Chapitre 7 : Flaeme

POV Severus

Le bruit d'une porte qui claque me réveille en sursaut. Je m'assois dans le lit, baguette à la main. Je reconnais la Salle-sur-Demande, Harry est parti. Non, Potter est parti. Je m'effondre sur les draps, ma baguette toujours ancrée dans ma main. Je souffle bruyamment, essayant de repousser le mal de tête qui me prend. J'ai raté quelque chose, je le sais, je le sens. Quelque chose d'important, de vital.

Je repense à cette semaine avec… Potter. Une semaine pitoyable, fade et sans saveur. Mais alors que je repense à notre première fois, dans le lit, tout ce qu'il y a de plus classique et sans véritable plaisir, un souvenir me vint. Harry, au milieu du lit, se masturbant en me regardant me déshabiller. Je secoue la tête, non Potter ne m'a jamais regardé ainsi, avec gourmandise…

Je me lève, faisant fi de mon mal de tête encore plus prononcé. Je me demande pourquoi je suis nu, pourtant je dors en pyjama tous les soirs. Je m'habille sans chercher plus loin, si je ne prends pas une potion contre la douleur, je vais imploser, c'est certain.

Je sors de la chambre, arrivé dans le salon je m'arrête quelques instants. Je me vois prenant Harry sur la table basse, sur le canapé, le fauteuil, la table, la chaise, contre le mur et sur le tapis. Non, ce n'est pas possible, nous ne l'avons fait que dans le lit et ce n'était que fade et sans saveur, n'est-ce pas ? Jamais je ne l'ai entendu me crier de le prendre plus fort, jamais il n'a dit mon prénom avec tant de douceur, d'ardeur, de passion et d'amour. Non, c'est tout bonnement impossible ! Je dois avoir des hallucinations, sa voix ne doit être qu'une imagination de mon esprit tortueux. Une semaine avec lui, et je deviens fou !

Je sors de cette foutue salle et croise, comme par hasard, Albus. Je ne sais pourquoi, je réprime un mouvement de recul. Le mal de tête se fait de plus en plus fort, je grogne sur Albus.

- Je l'ai baisé votre morveux. Maintenant, laissez-moi tranquille ! Dis-je sans m'arrêter en partant vers mes cachots.

Albus ne répond rien, je peux juste voir un petit sourire en passant à côté de lui. Pendant que mon cœur se pinçait au mot « morveux », mais borde, qu'est-ce qu'il m'arrive ? Je me traîne jusqu'à mes cachots, la tête menaçant d'éclater à chaque pas. Alors que j'ouvre la porte de mes appartements, un volatil rouge fonce droit dedans. Je me retourne pour voir Fumseck sur le dossier de mon canapé, me scrutant d'un regard perçant. Je referme la porte alors que le Phœnix ouvre ses ailes en grand, un chant sorti du vénérable oiseau. Un chant si beau et si doux, mon mal de tête parti instantanément, me laissant les idées plus claires qu'elles ne l'ont jamais étés. Sans le vouloir, un autre nom que le sien sortit de ma bouche.

- Merci, Flaeme. Dis-je en m'agenouillant devant lui pour être à sa hauteur. Les souvenirs sont là… Dis-je dans un murmure à peine audible pour me parler à moi-même tout en regardant le Phœnix dans les yeux. Je sais qu'ils sont là… Je me souviens de toi… Flaeme, le Phoenix de la grande lignée des Potter.

Il chanta de bonheur à l'appel de son véritable nom. Non, ce n'était pas Fumseck, mais Flaeme. Comment est-ce que je le sais ? Telle est la question, mais je sais. Oh oui, je l'ai déjà rencontré cet oiseau, bien avant d'être enseignant.

Souvenir

- Flaeme ! Flaeme ! Appela James, surpris. Désolé Sev, il n'a jamais fait ça ! Fit-il en regardant l'oiseau me toiser de toute sa hauteur.

Je venais d'entrer dans la demeure des Potter pour la première fois, nous avions 15 ans, et Flaeme, le Phoenix de la famille qui habituellement ne se montre pas aux yeux de tous, vola comme une flèche dans le salon et se posa sur une statue pour être pile à ma hauteur. Il me scrutait, j'avais l'impression qu'il lisait mon âme, il ouvrit ses grandes ailes en chantant joyeusement. Je ne pouvais détacher mes yeux de ce magnifique spectacle, c'était ma première rencontre face à cet animal légendaire. Je pus voir du coin de l'œil que James était tout aussi abasourdi que moi, nous avons donc regardé Flaeme jusqu'à ce qu'il cesse. Il arrêta après plusieurs minutes d'une très longue chanson, une musique qui résonna en moi et me fit un bien fou.

