Chapitre 6 : Une fuite & un Renard
Suna était particulièrement calme ce soir-là. Les lumières des hauts lampadaires gris éclairaient faiblement les rues et n'étaient pas aidées par les étoiles. Le ciel était recouvert de nuages, ce qui rendait la nuit encore plus sombre. L'air était frais, et le vent soufflait parfois en une brise presque glacée, un peu inhabituel pour cette ville qui souffrait bien plus souvent de la chaleur suffocante du désert qui se trouvait plutôt proche de la ville. Mais ce soir, personne n'aurait pu croire que les habitants de la ville connaissaient une canicule annuelle en été tellement l'air était léger, froid et presque menaçant. Sur le toit d'un immeuble en piteux état, deux hommes discutaient en fumant des cigares, rejetant une fumée qui se mêlait dans l'air à leur souffle, laissant paraître des petits nuages brumeux devant leur visage. Ils s'étaient délibérément placés dans un endroit particulièrement sombre pour éviter de se faire repérer.
Botan et Satoru se reposaient vaguement en attendant que leur supérieur ne revienne leur donner de nouveaux ordres. Botan était un homme grand et particulièrement musclé, arborant des cheveux bruns coupés courts et une cicatrice sur le côté gauche de son visage qui traversait sa joue comme une déchirure blanche, dernier témoignage d'un combat qui avait été surement féroce. Son acolyte était plus petit en taille mais tout aussi musclé. Ses cheveux châtains tombaient en une fine queue de cheval jusqu'à la moitié de son dos tandis que des mèches couvraient également son front, mais pas vraiment comme une frange volontaire. Tous les deux étaient habillés de vêtements amples qui tiraient sur un beige et qui contrastait avec le violet pâle mais foncé de leur ceinture en corde. Tous les deux portaient des mitaines plutôt imposantes, surement rembourrés par du métal aux phalanges comme s'ils les utilisaient pour combattre. Sur les mitaines étaient dessinés un serpent se mordant la queue et qui décrivaient un cercle parfait.
A côté d'eux reposaient deux caisses fermées par d'énormes cadenas de métal accrochés dans des chaînes. A côté du plus grand de deux hommes reposait un long et épais paquet, qui faisait presque sa hauteur. Botan se sépara de son cigare avant de l'écraser au sol à côté de lui puis se réinstalla, une jambe replié vers lui, l'autre devant lui de sorte à ce qu'il puisse laisser son bras reposer dessus. Il regarda le ciel en fronçant les sourcils puis brisa le petit silence qui s'était installé.
- Eh ! Satoru !
- Mmm… grogna l'autre homme.
- Pourquoi il traine le binoclard ? Je comptes pas rester ici tout la soirée à me les peler sur un toit en ruine !
- Bah, soit patient ! répondit l'autre avec une voix lasse qui laissait clairement faire savoir que lui aussi ne supportait plus d'être dans l'attente. Il va revenir d'un moment à l'autre. Ca doit tellement lui faire plaisir d'être loin du boss !
Les deux compères étouffèrent un ricanement avant que Satoru ne continue sur sa lancée.
- Il doit bien prendre son temps pour revenir le plus tard possible. Il pourra toujours dire que c'était pour bien préparer la mission, hahaha !
- Comme ça le boss lui mettra plus le grappin dessus, c'est sur ! En plus il n'a pas l'air du genre à faire ça d'une manière cool et reposée ! lança d'une voix amusée Botan.
