Salut tout le monde,
J'aurais dû vous poster ce petit chapitre hier, mais bon j'ai profité de mes cadeaux d'anniversaires, qui m'ont moins choqués que ceux de Remus. Ça y est je suis vieille, j'ai pris un an de plus. Maintenant que j'ai un peu raconté ma vie trépidante, je vous propose de découvrir ce que notre bourreau des coeurs préféré à concocter à son loup. Et vous allez comprendre pour notre Moony est si choqué.
Bon alors petites réponses aux reviews et merci :
Rosa merci pour ta rapidité, même si c'est le premier chapitre que tu avais corrigé, tu verras quelques modifications.
Nesrine – je coupe l'intégralité de ton pseudo mais je dois faire vite, sorry – désolée de ne pas avoir mis un Snape en colère dans le chapitre 6. Tu retrouveras notre cher Severus, ici. Et ne lis pas mes bétisses à des heures indues c'est pas bon pour la compréhension – quoique pour me comprendre...
Loulou ravie que ce petit chapitre t'es plu. J'ai eu envie de me reposer le cerveau un peu, avant un chapitre un peu moins joyeux.
Breiz merci de supporter mes testes lectures
Celi chan bien que les votes aient été cloturés j'accpete de comptabiliser ta demande. Pas de Sirius mort ! Un de plus.
Bon pour tout vous avouer, j'ai joué ma Gryffondor ascendant Serpentard – j'ai lu l'expression y a quelques jours et je la trouve très adaptée – je ne veux pas faire mourir Sirius – J'ai beaucoup de respect pour Tonks et aussi pour Teddy, mais c'est Sirius merde ! - et puis j'ai plein de projets pour lui et Remus. Ôtez-moi immédiatement ce sourire goguenard que vous avez sur les lèvres, mes pensées sont pures – enfin mes pensées peut-être pas, mais mes intentions oui.
Bref, je vais pas vous réveler la suite où serait le plaisir de vous torturer.
Je vous laisse à votre lecture. Juste une petite chose avant de lire deux-trois explications, parce que tou le onde n'a pas mon cerveau tordu.
Tirésias est un devin de la mythologie antique, allez lire l'Odyssée et Oedipe-Roi de Sophocle ( entre autres)
Le Comte de Monte-Cristo est toujours un livre d'Alexandre Dumas père.
La citation est de André Maurois.
La rose blanche est le symbole de l'amour pur.
La myosotis est une petite fleure bleue, dont le nom en anglais est Don't forget me – Ne m'oublie pas! - A bon entendeur.
Le Bleu c'est la couleur de l'espoir
La chanson est de Placebo, l'Album Meds, le titre Blind ( piste 8) C'est ce qu'il faut écouter pour ce chapitre.
Maintenait, je vous laisse une demi-heure avec Siry et Moony.
Bonne lecture.
Au conditionnel
Chapitre 7 : Des doutes
« Encore ! »
L'exclamation qui s'échappa des lèvres de Remus face au hibou qui se tenait sur son bureau, tenait plus du constat que de la réelle surprise.
Il venait de tout juste de sortir de la salle de bain, quand un bruissement d'aile avait attiré son attention vers son bureau. Il regarda la hulotte qui le fixait de ses yeux dorés, une ficelle dans son bec qui maintenait fermé le paquet qu'elle lui apportait.
Il ne fallait pas s'appelait Tirésias pour savoir qui était l'expéditeur du colis, d'autant qu'aujourd'hui Remus fêtait son trente-quatrième anniversaire et qu'il avait déjà reçu deux colis semblables à l'occasion de Noël et de la Saint-Valentin.
Il se souvenait de sa surprise le matin de Noël, après sa transformation, d'avoir aperçu quelques cadeaux à son intention. Albus et Minerva, bien sûr, mais aussi quelques autres de ses collègues, ainsi qu'un cadeau de la part d'Harry. Il s'agissait d'un ouvrage, assez rare, traitant des différentes créatures magiques réelles ou imaginaires, dont ils avaient parlé au cours de leur leçon. Remus avait éclaté de rire lorsqu'il avait déballé le second présent de son neveu : un immense paquet de choco grenouille que lui et Harry dévoraient après leur leçon en discutant de choses et d'autres. Il avait eu cette pensée que Harry était le parfait mélange de ses parents.
Il était heureux de la relation qu'il était en train de nouer avec le fils de ses amis. Il en avait tellement rêvé ses dernières années. Il avait sourit en caressant doucement la couverture de l'ouvrage qu'il venait de recevoir, avant d'apercevoir un dernier paquet. Il semblait avoir été déposé à l'écart comme si on avait eu peur d'être rejeté.
Très lentement, il avait ramassé son dernier cadeau. La peur et l'excitation lui nouait l'estomac. Sans qu'il ne sache pourquoi, il sentait que ce dernier cadeau allait changer sa vie. Toujours au ralentit, il ôtait le papier cadeau brillant. Caché sous le papier, il avait découvert un livre qu'il avait adoré et pourtant ce livre lui avait valu les sarcasmes de ses camarades de chambrée. Le Comte de Monte- Cristo d'Alexandre Dumas. Ses amis s'étaient souvent gausés de ce choix de livre, surtout qu'il s'agissait d'une histoire moldue, bien loin du monde magique. Mais Remus avait toujours admiré la ténacité d'Edmond Dantès, prêt à tout pour se venger contre les responsables de sa déchéance, de son emprisonnement et de la perte des gens qu'il aimait.
