Toutes ces pensées

Personnages : Neville Londubat, Susan Bones

Genre : Romance

Cadeau : de Noël pour Twinzie

Résumé : Neville pensait à des tonnes de choses. Mais jamais il n'avait songé qu'une fille l'aborderait un jour.

Disclaimer : Les personnages sont à JKR. Je joue juste aux faiseuses de couple.


Toutes ces pensées

Il ne l'avait jamais remarquée. C'était bien là ce qui avait intrigué Neville la première fois que Susan lui avait adressé la parole. C'était lui, le maladroit Gryffondor qu'on oubliait habituellement, qui passait inaperçu. Ça l'avait interpellé de ne jamais avoir vu cette Poufsouffle aux yeux rieurs, qu'il avait pourtant côtoyé bien des fois. Et elle fut sans doute froissée de lire l'ignorance sur son visage.

Il songea sur le moment : qu'importe ! Et à vrai dire, l'embarras lui faisait déjà regretter ce qui n'étaient que des pensées. La timide Susan l'avait abordée, avait tenté maladroitement de faire la conversation et il n'avait eu aucune réaction. Il n'était pas franchement étonnant qu'elle se soit esquivée bien vite, les joues rouges.

Il avait eu dans l'intention de se faire pardonner et de nouer une amitié. Après tout, comprendre pourquoi elle avait fait le premier pas vers lui, était une question qui l'intriguait terriblement.

Pourquoi et comment il en était venu à l'embrasser par la suite, voilà des interrogations qu'il ne se posa pas vraiment. Sans doute s'étaient-ils retrouvés trop près, ou son besoin de s'excuser avait-il été tellement grand ? La magnaminité et l'exiguité de la situation lui semblaient de merveilleuses excuses pour dissimuler un vide : il ne savait absolument pas pourquoi il s'était penché de la sorte pour effleurer les lèvres roses.

Susan aurait pu lui en reparler de façon discrète et appropriée. Ce ne fut pas la solution qu'elle adopta. Elle préféra nettement venir lui prendre la main au sortir d'un cours de botanique. Il aima ça, mais beaucoup moins les rires, les doigts désignateurs et les rumeurs qui suivraient irrémédiablement. L'ampleur que pouvait prendre un acte si vide de sens lui parut démesuré. Car après tout, que connaissait-il de Susan Bones ? Non, décidément, vouloir afficher une relation en s'exposant aux yeux de tous, était une mauvaise idée.

Il retira sa main et s'avança à grands pas dans la cohue étudiante. Il n'eut pas le cœur de se retourner, il aurait aperçu la mine implorante de la Poufsouffle. Et à vrai dire, il ne voulait rien savoir des conséquences de son geste.

Les choses ne furent pourtant pas aussi faciles qu'il aurait pu le croire. Non pas qu'il ait fini par s'enticher de Susan, ou que celle-ci ait recommencé ses offensives. Les changements vinrent plutôt de ses propres camarades. Dean semblait avoir tout vu du manège de Susan, alors qu'il sortait de la serre n°3. Et quoi qu'on en dise : deux personnes qui se tiennent la main, c'est suspect ! Enfin, c'est ce que n'arrêtait pas de prétendre Seamus avec l'air d'un bon petit diable.

La suite fut aisée à deviner : ricanements, plaisanteries, tapes dans le dos… Il aurait même été en peine de comprendre si pour les Gryffondors, sa relation avec la Poufsouffle était une bonne chose ou non. Qu'il s'agisse de Susan Bones semblait même leur être égal. Du moment qu'il était un adolescent en proie aux hormones, Dean, Seamus, Ron et même Harry pouvaient s'en donner à cœur joie.

Alors certes, il était en proie aux hormones, mais surtout il avait sa fierté, bien étriquée mais elle était présente.

Il ne comprit pas vraiment pourquoi il finit par aller s'asseoir à la table des Poufsouffles aux côtés de Susan. Peut-être pour braver les cris enthousiastes et stupides de ses camarades, ou juste pour le plaisir de l'agréable compagnie de Susan, ou encore pour braver l'infime peur qui lui tordait l'estomac. L'important était que Neville se sente bien.