En effet, tous deux, comme surement d'autres hommes de leur association savaient que le chef de l'Ouroboros, pour faire passer ses nerfs, prenait souvent comme souffre-douleur Kabuto, leur supérieur, et le bras droit du « boss ». Seulement, si au début cela n'était que quelques coups, cela s'était vite transformé en abus sexuel. Le pire était que Kabuto ne pouvait y échapper, et n'avait pas l'air de vouloir particulièrement y échapper non plus. Les deux hommes échangèrent leurs hypothèses et quelques témoignages d'autres de leurs compères sur les histoires cachées qu'il pouvait bien y avoir entre leur patron et son assistant. Certain avait affirmé voir Kabuto passer ses nerfs sur un technicien ou autre après une visite dans le bureau du patron, et Botan affirmait qu'un jour il avait entendue des cris de plaintes sortir du bureau du patron, mais que la voix ne pouvait décidemment pas être celle de l'homme qui les commandaient tous.
L'ambiance se détendit peu à peu sans pour autant que les deux hommes en oublie d'être vigilent. Ils s'amusaient à imaginer quelles souffrances « spéciales » avait dû infliger l'homme qu'ils considéraient comme le plus dangereux du pays à son fidèle bras droit qui devait essuyer pas mal de sautes d'humeur.
En effet, ils faisaient partis des rares à avoir pu approcher le patron. Leur organisation était telle que moins les gens en savaient, mieux cela valait, et ce, même au sein de leur planque. Ils décrivaient alors le « maître Orochimaru » comme un homme effrayant, et qui devait cacher des aptitudes à tuer froidement et dans d'atroces souffrances quiconque tentait de contrarier ses plans. Même si la planque était noire, ses yeux étaient toujours visibles dans l'obscurité. Cela semblait presque irréel. Son visage était fin et encadré par de longs cheveux noirs qui laissaient tout de même entrevoir des boucles d'oreilles à la forme étrange. Il portait par ailleurs la même tenue que ses subordonnés, une tunique attachée par une corde épaisse et violette en guise de ceinture. S'il avait fallu décrire le caractère de cet homme effrayant, le premier mot aurait été « instable ». En effet, Botan comme Satoru avait entendue la voix menaçante, écouté le rire à glacer le sang, et essuyé des menaces terribles de celui pour qui ils avaient décidé de travailler. D'ailleurs, comme la plupart des gens de leur organisation, ils étaient partagés entre la crainte de servir cet homme et la fierté de servir une organisation dirigée par un leadeur aussi terrifiant que charismatique.
- Haha, un vrai serpent, oui ! lança Satoru, allumant un autre cigare, après avoir jeté le précédent sur un tas de mégots semblables qui grandissait de plus en plus rapidement.
- J'espère pour toi que tu n'es pas en train de tenir des propos inacceptables sur notre maître, chuchota une voix perverse à son oreille.
- Ah, te voilà, Kabuto, salua Botan.
L'homme aux lunettes et aux cheveux argentés venait de faire son apparition aux côtés de Satoru, accroupie sur le rebord du toit où ils se tenaient, un sourire malsain sur les lèvres. Il se leva et sauta pour atterrir sur la plateforme du toit avant de prendre un carnet dans sa poche pour y inscrire quelque chose. Il ferma le petit livret d'un geste sec en souriant toujours et se mit face aux deux hommes qui sentaient le froid revenir.
- Messieurs, l'attente est terminée, déclara Kabuto.
- Tu l'as trouvé ? Le jouet d'Orochimaru-sama ? demanda Satoru d'une voix lente, se réjouissant d'avance de pouvoir enfin bouger.
- Oui, et il n'est pas seul.
- Parfait, s'exclama Botan en prenant le paquet longiligne posé à ses côtés. Quelqu'un en travers de notre chemin, c'est synonyme de combat ça ! J'espère que ce n'est pas un crétin, qu'on puisse rigoler un peu !
- Désolé de te décevoir, mais ce n'est qu'un mioche. Quand je les ai quitté, ils allaient s'arrêter à un parc, suivez-moi.
Sur ces paroles, l'homme aux cheveux argenté s'élança d'un bond dans la nuit, suivis par les deux autres membres de l'Ouroboros qui avait déjà terminé de récupérer leurs affaires. Un vent glacial souffla tendit qu'au loin, la lumière d'un lampadaire grésillait.