Remus ouvrit les pages délicates de l'ouvrage et découvrit qu'il s'agissait d'une édition originale. Qui avait bien pu lui offrir un tel présent ? C'était un cadeau coûteux et peu de personnes connaissaient son affection pour la littérature moldue.
Remus avait eu beau chercher partout dans la pièce, il n'y avait aucun message, ni aucun signe permettant d'identifier l'expéditeur. Mais une petite voix lui avait presque immédiatement soufflé le nom de Sirius. Ses doutes s'étaient accrus lorsqu'il avait appris que Harry avait reçu un nouveau balai et non des moindres, d'un mystérieux bienfaiteur.
L'intuition de Remus s'était confirmée, huit semaines plus tard, à l'occasion de la Saint-Valentin, lorsqu'il avait reçu un autre présent.
Le loup-garou n'avait jamais vraiment apprécié cette fête, qu'il considérait comme factice. Pour lui, l'amour que l'on portait à une personne se démontrait tous les jours que Merlin faisait, et pas un seul jour dans l'année où les couples jouaient la comédie de l'amour.
Lorsque Sirius et lui s'étaient mis ensemble, l'animagus avait tout de même pris l'habitude, non pas de lui faire un cadeau magnifique, mais plutôt de lui offrir un présent d'une grande banalité pour lui dire « Je t'aime » et lorsque le lycanthrope râlait, il rétorquait « C'est la saint Valentin tout de même. Il ferait beau voir que le Grand Sirius Black n'honore pas la personne qu'il aime le jour de la Saint-Valentin. T'imagine le coup que prendrait ma réputation si ça se savait. » L'explication très siriusienne faisait toujours rire Remus, mais l'un comme l'autre savaient qu'en réalité Sirius ne pouvait s'empêcher de couvrir son amant de cadeau dans le seul but de lui montrer si besoin était à quel point il comptait pour lui.
Et ce matin-là, après douze ans sans présent, en ce 14 février 1994, une chouette s'était présentée à la fenêtre de Moony. Une rose blanche dans le bec et un parchemin à la patte.
D'une main tremblante, le professeur de DCFM avait détaché le feuillet de la patte du volatile. Dès les premiers mots, il avait reconnu l'écriture élégante et aristocratique de Sirius.
Il avait considéré la lettre d'un air perplexe en se demandant si son ancien compagnon voulait le narguait en lui écrivant ou bien s'il était réellement devenu fou au contact des Détraqueurs.
Le courrier confirmait à Remus que Sirius savait qu'il était à Poudlard. Cela ne semblait pas le gêner outre mesure. Il mettait presque Remus au défi de signaler sa présence à Albus. La folie qui caractérisait Sirius avait-elle atteint un tel degré avec son séjour à Azkaban que l'animagus n'avait plus conscience du monde réel et de ce qu'il faisait ? Ou bien s'en moquait-il tout simplement et qu'il avait trouvé un nouveau moyen de torturer Remus ?
Avec appréhension, celui-ci avait lu le contenu de la lettre que son amant lui avait envoyé et à sa grande surprise, il n'avait découvert ni une lettre d'amour enflammé ou une lettre d'excuse et d'explication sur ce qu'il avait fait. Il s'agissait, en réalité, d'une citation ; d'une banale citation à l'image de ce que Sirius aurait fait s'ils étaient ensemble aujourd'hui.
« L'amour supporte, dit-on, mieux l'absence ou la mort que le doute ou la trahison. Est-ce vrai ? »
Remus avait cligné des yeux. Mais que voulait donc dire Sirius avec cette étrange phrase ? Il y avait tellement de choses et de non dit entre eux. Que voulait dire cette phrase ? Qu'il les avait effectivement tous trahis et voulait savoir si Remus avait toujours des sentiments pour lui ? Dans quel but ? Celui de torturer encore son ex-compagnon ? Ou bien qu'au contraire il n'avait rien fait et voulait savoir si Remus avait renoncé à leurs souvenirs, à leur couple, à leur amour tout simplement ?
Le hululement du rapace nocturne le ramena à la réalité. Sa serviette autour de son cou, uniquement vêtu de son jeans délavé, il s'approcha de sa table de travail. Tout en caressant la hulotte, il récupéra le cadeau d'anniversaire qui devait venir de Sirius. Les mains tremblantes, il détacha la ficelle qui retenait le paquet kraft. Lentement, il l'ôta et se trouva face à un sobre papier cadeau doré, identique à celui qui emballait son cadeau de Noël. Toujours aussi précautionneusement, il le défit et ouvrit la boîte qu'il contenait. Il plongea la main dans la boîte cartonnée et en sortit un objet légèrement ovale. Une boîte ! Munie de trois petits pieds, indiquant qu'on pouvait la poser, elle était d'un bleu turquoise très doux et ciselée d'entrelacs dorés coupant des petites fleurs bleues dans la sphère. Le loup-garou regarda attentivement les fleurs en question. Il n'était pas féru d'herbologie du temps de sa scolarité mais il connaissait ces fleurs. C'était des myosotis.
