Merci pour les bons commentaires!
Voici un nouveau chapitre, yay! Izaya s'enfonce de plus en plus...
Au fait, je vais parler d'une personne à la fin de ce chapitre (sans la nommer bien sûr, parce que je suis sadique comme ça). Il s'agit bien d'un personnage de Durarara! et non pas d'un OC, si vous vous demandiez. Si vous avez une idée de qui ça pourrait être, n'hésitez pas à m'en faire part, ça m'intrigue beaucoup parce que moi-même j'ai hésité beaucoup avant de la choisir (il peut s'agir d'un homme ou d'une femme... en fait j'ai songé aux deux XD). Par contre, je ne vous dirai pas qui c'est réellement, vous devrez attendre au prochain chapitre. Mouhahaha!
Alors, bonne lecture!
C'est ainsi que je perdis de vue le but premier de mon plan, c'est-à-dire me lier d'amitié avec Shizu-chan pour voir son sourire, au profit d'un objectif tout autre : faire de sa vie un calvaire.
J'utilisai ce que je savais déjà sur lui, à savoir qu'il détestait la violence, et décidai de la lui faire utiliser contre son gré. J'envoyai des gangs contre lui, tant que j'en perdis bientôt le compte. Il réalisa rapidement que j'étais responsable et vint me voir à chaque fois. Et à chaque fois, il ne manquait pas de m'insulter et de diriger sa colère contre moi.
Il commença à me chasser d'abord dans l'école, puis dans tout Ikebukuro. Je trouvai les meilleures méthodes pour déclencher sa colère, pendant que lui tentait du mieux qu'il le pouvait de me tuer. Plus il me chassait, plus il me détestait et plus je le fuyais, plus je le détestais. Pourtant, tout autant que je l'abhorrais, je ne cessai de l'aimer. Il me suffisait d'être proche de lui pour que mon cœur batte plus vite, il me suffisait de penser à lui pour avoir le souffle court.
Seulement, ma nouvelle personnalité n'aurait jamais accepté cette faiblesse. C'est ainsi que je commençai à me mentir à moi-même, à trouver mille-et-une raisons pour mon comportement. Je continuai à le suivre alors qu'il ne le savait pas, prétextant que je faisais de la recherche pour trouver d'autres points faibles. Je continuai à le prendre en photo, à écrire des notes sur lui, tout cela pour monter un dossier que je pourrais utiliser plus tard, lorsque j'accomplirai ma vraie vengeance.
Bien que Shizu-chan ne cessât pas d'être ma passion première, j'appréciai dès lors la torture psychologique que j'imposai aux autres. Je devins aussi un maniaque de l'information. Je devais tout savoir sur tout, comprendre plus de choses que les autres humains, pour me retrouver au-dessus d'eux. Je n'étais pas qu'un vulgaire homme, non, je me considérais comme une entité veillant sur eux, m'amusant à les déplacer comme sur un échiquier. Je me voyais comme un dieu.
La seule pièce de ce jeu d'échec qu'était la vie qui refusait toujours de m'obéir était Shizu-chan. C'était normal, étant donné qu'il n'était pas vraiment humain. Je réalisai alors que je ne le comprenais vraiment pas, malgré qu'il soit simple, parce qu'il se fiait à son instinct. Je manipulais à l'aide des mots, mais lui y était immunisé naturellement, parce qu'il n'agissait jamais de façon rationnelle. En ce sens, on peut dire qu'il était mon ennemi naturel. Dès qu'il s'impliquait dans mes plans, il les faisait échouer. Et même lorsque j'essayais du mieux que je le pouvais de prédire ses actions, il agissait tout autrement. Il me frustrait. Il était la seule personne au monde qui réussissait à me mettre en colère. Pourtant, il n'était pas le seul à agir contre mes attentes, au contraire, mais il était le seul que ça ne m'amusait pas de voir agir de son plein gré.
Je continuai à fréquenter Shinra de façon sporadique mais soutenue. Il m'appréciait toujours autant alors que je ne réussissais plus à comprendre ce que je ressentais à son égard. La haine que je ressentais au début ne s'était pas apaisée, mais ma nouvelle personnalité aimait beaucoup la sienne, parce qu'elle lui était similaire. Il aimait beaucoup raisonner de façon logique, rationnelle mais en même temps complètement déjanté. Il se plaçait également un peu en dehors de l'humanité, de par sa fascination pour tout ce qui n'était pas normal. En bref, ma vieille personnalité le détestait et la nouvelle le considérait comme son seul véritable ami. En aucun cas je n'ai réussi à le voir comme tous ces humains. Je n'aimais toujours pas sa relation avec Shizu-chan, mais je me refusai à admettre que c'était de la jalousie. Je me persuadai plutôt que c'était parce que je ne voulais pas qu'il se fasse contaminer par l'imbécilité de ce protozoaire.
Un protozoaire était un organisme unicellulaire, qui n'avait évidemment pas de cerveau ni d'intelligence à proprement parler. C'était une des nombreuses appellations que j'utilisais pour Shizu-chan. J'aimais beaucoup cette insulte parce qu'il n'arrivait justement pas à la comprendre. Je le traitai également d'homme de Néandertal, d'homme des cavernes, de monstre, de trisomique et d'autres synonymes. J'essayais de varier mon vocabulaire pour lui montrer à quel point j'étais intelligent comparé à lui. Je continuai également à utiliser son surnom, parce qu'il le détestait et qu'il ne manquait jamais de se mettre en colère dès qu'il l'entendait.