Trois ombres s'arrêtèrent aux abords d'une aire de jeu, alertant les deux personnes qui s'y trouvaient.
- Viens Nanao, je crois que nous devrions continuer notre route, lança précipitamment Sasuke avant de prendre la main du blond.
La première personne, un garçon aux cheveux bruns mi-longs et qui portait un élégant costume de soirée venait de prendre la parole. Sa voix était déformée par le vent qui soufflait, mais malgré cela, sa résonnance suffit à la rendre assez clair pour que les intrus entendent les paroles qu'il venait de prononcer. Le brun pris la main de l'autre personne qui se trouvait là, une jeune fille aux longs cheveux blonds vêtue d'une robe de soirée ocre. Enfin, c'est ce qu'il en était en apparence. La première ombre leva la main, et un reflet passa sur les lunettes rondes qui ornaient son visage. Il dévisagea leurs proies et fit un signe à l'un des hommes qui fit sauter les cadenas qu'une caisse qu'il portait sur son dos.
Le brun s'éloignait, quittant le parc d'un pas rapide. Seulement, avant qu'il n'atteigne le petit portail rattaché à la basse clôture qui entourait l'endroit, une sorte de canette tomba devant lui, et dégagea de la fumée après être tombée sur le bitume. Le brun recula, tirant la blonde avec lui. Il eut juste le temps d'entendre une sorte de bruissement dans l'air que trois formes se dégagèrent peu à peu de la fumée. Mettant derrière lui la blonde, il se mit en position défensive. Un rire détonna, un rire sadique et clairement rabaissant. Le brun tiqua, cherchant à distinguer le visage de celui qui osait se moquer de lui de la sorte.
- Bien le bonsoir, messieurs, lança une voix tandis que les deux autres formes qui avançaient vers lui se contentaient de ricaner.
La fumée se dissipa enfin, découvrant trois hommes à l'air dangereux, dont un que le brun reconnut immédiatement, un subordonné de l'Ouroboros. Il était en mauvaise posture, d'autant plus que les deux hommes qui l'accompagnaient n'avaient pas l'air de simples gardes du corps, rien qu'à voir l'attirail qu'ils avaient sur eux.
- Dis-moi, jeune homme, que fais-tu un soir si tard dans un tel accoutrement avec un petit travestit à tes côtés ?
- Cela ne vous regarde pas, répondit le brun. Qui êtes-vous, demanda-t-il même s'il se doutait de ce qu'allait répondre ses adversaires.
- Je pense que tu le sais, puisque tu n'as pas l'air étonné de savoir que nous savons que cette charmante jeune fille n'en est pas une malgré ses habits. Par contre, je ne pense pas que tu saches vraiment dans quels ennuis tu t'es mis. Je m'appelle Kabuto, et peu importe qui tu es, je pourrais me montrer encore assez clément pour te laisser la vie sauve si tu décidais de nous donner ceci, acheva-t-il en pointant du doigt le blond.
- Désolé de vous décevoir, mais je ne pense pas que cela va être possible, répondit sèchement le brun avec un air hautain.
- Intéressant, fit l'homme aux lunettes en tiquant. Mes amis, vos réjouissances peuvent commencer. N'ayez pas peur de blesser cette pauvre petite chose, et assurez-vous de me débarrasser de ce moucheron qui veut nous tenir tête.
Les deux hommes ne se firent pas prier et approchèrent avec un rire mauvais qui leur était commun. Sasuke se recula légèrement, en poussant le plus derrière possible le blond et fronça les sourcils. Il n'avait pas vraiment été habitué à combattre en protégeant une personne. Les assassins étaient engagés pour tuer, pas pour protéger. Satoru et Botan approchèrent, silencieusement, souriant, en sortant leurs armes, dont une lance épaisse et impressionnante à double pointe pour Botan. Ils avaient attendus leur combat, et le fait que le brun ait fait de la résistance leur avait donné une motivation incroyable pour être sans pitié ce soir. Derrière eux, Kabuto regardait la scène. Ce soir, il allait assister à un spectacle des plus réjouissants.
