddle. »

Harry se secoua pour se remettre du choc et ferma doucement la porte derrière lui. Il garda précautionneusement ses yeux sur Riddle en revanche.

« Dans une partie perdue d'avance? Non, merci.

— Je suis déjà en train de perdre ? sourit doucement Remus, et il se gratta la tête, désemparé.

— Dans trois tours.

— Pas s'il bouge ce pion, l'interrompit Riddle.

— Je le connais, il choisira la tour, contra Harry.

— Mais après il peut utiliser son cavalier.

— Mais alors ta reine sera juste là. »

Ils se regardaient attentivement, se défiant silencieusement.

Remus s'éclaircit la gorge.

« Euh, ouais, je devrais vraiment y aller. Ce fut un plaisir de vous rencontrer, Lord Voldemort.

— Moi de même.

Ils se serrèrent la main et Harry eut la lourde impression d'avoir raté une conversation capitale.

— Qu'est-ce que tu faisais ici d'abord ? demanda-t-il suspicieusement à son ami.

— De la politique Harry. Tu sais, cette chose que tu as toujours trouvée ennuyeuse.

— Tu n'aurais pas dû venir ici tout seul !

Remus le regarda, amusé.

— J'étais entre de bonnes mains Harry. »

Harry renifla, dubitatif, et vit Riddle lever un sourcil. Il commença à marcher à la suite de Remus, quand une main sur son épaule l'arrêta.

« Et où crois-tu aller Harry ?

— Chez moi, répondit-il avec désinvolture, sans regarder Riddle.

— Sans me parler de ton fabuleux plan ? Je ne crois pas non.

Harry feignit l'ignorance.

— Hmm ? Un plan, quel plan ? Tu dois me donner un peu de temps pour réfléchir Riddle.

— Ah mais tu as trouvé une solution, n'est-ce pas ? Après tout… tu es vivant. »

Harry pivota, stupéfait. Il n'y avait absolument pas moyen qu'il soit au courant de son état. Ça ne pouvait pas… ou, peut-être ?

« Remus ?! cria-t-il, toujours face à Riddle.

— Éclatez-vous bien ! leur parvint d'en bas une réponse étouffée. »

Harry resta planté là, abasourdi, fixant l'air suffisant de Riddle. Enfin, ses yeux se plissèrent dangereusement.

« Excuse-moi un instant, j'ai un ami à abattre.

Riddle se contenta de lui envoyer un large sourire.

— Malheureusement, je l'aime bien. »

Harry lui jeta son regard le plus assassin et essaya à nouveau de sortir, mais Voldemort fut plus rapide. Il ferma promptement la porte à clef et la mit dans sa poche de pantalon.

« Pas avant que tu ne m'aies dit comment sortir de cette merde que tu as provoquée.

— Je suis navré, mais je ne tolère ta face qu'une fois toutes les vingt-quatre heures, donc je vais prendre cette clef maintenant.

— La dernière fois qu'on s'est vu, c'était il y a plus de vingt-quatre heures, ton commentaire est irrecevable.

— On s'est vu hier ! Draco, toi et une pile de cadavres, tu le remets ?

Riddle le dévisagea étrangement.

— Quoi ? siffla Harry.

— C'était il y a deux jours, pas hier, expliqua lentement Riddle. »

Merde, donc il avait été inconscient toute une journée ? Harry pesta silencieusement. Pas étonnant qu'il se soit senti aussi mal.

« Tout est de ta faute, marmonna-t-il d'un ton accusateur.

— Peut-être. Mais il y a aussi ce génie qui a décrété qu'un combat entre une douzaine d'hommes et un clan tout entier serait une bonne idée.

— ...Ça m'paraît légitime, fit Harry avec un haussement d'épaules. »

Il se laissa tomber dans un fauteuil et tenta d'avoir l'air à l'aise alors qu'il sentait revenir cette nervosité familière. Pourquoi était-ce si compliqué d'avoir une discussion normale avec ce type ?

Riddle s'assit gracieusement en face de lui et sirota son thé.

« Donc… amorça-t-il, et il lorgna Harry.

— Donc, répéta Harry, ignorant volontairement l'incitation à parler.

— Ton cou est presque guéri, fit remarquer Riddle, puis il jeta un œil à la marque bleuâtre sur la gorge d'Harry.

