Bonjour ! Voici la suite, mais avant, réponse aux guests :
Petit coconuts : Hey, merci pour ta/tes reviews, je suis contente que ça te plaise. Pour l'instant, j'ai 16 chapitres d'écrit, et vu ce qu'il me reste, je pense qu'on en aura un peu plus de 20. La suite est là (en fait, je poste tous les jeudi si tout va bien) ! J'ai vu le let's play de Sora aussi ! C'était cool ! Bonne lecture
« On devrait aller à la bibliothèque. »
Thatch écarquilla les yeux en entendant la proposition de Nami : elle voulait réellement suivre les indices du fantôme et partir à la recherche de réponses en allant dans la bibliothèque ? Ce n'était pas du tout son genre pourtant. La demoiselle avait plus l'habitude de se cacher derrière ses amis quant il s'agissait des choses dangereuses et inconnues. C'était étrange de la voir comme ça, mais assez agréable. Elle paraissait déterminée pour la première fois depuis un an.
Alors, ce n'était pas surprenant qu'il accepte de la suivre à travers tout le chalet pour aller dans la bibliothèque. Il avait l'horrible impression de s'être trompé, pendant toute l'année précédente, il avait cru que la mort des frères n'était qu'un accident. Et de plus en plus d'indices allaient dans un tout autre sens : d'abord l'avis de recherche d'Akainu, ensuite, le fait que personne n'ait retrouvé les corps, puis maintenant, ça. S'il avait cru que le plateau de spiritisme marchait réellement… Car il marchait réellement : il n'avait pas fait semblant, Nami lui avait dit qu'elle non plus alors il la croyait, et la réaction d'Ace confirmait qu'il n'y était pour rien non plus.
La bibliothèque de manoir des Gol était une sorte de paradis terrestre pour toute personne fan de lecture, et le cuisinier était d'ailleurs surpris que Robin ait préféré retourner au téléphérique pour chercher son sac plutôt que de venir dans cette pièce. Les quatre murs étaient recouverts, du sol au plafond, par des étagères qui contenaient des centaines de livres. C'était presque à en donner le vertige.
Et trois livres tombèrent mystérieusement de leur étagère.
Les deux amis se regardèrent dans les yeux pendant plusieurs secondes, apparemment pas sûrs de la démarche à adopter devant des évènements de ce genre. Fallait-il aller voir ? Après un soupir à fendre les cœurs les plus durs, le cuisinier s'approcha doucement. Là où les livres s'étaient trouvés quelques secondes avant, on pouvait désormais voir un petit bouton rouge.
« -Euh… on doit appuyer dessus ?
-C'est à ça que servent les boutons. »
S'il n'avait pas été aussi stressé, Thatch aurait pu être fier de garder son humour dans une telle situation. Néanmoins, il ne fit aucune remarque et se contenta d'appuyer doucement sur le bouton. Et de se décaler en voyant le mur se mettre à bouger.
Ok… Il était forcé d'admettre qu'il ne s'attendait pas à trouver une petite pièce secrète dans la maison de vacances des Gol. Pas du tout même.
« -On va voir ?
-Après toi. »
Nami le regarda comme s'il était fou, semblant retrouver son comportement d'antan : toujours laisser les autres passer devant. Mais juste histoire de s'assurer que tout était bon, et qu'elle ne risquait rien du tout. Thatch soupira à nouveau, il n'aimait pas vraiment ça. Vu que la jeune femme restait immobile, il se doutait bien qu'il allait devoir y aller. Alors il s'avança dans la petite pièce sans avoir réussi à se monter galant.
C'était sombre. Mais la lumière venant de la bibliothèque était suffisante pour qu'il arrive à voir où il mettait les pieds. Le cuisinier soupira en voyant une araignée passer sur le mur à côté de lui, heureusement que Nami n'était pas venue car son hurlement aurait pu provoquer une avalanche dans la montagne. S'il avait peur des hauteurs, la jeune femme avait une terreur sans nom des araignées.
Il s'avança encore vers le bureau. C'était le seul meuble de cette pièce envahie par la poussière. Plusieurs objets trônaient dessus : des stylos, des feuilles, des morceaux de journaux en rapports avec la mort des frères, des toiles d'araignées, un livre d'Albert Camus, une photo. Une photo de Sabo et Luffy.
D'après la tête que les frères avaient, Thatch pouvait estimer qu'elle avait été prise deux ans avant leur mort. Ils étaient très souriants et faisaient des signes à l'objectif. Le tatouage du plus jeune –une tête de mort ornée d'un chapeau de paille- était visible sur son bras. Le cuisinier se souvenait encore du saut que les parents avaient fait en découvrant que leur précieux fils était devenu un délinquant. S'il se souvenait bien, c'était Ace qui l'avait emmené le faire après plusieurs demandes du gosse. Foutu grand frère qui acceptait absolument tout.