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Tout était noir. Sasuke avait l'impression de flotter quelque part, sans déterminer clairement où. Il sentait du vent passer sur son visage. D'ailleurs, la seule partie de son corps qu'il sentait était son visage, comme s'il avait perdu tout le reste de son corps. Au loin, il entendit comme des voix, puis des bruits de pas qui se rapprochaient progressivement. Un moment de blanc vint. Puis il sentit comme une présence à côté de son visage, et sentit quelque chose dans son cou. Il entendit une voix qui semblait lointaine s'exprimer.
- Père, je ne sens rien, je ne sens pas son pouls.
- Quel fou d'être partie seul. Revérifie !
- Mais…
- Revérifie.
Sasuke ressentit une nouvelle fois quelque chose appuyer sur son cou. Par reflexe, il prit en un éclair ce qui le touchait. Il distingua alors un bras. Il venait de prendre un bras. Soudain, sous les doigts placés dans son cou, il sentit un pouls. Un battement plus précisément. Et une douleur sourde vint envahir tout son corps. Tout se manifesta en quelques secondes. Sous le coup de la douleur, il ouvrit imperceptiblement les yeux et cracha du sang avant qu'il ne soit pris d'un malaise et retombe dans l'inconscience.
Itachi regarda son père d'un air surpris lorsque la poigne ferme de Sasuke se relâcha. Il venait de cracher du sang et semblait être retombé dans un état inconscient.
- Je sens son pouls maintenant ! Comme est-ce possible ?
- Il semblerait que ton frère ait son lot de secret. Et cette lettre alors ? demanda le père en désignant la feuille pliée que son fils avait ramassé près du corps de son autre fils.
- Un mot de ceux qui l'ont agressé, fit Itachi en parcourant le papier. Et…
- Et ?
- Ca dit que l'Ouroboros a décidé après cette trahison de détruire tout le pays plutôt que de juste détruire Konoha.
- … Allons-y, ton frère à besoin de soin. Peut-être qu'il en sait plus.
Itachi hissa avec agilité le corps de son petit frère sur son dos et regarda d'un air inquiet le visage du brun qui reposait maintenant sur son épaule. Le fait de le voir allongé sur le sol, couvert de sang, avait fait renaître de vieilles inquiétudes. S'il avait suivit son père dans ses affaires pour délivrer Konoha du pouvoir de l'Akatsuki, c'était justement pour éviter que ce genre de chose n'arrive. Il ne voulait plus perdre qui que ce soit de sa famille.
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Quand Sasuke se réveilla, la première chose à laquelle il pensa fut la voix qui l'avait tiré de son sommeil, la même qu'il avait entendue avant que tout ne redevienne noir.
- I…tachi, murmura-t-il en tentant d'ouvrir les paupières.
- Sasuke ! Sasuke tu es réveillé ? Tu m'entends ? Comment te sens-tu ?
- Arrête…
- Que…
- De parler… Tu m'casses les oreilles…
Itachi s'arrêta aussi tôt, considéra son frère pendant quelques secondes puis se mit à rire en se balançant à côté de son frère qui venait d'ouvrir les yeux. Il continua ainsi quelques minutes puis finit par se calmer et essuya les larmes qui coulaient sur son visage.
- Excuse-moi p'tit frère… mais ça faisait tellement longtemps que tu n'as pas tenté de casser quelqu'un ! J'ai l'impression de te retrouver avant… avant.
- Super… au fait, j'ai mal.
- Vraiment ? Ah pardon ! Tiens, prend ça, ca devrait te soulager un peu ! fit Itachi en tendant un verre à Sasuke.