— Ton épée… dévia précipitamment Harry, pourquoi est-elle si fine ?

Deux yeux rouges l'étudièrent avant de décider, visiblement, de laisser couler.

— Ça me correspond mieux qu'une épée normale. Le poids m'empêchait de porter des attaques rapides.

— Elle donne l'impression de pouvoir être brisée en deux à mains nues, continua Harry, intrigué par le design inhabituel.

— Le forgeron m'a dit qu'elle était faite d'un matériau particulier.

— Quel matériau ? demanda Harry immédiatement.

Riddle semblait s'amuser de son enthousiasme.

— Je n'ai pas pris la peine de demander. Elle me convient, donc je l'utilise. Je n'ai pas à comprendre comment ça marche, du moment que ça fonctionne comme je le veux.

Harry grogna, mécontent. Puis une lueur malicieuse apparut dans ses yeux.

— Quel intérêt d'expliquer mon plan alors ? Tu ne veux pas comprendre après tout.

— Je n'ai pas à comprendre l'outil dont je me sers, mais j'ai toujours besoin de savoir exactement ce que je vais utiliser. Donc tu ferais mieux d'ouvrir ta jolie bouche et de te mettre à parler, ou c'est moi qui vais te faire causer. »

Harry soupira. Il savait qu'il ne pourrait pas éviter le sujet bien plus longtemps. Que Remus aille au diable pour lui avoir dit ! Maintenant Riddle saurait toujours quand Harry aurait résolu quelque chose.

« C'était ridiculement simple pour être honnête. Je n'arrive pas à croire que ça m'ait pris deux jours pour y arriver, je dois être en train de rouiller.

— Rouiller, fit Riddle, pince-sans-rire. Tu as élaboré une stratégie pour vaincre un clan réputé avec une petite équipe de reconnaissance, et tu appelles ça être rouillé ? Bien, bien, bien. Traverser le pays était bénéfique en fin de compte. »

Ah..., est-ce qu'il venait juste de jubiler devant Riddle ? Harry était encore réticent à l'idée d'aider Lord Voldemort, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir un peu étourdi par la perspective de parler de son plan. Il avait toujours aimé discuter de ses idées et de ses inventions, mais il était conscient que Sirius et Remus le laissaient déblatérer sans vraiment écouter. Expliquer une chose à laquelle Riddle n'aurait pas pu penser lui-même donnait à Harry un étrange sentiment de pouvoir.

« Vais-je bientôt être en mesure d'écouter ce plan "rouillé" ou comptes-tu passer le reste de la journée ici ? »

Harry dû se retenir d'ouvrir la bouche. C'était léger, mais il y avait définitivement de l'anticipation dans la voix de Riddle. Il essayait d'avoir l'air impatient, comme pourrait l'être un homme très occupé, mais c'était clairement le genre d'attente qu'on a quand on lit un très bon livre et qu'on ne peut pas attendre de connaître la fin. Il voulait savoir. Voir cet homme constamment gracieux et détaché perdre son calme était enivrant. Harry se demanda s'il pouvait encore retarder ses explications et voir son sang-froid s'échapper un peu plus-...

« Potter, grogna Riddle, menaçant.

— Okay, okay ! Eh bien, basiquement je vais utiliser un mélange de Methyl-tert-butoxycarbonyl-prolinate et de Phenylmagnesiumbro-...

— POTTER ! »

Riddle s'était levé d'un bond et semblait prêt à tuer quelqu'un. Malheureusement il n'y avait qu'Harry dans la pièce. Il se souvenait encore vivement de la dernière fois que Riddle avait bougé aussi vite, et son instinct de fuite revint en force. En toute hâte, il se rua hors de son fauteuil et loin de Riddle. Il enregistra dans un mémo mental que faire perdre son sang-froid au lord n'était pas une bonne idée.

« D'accord, très bien, j'ai compris - reste où t'es !

Ils commencèrent à tourner autour des deux fauteuils et de la table basse.

— Ne teste jamais ma patience gamin, murmura Riddle d'une voix basse. »

Harry se rendit compte avec étonnement que son propre corps tremblait légèrement. Toute son attention était concentrée sur Riddle. Si ce type ne faisait que contracter un muscle, il sursautait comme une biche terrorisée.

