Titre : Une vie dehors
Auteur : ylg/malurette
Base : Shōjo Kakumei Utena
Personnages/Couples : Chida Tokiko/Ōtori Kanae, mention d'Akio et d'un mari
Genre : plus d'hurt que de comfort
Gradation : PG-13 / T
Légalité : propriété d'Ikuhara, Saito, Be-Papas je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Thème : 11th: « Family, Friends, and Allies » d'après half-a-moon
Prompt : Femslash February!
Continuité/Spoil éventuel : dernier arc
Avertissements : mention d'abus divers y compris sexuels
Nombre de mots : 600
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Tokiko rencontre cette jeune fille par hasard en venant rendre visite à une vieille connaissance sur le campus Ōtori. Elle savait depuis longtemps qu'Akio se moquait d'elle et pourtant jusqu'ici, elle ne trouvait pas de raison de couper les ponts avec lui. Il la fascinait trop. Aujourd'hui seulement, outragée par la façon dont il traite sa fiancée malade, elle part en claquant la porte et se jure bien de ne plus jamais revenir.
La pauvre Kanae lui rappelle trop son propre petit frère. Tokiko avait décidé autrefois de quitter ce campus après que ses tentatives de le soigner échouent et que son associé précipite sa fin. Trop de mauvais souvenirs l'en ont chassée. Elle y revient pourtant, de loin en loin, incapable de rompre complètement le lien avec son passé douloureux et ses regrets.
Quand elle repart cette fois, elle emmène avec elle cette jeune fille, de de force. Elle renoue avec la cruauté de son passé et se met en quête d'une deuxième chance. Jamais elle ne se pardonnera son échec d'autrefois, mais elle peut tenter de l'exorciser, de l'accepter et d'en souffrir moins en faisant quelque chose de bien, lui a-t-on suggéré autrefois.
Elle décide donc de prendre soin de Kanae. La demoiselle malade éveille en elle une tendresse et des envies protectrices qu'elles n'avait plus ressenties depuis la mort de Mamiya. Elle veut l'aider, à guérir et à s'échapper de ce lieu et de cette compagnie toxiques. En même temps, elle s'aidera elle-même à transformer ses souvenirs en avenir.
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Kanae, traumatisée par ce que lui ont fait subir son fiancé et sa sœur, et le soi-disant séminaire qui prétendait l'aider, ne voit plus la bienveillance qu'on lui témoigne pour ce qu'elle est. Tout cache des arrière-pensées sordide. Mais s'il est vrai que Tokiko prend soin d'elle pour se sentir elle-même mieux en-dedans, elle n'attend rien de plus en retour.
Kanae pourtant multiplie les avances, le regard vide, son corps amaigri bradé. Le mari s'en offense. Tokiko s'emporte contre lui, expliquant que c'est un trauma de plus dont la guérir, un danger pour elle-même de plus dont la protéger. Et que non, elle ne peut pas la confier à des professionnels, des gens normaux qui traitent des traumas « normaux » ne sauront pas l'aider. Ils ne pourront jamais admettre ce qui se passe dans le monde clos du campus Ōtori.
Le comportement sexuel mécanique de Kanae la dégoûte, à vrai dire, mais maintenant qu'elle a pris sur elle de la recueillir, elle réprouve l'idée de l'abandonner à nouveau avant guérison, de lui imposer une blessure de plus, et en elle-même de reconnaître un nouvel échec.
Surtout que malgré cet écueil, elle l'a prise en affection. Elle pour sa nouvelle charge a une tendresse débordante qui n'a rien de sexuel. Elle veut la toucher et l'embrasser comme elle faisait pour Mamiya autrefois : chastement sur le visage, les yeux, les mains, la serrer dans ses bras sans caresser quoi que ce soit d'inapproprié. Même juste tenir sa main… et lui réapprendre les limites et les différences dans les relations entre les êtres. Les amis, la famille… elle croit de moins en moins à l'amour, malgré son propre mariage et après ce qui est arrivé à Kanae aux mains de quelqu'un en qui elle croyait avoir confiance.
Mais elle peut procéder par étapes, commencer par ce qui est en son pouvoir, et ne pas penser à la suite. Elle a aussi appris à espérer de façon modérée. Elle croit à sa guérison et fera tout pour l'y amener, mais elle sait que ça risquera d'être long et difficile. Elle est prête. Rien ne presse.