Celui-ci se redressa en gémissant. Il regarda ses bras et son corps, et grimaça en voyant que son frère avait surement demandé sans raison aux infirmières de leur demeure de le transformer en momie. Il prit le verre que lui tendait son frère et bu d'une traite ce qu'il contenait. Passant sa main sur ses lèvres, il fit mine de s'essuyer pour cacher à son frère l'envie de recracher l'immonde liquide qu'il venait d'avaler. Soudain, il redescendit sur terre et se rappela de la cause de sa présence ici, chez lui.
- Nanao ! Le combat ! cria-t-il
- Ah, aaah ! C'est toi qui me casses les oreilles maintenant fit Itachi en bouchant ses oreilles de ses mains.
- Mais il faut le retrouver ! Ces gens…
- Ah oui, tiens ! Ca devient plus intéressant, lança le grand brun. J'aimerais savoir quelles sont les ordures qui t'on mit dans un état pareil.
- Ca t'intéresse vraiment ? Tu n'es pas plus inquiet d'avoir perdu Nanao ? fit Sasuke septique. Après tout, si vous m'avez trouvé, Père et toi, c'était pour le reprendre, non ?
- Sasuke… non. C'est plus compliqué que ça. Mais tu peux me croire, ce n'est pas à cet enfant qu'on a pensé en te voyant au sol.
- L'Ouroboros possède des membres plutôt habiles pour combattre. Si je n'avais pas eu à protéger Nanao, j'aurais peut-être pu… j'aurais sûrement pu les avoir tous les trois. D'autant plus qu'il n'avait pas pour but de ramener Nanao sans une égratignure il me semble…
- Sasuke… Comment te dire… Il ne peut pas être « égratigné », ils devaient le savoir.
Sasuke ouvrit les yeux, comprenant son erreur. Après tout ce temps, il avait oublié que Nanao, en plus d'avoir une apparence très particulière, avait quelques aptitudes cachées. Se remémorant le discours de Shizune, le jour où ils avaient ramenée la blonde, il se rappela que celle-ci avait précisé que Nanao guérissait à une vitesse anormale.
- Tiens, on dirait que tu le savais, mais que tu l'as oublié. Plus important, maintenant qu'on sait que l'Ouroboros sait qu'on a délibérément enlevé leur précieuse arme et qu'ils l'ont récupéré par les grands moyens, les choses se compliquent. Père est partit discuter avec certain de ses contacts.
- Je suis désolé. Je n'ai pas pu le protéger… lança Sasuke, son visage s'assombrissant.
- Bah… t'es pas doué, ça se sait ! fit remarquer Itachi.
- Quoi ? Et toi alors ? Incapable de me battre, tu dois faire deux fois ma taille ! Espèce de girafe inutile ! s'écria le brun, piqué au vif.
- Haha, vraiment ! Tu redeviens un peu normal. Ca mis à part, tes amis on appelé, ils arrivent.
Sasuke n'eut pas le temps de demander de quels amis parlait son frère qu'un des majordomes de la maison Uchiha frappa à la porte de sa chambre avant d'entrer.
- Jeunes maîtres, vos invités viennent d'arriver.
- Faites-les entrer, ordonna Itachi.
Arrivèrent ainsi les uns après les autres tous les membres de l'ANBU, officiellement présentés comme les amis des riches familles de Suna de Sasuke. Temari et Tenten furent les premières, cherchant un scoop comme à leur habitude, et commençant déjà à rigoler en voyant Sasuke couvert de bandages. Elles furent suivies de tous les garçons qui se firent bientôt poussés pour laisser places aux deux groupies qui vinrent se jeter sur Sasuke, percutant Itachi par la même occasion. A leur grande surprise, Sasuke les repoussa puis leur lança une remarque dédaigneuse pour les éloigner de lui. Sakura et Ino se concertèrent, se mettant d'accord d'un regard sur le fait qu'elles n'avaient pas vu Sasuke agir ainsi depuis un bon moment, puis elles tournèrent leur visage transi d'amour vers leur Sasuke au caractère retrouvé. Ce dernier soupira, et son frère s'amusa de la situation.