Remus ouvrit la boîte et une chanson s'en échappa
If I could tear you from the ceiling
And guarantee a source divine
Rid you of possessions fleeting
Remain your funny valentine
Don't go and leave me
And please don't drive me blind
Don't go and leave me
And please don't drive me blind
If I could tear you from the ceiling
I know best have tried
I'd fill your every breath with meaning
And find a place we both could hide
Don't go and leave me
And please don't drive me blind
Don't go and leave me
And please don't drive me blind
You don't believe me
But you do this every time
Please don't drive me blind
Please don't drive me blind
I know you're broken
If I could tear you from the ceiling
I'd freeze us both in time
And find a brand new way of seeing
Your eyes forever glued to mine
Don't go and leave me
And please don't drive me blind
Don't go and leave me
And please don't drive me blind
And please don't drive me blind
I know you're broken
Pendant un instant, Remus resta figé et la colère le saisit. Sirius le narguait. Il lui rappelait les temps bénis de leur relation, avant que la mort et la trahison ne frappe leur couple. Avant que Sirius ne vient tout détruire. Comment pouvait-il le supplier, après ce qu'il avait fait ? Il était devenu un monstre, à côtoyer ceux d'Azkaban. D'un geste rageur, il voulu jeter la boîte à musique. Mais un miaulement se fit entendre, stoppant son geste. Remus regarda un instant le chat orange qui venait de se manifester puis l'horloge de l'école sonna huit heures et début des cours. Remus réalisa alors qu'il était en retard pour son premier cours, pour la première fois depuis le début de l'année.
La journée avait été particulièrement pénible pour le professeur de DCFM. Les cours s'étaient tous déroulés dans une ambiance pesante, accentué par l'humeur morose de l'enseignant dont l'esprit ne cessait de revenir à l'énigme de ce matin. Comme si ces pensées n'étaient pas assez chaotiques depuis qu'il était arrivé à Poudlard. En plus, il lui avait fallu par deux fois interrompre ses cours car des bagarres avaient été déclenchées et une autre interruption avec les cinquièmes années avait achevé sa journée, lorsqu'un Slytherin avait vu sa langue se mettre à gonfler de façon exagérée. Il avait eu beau toujours garder un œil sur les jumeaux Weasley, ils avaient réussi à échapper à sa surveillance.
Remus passa la porte de ses appartements privés. Il était épuisé nerveusement par la proximité de Sirius et de tout ce qu'elle impliquait. Le loup-garou se demandait s'il aurait le courage de combattre son ancien compagnon, si l'occasion se présentait.
Remus se déshabilla en éparpillant ses vêtements sur le chemin de la salle de bain et entra dans la cabine de douche. La fatigue de la journée sembla le quitter alors que l'eau glissait sur son corps. Il pensa au cours qu'il devait donner ce soir à Harry. Il était fier des progrès que l'adolescent avait fait depuis le début de l'année. Etre capable de produire un patronus, même immatériel à même pas quatorze ans était exceptionnel. Il appréciait le fils de ses amis qui était plus mûr que beaucoup voulait le croire, en particulier Snape.
Après sa douche, il s'habilla rapidement et repartit vers la Grande Salle. En y pénétrant, il observa les élèves qui s'y trouvaient déjà. Parmi eux, Harry et ses deux acolytes. Il échangea un regard complice avec son élève avant de s'assoir à côté de Severus qui lui adressa un rictus de mépris que le loup-garou ignora.
Après quarante-cinq minutes de repas les élèves commencèrent à se disperser. Il vit Harry se lever à son tour et saluer ses amis avant de se tourner vers lui. Remus répondit à son sourire et se leva pour rejoindre le jeune homme
Ils marchèrent en silence jusqu'à la salle de cours où Harry s'entraîner deux à trois fois par semaine. Une fois entrés, Harry, contrairement à son habitude, posa délicatement son sac de cour sur l'une des tables alignées au fond de la pièce.
« Bon tu es prêt, Harry,
Oui, professeur ! », répondit l'adolescent en resserrant sa prise sur sa baguette.
Remus eut un petit sourire triste. Il aurait tant voulu qu'Harry voit autre chose en lui que son professeur. Un oncle comme James et Lily en avaient rêvé. Mais il n'avait pas encore osé demander à l'adolescent de l'appeler par son prénom.
« Allons-y ! » murmura-t-il, avant d'ouvrir la malle à l'épouvantard et pendant une heure, Harry s'entraina sous la direction de Remus. Quand il sentit que le jeune fatiguait, il décida d'arrêter la leçon
« Tiens ! Mange ! » lui dit-il en lui tendant un morceau de chocolat.
-Merci professeur. Qu'en pensez-vous, professeur Lupin ?, lança Harry après quelques minutes. Je me suis amélioré ou pas ?
-Oui, tu as fais de formidables progrès. Tu sais, il y a peu ou pas de jeune de ton âge capable de produire un patronus. Tu es aussi doué que ton père.
-C'est vrai ?
-Ton père – et ta mère aussi d'ailleurs – était un grand sorcier.
-J'ai une question, professeur Lupin.
-Quoi donc ?