- Flaeme ? Fit James étonné.

L'oiseau ouvrit la bouche pour une légère chanson de quelques secondes, semblant presque parler avec James.

- Tu es sûr ? Demanda-t-il à l'oiseau qui lui répondit une nouvelle fois. Mais pourquoi ?

Flaeme chantonna encore quelques secondes avant de voler vers moi, par réflexe je tendis le bras et il se posa dessus. D'un air incertain j'ose poser mes doigts sur l'oiseau, voyant qu'il se laisse faire je le caresse doucement.

- Que se passe-t-il James ? Demandai-je curieux et encore sous le choc.

- Heu… Fit-il étonné lui-même de ce qu'il allait dire. Flaeme a créé un lien avec toi. Dit-il en me regardant dans les yeux, le plus sérieusement du monde.

- Un lien ? Mais pourquoi ? Dis-je en regardant l'oiseau.

- Je n'en ai aucune idée. Fit-il sincère. Mais s'il a créé un lien, c'est que tu es quelqu'un de spécial. Normalement, il n'en crée qu'avec les membres de la famille, et encore pas tous. Fit-il songeur, en tournant vivement la tête vers Flaeme pour lui poser une question qui aurait bien pu me faire éclater de rire.

- Severus et moi ne sommes pas ensemble Flaeme, ça ne sera pas le cas, n'est-ce pas ? Demanda-t-il totalement perdu.

L'oiseau chantonna, j'eus l'impression que c'était un rire moqueur.

- Hey ! Mais je ne te permets pas ! Fit-il faussement outré. De toute façon, je suis déjà amoureux ! Dit-il en se retournant le menton en l'air pour snober Flaeme et sortit de la pièce.

- Oh non, pitié, pas avec un Potter. Fis-je en rigolant à l'oiseau.

Celui-ci me regarda étrangement, avant de chantonner doucement, une magnifique musique qui me transporta de bonheur. L'oiseau s'envola pour partir, je rejoignis James d'un pas léger. Il était en train de demander gentiment du thé à son elfe.

- Peux-tu m'expliquer ? Demandai-je simplement.

- Je ne peux pas te dire grand-chose. Fit-il en m'emportant dans le salon. Les Phœnix savent beaucoup plus de choses que les sorciers. On pense qu'ils voient ou ressentent ce qu'il se passera dans un avenir plus ou moins proche. Si Flaeme a créé un lien avec toi, c'est qu'il y a une très bonne raison. Il sera toujours là quand tu en auras besoin.

- Tu peux parler avec lui ? Demandai-je curieux et émerveillé.

- Oui ! Fit-il en riant. Quand le lien est créé, il peut décider de se faire comprendre par qui il veut. Au début, c'est un peu étrange, mais très plaisant, on s'y fait vite. Fit-il avant de remercier l'elfe, Timy, pour le plateau plus que bien garni.

Fin du souvenir

- Tu t'es lié à moi. Dis-je soudainement, ne retenant que cela, oubliant cette amitié avec James qui au fond de moi ne me paraissait pas étrange. Pourquoi ? Demandai-je toujours à genou devant l'oiseau, le regardant dans les yeux.

Il sembla sonder mon âme une nouvelle fois, c'était comme un sort de legilimancie mais en plus puissant, plus doux aussi. Juste une légère présence, agréable, qui pouvait tout voir.

- Quand j'ai senti ta présence… Chantonna une voix étrange mais merveilleusement agréable à entendre. J'ai su que tu étais un être spécial, presque unique. Fit Flaeme dans une langue que je comprenais parfaitement bien, ses mots chantants agréablement à mes oreilles.

- Moi ? Fis-je en le regardant comme s'il était fou, il rigola légèrement, un rire toujours empreint d'une douce musique.

- Oui toi, Severus Snape, de la grande lignée des Prince.

- Je ne suis pas un Prince. Dis-je tristement. L'anneau n'a pas voulu de moi, je n'en suis pas digne.

- Ce n'était pas l'heure d'en devenir un, officiellement. Fit doucement Flaeme. Mais tu en es digne, c'est certain.