Puis un autre invité vint dans la pièce où tout le monde s'était déjà agglutiné.
- Tsunade-sama, s'exclama Sasuke, surprit et plutôt inquiet de la présence de la femme ici. Après tout, il avait gravement mis leur mission en péril.
- Tu connais cette femme ? demanda Itachi.
Le grand frère dévisagea Tsunade, toujours habillée avec un haut qui ne pouvait que mettre en avant son décolleté digne d'une actrice de cinéma. Puis il se tourna vers son frère, le questionnant de nouveau du regard. Mais ce fut Tsunade qui répondit.
- Je suis le patron de Sasuke. Enchantée, Itachi Uchiha.
- Le patron de…
- Itachi, interrompit Sasuke, tu n'es pas le seul à travailler pour ton pays. Je n'ai pas suivis Père, mais je suis devenu assassin à la place.
- Par contre, même si j'ai appris hier soir que toi et ton père ne représentiez pas un danger pour nous, j'aimerais bien savoir de quelle organisation vous faites partie, reprit la blonde en s'adressant toujours à Itachi.
- Nous ne faisons pas partie d'une organisation. Plus important, Sasuke, tu es un assassin ? C'est ça que tu me cachais ? Que tu tuais des gens !
- Ne fais pas comme si tu n'avais jamais pris de vies Itachi. Ca se voit sur ton regard… répliqua sèchement le brun.
- Itachi baissa la tête. Tout le petit monde attroupé dans la salle se sentit mal à l'aise l'espace de quelques secondes avant que Temari qui commençait à sérieusement s'impatienter ne reprenne la parole.
- Bon, nous sommes tous des gens qui faisons des choses pas très bien, mais c'est pour une noble cause que nous agissons tous ainsi. Plus important, Sasukeeeeee-
Temari se lança sur le lit de Sasuke ne se souciant de ses plaintes et du fait qu'elle l'écrasait à moitié et l'étranglait à lui prendre la chemise par le cou. Les deux groupies du brun ouvrirent la bouche à s'en décrocher la mâchoire en voyant leur amie agir de la sorte.
- Comment as-tu pu perdre notre princesse, crétin ! Tu ne vaux que ça ? Tu aurais dû te planquer à l'autre bout du pays ! criait la blonde en agitant le brun.
Ce dernier riposta en poussant la blonde sur le côté. Celle-ci se releva, prête à repartir à la charge, quand elle vit le visage du brun. Celui-ci semblait de vraiment méchante humeur, et lui lançait un regard noir meurtrier.
- Puisqu'on en parle… gronda Sasuke.
- Qu… quoi donc ? demanda la blonde, sentant venir un reproche auquel elle savait qu'elle aurait le droit un jour, regardant discrètement Tenten en coin.
- Oh mais je sais que Tenten est dans le coup, elle aussi ! fit Sasuke avec un rire jaune.
- Que… se passe-t-il Sasuke ? demanda Hinata d'une voix timide et peu rassurée.
- Ca vous amuse de travestir les gens ?
- Hein ? s'exclamèrent la plupart des gens dans la pièce.
Tenten triturait ses doigts tandis que Temari se passait la main dans les cheveux avec un rire gêné. Tsunade qui était également au courant resta impassible mais s'amusa intérieurement de la situation. Quant à Itachi, après un moment de flottement, il se mit à rire, surprenant toutes les autres personnes de la salle qui se l'était imaginé sérieux et pas vraiment du genre à s'amuser d'un rien, surtout qu'il semblait connaître la cause du mécontentement de son frère.
- Que se passe-t-il ? fit Choji
- Hahaha… votre… comment tu l'as appelé déjà… Nanao… est un garçon ! Hahaha et il l'ignorait ! brailla Itachi en plein fou-rire.