« Tu vas arrêter de marcher ? questionna-t-il quelque peu paniqué alors que Riddle s'était mis à tourner plus vite autour des chaises.

— Qu'est-ce que tu dirais de t'arrêter le premier ? le défia Riddle, sachant pertinemment qu'Harry ne le ferait pas. »

Harry savait qu'ils se mettraient à courir d'une seconde à l'autre maintenant, et il n'avait pas besoin d'être un génie pour deviner qui gagnerait cette course. Un peu essoufflé par la cadence rapide, il décida de détourner l'attention de Riddle en continuant sur sa lancée.

« L'idée m'est venue de ton nom en fait.

— Riddle ? interrogea-t-il avec méfiance, ne ralentissant absolument pas.

— Non, Voldemort. Le vol de la mort. Ça m'a fait réfléchir… Nous ne sommes pas capable de voir la mort pas vrai ? Seulement le résultat.

Riddle réduisit très légèrement l'allure.

— Continue.

— Eh bien, du coup, j'ai cherché comment atteindre la mort, sans vraiment se battre.

— Je commence à aimer la tournure de cette conversation. Poursuis.

— J'en suis arrivé à la conclusion que ce n'était pas tout à fait possible.

— Pott-...

— Non, non, attend ! Ce n'est pas possible sans se battre du tout, mais ensuite je me suis coupé et-...

Riddle le regardait avec incrédulité.

— Est-ce que tu ne fais même qu'essayer d'être sensé ?

— Tu ne comprends pas, je l'avais peint ! Euh, je veux dire, j'ai perdu le couteau parce qu'il était invisible.

Riddle s'arrêta pour considérer ses paroles.

— Tu veux nous rendre invisibles ? »

Un Riddle invisible était la dernière chose que voulait Harry, mais il trouvait plutôt plaisante l'idée de lui déverser, sur tout le corps, un seau de peinture nauséabonde.

« J'ai vérifié les règles pour un challenge entre clans. Aucun n'a à déclarer combien de membres participeront au combat, et ils n'ont pas non plus à être rassemblés en un certain point pour le coup d'envoi. La règle est que tous ceux qui prendront part au défi doivent se trouver dans la zone de combat prédéfinie. Rien n'indique qu'ils doivent tous être visibles. Les deux lords sont obligés d'être présents et de signaler le début du combat, c'est tout.

— Nous faisons croire à Fudge que seul le lord est présent, songea Riddle.

— Exactement ! Raconte-lui une connerie comme quoi tu ne veux pas qu'un de tes partisans soit tué ou un truc du genre.

— Il va se méfier, et probablement penser que nous avons installé des pièges.

— Ce n'est pas autorisé, de construire ou modifier quoi que ce soit dans la zone avant le défi. Tu pourras le laisser vérifier le terrain, il n'y aura aucun piège. Tous les hommes de Fudge vont se concentrer sur l'assassinat du lord, puisqu'il n'y aura aucune autre cible autour. Tout ce que tes hommes auront à faire, c'est les éliminer silencieusement alors qu'ils se focalisent sur le lord. Quand ils commenceront enfin à remarquer que leurs hommes tombent sans aucune raison, ce sera trop tard. »

Riddle, satisfait, eut un sourire narquois.

« Dis donc, Harry, je ne t'imaginais pas du genre vicieux.

Harry lui lança un regard malicieux.

— Je t'avais prévenu que ce ne serait pas ce qu'on peut appeler un combat à la loyale.

— Hmm… Tu réalises que Fudge croit toujours que c'est toi le lord, et qu'il s'attend donc à ce que tu te montres ? Et qu'un clan entier va essayer de te tuer pendant qu'on les élimine ?

Harry grimaça.

— Ouais, c'est un peu ennuyeux. J'ai construit une sorte de bouclier qui peut m'enfermer totalement et me protéger des attaques physiques, mais il a deux défauts majeurs.

— Qui sont ?

— Plus ils mettront de force, plus ça consommera d'énergie. Le temps de maintien du bouclier est limité à quelques minutes, au mieux. Si ton clan ne met pas fin au combat d'ici là…

— Ça j'en fais mon affaire. S'ils ne peuvent véritablement pas nous voir, nous n'aurons pas besoin de plus d'une minute. Quel est le second problème ? »

Harry se gratta la tête, embarrassé. Il détestait qu'une de ses inventions ne soit pas sans défaut.

