Disclaimer: Tout est à JKR, à part le long titre du drabble, qui est à Jacques Brel.
Note: Réponse au thème "horloge" de la communauté frenchdrabble, devrait paraît-il être fourni avec kleenexs...
Titre: La pendule d'argent, qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit: je vous attends
Thème: Horloge
Pairing: Arthur/Molly
Rating: G
C'était lui qui les avait accrochées, les unes après les autres.
L'horloge lui venait de son grand-père et après en avoir hérité au décès de son oncle Septimus, il avait été heureux de connaître suffisamment de sorts et de manier assez bien l'horlogerie moldue pour pouvoir ajouter seul les aiguilles qui jalonneraient sa vie.
Il y avait eu la sienne en premier lieu, puis presque coup sur coup, il avait dû couler dans le cuivre et le zinc celles de Molly, sa jeune épouse, puis de Bill, le premier des nouveaux Weasley, celui qui était né au moment où trop de monde mourrait.
1970 : la guerre, terrible, noire, redoutable.
Fabian et Gideon avaient payé pour eux tous et Molly avait eu besoin d'enfanter, de materner, de serrer contre elle un petit bout des Prewett à la dérive.
Alors il y avait eu Charlie, et une nouvelle aiguille.
Puis quatre ans plus tard, Percy et encore un peu de cuivre, suivi très vite de Fred et George, deux aiguilles d'un coup, qu'il regrettait de ne pas avoir faites plus épaisses tant les aiguilles voyageaient de « Perdu » à « En danger de mort » à chaque fois qu'ils entamaient un nouveau cycle scolaire ou qu'ils envisageaient une nouvelle invention.
Arthur avait aimé façonner celle de Ronald, profitant du calme de son atelier tandis que les jumeaux rendaient leur mère gentiment chèvre.
Il avait enfin mis un soin tout particulier dans celle de Ginevra, parce que Molly avait décrété que neuf au Terrier, c'était assez.
Quand il l'avait achevée, l'aiguille de Ginny, martelée de petites fleurs naïves, avait rejoint les autres sur la pendule du salon.
Puis les années avaient passé.
Seize ans, avant qu'Arthur n'accroche l'aiguille de Fleur.
Dix-sept ans pour décrocher celle de Charlie.
Puis, à chaque année suivante, une nouvelle aiguille ajoutée.
Elisabeth, la première fille de Bill.
Ensuite Hermione et Harry, la même année, à quelques semaines d'intervalle.
Et tellement d'autres après.
Toutes petites aiguilles qu'Arthur était contraint de couler de plus en plus fines tant la place sur la pendule venait à manquer.
Soixante-cinq ans.
Soixante-cinq années avant de devoir à nouveau enlever une flèche de laiton.
Celle de Molly.
Au moment de fermer le cercueil exposé dans le salon du Terrier, Arthur avait sorti une dernière fois la pince qui ne quittait pas sa robe.
Il avait toujours dans sa poche l'aiguille de Molly, ôtée la veille, pendant que tous autour de lui s'agitaient, les enfants et les petits-enfants.
Sans trébucher, sans hésiter, sans répondre à ses fils, il était grimpé sur un tabouret et avait dévissé son aiguille.
Puis, il avait noué ensemble l'aiguille de sa poche et celle de sa main, avec un ruban violet détaché des boucles de la Molly de ses seize ans.
Et avant que le cortège n'emporte la boîte de merisier sombre, il y avait glissé son paquet, minuscule et léger, mais pesant lourd le poids de leurs deux vies.