La petite assemblée resta perplexe un instant, puis Kiba qui remarqua Sasuke rougir légèrement. Il commença à rire en cœur, suivi par à peu près tout le monde, excepté Sakura et Ino dont le visage était devenu étrangement pâle, ce qui fit rigoler plus fort que tout le monde Tenten et Temari qui estimaient avoir réussi leur coup.
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Un peu plus tard, Itachi et Tsunade s'étaient isolés pour discuter des mesures à prendre face à la nouvelle situation qui s'était installée. Ils entrèrent dans l'un des bureaux de la demeure des Uchiha afin de trouver une entente face aux évènements. D'un côté, la stratégie des Uchiha et de leurs alliés qui consistait à une alliance par un marché avec l'Ouroboros venait d'échouer tandis que du côté de l'ANBU, la piste de l'Ouroboros en tant qu'allié de l'Akatsuki était un peu tombée à l'eau, mais pouvait revenir sur le devant de la scène maintenant que l'Ouroboros se méfiait des seules autres puissants alliés qu'ils aient pu avoir, à savoir les Uchiha. Comme leurs côtés respectifs s'étaient gênés chacun dans leur mission pour faire tomber l'Akatsuki, Tsunade avait insisté pour parler à Itachi, son père étant absent, et espérait en tirer une nouvelle alliance, puisque leur but était commun, et leurs moyens énormes.
- Il se trouve que l'ANBU, notre société d'assassin qui s'est beaucoup plus muté en société d'espionnage pour l'instant, puisque nos sources ne nous suffisent malheureusement pas à agir, possède un important réseau d'information, et de nombreux alliés à travers le pays, déclara d'un ton posé la grande blonde assise dans un fauteuil moelleux.
- Et si j'essaye de deviner votre raisonnement, lança Itachi d'un air sérieux, si l'on décide de joindre nos sources financières énormes, et notre liste de contact dans la politique assez conséquente pour avoir l'appuie des plus grands à l'ANBU, vous pensez que tout cela ne ferait que nous profiter à tous d'une nouvelle chance de détruire l'organisation qui pourrie Konoha depuis de nombreuses années.
- Exactement, fit Tsunade sans rien ajouter, attendant la réaction de l'Uchiha.
- Cela me semble être une bonne proposition. Déjà, nous ne nous nuirons plus si nous mettons nos connaissances en commun. Laissez-moi passer un coup de fil.
Itachi sortie d'une poche intérieure de sa veste un téléphone portable et tapa rapidement un numéro avant de l'approcher lentement d'un geste terriblement sensuel de son oreille. Il se leva en faisant signe à Tsunade de le suivre d'un petit coup de tête et laissèrent les jeunes ensembles.
- Père ? Oui, je suis avec la directrice de l'ANBU… oui, pour un accord… Demain ?... Bien, je le lui dis. Au revoir.
- Votre père est-il d'accord pour que nous joignions nos ressources respectives ? Demanda Tsunade, légèrement anxieuse, en se mordant l'ongle de son pouce, tic de nervosité qui persistait chez elle depuis des années.
- Mon père consent effectivement à allier nos forces aux vôtres. Il faudra sans doute agir vite. Le chef de l'Ouroboros est un homme assez impulsif. Il pourrait très bien se servir du gosse dès demain pour attaquer Konoha ou une autre ville. Il est impératif que nous le stoppions maintenant.
- Si je comprends bien, fit Tsunade, il va falloir envoyer nos forces dès demain dans la planque de l'Ourobouros.
- Ce serait mieux, répondit simplement Itachi, le visage impassible.
- L'ANBU possède de nombreux hommes, je formerai les équipes qui partiront ce soir. Je pense déjà avoir une idée.
- Bien. Je viendrai, ainsi qu'un autre agent qui travaille pour mon père. Le mieux serait que Sasuke se repose. Je suppose qu'on ne pourra pas l'empêcher de venir de toute façon…
- Vous supposez bien, à ma plus grande consternation. Mais il semblerait que ce « projet » soit devenu quelqu'un de très important pour lui, conclut Tsunade.