Je m'assis au sol, tout tourne dans mon esprit. Comme si tous mes souvenirs voulaient me frapper, s'oublier, se souvenir ou s'envoler. J'en aurai presque envie de vomir si ce mal de tête n'était pas aussi horrible. J'entends une voix chantante aux creux de mon oreille, j'ouvre les yeux que je n'avais pas l'impression d'avoir fermés, me rendant compte par la même occasion que je suis allongé sur le sol.

- Ne lutte pas contre les souvenirs. Me fit la voix chantante de Flaeme qui était posé au-dessus de ma tête.

Souvenir

- Regarde Harry, voici Severus. Fit Lily en me tendant l'amas de couvertures qu'elle avait dans les bras.

- Harry ? Dis-je en prenant le petit être, nouvellement né, dans mes bras. Ton père serait heureux de cet hommage au sien. Fis-je à James qui était à côté de sa femme, sans jamais quitter l'enfant des yeux.

Il était incroyablement petit, peut-être est-ce dû au fait que je n'ai jamais vu d'enfant aussi jeune. Il tend la main en l'air, par instinct je pose un doigt dessus, il ouvre sa petite main et s'y accroche avec une force insoupçonnée. Il ouvre les yeux, me laissant voir de magnifiques orbes émeraude, comme sa mère. Il me regarde intensément, semblant lire en moi, et j'en reste subjugué, ne pouvant détacher mes yeux des siens. Ça me rappelle presque la création du lien avec Flaeme, c'est tout aussi intense et incroyable. Ce petit être referme les yeux pour s'endormir dans mes bras.

- Qui aurait pensé qu'on puisse voir le grand Severus Snape pleurer devant un bébé. Fit James, moqueur mais sans méchanceté aucune.

Je le vois avec un appareil photo dans les mains, habituellement je lui aurai lancé un sort cuisant, mais je ne peux décemment pas le faire avec cette merveille aux creux de mes bras. Harry lâche ma main et je peux effectivement sentir sur mes joues mes quelques larmes d'émotions tomber. Cela ne m'étonne pas, j'ai une boule d'émotion dans la gorge et je suis même forcé de m'asseoir de peur de m'effondrer au sol.

- Comment peut-il en être autrement ? Demandai-je dans un murmure. Ça se voit qu'il a tout pris de Lily, il est magnifique. Dis-je en regardant James avec un sourire moqueur.

James rit doucement ainsi que moi, Lily lève les yeux au ciel avant de faire de même. Je pose mes yeux sur Flaeme qui est depuis le début resté dans la pièce, sagement assis sur une armoire, regardant la scène d'en haut. Puis je regarde de nouveau Harry, dormant paisiblement contre moi.

- Oui, il est magnifique. Dis-je simplement dans un murmure à peine audible.

Fin du souvenir

- Est-ce vrai ? Dis-je tout haut, n'attendant pas vraiment de réponse.

- Oui, c'est réel. Fit doucement Flaeme.

Étrangement, j'accepte que cela puisse être la vérité. Mon mal de tête s'apaise un peu. J'ai les idées plus claires. Pourtant je reste allongé sur le sol, tout est si dur à croire pour une partie de moi, l'autre me crie, me hurle que tout cela est vrai. Je sais, au fond de moi, je sais que j'ai oublié beaucoup de mes souvenirs. Comme si il y avait eu une brèche dans mon esprit pour que mes souvenirs reviennent.

- Est-ce toi qui me fais retrouver mes souvenirs ? Demandai-je hésitant tout en sentant que ce n'est pas lui.

- Non. Fit-il en se mettant à côté de moi. C'est celui avec qui tu es lié, aussi profondément que le lien que j'ai avec vous deux.

- Je me suis souvenu de tout, n'est-ce pas ? Dis-je luttant contre moi-même pour retrouver mes souvenirs, ma vie.

- Oui, et il t'a effacé la mémoire de nouveau. Fit tristement Flaeme en prenant une mèche de mes cheveux dans son bec pour la lisser, un signe de réconfort que j'accueille avec plaisir.

- Pourquoi ? Pour… Me protéger ? Fis-je incertain.

- Oui. Fit joyeusement Flaeme, voyant que les souvenirs, ou du moins, les impressions reviennent. Et il droit croire que tu ne la retrouves pas.