Lui, de son côté, m'appelait de deux façons différentes. La première paraissait banale, mais c'était celle qui me faisait le plus de mal, sans que je n'ose l'avouer. C'était le fameux « Izaya-kun » qui précédait invariablement ses hurlements alors qu'il tenterait de me tuer enfin. « Kun » était une forme de politesse, que l'on utilisait pour ceux que l'on ne connaissait pas beaucoup, par exemple des camarades de classe à qui on n'avait jamais vraiment adressé la parole. De sa bouche, cela sonnait comme une insulte, d'autant plus qu'il ne l'avait jamais utilisé pour quelqu'un d'autre, même lorsque la situation appelait ce suffixe. Cela mettait une distance entre nous. J'étais content qu'il utilise mon prénom, mais ce qu'il ajoutait après me rappelait sans cesse que nous ne serions jamais proches.
Le deuxième surnom qu'il m'avait trouvé, il l'utilisait principalement quand je n'étais pas là. Il refusait d'utiliser mon nom, parce que celui-ci le mettait inévitablement en colère, alors il trouva un mot qui me représentait bien : parasite. C'était bien ce que j'étais, au fond. Je parasitais les autres pour leur causer du mal. Encore aujourd'hui, je me demande comment il pouvait me comprendre aussi bien, malgré qu'il réfléchît peu. Il était le seul à se rendre compte que j'étais derrière à peu près tout ce qui arrivait de négatif, aussi bien à lui qu'aux autres. Comme il le dirait, j'étais 99 pour cent du temps derrière tous ses problèmes.
La vraie raison ou du moins celle consciente de son choix pour ce surnom était qu'un parasite est une créature minuscule que l'on peut écraser facilement. Cela montrait bien ce qu'il pensait de moi. C'est exactement ce qu'il voulait faire, m'écraser, et lui, contrairement à beaucoup de personnes, ne me trouvait pas dangereux, ou plutôt, ne me craignait pas. Il savait que j'étais responsable de beaucoup de situations indésirables, mais il pensait qu'il suffisait de me tuer pour que tout cela s'arrête. Et évidemment, il se pensait capable de ce faire, mais je savais bien qu'il n'était pas du genre à tuer. Il se sentirait trop coupable pour y arriver. Il détestait déjà faire du mal aux gens, il n'aurait pas supporté de tuer quelqu'un, fusse cette personne indigne de vivre. Même s'il me détestait et qu'il croyait sincèrement que sa ville se passerait volontiers de mon existence, je suis persuadé qu'il ne m'aurait jamais tué. En admettant qu'il en soit capable, je suis convaincu que ça l'aurait détruit.
C'est ainsi que je consacrai le restant de ma première année de lycée à le faire souffrir, à me faire détester par lui et à le suivre malgré tout en dehors de nos rencontres.
C'est au bout d'un moment, je ne saurais dire quand exactement, que je réalisai qu'en fait, j'avais accompli mon plan de base, malgré mon cuisant échec. Je remarquai qu'en dehors des colères qu'il avait envers moi, il se fâchait beaucoup moins. Il défoulait toute sa violence sur moi, ce qui lui permettait d'être beaucoup plus calme le reste du temps. Il réussit même à se lier d'amitié avec quelqu'un en dehors de l'école.
C'était une personne qu'il avait rencontrée complètement par hasard, mais il réussit à lui ouvrir son cœur suffisamment pour qu'elle se rapproche de lui. Ils avaient commencé à se voir relativement souvent. Je les suivais et détestais royalement cet humain banal qui avait réussi à s'approcher de Shizu-chan alors que je n'y étais pas arrivé.
Quand ils étaient ensemble, mon amour ne se mettait jamais en colère, absolument jamais, malgré toutes les choses qui auraient pu l'énerver. Je m'arrêtai même devant eux, prétextant que c'était le hasard qui nous réunissait, mais il m'évita et continua son chemin. L'autre personne ne daigna même pas me regarder. Je restai là un moment, incapable d'assimiler que j'avais été ignoré par Shizu-chan. Puis je serrai les poings rageusement et en lançai un contre un mur dans une ruelle, après avoir vérifié que personne ne me regardait. Je repris enfin mes esprits et allai faire souffrir des humains pour me calmer. Je continuai malgré tout à les suivre chaque fois qu'ils étaient ensemble, parce que je refusais d'accepter la réalité.
Peu de temps après, alors qu'ils étaient encore ensemble, je pus enfin voir ce que j'attendais tant : Shizu-chan sourit, d'un vrai sourire tout ce qu'il y avait de plus joyeux. Je voulus le prendre en photo, mais je ne réussis pas à atteindre la poche de mon pantalon. Je tremblais, ma tête me faisait mal, mon cœur me faisait souffrir. J'aurais voulu fermer les yeux, pour ne plus les voir, mais je m'en trouvais incapable. Je ne me rendis même pas compte que je pleurais pour la première et dernière fois de ma vie. J'avais tant voulu voir son bonheur, mais maintenant qu'il était causé par quelqu'un d'autre, je m'en trouvais complètement anéanti. Au travers de mes larmes, je réalisai la cruelle vérité.
Shizu-chan était tombé amoureux.