-Vous m'avez dit que les détraqueurs m'affectaient plus que les autres à cause de mon passé. Mais que se passe-t-il pour les gens qui sont enfermés à Azkaban comme Sirius Black ? »
Remus se crispa au nom de son ancien compagnon. C'est ce qu'il avait redouté depuis qu'il avait commencé les leçons d'Harry. La mention de Sirius. Malheureusement, il était impossible vue les circonstances de faire l'impasse sur Sirius. Surtout lorsqu'on connaissait le lien qu'il y avait entre l'adolescent aux cheveux de jais et le prisonnier en cavale.
« Tu dois savoir une chose, Harry. Le monde magique enferme des créatures encore plus terrifiantes que Voldemort et je ne suis pas sûr que nous les connaissions toutes. Et les détraqueurs en font partie. Nul ne sait comment les combattre efficacement et encore moins les tuer.
-Mais le patronus …
-Le patronus est pour faire simple une sorte de « protecto » amélioré. C'est un peu comme si tu comparais un révolver et une mitraillette. Ne fais pas cette tête-là, ria Remus, en voyant l'air étonné du jeune homme. Ma mère était une Sang-Mêlée, et son père était un militaire. Je connais aussi bien le monde moldu que le monde sorcier car ma mère pensait qu'il était important d'avoir les deux cultures.
-C'est rare chez les sorciers., jeta Harry.
-Très., approuva Remus. Je connais peu de personne ayant autant connaissance des deux mondes, sauf chez les Nés-moldus. Ton père ne se débrouillait pas trop mal. Mais ta grand-mère avait la même façon de penser que ma mère. Tu veux un thé ?, proposa l'enseignant avec un petit sourire triste.
-Avec plaisir. », répondit Harry en suivant l'enseignant dans ses appartements
Le Survivant semblait vouloir continuer à le questionner, mais face à la réaction de son professeur, il se tut et Remus lui en su gré.
Il lui était toujours difficile de parler de ses parents, en particulier de sa mère qui était décédée quelques semaines après la fin de sa scolarité. Un cancer diagnostiqué tardivement avait emportait la douce Elora Lupin, en quelques semaines.
Durant cette période douloureuse, Sirius avait été à ses côtés, ne cachant pas à sa mère de son compagnon l'amour qu'il portait au fils qu'elle laissait et madame Lupin avait été heureuse de constater qu'elle avait « gagné un fils ». De toute façon, elle avait toujours adoré Sirius.
« Voilà, se dit-il en regardant fixement le fond de sa casserole d'eau, en essayant de ne pas sombrer dans le désespoir. Quoique je fasse aujourd'hui, j'en reviens toujours à Sirius. »
Poussant un léger soupir, il sortit la casserole du feu et jeta l'eau frémissante sur les sachets de thé.
« Dites-moi, professeur ?
-Oui Harry ?
-Qu'est-ce que le « baiser du Détraqueur » ? »
Les yeux dorés de Remus croisèrent les émeraudes d'Harry qui brillaient de détermination.
« Tu sais, Harry lorsqu'un détraqueur s'approche d'un sorcier, il ne se contente pas de faire revenir à la surface ses pires souvenirs. Il absorbe ses souvenirs, ainsi que le fluide que la magie produit, faisait peu à peu diminuer les capacités magiques du sorcier qui leur fait face. Le baiser du détraqueur consiste à absorber tout fluide vital. A l'image des vampires qui se nourrissent de sang, les détraqueurs se nourrissent de l'âme et de fait de la magie du sorcier. Et ils l'absorbent jusqu'à ne laisser qu'une coquille vide. Une sorte de pantin attardé qui ne peut plus se débrouiller par lui-même. Un légume si tu préfères ! Il te faut de l'aide pour les moindres choses de son quotidien. Tu es là, mais ton esprit est mort. C'est une mort lente et douloureuse. Personne ne peut dire s'il reste assez de conscience au condamné pour se voir dépérir. D'autant que l'application de la sentence en elle-même est monstrueuse. A mon sens, c'est la pire chose qu'il puisse arriver. »
Un long silence régna autour de la petite table. Il lui était difficile de mener cette conversation avec Harry sachant pertinemment que tous deux parlaient indirectement de Sirius. L'évadé d'Azkaban avait gâché la journée de Remus à hanter ses pensées.
« Qu'importe la personne qui est condamnée., souffla-t-il, d'une voix où perçait encore une certaine colère.
-Mais dans certains cas., murmura Harry, en regardant sa tasse.
-Ecoutes-moi bien Harry !, intima Remus, en haussant légèrement le ton. Je peux comprendre qu'à ton âge et dans ta situation, le baiser du détraqueur soit une peine qui puisse se justifier. Mais personne ne mérite de mourir encore moins dans des circonstances aussi abominables. Ne crois jamais qu'au prétexte qu'il ne s'agisse pas d'une peine de mort, elle soit plus enviable. »
Il vit que le garçon gardait la tête baissée vers sa tasse comme si il essayait à grande peine de contrôler la colère qu'il avait en lui. Remus comprenait parfaitement qu'Harry souhaite la mort de Sirius. Il avait parfaitement compris que des gens bien attentionnés avaient appris à Harry que c'était Sirius qui avait vendu James et Lily à Voldemort. Et que l'adolescent en ait conçu une immense colère contre cet homme qui aurait dû le protéger et qui les avait trahi lui et ses parents, était normal. Mais il ne voulait pas qu'Harry se pervertisse en cherchant à se venger à tout prix de Sirius. Lui aussi avait voulu à une époque que Sirius paie pour la mort de James et de Lily. Pour cette nouvelle traitrise dont il avait fait preuve à son encontre. Puis la colère avait fait place au désespoir puis à la tristesse. Mais il lui avait fallu continuer à vivre et il avait survécu avec ses souvenirs douloureux. Malgré tout, il n'était pas parvenu à détester Sirius et il se détestait de ne pouvoir le détester.
