CHAPITRE 7 – Entretien avec un miroir.
Hermione se réveilla alors que le soleil n'était pas encore levé. Malgré la fatigue, cette première journée en tant que professeur stagiaire lui donnait l'envie d'être plus active que jamais. Elle se rendit alors compte qu'elle n'avait pas de vêtements de rechange, et pas d'argent pour en acheter. Elle se voyait mal demander à McGonagall de lui prêter des vêtements. Elle ne réfléchit pas longtemps quant à la personne à qui elle pouvait demander cette faveur sans aucune gêne. Hermione se dirigea vers son bureau où elle écrivit une rapide lettre. Une fois celle-ci cachetée, elle sortit de ses appartements.
- Miss Granger ? L'interpella une voix féminine.
- Bonjour professeur McGonagall ! comment allez-vous ? Lui répondit Hermione avec un grand sourire.
- Au vu de la situation, vous pouvez m'appelez Minerva, je ne suis plus votre professeur, lui rétorqua la femme.
- Avec joie, Minerva. Vous pouvez m'appelez Her… euh Elisabeth, continua Hermione confuse.
McGonagall observa sa jeune collègue amusée, et lui dit calmement :
- Je préfère m'en tenir à Miss Granger pour le moment, cela évitera les malentendus. Mais que faites vous debout si tôt ?
- Je me rendais à la volière. Je n'ai aucune affaire personnelle, et je comptais demander à ma petite sœur des vêtements pour la journée, le temps de trouver une solution.
Le professeur McGonagall grommela sur Albus et ces hommes qui ne pensaient à rien, et lui promit d'aller voir le directeur afin de régler ce problème dès ce matin.
- Merci Minerva. Je vais vous laisser, je dois envoyer ma lettre de suite.
- Faites donc, je vous retrouve dans la grande salle pour le déjeuner.
Une fois que le hibou s'envola en direction de la tour des Griffondors, Hermione retourna dans sa chambre afin de prendre au moins une douche.
Tap-Tap-Tap. L'adolescente remua dans son lit. Tap-Tap-Tap. Le bruit insistant eu raison de son sommeil. Hermione ouvrit lentement les yeux pour apercevoir un des hiboux de l'école qui frappait aux carreaux. « Il ne fait même pas encore jour, grommela la jeune fille, si c'est une lettre pour Lavande ou Parvati, je jure de leur faire manger ». Elle ouvrit la fenêtre, et le hibou s'engouffra dans la pièce avant de se poser sur son bras. Elle s'aperçu alors que la missive lui était adressée. Avec un regard stupéfait, elle reconnu sa propre écriture. « Décidemment, je ne sais pas si je me ferais à cette situation bien étrange », pensa t'elle.
Il était simplement inscrit :
'Mione,
Je suis désolée de te réveiller de si bonne heure.
J'ai oublié ma valise à la gare de Pré-au-Lard. Peux-tu me prêter des vêtements pour la journée, le temps que j'aille les récupérer ? Au moins pour que je puisse prendre mon petit déjeuner dans une tenue décente.
Je t'attends dans ma chambre, située au troisième étage, en face du bureau du professeur McGonagall. Le mot de passe est « erratum ».
Je te remercie d'avance,
Beth.
Ps : le vieux monsieur du portrait est grincheux et mal-aimable, tu le reconnaitras tout de suite.
Hermione relut ces mots avec fierté : au moins dans le futur, elle ne perdrait rien de son intelligence, puisque si quelqu'un d'autre lisait la lettre, il serait persuadé qu'il s'agissait bien d'un échange entre deux sœurs. D'ailleurs, le fait qu'elle ait signé Beth montrait une certaine complicité entre les deux femmes.
Elle se dépêcha de trouver des vêtements moldus (l'uniforme pour un professeur serait incongru). Elle choisit un simple jean, et son pull qui faisait le plus « adulte », ainsi que des sous-vêtements. Elle pensa même à une brosse-à dent et le peu de maquillage qu'elle possédait. Quelque-part elle faisait ça pour elle. Ensuite elle s'engouffra dans la douche, et dix minutes après elle sortait de la salle commune, un sac à la main.
Une fois avoir donné le mot de passe au vieil homme grincheux, elle entra dans le salon de son futur, où il n'y avait personne.
- Heu, Elisabeth ? Appela-t-elle.
- Je suis dans la salle de bain, entre !
Elle s'avança dans la pièce et vit son double, habillé seulement d'une serviette blanche. Après un instant de flottement où les deux femmes se regardaient amusées, l'adolescente prit la parole :
- Je t'ai apporté des affaires de toilette en plus des vêtements. J'espère que ça t'ira.
- Tu sais mon corps n'a pas beaucoup changé depuis que j'avais ton âge. Je te remercie d'être venue si vite. Attends-moi dans le salon, j'en ai pour cinq minutes.
En effet peu de temps après, les deux Hermionne étaient installées autour d'un thé. Le professeur observait son passé avec amusement. Elle voyait bien que la jeune fille hésitait à lui poser certaines questions, car elle mordillait sa lèvre en fronçant les sourcils.
- Je ne pourrais pas répondre à toutes tes interrogations, commença-t-elle, tu sais aussi bien que moi que je ne peux pas révéler le futur. Mais je peux toujours te donner quelques indices. Je t'écoute.
- Je me demandais, hésita Hermione, si tu étais heureuse ? je veux dire, est-ce que le métier que tu pratiques te convient ? Et avec Ron…et Harry…
- Ne t'inquiète pas, ton amitié avec eux est trop profonde pour que ça change un jour. Si celle-ci doit évoluer ce sera dans le bon sens. Quant au métier que j'exerce, disons que je débute, et il te faudra être patiente dans ton avenir, les échelons se montent petits à petits.
- Et la guerre…Je sais que je ne devrais pas te demander ça mais, est-ce que Voldemort sera vaincu ? Et-ce-que certains de mes amis…
La jeune femme en face d'elle parut réfléchir à la réponse qu'elle donnerait. Il n'était pas évident de rassurer son passé sans trop en dévoiler. Finalement, elle reprit la parole.
- 'Mione, ma présence ici a déjà changé le futur, j'en suis persuadée. Mon présent, mes souvenirs, ne seront pas forcément les tiens. Et je crois me souvenir que je n'avais jamais douté de l'issue de la guerre, n'est-ce pas ?
- J'ai toujours cru en Harry. Elle sourit. Oui tu as raison. Et bien que tu viennes tu futur, comme tu l'as dit celui-ci n'existe pas encore pour moi.
- Je te propose donc de se considérer mutuellement comme frangines ! On se comprendra mieux que personne, et c'est tellement plus drôle que d'être fille unique, rigola la plus âgée.
La plus jeune des deux se releva, prête à partir. Juste avant de franchir le portrait, elle se retourna et dit :
- Dans ce cas, Beth, promet-moi d'en faire baver à Rogue ! D'ailleurs ce prénom, c'est toi qui l'a choisi, n'est-ce pas ?
Pour toute réponse, Hermione adressa un clin d'œil à sa nouvelle petite sœur.
