Hello ~

Alors oui, j'ai un jour de retard, vous pouvez me lancer des pierres si vous voulez. Mais pas trop fort : j'ai une bonne excuse. J'étais occuppée. (c'est une excuse parfaitement valable, rabaissez moi tout de suite ce sourcil.)

J'espère que les épreuves de ceux qui passaient le bac ou des examens se sont bien passées. Je vous envoies des bisous.

Enjoie,

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Dreamworks Animation et Disney.


Cela faisait plus d'une semaine qu'il n'avait pas de nouvelles d'Harold. Il l'avait appelé, pourtant, parce qu'il voulait lui proposer un café et qu'il avait oublié sa veste au loft après la soirée du nouvel an. Et il voulait la récupérer.

Et ce petit enfoiré de brun ne répondait à aucun de ses appels. Il lui avait laissé des messages, aussi, vocaux et écrits mais il ne savait même pas s'il avait pris la peine de les lire.

C'en était trop. Non seulement il voulait récupérer sa veste parce qu'il se gelait le cul depuis une semaine, mais il n'appréciait que moyennement ce silence radio.

Voilà pourquoi il était en ce moment même en train de gravir les marches qui menaient à l'appartement d'Harold, les sourcils froncés et se repassant en boucle dans la tête les images du futur savon qu'il allait passer au brun.

Ce fut Astrid qu'il trouva dans la cage d'escalier, fermant à clef la porte d'entrée. Il se racla la gorge.

— Oh, c'est vous, fit elle après avoir sursauté. Qu'est-ce que vous faites là ?

— Je viens chercher ma veste, je l'ai oubliée. Harold est là ?

Astrid le regarda comme si une deuxième tête venait de lui pousser, puis laissa échapper un ricanement sec.

— Comment ça, est-ce qu'il est là ? Vous n'êtes pas au courant ?

Elle ne prit même pas le temps d'attendre sa réponse et s'engagea dans la descente d'escalier.

— Attendez ! protesta Jack en se penchant par dessus la rambarde. Qu'est-ce que vous voulez dire ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

La blonde s'arrêta entre deux marches et leva la tête.

— Vous ne lisez pas les foutus journaux ? Un policier blessé par balle et envoyé à l'hôpital, ça ne vous dit rien ?

Jack sentit son sang se glacer dans ses veines. Il avait entendu parler de cette affaire, évidemment. Seulement, il n'avait pas été assez intéressé pour se donner la peine de lire les articles.

— Vous voulez dire que...

— Exactement. Maintenant, vous voudrez bien m'excuser, mais les visites se terminent dans une heure, je dois me dépêcher.

Elle reprit sa descente et Jack ne perdit pas une seconde pour se précipiter à sa suite, ratant une ou deux marches au passage et manquant de peu de tomber.

— Hé ! cria-t-il. Attendez ! Emmenez-moi avec vous !

Astrid, la main sur la poignée de la porte de l'immeuble, le dévisagea en haussant un sourcil.

— Oh, allez, supplia Jack en levant les mains. Je sais que vous ne m'aimez pas, mais je dois m'assurer qu'il va bien, et...

— Ça va, ça va. Vous pouvez venir.

Elle sortit de l'immeuble et se dirigea vers sa voiture sans même s'assurer que Jack la suivait.

— Comment il va ? demanda l'argenté en bouclant sa ceinture et en tirant le pare-soleil.

Astrid siffla et le rabattit brusquemment.

— Ma voiture, mes règles. Tu ne touches à rien. Il va bien.

— Rien de grave ?

Astrid ne répondit pas. Alarmé, Jack tourna la tête et scruta son visage pour la voir pincer les lèvres.

— Astrid ?

Elle se mordit l'intérieur des joues.

— Rien de grave, approuva-t-elle, mais Jack ne la crut pas une seconde. Tu verras ça avec lui.

