Salut, vous me reconnaissez ? C'est moi, lafillequiétaitplusenretardqu'AntoineDaniel ! Et oui, vous ne rêvez pas. Le voici enfin. Le chapitre 6 des Exclus. Je tiens vraiment à m'excuser pour mon énorme retard. Mais bon, avec la reprise des cours, j'ai pas eu énormément de temps, et en plus je suis interne, alors c'est chaud pour écrire... Alors voilà, j'espère que vous me pardonnez. J'espère que vous me pardonnerez ce chapitre. Ah oui, petit info : si tout se passe comme prévu, ce chapitre est l'avant dernier. Voilà, voilà, je vous retrouve à la fin, bonne lecture !
François mangeait distraitement. Ses membres ainsi que son visage étaient crispés. Une même question lui trottait dans la tête depuis qu'Antoine s'était éloigné, accompagné du médecin : devait il lui dire qu'il avait fait venir ce dernier tout en sachant qu'il ne pourrait pas vraiment sauver Mathieu ? Une partie de lui pensait que cacher cette information à son ami n'était pas une bonne idée. Dans leur situation actuelle, ils devaient pouvoir se faire confiance mutuellement. Or, si Antoine apprenait que François lui cachait des choses aussi importantes, lui ferait il encore confiance ? Néanmoins, l'autre partie de lui même lui criait que tout avouer à son compagnon créerait des tensions dans le groupe. Antoine se sentirait trahi.
Le Fossoyeur tourna furtivement son regard en direction de Mathieu. Il dormait à poings fermés, un petit sourire gravé sur les lèvres. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas paru aussi calme durant son sommeil.
Un craquement de feuillage l'arracha à ses pensées. Il se retourna en quelques secondes, dégainant son arme et visant le nouveau venu.
« Calme toi. C'est que moi. »
François baissa son arme et détailla le visage de son ami. Ses traits étaient tendus, ses yeux emplis d'un mélange de tristesse et de colère. Son dos était voûté, comme si il portait l'ensemble des malheurs du monde sur ses épaules. Le pelleteur se mordit légèrement la lèvre, se sentant coupable du mal être visible de son cadet.
« Antoine.. Ça va pas ?
- Mathieu.. Il va mourir. Malgré tout.
- Je sais. »
La révélation était partie toute seule. Un frisson le parcouru : il craignait désormais la réaction d'Antoine.
Les poings de celui ci se crispèrent sans qu'il s'en rende compte. Il tentait de se résonner. De ne pas céder à la colère. Il ne devait pas s'énerver. Rester calme.
« Tu... Savais ?
- Antoine, je suis désolé.. J'ai fait ce qu'il fallait. »
Ne pas s'énerver. Garder son calme. Réfléchir avant d'agir. Antoine ferma les yeux et serra les poings. Il sentit les larmes monter. Ne pas s'énerver.
« Je... Comprends, François.
- V.. Vraiment ? »
Une lueur de soulagement apparu dans les yeux de l'aîné, tandis ce que le cadet avait de plus en plus de mal à refouler ses larmes. Un changement de sujet devenait indispensable.
« François, je pense sincèrement qu'on peux sortir de cet endroit.
- Quoi ?!
- Tu m'as bien entendu. Je pense que le but de ce bordel n'est pas de nous condamner sans procès, mais de nous faire réfléchir, afin de sortir d'ici. »
Les sourcils du Fossoyeur se froncèrent. Cette hypothèse était loin d'être stupide. Même complètement concevable. Il tenta de rassembler toutes les choses qui avaient put le marquer durant son enfermement. Peut être avait il vu un indice, quelque chose qui prendrait tout son sens aujourd'hui...
Soudain, un détail lui revint à l'esprit. Machinalement, les pièces du puzzle s'emboîtèrent dans son esprit.
« Antoine.. Quand je suis arrivé et que j'étais attaché, je restais tête baissée. J'ai eu le temps de remarquer un truc surprenant. Un bout du sol était mal fixé. Je l'ai bougé avec mon pied, et j'ai découvert une trappe en dessous. Je pensais que ça n'avait aucune importance. Mais maintenant... Je pense sincèrement que la sortie... C'est l'entrée.
- Ce qui expliquerait la règle des cinq minutes... Tu sais, le fait qu'on ait pas le droit de rester dans la salle sous peine d'être tué.
- Exact. Mais.. On a énormément marché depuis notre arrivé, la pièce où nous étions enfermés doit être à des kilomètres d'ici..
- Et alors ? On a plus rien à perdre François ! On a même tout à y gagner ! Je suis prêt à faire n'importe quoi pour que Math s'en sorte ! »
Le jeune homme paraissait soucieux. Les arguments d'Antoine étaient tout à fait valables. Mais il redoutait que Mathieu replonge durant le voyage. Mais..
« Tu as raison. Je te suis. »
Quand Mathieu se réveilla, plus reposé que jamais, il trouva Antoine et François assis en face de lui.