Je m'assois doucement contre mon canapé, j'ai encore mal à la tête mais tout s'éclaircit peu à peu. Le nom du « Il » n'est pas donné, pourtant je sais de qui il s'agit, mais mon esprit lutte encore. Je sais que mes souvenirs sont à portée de main, là, tout près à la surface, juste en dessous de cet « Oubliette » que j'entends comme dans un souvenir lointain. Un souvenir avec sa voix à Lui.

- Pourquoi avoir rejoint Dumbledore à la mort de Lily et James ? Et non… Lui ? Demandai-je curieux.

À ma grande surprise, Flaeme se mit en colère, je n'avais jamais vu un Phœnix en colère, et bien que je sache cette colère tournée contre un autre, j'eus peur.

- C'est Dumbledore qui est venu chercher Harry ! Fit Flaeme de sa voix toujours chantonnant, mais empreinte de colère, de rage. J'étais près d'Harry, soignant ses blessures. Deux murs avaient explosé et le plafond s'était à moitié écroulé sur son lit ! Fit Flaeme, je crus reconnaître un sanglot dans sa voix. Un peu plus, et je ne pouvais le sauver. Ce Dumbledore est arrivé et m'a lancé un puissant sort, je ne pouvais plus bouger. Il m'a gardé en cage pendant un très long moment, une cage où je ne pouvais plus utiliser ma magie. J'ai été obligé de lui obéir pour qu'il me libère. Fit Flaeme pestant encore plus de colère. J'ai fait semblant bien sûr, je ne lui appartiens pas ! Harry était depuis longtemps chez ces monstres, et je ne pouvais le rejoindre, un sort m'empêchait de l'approcher.

Flaeme sembla presque s'embraser, la colère était intense, je pouvais presque la toucher tellement elle était palpable. Je me fis une note à moi-même, « Ne jamais mettre un Phoenix en colère ». Étrangement, sa colère me calma, il exprimait la tempête qui faisait rage en moi. Après plusieurs longues minutes, il se calma pour me regarder.

J'étais perdu dans mes souvenirs, alors que je le regardais sans le voir. Ce fut à son tour de me regarder alors que j'étais ailleurs. Le prénom d'Harry m'avait fait resurgir plein de souvenirs, les vrais se mélangeant avec ceux créés par Dumbledore. Mais j'arrivais à faire face, à éclaircir mon esprit. Des brides de ma vraie vie apparaissaient sous mes yeux. J'étais à la fois perdu et je semblais me retrouver en même temps. Je ne sais combien de temps je suis resté allongé contre mon canapé, des heures sûrement.

J'avais fini par fermer les yeux, laissant les souvenirs s'imposer à moi. Mon enfance, mon amitié avec Lily, James, Sirius et Remus. Dumbledore qui nous paraissait à tous trop étrange, fourbe et secret. Je sentis couler en moi le sort d'amnésie ainsi que celui de modification de mémoire. Peu à peu, je pouvais différencier les vrais souvenirs des faux. Je me souvins de cette merveilleuse semaine avec Harry, ce bonheur que j'attendais depuis si longtemps, avec des révélations douloureuses, mais sa présence agissait comme un baume sur mon cœur meurtri.

J'ouvris les yeux quand j'entendis la voix d'Harry me disant « Je t'aime ». Le souvenir de mes souvenirs. Tout me revint, enfin en mémoire. C'était douloureux, pas dans mon esprit, mais dans mon cœur. Harry devait mourir, est-ce possible ? Suis-je condamné à le laisser mourir ? À ne jamais vivre avec lui ? Je m'effondre sur le sol, oubliant tout ce qu'il y avait autour de moi, et je me mis à pleurer comme un enfant. Pour tous mes souvenirs oubliés, pour tout ce que j'avais fait en étant Mangemort, pour Lily et James que je n'avais pas assez pleurés, pour Sirius, pour Remus, pour Harry, pour notre bonheur, pour ce qui ne sera plus. J'étais recroquevillé au milieu de mon salon, en position fœtale, priant toutes les déités pouvant exister.

Une douce chanson résonna dans mes oreilles, Flaeme. Je me calme doucement, mes larmes se tarissent et je finis par me rasseoir contre le canapé.

- Merci. Dis-je dans un souffle.

Flaeme chanta pendant un bon moment, m'apaisant. J'ouvre les yeux en les essuyant de mes mains, je n'avais pas pleuré depuis bien longtemps, si on ne compte pas ce jour où je me suis réveillé avec Harry.

- Peut-on… Le sauver ? Demandai-je à Flaeme, sachant au fond de moi la réponse.