« Je n'ai pas pu le construire en faisant en sorte qu'il arrête les attaques sans les dévier. S'ils utilisent des balles, et je suis certain qu'ils le feront, elles rebondiront et voleront à travers le terrain avec la même vitesse meurtrière qu'elles avaient en me frappant. »

Riddle sembla méditer sur cette menace et se remit à marcher doucement vers Harry. Puisqu'il n'avait plus cet air assassin sur le visage, Harry résista à l'envie de fuir.

« Pourquoi ne peux-tu pas simplement construire plus de ces boucliers, pour chacun d'entre nous ?

— Techniquement, je pourrais. Mais j'aurais besoin de plus que les quelques jours qu'il nous reste. Certaines pièces sont difficiles à fabriquer, et l'énergie qui doit être stockée à l'intérieur est impossible à générer en aussi peu de temps. En plus, je vais déjà être occupé à rassembler assez de peinture pour que tout ce numéro de l'homme invisible fonctionne… »

Sa voix se fit de moins en moins audible, plus incertaine, alors que Riddle envahissait une fois encore son espace personnel. Il refusait de faire un pas en arrière comme un enfant apeuré, et tenta de paraître indifférent, tandis qu'intérieurement il ne savait plus où se mettre sous le regard perçant de Riddle.

« Tu sais… J'avais des doutes au départ, mais en fait je commence à croire que tu es bel et bien la dernière pièce dont j'avais besoin pour accomplir mes objectifs.

— Vraiment ? Et quels sont tes objectifs je te prie ? Prendre le contrôle de toute la Grande Bretagne ? plaisanta-t-il.

— Oh non, Harry, pas la Grande Bretagne, ricanna Riddle. »

Soudain, il agrippa fermement la mâchoire d'Harry, et força son visage à se rapprocher du sien. Harry sentit ses joues le brûler, et son rythme cardiaque s'emballa tandis qu'une sueur froide lui parcourait l'échine. Il essaya de tirer quelque chose de sensé de tous les signaux que lui envoyait son corps, mais toutes ces informations contradictoires étaient trop déroutantes. Les yeux de Riddle luisaient, et il continua dans un doux murmure qui coupa tout simplement le souffle à Harry.

« Je parle du monde. »

.


.

« Sirius, tu es là ? Je suis rentré ! »

Remus retira ses chaussures avec des gestes fatigués, et plongea dans leur canapé, devant la cheminé. C'était un très vieux meuble, avec beaucoup de trous de mites, et les ressorts grinçaient bruyamment à chaque mouvement. Beaucoup de leurs meubles étaient anciens et avaient bien servi, mais ils s'accordaient tous les deux à dire que cela rendait leur maison plus confortable. Ce n'était pas comme s'ils allaient en trouver de plus neufs.

Sirius arriva de la cuisine. Il semblait soulagé.

« Moony ! T'étais où ? Je t'ai cherché partout !

— Comme je te l'avais dit, j'ai été voir Harry. Je suis désolé d'avoir été absent plus longtemps que prévu.

— Je ne me serais pas inquiété si Harry n'était pas venu me voir en me demandant où tu étais. Pourquoi tu l'as laissé ? Et qu'est-ce que tu faisais tout ce temps ?

Remus sourit, penaud, et pensa au cri indigné d'Harry quand il l'avait laissé avec Lord Voldemort.

— Je m'assurais juste qu'il allait recommencer à vivre, répondit-il de manière énigmatique.

Sirius inclina la tête pensivement, mais décida finalement de laisser couler et haussa les épaules.

— Sirius, tu sais si, hmm… comment dire… est-ce qu'Harry a déjà eu, eh ben, LA discussion ?

La mâchoire de Sirius en tomba.

— On parle du même Harry là, hein ? Vingt-et-un ans, génie, qui lit des bouquins scientifiques comme des bandes dessinées ?

— Non…

Sirius laissa échapper un soupir soulagé.

— Oh merci mon Dieu, j'ai cru-...

— Je parle du jeune homme qui a traversé l'adolescence sans jamais avoir rencontré quelqu'un de son âge.