Mais malgré tous les crimes qu'on imputait à Sirius Black, lui, Remus Lupin continuait de l'aimer. Et parfois, il y avait ce petit doute au fond de lui qui lui disait que quelque chose clochait dans cette histoire et que ça ne ressemblait en rien au Sirius qu'il connaissait et que peut-être son amant n'était pas coupable.
« Mais si Sirius était réellement coupable, lui soufflait une autre petite voix plus malveillante. Continuerais-tu à l'aimer et à pardonner à un criminel ?
-Mais là de tout façon t'es dans la merde, mon vieux Remus, lui soufflait alors sa conscience. Car tu l'as dans la peau ce sale cabot mal luné. Pour toujours et à jamais. Tu le sais parfaitement. Tu sais que tout ce que tu pourras faire c'est de l'aimer. Même si il est devenu la pire des pourritures. N'est-ce pas ?»
La justesse de cette réflexion ramena Remus au présent dans un élan de colère, tandis que l'horloge de son bureau sonnait la demi de neuf heures.
« Il va falloir regagner ton dortoir, Harry.
-Oui, professeur. », soupira l'adolescent, en se levant de mauvaise grâce.
Remus savait qu'Harry voulait de moins en moins quitter la compagnie de cet homme qui pouvait lui parler de ses parents. Mais il avait aussi inconsciemment compris que parler de James et de Lily, ce soir, réveillait des souvenirs douloureux chez son professeur, alors encore une fois, il se tût. Face à l'air peiné d'Harry et sa maturité de ne pas vouloir indisposer son professeur, Remus sentit quelque chose se rompre en lui. Il voulut s'octroyer quelque chose pour son anniversaire et en même temps faire comprendre à Harry qu'il existait un adulte dans cette école qui ne le jugerait pas et qui n'attendait rien de lui, si non qu'il soit Harry.
« Écoute Harry., lui dit alors Remus l'air de rien. Aujourd'hui c'est mon anniversaire. Alors fais-moi plaisir et à partir d'aujourd'hui quand nous serons seuls appelle-moi Remus et tutoie-moi. J'étais ami avec tes parents et plus ça me donne l'impression d'être un vieux con.
-C'est vrai., lança Harry, joyeux. Enfin, je veux...dire, bredouilla-t-il, pas que...vous êtes ..un vieux con...Parce que.. c'est pas vrai du tout...Mais que je peux.. enfin que je...
-J'avais compris ce que tu voulais dire., ria Remus. Oui c'est vrai que tu peux m'appeler Remus et oui c'est vrai j'étais un ami très proche de tes parents. »
Le visage d'Harry prit un aspect encore plus juvénile que d'ordinaire, à l'annonce de son professeur. Soudain, l'expression du garçon s'assombrit et il lança à Lupin.
« Mais alors vous avez aussi connu Sirius Black ? »
L'expression rieuse de Remus se ferma brutalement au nom de son ex-compagnon. Ses yeux prirent une teinte or en fusion et il déclara sèchement, de nouveau envahi par la colère.
« Oui j'ai effectivement connu Sirius Black. Enfin, je croyais le connaître.», souffla-t-il, sans se rendre compte qu'il parlait assez fort pour qu'Harry l'entende.
Un silence pesant plana sur la pièce tandis que les deux protagonistes se regardaient aussi étonner l'un que l'autre de l'éclat de Remus. Ce dernier secoua la tête comme pour se remettre les idées en place, avant de dire :
« Pardonne ma colère.
-Je comprends, fit Harry. J'ai encore réveillé de mauvais souvenirs. Je suis désolé. »
Un petit sourire gêné se peignit sur leur visage. L'homme et l'adolescent se levèrent et se dirigèrent vers la salle de classe où Harry récupéra ses affaires. L'adulte sentit que le fils de ses amis voulait encore lui dire quelque chose. Puis soudain sa petite main d'attrapeur plongea rapidement dans son sac et il en sortit gêné un paquet cadeau.
« Je savais que c'était ton anniversaire., dit-il en trébuchant sur le « tu », tout nouveau pour lui. C'est pour toi. »
Remus prit le présent d'un air ébahi et en défit l'emballage. C'était une énorme boîte de chocolat de chez Honeyducks. Un doute plana un instant dans l'esprit de Remus, tandis qu'il regardait Harry droit dans les yeux, attendant une explication logique qui ne tarda pas à venir.
« J'ai demandé à Hermione de me la prendre lors de la dernière sortie à Pré-au-Lard. »
Remus vit dans ses yeux émeraude qu'il disait la vérité.
« Je te remercie beaucoup pour ton cadeau Harry. Je commençais à en manquer justement.
-J'avais remarqué. Je te les mange presque tous les jours. J'espère que ça vous..te plais.