Thatch allait reposer la photo avec un sourire, mais prit par une sorte d'instinct, il retourna la carte et écarquilla les yeux. Un message était écrit à l'encre rouge comme le sang à l'arrière de la photo :
« JE VAIS LES PRENDRE ET LES SAIGNER COMME DES POURCEAUX ET ARRACHER LEURS PEAUX BLANCHES ET DOUCES. 16 PUTAINS D'ANNEES. 16 ANS À ATTENDRE LES PETITS SABO ET LUFFY ! »
Le souvenir d'Akainu ayant passé 16 ans en prison revint rapidement dans la tête de Thatch qui s'empressa de cacher la photographie dans sa poche. Pas question d'inquiéter Nami avec des choses pareilles. Ca ne servait à rien. Tâchant de reconstruire au mieux un visage neutre, le jeune soupira en sortant de la pièce et hocha les épaules, prétextant qu'il n'y avait rien d'intéressant.
Nami parut surprise, elle semblait s'être attendue à trouver un indice. Néanmoins, elle ne dit rien et accepta de suivre Thatch. Il voulait retrouver Ace, il voulait lui montrer ce qu'il avait trouvé. A coup sûr, son ami avait enquêté sur la mort de ses frères, il n'avait pas pu laisser passer ça comme ça. Alors il avait sûrement ramassé des indices, et pourrait peut-être lui en apprendre plus sur ce message qu'il venait de trouver. Puis… il admettait sans problème que laisser quelqu'un seul après avoir trouver ça n'était pas vraiment intelligent.
Et comme pour confirmer son mauvais pressentiment, il entendit un cri de son ami au rez-de-chaussée. Il échangea un rapide regard avec Nami et ils se mirent à courir, dévalant les escaliers quatre par quatre pour rejoindre Ace. La jeune femme fut la première à la porte et s'y précipita. Néanmoins, son bras fut attrapé et elle fut tirée à l'intérieur de la pièce juste avant que la porte ne se ferme… Au nez de Thatch.
Le roux força une fois sur le poignée et arrêta de prendre son temps : il défonça la porte grâce à un bon coup d'épaule.
La porte céda et il se retrouva au sol sous le choc. Il se releva doucement, à moitié sonné. Il vit d'abord le carrelage, les carrés blancs entourés de lignes noires, encore du carrelage, puis le corps de Nami allongé sur le sol. Le roux murmura le prénom de son amie et ses yeux continuèrent leur ascension. Il eut le temps de voir un homme en combinaison dont le visage était caché par un masque blanc avant qu'il ne se prenne un poing au visage et s'évanouisse sur le coup, son corps rejoignant celui de la jeune femme.
Zoro hurla le nom de son amie et embarqua le sniper en se mettant à courir dehors, suivant les traces dans la neige que laissait le corps de la jeune femme. Il emprunta un raccourci, sautant par-dessus l'eau comme s'il avait fait ça toute sa vie. Ses foulées étaient de plus en plus grandes et il faisait tout pour rester à proximité de la voix. Le froid s'infiltrait dans son corps mais il ne le remarquait pas. Il voulait juste rattraper Hancock.
Les cris de terreur et de douleur résonnaient dans les bois et se répandaient comme un écho. Il esquiva quelques troncs et sauta par-dessus des rochers mais il avait l'impression qu'il s'éloignait de plus en plus de son amie. Il ne fallait surtout pas qu'il perde sa trace. Il ne se le pardonnerait jamais si Hancock venait à disparaître. Zoro accéléra encore le rythme de sa course.
Du haut d'une falaise, il vit le corps de son amie, toujours en train de se débattre, se faire tirer dans la neige. Il ne patienta pas plus et sauta, se retenant parfois à quelques branches pour amortir sa chute. Le contact du sol avec ses pieds le fit souffrir mais il recommença rapidement à courir. La chance semblait être de son côté, il ne se perdait même pas. Son cœur battait à une allure incroyable. Et… il avait peur.
Il était terrifié même, il n'avait pas eu le temps de voir ce qui avait attaqué Hancock mais c'était puissant et dangereux. S'il venait à tomber nez à nez avec une telle créature, il n'était pas sûr d'en sortir vivant. Pourtant, il ne pouvait pas se résoudre à laisser son amie se faire dévorer ainsi. L'animal l'emmenait certainement dans sa tanière pour prendre son temps afin de déguster ses organes. Zoro serra les dents. Il ne laisserait pas ça arriver. Hors de question.
Ses pas résonnaient sur la neige mais il n'entendait que le sang qui pulsait dans ses oreilles. Le sniper sur les épaules, il sauta une nouvelle fois pour emprunter un raccourci. Il se souvenait de cet endroit, il était déjà venu ici avec Nami pendant une partie de cache-cache. La jeune femme, enfant à l'époque, avait été désigné pour le surveiller, pour ne pas qu'il se perde. Et il se souvenait de l'endroit où menait le chemin qu'il suivait : aux mines.
Et en effet, après quelques secondes de course, il aperçut l'entrepôt désaffecté qui avait avant abrité des mineurs avant de les mener à leur travail. Zoro vit les cheveux noirs de son amie sur la neige et eut le temps de la voir relever la tête et de planter ses yeux dans les siens avant que la porte ne se referme sur elle, les séparant à nouveau.