— Remus Lupin ! Si tu es en train ne serait-ce que de considérer d'expliquer à Harry Potter comment on fait les bébés-... Je t'en prie, dis-le moi une semaine avant pour que je puisse quitter le pays, parce que je ne suis pas sûr qu'il existe encore après ça.

Remus éclata de rire devant sa réaction.

— Je suis pleinement conscient qu'il connaît les procédés biologiques derrière ça.

Sirius, exaspéré, lança ses mains en l'air.

— Ce garçon m'a presque tué avec une de ses inventions quand je le harcelais pour qu'il se fasse quelques amis ! Je ne veux pas imaginer sa réaction si le mot "amour" entre dans la conversation.

— Hmm, non, je ne pense pas que "amour" soit le bon terme pour ça… Mais essaye d'imaginer ton adolescence sans personne du même âge autour de toi. Pas de blague salace, pas de regard furtif dans les vestiaires des filles, pas de magazine planqué, rien ! Je ne suis juste pas sûr que lire un livre scientifique à propos des différences anatomiques entre hommes et femmes puisse compenser ça. Tout le monde autour de lui a au moins dix ans de plus, ils savent quoi faire. Et les enfants sont bien trop jeunes pour que qui que ce soit pense à cette partie de l'éducation. Et si Harry ne se rendait pas compte d'une attraction sexuelle même si elle lui était balancée en pleine face ? Et si quelqu'un…

Remus, inquiet, laissa sa phrase en suspens quand Sirius se mit à faire craquer ses articulations, le visage sombre.

— Okay, dis-moi de quel bâtard on parle là. Parce que s'il fait quoi que ce soit à mon garçon je vais, je vais-... »

Remus savait que Sirius pensait sincèrement chacun de ses mots et qu'habituellement ses menaces n'étaient pas à prendre à la légère. Mais quand il imagina Sirius se mesurer à Lord Voldemort, il ne put se retenir de se représenter un chiot maladroit grognant pitoyablement contre un serpent gigantesque.

Il garda cette pensée pour lui , même si Sirius continua à l'interroger plusieurs jours après son fou rire.

.


.

Il y avait définitivement quelque chose d'anormal chez lui. Harry se demanda s'il avait de la fièvre. Peu importe ce que c'était, Riddle agrippant toujours sa mâchoire n'aidait pas. Il avait besoin d'air frais.

« Lâche-moi, souffla-t-il à travers ses dents serrées.

— Pourquoi ? lui répondit une voix amusée. »

N'ayant pas d'autre choix, Harry recula d'un pas et dégagea sa mâchoire d'un coup sec. Il pointa un doigt accusateur sur le torse de Riddle.

« Tu es taré. Complètement dément. Il n'y a aucune chance pour que tous les êtres humains de Grande-Bretagne puissent être contrôlés par une seule personne, encore moins ceux de la Terre entière.

Riddle se redressa solennellement.

— Je prouverai que c'est possible. Je vais te montrer avec Fudge.

— Fudge ?! Qu'est-ce qu'il a à voir avec ça ? Pourquoi tu ne me montrerais pas avec Dumbledore ? Ou as-tu oublié que je suis pratiquement en train d'attendre qu'il m'élimine parce qu'un malade mental pensait avoir un plan ?!

Riddle semblait complètement indifférent.

— Il n'a encore fait aucun mouvement. Et je suis certain qu'il n'en fera pas avant que le résultat de ce challenge ne soit clair et net. Je ne crois pas qu'il sache que tu es derrière tout ça. Ne t'inquiètes pas Harry, je te protègerai. »

Son sourire en coin raillait Harry.

Il prit une grande inspiration et se força à ne pas réagir. Calmement, il tendit la main et en tourna la paume vers le haut, dans l'attente.

« Clef, ordonna-t-il abruptement.

Riddle fronça un sourcil moqueur.

— Tu ne penses quand même pas que je vais te laisser sortir d'ici ? Ai-je besoin de te rappeler que Fudge croit toujours que tu es Lord Voldemort ? Il n'y aucune chance pour que je te laisse te balader en ville sans surveillance.

Harry faillit vomir à l'idée de rester à l'auberge pendant plusieurs jours.

— Je ne vais sûrement pas rester ici avec ton groupe de timbrés ! Donne-moi cette clef, maintenant.

Le lord se contenta de sourire devant l'effort déployé par Harry pour maîtriser sa rage.