-Enormément. C'est en plus exactement le genre de sottises que ton père aurait fait., répondit le professeur avec un doux sourire.
-Il y a autre chose, avec. », murmura Harry, un brin gêné.
Remus le regarda un court instant puis il écarta la boîte de chocolat et découvrit un second paquet, qu'il ouvrit. C'était un cadre d'une grande simplicité dans un bois très clair, dans lequel était présentée une photo. Elle avait été prise par Hermione, un soir après la séance d'entraînement.
Ils s'étaient assis au pied des marches de la classe de DCFM, partageant un paquet de chocogrenouilles. Ils discutaient en riant. C'était l'un des premiers moments de complicité qu'ils avaient partagé, depuis qu'ils avaient commencé ces cours.
La photo lui rappelait un cliché que Sirius avait pris de lui et de James et Lily, quelques semaines avant leur mariage. Ils étaient assis dans les escaliers de la demeure familiale des Potter, à Godric's Hollow. Les futurs époux débattaient des couleurs qui seraient les leurs pour le mariage. La conversation avait tourné au débat acharné, jusqu'à ce que Sirius ne fasse une blague idiote et que tous les autres n'éclatent de rire et que Padfoot ne fige cet instant à tout jamais.
« J'ai remarqué, chuchota Harry, la photo où tu pose avec papa et maman. Quand Hermione m'a montré celle-ci, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer la ressemblance. Je tenais à te l'offrir.
-Elle est magnifique. Merci beaucoup, Harry. »
Il serra la main de son invité et sur de derniers souhaits de bonne nuit, ils se séparèrent. Remus regagna ses appartements et pénétra dans le salon, pour déposer la boîte de chocolat sur son bureau. Là une autre boîte plus ouvragée l'attendait. Remus la regarda. Ce matin malgré sa colère il n'avait pas réussi à s'en débarrasser. D'un autre côté, ce maudit chat l'en avait empêché. Il faudrait qu'il ressoude à parler à Hermione. Elle ne pouvait pas laisser son chat se promener dans toute l'école. D'autant que le matou avait tendance à apparaître au moment les plus importuns. Peut-être devrait-il demander à Albus de laisser Moony le croquer ?
Cette pensée stupide le fit sourire. C'était le genre d'idées folles qui traversaient d'ordinaire le cerveau de Sirius. Après tout, n'avait-il pas voulu une fois se transformer en Padfoot pour bouffer Miss Teigne ?
Il se saisit de la boîte à musique et la regarda sous tous les angles. C'était véritablement un objet magnifique. Il le reposa sur son bureau et se prépara pour la nuit. Alors qu'il glissait dans les bras de Morphée, une pensée lui vint pour une fois, depuis tant d'année, il avait pensé à Sirius sans amertume, sans colère ou tristesse. Juste avec une pointe de nostalgie et beaucoup de joie. Comme si son inconscient lui soufflait quelque chose qu'il avait encore du mal à entendre. Mais quelque chose qui le rendrait heureux. Il s'endormit sur cette pensée et dans sa semi veille il lui sembla entendre la voix de Sirius lui murmurant la chanson de la boîte à musique.
A aucun moment le loup-garou ne remarqua les deux yeux verts émeraude qui les fixaient depuis le sol. Soudain, alors que l'occupant de la chambre était paisiblement endormi, les yeux verts semblèrent se relever comme si leur propriétaire se relevait. Un sorcier à la robe verte et à la chevelure flamboyante sortit de l'ombre, avant de s'approchait du dormeur en lui murmurant :
« Je ne peux que te montrer le chemin Remus. Toi seul peux le parcourir et accepter le voyage. »
Sur ces mots, il recouvrit paternellement le trentenaire et ferma la boîte à musique qu'il avait ouvert pour bercer son protégé. Il avança jusqu'à une bibliothèque dont il fit pivoter le pan et avant de pénétrer dans le corridor sombre, il reprit sa forme féline.
La pleine lune approchait. Remus le sentait et son humeur s'en ressentait. Son absence de sommeil était aussi l'une des caractéristiques de sa lycanthropie, ainsi que l'hyperactivité et un accroissement de son hypersensibilité. Quoi que celle-ci n'avait pas que des inconvénients pour lui ; en particulier en ce moment où il parcourait les couloirs du collège, afin d'éviter toute ballade nocturne de la part des élèves.. Pour tuer le temps et dans le vain espoir de trouver le sommeil, Remus se baladait dans Poudlard comme le voulait son statut de Professeur.
Soudain, une odeur qu'il connaissait particulièrement bien, lui parvint.
Que faisait Harry dans les couloirs à cette heure de la nuit ?
« Je n'ai pas envie de te punir, Harry. Pas ce soir ! », pensa le lycanthrope.
Puis une seconde odeur se dessina. Snevillus.
« Merlin, ça va tourner au drame. », murmura le professeur.
« Lisez ! », ordonnait la voix de Snape.
Mais que devait lire Harry ?
Il entendit l'adolescent se racler la gorge et faire d'une voix tremblante :
« Mr Moony présente ses respects au professeur Snape et lui demande de bien vouloir cesser de mettre son énorme nez dans les affaires d'autrui. »
La phrase amena un léger sourire sur le visage de Remus. C'est vrai que Snape avait toujours eu pour habitude de se mêler des affaires des autres en particulier de celles des Maraudeurs. Alors que cette pensée finissait de former dans l'esprit de Remus qu'il réalisa qu'Harry avait dit « Moony ». Plus personne ne l'appelait plus ainsi depuis des années. En fait, depuis ….Remus inspira profondément et écouta la suite de la conversation.