« Qu'est ce qui se passe les mecs, vous avez vu un fantôme ? Rit Mathieu en voyant les visages sérieux et tendus de ses amis.
- Math... On sait que tu sors tout juste d'un très mauvais moment, et on aimerait pas te brusquer, mais.. commença maladroitement Antoine.
- On aimerait sortir de ce merdier, et on pense avoir trouvé une solution. Trancha François. »
Mathieu réfléchit quelques instants. Était ce réellement possible, ou ses amis avaient ils perdu la tête ?
« Qu'est ce qui vous fait dire qu'il y a une sortie ?
- François pense avoir vu quelque chose qui y ressemble.
- Où ?
- Dans le bâtiment où tout a commencé. »
Quelques secondes de silence suivirent cette révélation assez surprenante à entendre pour Mathieu.
« Très bien les mecs. J'vous suis. »
Les trois alliés rassemblèrent rapidement toutes les provisions qu'ils pouvaient transporter, avant de se mettre en route. Bien entendu, la durée estimée du trajet les effrayait. Le seul fait de retrouver leur chemin était angoissant. Néanmoins, le sens de l'orientation de François allié à la capacité d'observation de ses cadets était presque infaillible.
Les trois anciens youtubers marchèrent deux journées entières, ne s'arrêtant que quelques heures pour se nourrir et dormir, même si bien souvent le sommeil ne venait jamais. Personne ne vint troubler leur trajet.
Les acolytes en étaient à leur troisième jour de marche intensive. S'approvisionner en eau devenait une rude épreuve, et la fatigue prenait une place importante dans leurs esprits. Les pauses devenaient fatalement plus longues, ralentissant leur progression, ce qui commençait sérieusement à décourager Antoine. Ses aînés, quant à eux, restaient toujours aussi confiants et déterminés.
François remplissait un sac avec des pommes trouvées miraculeusement à proximité de leur bivouac actuel. Antoine dormait d'un sommeil agité tandis ce que Mathieu s'occupait des réserves d'eau à quelques mètres de là. La nuit était calme, et seuls quelques rares cris venaient troubler la tranquillité du moment.
Soudain, le Fossoyeur entendit un bruissement de feuilles à sa gauche. Comme à son habitude, il se retourna vivement en direction du bruit, son arme à la main.
« Alors 188, content de nous revoir ? »
Le pelleteur se retint de déglutir. Devant lui se tenaient ses principaux ennemis : les trois jeunes gens faisant partie du groupe qu'il avait décimé auparavant, accompagnés de quatre nouvelles recrues, quatre garçons visiblement battis pour tuer.
« Je vois que vous avez fortement revu à la baisse vos effectifs de départ... Mais personne n'est irremplaçable hein ? Remarqua François en désignant les quatre montagnes de muscles.
- Fais pas le con 188. T'as buté la moitié d'entre nous, alors j'espère que tu penses pas t'en sortir comme ça...
- Pour tout vous dire.. J'aurai été extrêmement déçu si vous ne m'aviez pas fait l'honneur de revenir à l'attaque.. Après tout, dans les films d'action, un bon méchant est presque essentiel, alors pourquoi pas ici ? »
Sur ces mots, François fonça, préférant attaquer le premier. Les opposants ne se laissèrent pas surprendre. Le Fossoyeur s'empressa de décrocher un coup de poing dans le nez de la première personne qui se présenta, avant d'enchaîner avec un coup de poing dans le ventre de la petite blonde, qui semblait être la meneuse du groupe.
Le plus baraqué des quatre molosses envoya à terre François d'un coup de pied dans le ventre. Ce dernier se tordit de douleur, incapable de bouger. Il ferma les yeux, sentant le groupe au complet s'approcher de lui en riant. Il essaya à plusieurs reprises de se relever, en vain. Il se mordit la lèvre, tenta à nouveau, avec plus de hargne. Il ne pouvait pas se laisser aller à la mort, c'était la facilité, la faiblesse. Il ne pouvait pas se permettre d'être faible. Pas ici.
Un coup de feu se fit entendre. Le pelleteur regarda difficilement en direction du bruit. Il put voir Mathieu, son arme à la main. Son regard était décidé, il semblait bien moins apeuré que lorsqu'il avait abattu sa première victime. Le sol trembla quand le mort s'écroula lourdement à côté de François.
Un cri de haine anima les ennemis des deux acolytes. Tous se ruèrent sur Mathieu, qui ne sut bientôt plus où donner de la tête. Le Fossoyeur fit alors un autre et dernier effort, et se leva difficilement. Il inspira un grand coup et couru à la rescousse de son ami. Les coups fusaient, bientôt un autre opposant tomba. Il s'agissait cette fois ci du seul homme qui subsistait au groupe d'origine. Les deux jeunes filles se battirent avec encore plus de rage, ce qui les aveuglaient.