Il hocha la tête et n'insista pas plus. Il enfouit sa main dans sa veste pour en ressortir un paquet de cigarettes et un briquet, mais il fut gratifié d'un regard noir et d'une tape sur la main de la part de la conductrice. Jack se mordit les lèvres, mais replongea tout de même le paquet dans sa poche, en prenant bien soin d'y laisser ses mains afin qu'Astrid ne voit pas ses doigts tremblants.

Le reste du trajet se fit en silence, Jack lançant discrètement des regards mauvais à Astrid au volant. Elle roulait à au moins vingt kilomètres-heures en dessous de la vitesse autorisée. Elle ne pouvait pas aller plus vite ? Il plissa les yeux dans sa direction.

— Tu fais une seule remarque, Frost, et tu y vas à pied, sussurra-t-elle sans quitter la route des yeux.

Jack serra les dents et croisa les bras sur sa poitrine. Quelques minutes plus tard, ils se garaient enfin dans l'immense parking de l'hôpital. Jack avait la gorge nouée et jamais son coeur n'avait battu aussi rapidement.

OoO

— Quelle chambre ?

— Deux-cent treize. Mais on doit passer à l'accueil pour s'enregi.. eh ! Où est-ce que tu vas ?

Jack s'était déjà enfui vers la chambre sans même l'écouter. Astrid grommela et se lança à sa poursuite en faisant de son mieux pour ne pas courir — ils étaient dans un hôpital, malgré ce que Jack semblait penser.

Elle pesta contre ce maudit albinos. Ils avaient besoin de s'enregistrer pour les visites, ils ne pouvaient pas se permettre de rentrer ainsi ! Et puis, qu'est-ce que c'était que tout ce cirque ? Jack était resté muet, figé et tendu tout le long du trajet entre deux regards méprisants, et voilà qu'il filait vers la chambre d'Harold à toute vitesse.

— Putain de bipolaire, jura-t-elle entre ses dents.

Elle finit enfin par atteindre la porte entrouverte de la chambre deux-cent treize. Elle la passa les sourcils froncés et la mâchoire crispée, prête à passer un savon à Jack. Et puis son visage se décomposa.

— Merde, tu m'as tellement fait peur, espèce d'enfoiré, murmura l'argenté tout contre les lèvres d'Harold, les yeux clos.

L'air sortit de ses poumons sans qu'elle ne parvienne à inspirer à nouveau. La porte se ferma bruyamment derrière elle, faisant sursauter les deux hommes.

De surprise, Harold se redressa si brusquemment qu'il faillit faire tomber Jack, à cheval au dessus de son bassin.

— Astrid, balbultia-t-il, les yeux écarquillés.

Elle sentait son coeur battre follement et le sang pulser dans ses oreilles. Elle leva une main hésitante.

— Je... Je vais aller nous enregistrer. On n'a pas le droit d'être ici.

Elle reposa sa main sur la poignée et ouvrit la porte. Harold poussa doucement Jack par les épaules pour le déloger de lui, puis essaya de se sortir de son lit pour la rejoindre, mais les fils reliés à son bras et le bip sonore du moniteur l'en empêchèrent.

— Astrid, attends...

Elle passa la porte les lèvres pincées, mais fut vite rattrapée par Jack. Harold écarquilla grand les yeux. Oh, non, une discussion entre Jack et Astrid à cet instant n'était certainement pas une bonne idée.

— Jack, non ! hurla-t-il. Je vais m'en charger, ne fais pas ça, ne... Jack !

La porte se referma derrière eux en un cliquètement métallique, et Harold resta seul au milieu de ses protestations.

OoO

Astrid Hofferson n'était pas amoureuse d'Harold Haddock. Et elle doutait qu'il le soit d'elle. Oh, bien sûr, elle éprouvait des sentiments forts à son égard : cela faisait plus d'une quinzaine d'années qu'ils se connaissaient. Seulement, ces sentiments forts se limitaient à une amitié et à une affection profondes (1).