Le vert dégluti en pestant mais n'arrêta pas de courir. Les yeux d'Hancock avait une teinte qu'il n'avait jamais vu : elle était comme paralysée par l'effroi, morte d'inquiétude, terrifiée… Mais y avait quelque chose d'autre, une petite lueur, infime, presque invisible mais pourtant bien présente : elle voulait vivre. Il ne pouvait pas la laisser ainsi, il ne pouvait pas l'abandonner. Elle ne pouvait pas mourir avec ça comme dernier souvenir de la vie. C'était impensable. Hancock ne pouvait pas mourir alors qu'elle trouvait enfin une raison de vivre.
Il ouvrit la porte et ne prit pas la peine de la refermer. Du coin de l'œil, il parvint à voir les escaliers et commença à dévaler les marches aussi rapidement qu'il le pouvait. Les cris résonnaient toujours… peut-être de moins en moins forts. Et s'ils reflétaient l'état de santé de son amie, alors il était vraiment dans la merde. Alors que ça semblait impossible, il augmenta encore sa vitesse. Ses pieds ne semblaient même plus toucher le sol, il avait presque l'impression de voler.
Et les cris s'arrêtèrent. Zoro également.
Sa respiration affolée était la seule chose qui brisait le silence qui venait de s'installer. Non… Non… Ca ne pouvait pas s'arrêter. Pas comme ça. Il avança doucement vers l'ascenseur regardant tout autour de lui, comme cherchant une réponse… pourquoi ?
Et enfin, il aperçut son amie, allongée dans la cage d'ascenseur. Il se précipita vers elle. Son corps et son visage étaient recouverts de griffure. Le sang qui coulait de ses blessures rendait ses cheveux poisseux. Sa robe était déchirée à de nombreux endroits. Et plus important que tout le reste… Elle respirait.
« Hancock ? »
La jeune femme ouvrit les yeux et le regarda, elle semblait avoir perdu toutes ses forces. Elle semblait tellement faible, tellement détruite. Comme brisée de l'intérieur. Néanmoins, elle lui adressa un petit sourire en levant doucement sa main vers lui.
« Aide…moi. »
Zoro lui sourit doucement et avança à son tour sa main pour l'attraper. Ils allaient pouvoir retourner au chalet. Ils allaient pouvoir s'en sortir. La vie pouvait mettre toutes les épreuves qu'elle voulait sur leur chemin, ils pourraient s'en sortir. Ils étaient vivants.
La cage d'ascenseur s'effondra. Entraînant le corps d'Hancock avec elle.
Zoro garda la main tendue pendant quelques secondes, ses yeux étaient écarquillés. Les larmes commencèrent à couler le long de son visage sans qu'il ne le remarque. Quoi ? Qu'est-ce qui venait de se passer ? A peine quelques secondes plus tôt, elle était là, juste devant lui. Elle était là, vivante, souriante, à lui demander de l'aide. Il… Il ne l'avait pas aidé. Il avait échoué. Il l'avait laissé mourir. Alors qu'elle était juste là, juste devant lui.
La main de Zoro se mit à trembler. Il se pencha doucement vers l'endroit le trou qui était désormais visible, vers le trou qui se trouvait à la place de la cage d'ascenseur. Il respirait doucement, à intervalles réguliers. Il ne voyait pas le sol. Il ne voyait pas la cage brisée en morceaux, il ne voyait pas le corps de son amie disloqué, démembré, réduit en bouilli. Le dernier souvenir qu'il aurait d'elle, ce serait celui d'une femme brisée mais souriante ? Alors qu'elle, elle ne garderait en mémoire que la douleur et la trahison. La vie était tellement injuste.
Zoro se releva et essuya ses larmes. Il venait d'entendre quelque chose, et assez proche de lui. En faisant le moins de bruit possible, le vert commença à remonter à la surface, suivant la source du bruit. Puis il vit ce qu'il recherchait. Une silhouette avec un énorme manteau de fourrure. Ca devait être lui, celui à cause de qui Hancock était morte. C'était forcément à cause de lui. Zoro chargea le sniper et visa l'homme. Il tira. Mais jamais la balle ne partit.
Il ragea intérieurement, à quoi pouvait bien servir un sniper enraillé ? Il jeta son arme sur le côté et se mit à courir pour rattraper l'home qu'il venait de perdre de vue. Pendant plusieurs minutes, il se fit étrangement discret et prit l'homme en filature. Il ne le laisserait pas s'en tirer à si bon compte. Il allait venger son amie.
Suivre ce type avait eut du bon car en peu de temps, Zoro avait pu sortir de la mine et atteindre l'extérieur. Il avançait rapidement et silencieusement. L'homme se dirigeait vers un immense bâtiment désaffecté. Et le vert soupira. Il reconnaissait cette architecture. Il avait déjà vu ça sur la carte dans la station du téléphérique. Le sanatorium… L'ancien hôpital psychiatrique.
« Merde… »