Emportées par leur haine, elles dégainèrent leurs pistolets, les pointant sur Mathieu et François en hurlant des paroles incompréhensibles, tandis ce que leurs trois compères mirent les deux amis à terre. C'est à ce moment qu'Antoine se mêla au massacre, tirant trois balles en direction des assaillants. Une seule atteignit son objectif. Un homme tomba, touché à la tête.
La colère des jeunes filles se transforma en peur panique. Se rendant à l'évidence que le combat était perdu d'avance, elles s'enfuirent en courant, accompagnées de leurs compagnons. Alors qu'elles étaient encore relativement proches, François hurla :
« Au plaisir de vous revoir ! »
Cette remarque réveilla la rage qui commençait à se dissiper dans le camp adverse. La meneuse se retourna, visa le jeune homme et tira. Le Fossoyeur ne se déplaça pas assez vite : la balle se logea dans sa cuisse. Un hurlement de douleur sortit de sa gorge, pendant que les responsables s'éloignaient.
Antoine se précipita aux côtés de son ami, qui se retenait à présent de crier, la mâchoire crispée, les yeux clos et la main sur sa blessure.
Mathieu courut chercher de l'eau et la versa sur la plaie à vif.
« Il faut retirer la balle ! S'exclama Antoine, complètement paniqué. »
Le plus âgé tentait de réfléchir, malgré la douleur affreuse qui lui rendait l'exercice difficile. Comment extraire la balle lui même ? Par chance, grâce à la distance assez importante entre la tireuse et lui, la balle n'était pas très profondément enfoncée dans la chair. Il laissa passer quelques instants, le temps pour lui de contrôler plus ou moins sa douleur. Il était tellement concentré qu'il n'entendait plus la voix de ses cadets qui s'affolaient. Il n'entendait que le bruit de sa respiration, qu'il tentait de ralentir. Il essayait de ne plus ressentir cette douleur lancinante qui lui donnait envie de mourir.
Il inspira, expira, inspira à nouveau. Les yeux toujours clos, il plongea un doigt dans sa blessure. Ainsi, il évalua à quelle distance se trouvait la balle. Quand la douleur fut insupportable, il retira son doigt et se concentra à nouveau. Il plongea ensuite deux doigts dans la chair sanguinolente, tentant d'attraper la balle.
Il du recommencer une bonne dizaine de fois avant d'enfin réussir à déloger la balle. Il la sortit lentement de la plaie, qui saignait encore plus après ces dix minutes de calvaire. Le jeune homme pleurait de douleur. Sa langue saignait, il l'avait trop mordue afin d'étouffer ses cris. Quand enfin sa gorge se délia, il murmura :
« De l'eau, vite.. »
Mathieu s'empressa de verser toute l'eau qu'il put sur la blessure. Antoine déchira un morceau assez large de son t shirt et tenta de bander la plaie. François se sentait perdre connaissance, mais il continuait de lutter, refusant encore et toujours de se laisser aller à ce qu'il considérait comme de la faiblesse.
« François ! Tu m'entends mec ?
- Calme toi Math... Ça va t'inquiètes..
- Mec, tu viens de te retirer une balle à mains nues ! T'es complètement malade ! »
Le Fossoyeur ne put réprimer un sourire. Il savait qu'il venait de faire une belle erreur, mais il s'en moquait éperdument.
Il se releva non sans peine. Sa tête continuait de tourner, mais il en faisait aisément abstraction. Il tenait debout et se sentait apte à marcher, et c'était tout ce qui comptait pour lui.
La marche reprit. Elle dura trois jours supplémentaires. Les jambes lourdes, la gorge sèche, l'esprit embrumé, les trois amis ne croyaient plus en rien. Leurs yeux se fermaient d'eux même. Après deux longues journées sans fermer l'œil, ils décidèrent enfin qu'il était temps de faire une pause pour se reposer, ou du moins essayer. Ils s'installèrent dans un coin qui leur paraissait relativement calme. Les deux plus jeunes s'allongèrent et s'endormir instantanément, rattrapés par le sommeil. François, quant à lui, resta assis un long moment, refoulant ses larmes et l'envie d'arracher sa jambe.
Alors qu'il était en pleine réflexion, il entendit des grognements, suivis d'appels à l'aide murmurés. Il chercha la source de ces bruits, inquiets. Et quand enfin il la trouva, son inquiétude s'amplifia.
Il s'approcha doucement de Mathieu, faisant son possible pour ne pas le réveiller. Le visage du petit youtuber était crispé, quelques fines gouttes de sueur perlaient sur son front.
« Non.. Stop... Antoine... A l'aide.. Arrêtez... May... »
Les mots du médecin retentirent dans le crane de François. La rechute. Elle arrivait.
Voilà, le chapitre est terminé, j'espère qu'il vous a plu, pour ma part ce n'est pas mon préféré ^^ Mais ne vous inquiétez pas : si je me débrouille bien, le prochain (et dernier, du coup.) sera BADASS. J'espère. Donc voilà, je vous présente encore une fois mes excuses pour le retard. J'vous nem. Bisouilles.