« Mr Prongs approuve Mr Moony et voudrait ajouter que le professeur Snape est un horrible crétin. »
« Prongs » souffla Remus, ébahi. Oui la phrase lui ressemblait beaucoup. Mais où Harry avait-il pu avoir un parchemin avec leur surnom ? Pendant que le loup-garou se perdait en conjoncture, la voix du Survivant poursuivait sa lecture.
« Mr Padfoot souhaite faire par de son ébahissement à la pensée qu'un tel imbécile ait pu devenir professeur. »
Le surnom de Sirius lui retourna les tripes ; tandis que malgré lui son sourire s'accentuait. Moony, Prongs Padfoot, ne manquait plus que Wormtail et les quatre maraudeurs soient réunis. Les quatre Maraudeurs. La carte du Maraudeur. Harry avait entre les mains la carte du maraudeur. C'est le seul document qu'ils avaient signé et ensorcelé de leur surnoms et qui devait être encore à Poudlard. De toute façon, seule la carte pouvait insulter quelqu'un de cette façon.
Mais comment diable Harry avait-il pu se la procurer ? Remus était très bien placer pour savoir que cette carte avait été supprimée par Rusard, lors de leur dernière année à Poudlard.
« Vous êtes comme votre père., disait Snape. Lui aussi avait l'habitude de se pavaner la nuit dans les couloirs.
-Mon père ne se pavanait pas.
-Sale petit insolent
-Professeur ? », l'interrompit Remus.
Les deux enseignants se défièrent du regard la même lueur brillait dans leur regard. Ils savaient l'un comme l'autre que la querelle était proche et que son enjeu n'était pas seulement une question de respect du règlement. Snape voulait prendre une revanche imaginaire sur James en punissant Harry qu'il considérait comme l'exacte réplique de son père. Alors que Remus voulait au contraire protégeait Harry autant que faire se pouvait. Certes, son neveu avait enfreint le règlement de Poudlard mais la colère de Snape était plus dirigée contre les réflexions des Maraudeurs et des pénibles souvenirs qu'ils ravivaient chez le Maître de potions.
« Tiens ! Tiens ! Lupin Vous êtes allé faire une petite ballade au clair de lune ?
Sans se donner la peine répondre à Snape, Remus fit à Harry :
« Harry, ça va ? »
L'adolescent lui répondit d'un hochement de la tête, mais la peur brillait dans son regard. Lui aussi avait sentit la menace dans le ton de Snape quelques minutes plus tôt.
-Cela reste à voir, intervint Snape. Il se trouve que je viens de confisquer, ajouta-t-il, en arrachant la carte du Maraudeur des mains de l'adolescent, un objet très étrange à Monsieur Potter. Regardez ! Il semble que cela relève de votre champ de compétence. Cette chose regorge de magie noire. »
Remus sans porter plus d'attention à Harry se saisit du parchemin. Il regarda la carte du Maraudeur avec une certaine nostalgie. Il releva la tête vers son collègue et vit le défi qui traversait le regard ténébreux.
« J'en doute. A mon avis, c'est un simple parchemin qui insulte tous ceux qui essaie de le lire. Il provint d'un magasin de farces et attrapes, j'imagine.
-Vraiment ?, dit Snape. Vous croyez qu'un magasin de farces et attrapes ait pu fabriquer un tel objet ? Vous ne croyez pas plutôt qu'il ait pu l'obtenir directement de ceux qui l'ont fabriqué ? »
Remus aurait dû se douter que Snape reconnaitrait les surnoms qu'ils se donnaient du temps où ils étaient à Poudlard. Il vit l'incompréhension qui planait dans le regard d'Harry et lança avec cet air un peu gauche qu'il savait si bien prendre :
« Vous voulez dire Mr Wormtail ou l'un des autres ? Harry vous connaissez l'un de ces messieurs ? »
Comme il s'y attendait l'adolescent répondit :
« Non !
-Vous voyez bien Severus ? J'ai bien l'impression que ça vient de chez Zonko. Néanmoins, ajouta Lupin en écartant la carte de la portée de Snape qui voulait la récupérer, j'étudierais ses éventuelles qualités cachées, car comme vous l'avez dit vous-même, je suis un expert en la matière. Harry, venez avec moi je vous prie. Professeur, bonne nuit. », conclut-il à l'attention de Snape.
Remus marcha en silence jusqu'à sa salle de classe, suivi par Harry. S'il était content d'avoir mouché Severus comme au temps de leur jeunesse, Remus était par contre dans une colère noire. Comment Harry avait-il fait pour obtenir une carte que Rusard avait confisquée ? Comment avait-il pu s'en servir ? Et surtout comment n'avait-il pas pensé que cette fichue carte aurait pu atterrir entre les mains de Sirius ?