— Viens la chercher, défia-t-il. »

Harry vit rouge.

Il fouilla dans sa poche et trouva le produit dérivé de son dernier black-out.

Il ne l'avait jamais dis à ses amis, mais chaque fois qu'il s'évanouissait, il oubliait une bonne partie de ce qu'il était en train de faire avant. Il se rappelait comment il en était arrivé au plan pour le défi, mais il savait qu'il n'était pas tombé dans les pommes après ça.

Remus avait pour théorie qu'il s'évanouissait aussitôt qu'il trouvait la solution au problème qui l'occupait à ce moment là. Mais après s'être réveillé, Harry avait réalisé que chaque fois qu'il avait un épisode, il ne trouvait pas qu'une solution particulière, il inventait aussi plusieurs nouveaux gadgets sans même savoir quand il en avait eu l'idée.

Dans un sens, c'était comme le somnambulisme. Dans ces moments là son inconscient semblait prendre l'ascendant. Les produits dérivés étaient souvent en lien avec d'autres choses qui, d'une certaine façon, l'avaient affecté au cours des jours précédant son black-out.

Et cette fois, ses journées étaient remplies de Riddle.

Il poussa le petit bouton.

En temps normal, Harry n'aimait pas voir les gens souffrir, mais il devait avouer que contempler Riddle s'écrouler au sol, un masque de douleur déformant ses traits, était étrangement satisfaisant.

« N'essaye même pas de me faire culpabiliser pour ça, tu l'as cherché, dit-il en se penchant pour récupérer la clef. »

Le corps de Riddle tremblait, et sa respiration n'était faite que de brefs et pénibles halètements. Harry, à contrecœur, admirait l'homme de ne pas s'être mis à pleurer. Il ne se souvenait peut-être pas comment il avait construit ce dispositif, mais après un -très court- essai sur lui-même, il savait quel en était l'objectif.

La douleur. Il stimulait le cerveau pour qu'il expérimente la douleur à l'état pur, même s'il n'y avait aucune raison à celle-ci. Harry frémit à l'idée que son propre cerveau avait inventé une chose aussi cruelle. Qu'est-ce que cela disait de son subconscient ?

Il éteignit l'appareil. Riddle ne bougea pas et ne dit rien. Il resta simplement allongé là, la respiration irrégulière. Harry espérait qu'il n'était pas allé trop loin. Il ne savait pas de quoi était capable un homme avec l'ego de Riddle après avoir été vaincu, peut-être pour la première fois.

Il décida de ne pas traîner ici plus longtemps pour le découvrir et ouvrit rapidement la porte. Quand il arriva en bas des escaliers, il fut soulagé de voir qu'aucun des partisans de Voldemort n'était attablé. Même le vieux Tom n'était pas derrière le bar.

Juste avant qu'il ne quitte l'auberge, il entendit quelque chose de si inattendu et terrifiant que son souffle s'arrêta. Un rire froid, limpide résonnait à l'étage supérieur.

Harry courut tout le long du trajet, jusqu'à son magasin.

.


.

Il faisait noir et froid à nouveau. Harry jura à la vue de sa boutique à moitié démolie. Le froid pouvait entrer librement ce soir.

Il fit les derniers mètres en marchant, pour se calmer après sa course. Ce n'est qu'après avoir traversé la cour qu'il vit une forme sombre qui attendait dans les ruines de son magasin. Prudemment, il fit quelques pas de plus, mais plusieurs mètres les séparaient encore. L'homme se tourna et un mince faisceau de lumière illumina ses traits.

Une robe noire. Des yeux sombres. Des cheveux bruns graisseux. Pâle. Un nez courbé.

Le monde explosa dans sa tête.

Brûlant.

Tout était tellement brûlant.

Rouge.

Tout ce qu'il voyait c'était une lueur rouge, partout.

La dernière chose qu'il entendit avant de s'écrouler fut le cri d'agonie d'une femme.

.


.

N'hésitez pas à laisser un commentaire, pour me signaler des fautes, des contresens, des phrases bizarres, ou pour me dire que vous n'aimez pas (dans ce cas là, merci de ne pas juste cracher votre haine, critique négative d'accord, mais constructive svp), ou que vous aimez évidemment !

mots : 4 148

10 / 02-... oups, nope nope : 17 / 02 / 2019