Leur histoire était des plus banales, voire même un peu stéréotypée, si elle y réfléchissait bien. Lui, c'était le gamin aux cheveux mal taillés et bien trop seul au fond de la classe. Elle, c'était la méprisante que tout le monde semblait admirer, en particulier Harold, même s'il évitait de le montrer. Astrid avait des yeux et des oreilles, cependant.

Ils étaient différents ; un peu trop peut-être. Astrid était toujours entourée de dizaines de personnes qu'elle n'osait même pas appeler amis, et Harold était le type qui passait son temps seul dans son coin, le nez plongé dans un carnet de croquis. Ils n'auraient pas dû se côtoyer, mais ce fut le cas. Ç'avait été tout bête : leurs familles devenues amies et s'invitant de temps en temps pour dîner.

Au contact d'Harold, Astrid avait appris à se libérer et ne pas se montrer aussi méprisante ; au contact d'Astrid, Harold avait appris qu'il valait bien plus qu'il ne le pensait. C'était de petites choses qu'ils apprenaient à l'autre au fil du temps. Alors peu à peu, ils avaient fini par se rencontrer en dehors de ces dîners, et à apprécier la compagnie de l'autre au lycée.

Leur mise en couple avait paru évidente pour tout le monde. Pour eux, parce qu'ils semblaient avoir besoin l'un de l'autre pour progresser. Pour les autres, parce qu'ils formaient un duo adorable et si complémentaire.

Ç'avait continué au fil des années, renforçant cette impression de couple parfait. Et Astrid était pratiquement convaincue qu'ils le soient : Harold lui offrait une certaine stabilité, une vie sans soucis. Ils avaient tous deux des emplois fixes et un très bon logement. Le seul problème, c'était qu'ils ne s'aimaient pas.

Malgré tout, cela fit quand même un peu mal à Astrid de voir Jack embrasser Harold, au fond.

— T'es un bel enfoiré, tu le sais, ça ? siffla-t-elle lorsqu'elle s'aperçut qu'il l'avait suivie hors de la chambre.

— Astrid, je crois qu'il faut qu'on parle, tous les deux...

Astrid n'avait aucunement envie de lui parler. Au contraire, elle avait envie de lui cracher sa haine au visage et de l'assommer de reproches, parce qu'il venait de foutre toute sa vie en l'air.

— Depuis combien de temps est-ce que ça dure ? aboya-t-elle.

— Astrid...

— Combien de temps ?

— Je ne sais pas, quelques mois.

Oh si, il savait, pensa Astrid. Il savait exactement le nombre de mois, et elle s'en retrouvait consternée.

— Je ne comprends pas, fit-elle, presque calmement et cela effraya Jack. Comment est-ce que vous avez pu faire ça, tous les deux ? Et toi ? Tu savais que nous étions ensemble, et tu...

— Oh, ne joue pas cette carte-là, je t'en prie. Vous ne vous aimiez même pas.

Astrid serra les dents. Il avait raison et ils le savaient tous les deux, mais ça n'excusait en rien son comportement.

Et alors ? siffla-t-elle. Tu n'as pas le droit de détruire un couple comme ça. Nous étions fiancés, bordel !

Elle devenait un peu trop vulgaire, elle s'en rendait compte. Elle leva sa main devant Jack pour lui montrer sa bague de fiançailles, et il fronça les sourcils et se mordit les lèvres comme s'il essayait de retenir sa colère. Astrid sentit sa raison faillir et son ton monta dans les aigus.

— Mais pourquoi est-ce que tu as fait ça ? hurla-t-elle. Pourquoi est-ce que tu l'as entraîné là-dedans ? Pourquoi est-ce que vous avez caché ça pendant des mois ? Pourquoi est-ce que vous avez continué ? Pourquoi est-ce que...

— Parce que je suis putain de tombé amoureux de lui, d'accord ?! cracha Jack, et ce fut aussi assourdissant que le silence qui suivit.

OoO

Ce fut sur Astrid que la porte s'ouvrit. Elle s'était forcée à se recomposer un visage neutre, mais en voyant l'expression d'Harold, son air sévère se figea. Elle soupira et s'appuya contre la porte.