- C'est bien mon frère, à toujours tout faire à contresens.
Itachi et Tsunade achevèrent rapidement leur discussion et revinrent dans la chambre du blessé pour demander aux autres jeunes de rentrer chez eux. Tous partirent avec une tête maussade et compatissante envers Sasuke. Une fois seule, celui-ci fut soigné par Shizune qui avait rejoint la demeure un peu en retard.
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Le lendemain matin, une équipe plutôt imposante était prête à partir, et attendait dans l'un des salons de l'ANBU. Tsunade avait pris deux équipes juniors, celle de Sasuke, et celle composée des filles Temari, Hinata et Tenten. Elle avait aussi décidé d'envoyer une équipe d'adultes, ainsi Kakashi, Asuma et Iruka furent de la partie. Tout le monde attendait impatiemment de partir, certains finissant de préparer leurs affaires, les autres passant le temps en discutant ou en regardant les nuages gris qui se profilaient à l'horizon dans la légère brume matinale. Toutes les têtes se tournèrent à l'unisson quand Tsunade accueillit Itachi avec le deuxième agent. Une femme. Mais les autres ne furent pas plus surpris de cela, puisqu'ils étaient habitués à travailler tous ensemble, fille ou garçon.
- Présentation rapide, lança Itachi. Voici Mayuko, experte en logistique et en programme de sécurité. Nous devrions pouvoir nous repérer assez facilement dans le labyrinthe qu'est la planque de l'Ouroboros grâce à elle.
- Enchantée, fit Mayuko.
La femme était grande et fine, et possédait les mêmes cheveux noirs corbeaux que les frère Uchiha. Sasuke fut surpris de voir son frère avec une aussi jolie femme, ne s'attendant pas à voir un jour une femme qui paraissait si sensible et intelligente au côté de cet énergumène sadique et moqueur. Il n'en fit cependant pas la remarque, son anxiété surpassant tout ce qui pouvait bien se passer en ce moment. Il ne désirait qu'une chose, récupérer Nanao. Il se leva d'un bon, sous le regard inquiet de Kiba lorsque Tsunade décida qu'il était temps de partir. Après tout, ils avaient pas mal de chemin à faire, et cela en restant discret, ce qui n'était pas une mince affaire vu leur nombre.
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Et voici le 6ème chapitre du Renard et de l'Assassin !
L'ANBU et le clan Uchiha s'allient pour aller déterrer Orochimaru avant qu'il ne fasse une grave erreur ! Mais on ne sait toujours pas ce qu'il se passe du côté de Konoha. En tout cas, les frères Uchiha vont se battre ensemble pour sauver... le monde, en fait, ce monde-là en tout cas :) J'aime tellement les voir ensemble, tout sérieux, comme les Uchiha qu'ils sont, avant que quelque chose ne partent sérieusement dans la mauvaise direction et que leur image parfaite se brise en mille morceaux hahaha J'ai eu tellement honte pour Sasuke en écrivant ce chapitre !
Merci à tous ceux qui suivent l'histoire encore une fois. :D
Lorsque je vois la liste des pays où vous vous trouvez, je suis hyyypeeer envieuse ! Je n'ai clairement pas assez voyagé à mon goût. Mais dès que j'aurai l'argent, c'est exactement ce que je continuerai à faire. Voyager à l'étranger est ma passion, je dépense absolument tout mon argent dans ça hahaha ! Pour moi, économiser pour un ticket d'avion vaut plus que d'économiser pour des fringues, des bijoux, des jeux vidéos ou des restos. Sérieusement. En plus, manger à l'étranger, c'est tellement plus cool ! Je veux goûter toute la nourriture de ce monde ! Ou presque, mais tout ce que mon estomac supporte, je le VEUX !
Bref, bon appétit, et à la prochaine ! :P