Mais qu'est-ce qui s'était passé dans la tête de ce gamin aussi stupide que son père ? Il voulait vraiment se faire tuer par Sirius ? Comment avait-il pu oublier qu'un criminel notoire était après lui ? Remus avait pourtant cru qu'Harry tenait plus de Lily que de James. Qu'est qui avait pu pousser l'adolescent à sortir de son dortoir en pleine nuit pour se promener dans les couloirs de l'école, en particulier après ce qui était arrivé lors de la victoire de Gryffondor quand Sirius était entré dans la chambre même du jeune et s'en était pris à son meilleur ami.
Il arriva devant sa salle de classe. Il pouvait sentir la tension qui régnait chez Harry. Il se demandait certainement à quelle sauce il allait être mangé. En temps normal, Remus aurait été le premier à rassurer son neveu, mais là la faute était trop grave et surtout trop dangereuse pour sa propre sécurité. Souhaitait-il tellement se venger de Sirius qu'il courrait au devant du danger sans se soucier de ce qu'il pouvait arriver ?
Il ouvrit la porte de la salle et laissa passer le jeune homme devant lui. Moony prit une profonde inspiration, pour s'encourager à passer un savon du Survivant.
« Entre, lui ordonna Remus. Je n'ai pas la moindre idée de la manière dont cette carte est entrée en ta possession. Oui je sais que c'est une carte, lança-t-il devant l'air stupéfait d'Harry. Mais par contre, je suis absolument stupéfait que tu ne l'aies pas remise à quelqu'un. » Il marqua un temps d'arrêt et reprit avec plus de colère : « Il ne t'ait pas venu à l'esprit que cette carte entre les mains de Sirius Black pouvait le mener jusqu'à toi. »
Harry secoua la tête en signe de dénégation.
« Ton père non plus ne faisait pas grand cas des règlements. Mais lui et ta mère ont donné leur vie pour sauver la tienne. Te promener la nuit dans l'école alors que Sirius Black est après toi est une façon bien étrange d'honorer leur sacrifice »
Remus eut l'impression qu'Harry se ratatinait sur place. Il éprouva un élan de compassion à son égare mais il était important que Harry comprenne le danger que représentait Sirius. Il ne tenait pas à le perdre alors qu'il commençait tout juste à nouer une relation stable avec le jeune homme.
« Retourne à ton dortoir, Harry., soupira-t-il. Et dans ton dortoir j'ai dit. »
Harry hocha la tête et se détourna. Mais il sembla hésiter un instant puis finit par se retourner pour lui dire :
« Remus ? Je dois quand même te dire que la carte ne fonctionne pas correctement.
-Comment ça ? », s'étonna Remus.
Tout le temps où ils s'étaient servis de la carte, les Maraudeurs n'avaient jamais rencontré le moindre problème. Et le sortilège n'avait pas pu perdre de sa puissance en quinze ans, puisque d'autres sorts plus anciens que Remus avait lancé, étaient toujours en activité. La remarque d'Harry le laissa perplexe. Il attendit avec impatience l'explication que Harry allait lui fournir.
« Elle montre des gens qui sont morts.
-Des gens qui sont morts ? Que veux-tu dire ? »
Il vit Harry hésité de nouveau, avant de répondre :
« Peter Pettigrow ! »
Une bouffée de chaleur monta en Remus qui demeura un instant bouche bée.
Peter ! Peter se baladait sur la carte du Maraudeur, à Poudlard. Mais Peter était mort à Newcastle. Peter ne pouvait pas hanter Poudlard. C'était impossible.
« C'est impossible ! », lâcha Remus.
-Je te dis juste ce que j'ai vu., répondit Harry. Bonne nuit Remus. »
Cette fois-ci, Harry fit demi-tour pour de bon et à peine avait-il fermé la porte sur un Remus ébahi que celui-ci se précipita vers ses appartements, en disant à voix haute
« Ce n'est pas possible. Peter est mort. Sirius l'a tué. Harry n'a pas pu le voir. Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. Il ne peut pas être à Poudlard. Tous les fantômes qui hantent Poudlard ont un lien particulier avec l'école. Peter ne peut en aucun cas être à Poudlard., répéta-t-il en scrutant attentivement la carte. En tout cas pas sous une forme spectrale. S'il est à Poudlard ça veut dire… »
L'angoisse monta en lui. Il avait appris à connaître Harry, il savait qu'il ne mentait pas en disant qu'il avait vu Peter sur la carte et en aucun cas Peter ne pouvait être revenu hanter Poudlard. D'autant qu'en douze ans, quelqu'un l'aurait vu.
Remus sentit sa gorge se dessécher et son estomac se nouer. L'idée qui lui tournait en tête depuis quelques semaines revint en force avec plus de conviction que d'ordinaire.
« Si Peter est Poudlard., reprit Remus à voix haute, Si Peter est à Poudlard, ça veut dire … Ah Merlin, explosa Remus en se levant et renversant ce qui se trouve sur son bureau. Sirius qu'est-ce que vous avez foutu avec James ? Merlin Sirius, tu es innocent. Pardon mon amour. Pardon de ne pas avoir cru en ton innocence. »
Remus s'effondra en larmes sur son bureau.
Fin
Voilà, c'est triste mais pas trop j'espère. Je vois difficilement comment deux amants qui ont autant souffert qu'eux, peuvent avoir une histoire gaie – et non pas gay, ça c'est mon jeu de mot pourri du jour -
A très bientôt.
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Thanaerigan.
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