— Tu as entendu.

Ce n'était pas une question. Harold déglutit difficilement, la gorge plus nouée que jamais.

— Oui.

Astrid passa une main sur son front et ferma les yeux.

— Tout ?

— Oui.

Elle laissa à nouveau échapper un lourd soupir à la limite du sanglot.

— Je t'ai perdu, pas vrai ?

Avec ses propres yeux commençant à s'embuer, Harold hocha la tête.

OoO

— Jack, je crois qu'il...

— Pas maintenant, s'il te plait. Astrid est rentrée. On en parlera, promis, mais pas maintenant. Il ne nous reste pas beaucoup de temps avant la fin des visites.

Il s'assit prudemment sur le bord du lit d'hôpital. Sa gorge était nouée et bientôt il n'arriva plus à soutenir le regard perdu d'Harold. Il se racla la gorge pour essayer de compenser sa gêne, et s'efforça de parler d'une voix claire et assurée.

— Alors, Sherlock, on a voulu jouer les héros ? Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

Il savait qu'adopter un ton moqueur n'était pas le meilleur choix qu'il ait fait dans sa vie, mais au moins, ça lui fournissait un semblant de protection et d'assurance.

— La routine, bailla Harold en s'étirant. J'ai voulu sauver la veuve et l'orphelin, je me suis pris une balle dans la jambe.

Jack leva les yeux au ciel.

— Je suis sûr que tu n'as eu qu'une égratinure, se moqua-t-il gentiment. Pas de quoi être cloitré dans un lit d'hopital pendant une semaine. Tu étais en manque d'attention quand tu étais gosse, ou quoi ?

En voyant les sourcils d'Harold se froncer et sa bouche se pincer avec colère, Jack s'inquiéta. Peut-être avait-il poussé le sarcasme un peu trop loin, cette fois ?

C'était au moment où il se disait qu'il s'en fichait, après tout, qu'Harold rabattit la couverture, dégageant ses jambes à l'air libre. La respiration de Jack se coupa et il eut l'étrange sensation de se noyer.

La jambe d'Harold s'arrêtait au molet.

— Putain de merde, parvint-t-il à murmurer difficilement, alors que les poils de son corps entier se dressaient petit à petit.

— Ouais. Comme tu dis, fit amèrement Harold en détournant le regard.

Jack eut soudain trop chaud sous sa veste et se demanda pourquoi sa peau le brûlait alors que tout ce qu'il ressentait à l'intérieur était une terreur glacée.

— Ne me regarde pas comme ça, s'il te plait. C'est pas si terrible que ça en à l'air. Une prothèse et je pourrai certainement remarcher normalement...

Jack se fit violence pour se forcer à sourire. Il ne savait pas pourquoi la perte du pied d'Harold l'affectait autant, mais l'idée que la balle aurait pu se planter un peu plus haut lui envoya de longs frissons dans le dos.

— Evidemment, acquiesça-t-il.

Une petite infirmière brune entra dans la salle, les faisant sursauter tous les deux, avant de leur annoncer posément que les visites étaient terminées. Jack hocha la tête.

— Je repasserai demain, lança-t-il en direction du convalescent. Repose-toi bien. Dormir, c'est important pour se rétablir.

— Merci, Doogie Howser, railla Harold, mais il avait le regard pétillant.


(1) Ravie, elle n'a pas voulu me laisser mon s quand elle a corrigé. Quoi, elle te dérange, mon amitié profonde ? 8DDDDDDD

Merci Bella, je t'aime.

OUI, CE CHAPITRE FUT SOUDAIN. Mais je suis comme ça, moi : je suis spontanée.

See ya, guys.

EDIT : une heure apres avoir posté le chapitre, je viens de me rendre compte que j'avais laissé une note pour moi assez debile en plein milieu. Dites moi que personne ne l'a vue. (Non, je ne vous dirai pas ce que c'est)