- Non. Fit tristement Flaeme. L'âme de Tom est ancrée depuis trop longtemps en lui.

- Tu veux dire. Dis-je en essayant de cacher la douleur qui avait suivi sa réponse négative. Qu'on aurait pu faire quelque chose si on l'avait su dès le début ? Demandai-je alors que la colère s'emparait de moi.

- Si Dumbledore nous l'avait dit, nous aurions pu le sauver. Fit Flaeme encore plus triste.

- Il est l'heure. Dis-je gravement à Flaeme.

- De quoi ? Demanda-t-il presque sautant de joie, sachant la réponse.

- De se venger. Dis-je en souriant d'un air mauvais, tout aussi heureux à cette perspective.

HPSS HPSS

- Oui ? Dis-je curieux à l'elfe qui venait d'apparaître dans mes appartements.

Flaeme était parti, Dumbledore l'avait appelé, nous devions rester les plus discrets possible. Il était tard, très tard, et un elfe que j'avais déjà vu quelque part est apparu devant moi alors que je venais d'ouvrir une bouteille de Whisky-Pur-Feu dans l'espoir de m'y noyer, pour ce soir du moins.

- Maître Harry a demandé à Dobby de donner une lettre à Monsieur Snape, à condition que celui-ci ait retrouvé ses souvenirs, Monsieur. Fit l'elfe nommé Dobby, sous mon regard curieux pendant que mon cœur battait à tout rompre à l'idée qu'Harry ait pu m'écrire une lettre… D'adieu, sans doute.

- Harry Potter ? Fis-je alors que l'elfe hocha positivement la tête. Pour moi ? Comment sais-tu si j'ai retrouvé mes souvenirs ? Et quels souvenirs ? Dis-je suspicieux, ce pouvait être un mauvais coup de Dumbledore.

Dobby me regarda comme aucun elfe ne l'avait fait jusque-là, calculateur. On aurait presque dit un Serpentard version elfe de maison, mais sachant que c'était un ancien elfe des Malfoy, cela ne m'étonnait pas plus que cela. Bien qu'en temps normal, un elfe ne fait jamais preuve d'autant de confiance en soi. Mais je n'avais pas un elfe classique sous les yeux, j'avais un elfe libre, libéré d'une famille qui l'avait maltraité toute sa vie.

- Dobby sait. Fit-il sûr de lui. Dobby sait beaucoup de choses, mais Dobby ne dit rien pour protéger Maître Harry. Alors Dobby va donner la lettre à Monsieur Snape, et Monsieur va la prendre, Monsieur. Parce que c'est Harry Potter qui a donné une mission importante à Dobby, Monsieur, et que Dobby fera ce que son ami Harry Potter veut, Monsieur. Fit l'elfe en colère.

- D'accord. Dis-je simplement.

La colère d'un Phoenix et maintenant la colère d'un elfe de maison. Si l'on rajoute le retour de mes souvenirs et la trahison de Dumbledore, c'est une bien étrange journée.

- Par contre, j'ai une requête. Dis-je en prenant la lettre. Je ne veux pas qu'Harry sache que j'ai eu la lettre, pas tout de suite.

- Pourquoi Dobby ne devrait pas le dire à Maître Harry ? Fit l'elfe suspicieux, un nouvel air sur un elfe ça aussi.

- Pour le protéger, personne ne doit savoir que j'ai retrouvé mes souvenirs. Dis-je en espérant de tout cœur qu'il accepterait.

Il me scruta un long moment et pendant quelques secondes, on sembla se comprendre. Il savait, oui je pouvais en être sûr, il savait pour Dumbledore.

- Dobby ne dira rien, pour protéger son ami Harry Potter. Fit l'elfe.

- Peux-tu aussi venir me voir en toute discrétion, s'il a des problèmes ? Dis-je en me demandant si je ne lui en demandais pas trop.

- Maître Harry Potter a confiance en vous, Dobby le sait, donc Dobby vous fait confiance, Monsieur. Dobby viendra si Harry Potter a besoin, Monsieur.

Il repartit aussi vite qu'il était arrivé, me laissant planter là avec la lettre d'Harry entre les mains. Je pouvais y voir son écriture, une écriture italique et fine. J'ouvre la lettre, et pour la deuxième fois aujourd'hui, mes larmes coulent silencieusement le long de mes joues. Oubliant mon verre sur la table, je partis m'allonger sur le lit pour la lire et la relire, m'endormant ainsi.